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lundi 8 février 2010

Quand le culot tient lieu de génie litteraire

BHL est un exemple parfait de la décadence de notre pays dans le domaine littéraire. Le copinage, les petits réseaux et la consanguinité entre l'édition et la presse nous ont fait passer du statut de grande nation à celui de vieille gloire décatie qui vit sur les vestiges d'une splendeur passée. Les péripéties autour de la parution de ses deux derniers livres sont éclairantes.

En quoi consiste ces deux oeuvres. La première est une compilations de textes déjà publiés ailleurs. Rien de bien palpitant ni de neuf, mais quand on s'appelle BHL (ou Sollers), on a quand même droit aux honneurs des suppléments littérature et Culture de la presse française. Le second est la version remaniée d'une conférence donnée en 2009. Là encore, rien de neuf à en tirer. Juste des redites dont on fait une exploitation éditoriale. Le tout dans le style ampoulé de BHL, dans le genre jargonnant et à l'emporte-pièce ou le coté bravache dissimule mal l'absence de fond.

Le plus amusant, c'est que dans l'un de ces ouvrages, on s'aperçoit que BHL fait référence à une philosophe qui n'existe pas. Cela casse un peu (voire même beaucoup) l'apparence de sérieux. C'est même franchement risible et beaucoup ne se privent pour se marrer. Des conférences données juste après la guerre aux néokantiens du Paraguay, un livre intitulé "Landru, précurseur du féminisme" (j'en ai pleuré de rire) ça sent le fake à plein nez. Le pire, c'est qu'une simple recherche sur Google permettait de découvrir la supercherie en quelques minutes. Du nègre à l'imprimeur, en passant par l'auteur, le correcteur, l'éditeur, personne n'a rien vu, aucune alerte ne s'est déclenchée.

Malgré tout cela, le livre est encensé par la "critique" et notamment une certaine Christine Angot, elle aussi au coeur du système où les auteurs sont aussi éditeurs et critiques littéraires, pratiquant copinage et renvois d'ascenseurs à l'échelle industrielle. Sur ce coup là, Angot a fait fort, et ça passe dans "le Point" sans la moindre difficulté. Après ça, les journalistes s'étonnent de leur perte de crédibilité. Ils devraient pourtant se rendre compte que depuis de longues années, ils ne sont plus écoutés par le public, sauf quelques individualités qui ont une réputation personnelle.

Le pire, je crois, c'est que cette fumisterie intellectuelle de BHL est connue depuis plus de 30 ans. Cela ne l'a pas empêché de devenir une figure majeure de l'intellingensia parisienne. Il faut dire qu'il a un culot et un aplomb phénoménaux, dont il continue à faire preuve. Mais malheureusement pour lui, cela ne peut pas tenir lieu de talent littéraire ni de génie intellectuel. Pauvre France...

Tous avocats

Un nombre de plus en plus important de personnalités du monde politique se reconvertissent comme avocats, soit pendant leur carrière politique, soit en fin de carrière, quand ils sortent de fonctions ou sont nettement sur leur déclin. La liste est très longue, à droite comme à gauche.

Cet afflux de nouveaux avocats me laisse très perplexe et pour tout dire, m'apparait suspect. Qu'est-ce qu'un homme politique, dont les études juridiques remontent parfois à Mathusalem (quand il en a fait) peut bien apporter à un cabinet d'avocat.

Certainement pas sa technicité juridique, car parmi les députés et anciens députés qui ont migré vers le barreau, aucun n'en a fait preuve dans l'hémicycle. D'ailleurs, quelle technicité peut-on avoir avec une licence de droit obtenue il y a 25 ans ? On pourrait arguer de leur pratique et de leur connaissance des rouages de l'Etat. On se rapproche de la réalité, mais aussi du problème.

Ceux qui arrivent dans ce métier vendent leur "carnet d'adresse" quand ce n'est pas leur influence. Nous approchons alors dangereusement des limites de la déonotologie, et pour certains, on doit se situer aux frontières du délit pénal. Quand, à l'instar d'un avocat bien connu dans le nord de la Seine-et-Marne, vous êtes à la fois avocat et important rouage de la majorité en place, la tentation est grande d'user de l'influence et la visibilité que vous procure la fonction politique dans le cadre de vos fonctions d'avocat. Il suffit, pour obtenir un rendez-vous, de décliner votre identité et d'oublier de préciser en quelle qualité vous sollicitez le rendez-vous. Il n'y a pas délit pénal, mais tout de même, cela met mal à l'aise. C'est franchement borderline. Cette confusion des genres est malheureusement trop courante, mais elle pose un problème déontologique grave lorsque vous utilisez votre statut d'élu de la Nation pour accomplir des actions qui ne sont pas de la compétence normale d'un élu, et qui sont susceptibles de générer un gain financier pour quelqu'un. Plaider la bonne foi, dans le cas de Jean-François Copé, homme intelligent s'il en est, relève du foutage de gueule.

Pourquoi choisir le statut d'avocat ? Apparemment, l'activité peut très bien être menée avec une simple boite de consulting. Alain Minc réussit très bien à naviguer dans ces eaux troubles avec pour seul support juridique "AMC" (Alain Minc Conseil). Sauf qu'Alain Minc n'a pas de mandat politique, et il n'est donc pas touché par les règles d'incompatibilité des élus. Il est en effet interdit à tout parlementaire de commencer à exercer une fonction de conseil qui n'était pas la sienne avant le début de son mandat. Toutefois, cette interdiction n'est pas applicable aux membres des professions libérales soumises à un statut législatif ou réglementaire... donc aux avocats ! C'est pour cela que Rachida Dati a renoncé à créer sa boite de conseil pour choisir finalement de s'inscrire au barreau.

Il y a manifestement ici une faille, un détournement manifeste des règles déontologiques, car les fonctions d'avocat sont devenues tellement polymorphes qu'elles permettent d'exercer une fonction de conseil déguisée. Un jour, il y aura un scandale, c'est à peu près certain. Ce serait quand même bien que l'on prenne conscience de cela et que l'on agisse avant que le scandale éclate pour colmater cette brèche déontologique. C'est devant ce genre de problème que l'on mesure le degré de pourriture déontologique, ou au contraire, le haut degré de moralité d'une élite. Car il est évident qu'au sommet, plus personne n'est dupe.

vendredi 5 février 2010

Licencier les fonctionnaires

Une vague d'inquiétude s'abat sur les fonctionnaires : ils pourraient être licenciés...

Salarié de droit privé, je vis tous les jours avec cette perspective, avec un pic de probabilité tous les cinq ans. Je vis très bien, et jusqu'ici, je n'ai jamais eu à prendre le chemin de pôle Emploi. Que cette réforme puisse effrayer les fonctionnaires me surprend un peu, d'autant plus que les dispositions qui les agitent en ce moment ne sont pas franchement menaçantes.

En cas de suppression de l'emploi du fonctionnaire, il est mis dans une filière de réorientation professionnelle. Il fait alors un bilan de compétence, émet des souhaits, monte un plan de reconversion. Il peut effectivement être mis en disponibilité d'office s'il refuse trois postes, proposés de manière ferme, correspondant à son grade, à son projet professionnel, à sa situation de famille et à son lieu de résidence.

D'abord, il n'est pas licencié, mais mis en disponibilité d'office. Ce n'est pas pareil. La disponibilité est un statut qui permet au fonctionnaire de quitter temporairement la fonction publique pour aller faire autre chose. Ce qu'il veut. Pendant ce temps, il n'est pas payé par l'administration et cette période ne sera pas prise en compte pour le calcul de sa retraite de fonctionnaire. Il peut revenir sans problème au sein de la fonction publique une fois sa mise en disponibilité terminée. Des fonctionnaires en disponibilité, il y en a plein en France, souvent très heureux de l'être. J'insiste bien, ce n'est pas un départ définitif de la fonction publique.

Pour en arriver à se faire mettre en disponibilité d'office, il faut vraiment le vouloir ! L'administration doit faire des propositions fermes, en faire trois, en respectant des critères très favorables au fonctionnaire : on ne peut pas contraindre à déménager, on doit tenir compte de son grade (pas de propositions en dessous de sa qualification) et enfin, on doit rester dans les clous de son projet professionnel. Si le fonctionnaire est une personne de bonne volonté, on doit pouvoir trouver des arrangements !

Cette disposition est destinée aux mauvais coucheurs (il y en a partout), qui ne veulent pas se fouler et qui glandent tranquillement chez eux en étant payés. Là, ils pourront toujours glander chez eux, ils ne seront plus payés. C'est une arme entre les mains des DRH de la fonction publique, pour faire pression sur ces quelques cas difficiles. La grande majorité des fonctionnaires ne seront pas concernés, de toute manière, puisqu'il faut que l'emploi, c'est à dire le type de poste occupé, soit supprimé. Des emplois comme ceux de policier, d'enseignant, de juge, de secrétaire, il y en aura toujours, donc cette mesure n'aura pas à s'appliquer à eux.

Beaucoup de bruit pour pas grand chose. Le jour où la situation des fonctionnaires se rapprochera réellement de celle du privé en terme de sécurité de l'emploi , on en reparlera. On a le temps.

jeudi 4 février 2010

Jeux en ligne, ne nous alarmons pas

Le Sénat examine très prochainement le projet de loi sur les jeux en ligne, avec la question du filtrage qui passionne le monde de l'internet. Le site Numérama s'excite et pcinpact s'interroge autour d'un amendement d'Ambroise Dupont, rapporteur pour avis, qui entend sortir le juge du dispositif. Cette agitation est un peu vaine, car cet amendement n'a strictement aucune chance de prospérer !

La commission saisie au fond, c'est la commission des Finances. Avant d'être une question de "culture", les jeux en ligne, c'est une affaire de gros sous. C'est donc le texte issu de la commission des finances qui servira de base à la discussion en séance publique. Les amendements de la commission des affaires culturelles seront des amendements parmi d'autres, qui auront peut être un petit peu plus de poids du fait qu'ils ont été adoptés par une commission.

Ce qui compte, c'est le point de vue du rapporteur de la commission des Finances, François Trucy, qui est exprimé ici. Il est pour le maintien du juge dans le dispositif. Son argumentation est un peu différente de celle des députés, mais finalement assez complémentaire. Pour lui, la décision du conseil constitutionnel sur hadopi, qui érige l'accès à internet en "droit constitutionnellement protégé" est un peu fragile pour justifier, à elle seule, que l'on ne puisse confier qu'au juge le filtrage ou le blocage de sites internet. Par contre, il relève que cette décision implique de qualifier juridiquement des faits, et que dans le domaine pénal, c'est quand même nettement mieux de confier cela à un juge, qui s'y connaît bien mieux là dessus qu'une autorité administrative. C'est plutôt une bonne argumentation, car cela pose un deuxième verrou.

Le gouvernement étant favorable à l'intervention du juge, le rapporteur sur le fond l'étant aussi, cela laisse bien peu de place pour ce cher Ambroise Dupont. Quelle mouche a bien pu le piquer, surtout qu'il ne se contente pas d'un amendement. Il propose aussi d'exonérer complètement les FAI de leur responsabilité en cas de surblocage. Allez y, lâchez vous, sortez l'arme nucléaire, vous êtes couverts ! Vous pensez bien que les FAI vont se gêner. Ils vont utiliser les techniques qui leur causent le moins d'inconvénients. Je pense que le sénateur Dupont a été chargé de "faire plaisir" aux différents lobbies qui se sont manifestés sur le sujet, en déposant leurs amendements, afin qu'ils puissent être débattus. Mais le fait qu'ils soient portés par le rapporteur pour avis (secondaire) et non par le rapporteur sur le fond (principal) est significatif. Ils ne passeront pas.

Le jeu parlementaire est parfois très subtil, car il consiste à rechercher en permanence des équilibres, à gérer des intérêts et des demandes contradictoires, tout en restant dans le cadre juridique et constitutionnel, et en respectant, un tant soit peu, l'intérêt général. Pas toujours évident, d'où des chemins parfois tortueux et obscurs pour les profanes.

mercredi 3 février 2010

Rien appris, rien compris

J'ai assisté hier soir à la réunion du fan club de l'hadopi, présidé par les inénarrables Franck Riester et Frédéric Lefebvre. Il y avait là tout le gratin de l'industrie culturelle, que ce soit la musique, le cinéma, les ayants droits, bref, le lobby à l'origine d'hadopi. Il était question du rapport Zelnik. Ce dernier était présent, en compagnie de son compère Jacques Toubon (que l'on a bien fait de mettre à la retraite, au vu de sa prestation d'hier soir). Ce fut très instructif.

J'ai assisté à des repas du même club avant et pendant les discussions Hadopi. C'était tout pareil, sauf qu'au lieu de fustiger ces salauds d'internautes qui téléchargent sans payer, hier soir, c'est Google qui en prenait plein la gueule. Toujours les mêmes rengaines sur l'industrie culturelle qui serait au bord du dépôt de bilan (alors que le son de cloche était un peu différent la semaine précédente au Midem, quand il s'agissait de communiquer en direction des investisseurs...), toujours cette recherche d'un bouc émissaire extérieur afin de ne pas se remettre en cause. Et toujours ces solutions techniquement irréalistes, ressassées sur l'air du "yaka-faut qu'on", avec une palme pour Jacques Toubon et son "mais qu'est ce qu'ils foutent à Bercy, ils devraient déjà nous avoir sorti la taxe google". Visiblement, la leçon hadopi ne leur a servi à rien. Ils se sont pris le mur de la réalité en pleine figure, et ils redémarrent à plein tube pour, une fois de plus, se crasher.

Hier soir, les gens de Google étaient sereins. L'essentiel de l'activité de Google en Europe est fiscalement domiciliée en Irlande, Google France ne touchant que quelques commissions, rien de réellement taxable. C'est légal et juridiquement béton. Bercy a déjà essayé de gratter (vous pensez bien) et n'a rien trouvé à redire. C'est bien pour ça que Bercy n'a rien sorti : la taxe Google est techniquement impossible. Et comble de malheur pour les hadopistes, l'Union Européenne vient de fermer une autre porte en recalant la taxe sur les FAI qui avait été instituée pour financer France télévision après l'arrêt de la publicité. Si on ne peut pas faire payer les internautes, Google ou les FAI, vers qui peut on se tourner ?

La réponse est évidente : l'Etat et ce cochon payeur appelé contribuable ! C'est d'ailleurs la deuxième mamelle du rapport Zelnik. Et il en a été question hier soir, avec la fameuse "carte musique", en partie financée par l'Etat pour solvabiliser les jeunes et les habituer à acheter ce qu'ils téléchargeaient gratuitement jusqu'ici. A entendre ces chers hadopistes, c'est la réponse à tous leurs problèmes, ce qui sauvera leur industrie. Je suis un peu plus dubitatif. Ce cadeau fiscal ressemble à s'y méprendre à une aide directe, et j'attends la position de Bruxelles. Si jamais la commission européenne laisse passer, peut être bien que le conseil constitutionnel censurera, sur la base de la rupture d'égalité, car cette carte sera réservée aux jeunes. Pourquoi seulement eux ? Après tout, moi aussi, j'aimerais bien que l'Etat me paie la moitié de la musique que j'achète sur internet. La motivation de cette mesure, qui est d'inciter une partie de la population à consommer certains produits, m'apparait difficilement entrer dans le cadre des missions de l'Etat qui peuvent être financées par le contribuable. A ce régime là, j'en connais des professions qui vont venir demander à ce que le budget de l'Etat solvabilise leur clientèle !

Le lobby des industries culturelles est toujours en plein délire, avec un aveuglement assez inouï sur ses propres responsabilités et un refus toujours aussi fort de se remettre en question. Les demandes auprès des pouvoirs publics sont toujours aussi exorbitantes et irréalistes. Sauf que cette fois, le pouvoir politique ne sera pas aussi généreux qu'en 2007. Si Nicolas Sarkozy a dit oui (ou fait mine de dire oui), il a imposé quelques contreparties assez amères pour certains, comme la mise en place d'une gestion collective des droits musicaux dans le numérique. Aux échos que j'ai, il y aura nettement moins d'ardeurs législatives, cette fois ci, pour répondre aux demandes de ce lobby, qui a grillé une bonne partie de son crédit auprès des parlementaires avec la loi hadopi.

mardi 2 février 2010

Le four à pizza de Sarkozy

L'information a couru sur le web : Sarkozy se serait fait installer un four à pizza dans l'avion présidentiel. C'est gros, mais ça colle tellement à ce que certains ont envie d'entendre que cela suffit. Et c'est parti pour la séance de sarkobashing.

Sauf que l'information est fausse. Le Post s'est interrogé sur la source. C'est assez édifiant : un journaliste de la PQR tient de la rumeur d'élus locaux dont il tait le nom et dont il n'a vraisemblablement pas vérifié les sources. Aucune confirmation par l'entreprise fabricante, démenti formel de l'Elysée. On se rend compte que finalement, personne n'a vu le fameux four à pizza. Et pourtant, ça embraye.

Pendant ce temps là, plein de choses se font en France, des orientations politiques sont décidées. Et que font nos grands résistants : ils se focalisent sur des frasques sans importance, parfois même pas réelles mais fantasmées. Louis XIV avait parfaitement compris cela en créant la cour à Versailles. Il occupait les nobles et le peuple avec des fanfreluches et des écrans de fumées, lançant sur le devant de la scène des favorites, toutes plus vaniteuses, écervelées et dépensières les unes que les autres afin de monopoliser l'attention. Pendant ce temps, Colbert, Louvois et quelques autres travaillaient dans l'autre aile du château, en toute tranquillité.

300 ans plus tard, on retrouve exactement les mêmes mécanismes et ça marche toujours aussi bien. Pourquoi s'en priver ?

lundi 1 février 2010

Constituer les listes des régionales

L'UMP a connu un week-end difficile, avec la validation, dans la douleur, de ses listes aux régionales. Il y avait à l'évidence des mécontents, puisque la validation a été acquise à seulement 60%. Mais c'est bon, il y aura des listes d'union partout, ce qui n'est pas rien.

Constituer une liste aux régionales n'est pas simple, car s'il y a bien un poste "en or", c'est celui-là : conseiller régional. La paie est bonne, la charge de travail est très variable et peut même être light quand vous êtes dans l'opposition. A la limite, vous pouvez sécher les trois quart des sessions, on ne vous dira rien ou presque. Pas de circonscription électorale à soigner, d'électeurs qui vous identifient comme leur représentant et viennent donc vous demander de jouer à l'assistante sociale. Et le mieux, c'est la proportionnelle. En étant suffisamment influent aux bons endroits, vous pouvez vous retrouver en position éligible, même en cas de défaite. Pour tous les toquards qui sont incapables de se faire élire sur leur nom dans une élection au scrutin uninominal, c'est le bonheur : les autres font le travail, vous avez juste à vous laisser porter. Pour tous les ambitieux, c'est le mandat local "porte d'entrée" qui permet de se faire un nom et une notoriété (à condition de bosser un peu quand même) et de postuler ensuite sur d'autres postes.

Vous comprenez aisément qu'il y a au moins 20 candidats par poste éligible à pourvoir, qu'il faut donc faire des choix et éliminer drastiquement. Cela se passe toujours dans les pleurs, les cris et les tensions de dernière minute. C'est l'UMP qui vient de déguster, mais le tour de la gauche viendra, dans l'entre-deux tours, quand il faudra fusionner les listes. Cela risque d'être encore plus sauvage car la gauche sera en position favorable dans beaucoup de régions, donc avec la victoire et des belles places à prendre.

dimanche 31 janvier 2010

Comme en s'excusant

Deux retraités ont été assassinés dans leur pavillon. Ce qui devait arriver arriva, le ministre de l'intérieur nous annonce un durcissement des lois sanctionnant les crimes commis contre les personnes âgées. Encore un coup comme ça, et je ne vote pas UMP aux prochaines élections. J'en ai un peu marre d'être pris pour un con...

Parce que cette fois ci, non content d'annoncer une nouvelle réforme pénale "faits divers", alors même que la précédente est toujours en attente au Sénat, il rentre dans les détails. Et là, ça me rappelle furieusement Ségolène Royal lors du débat d'entre-deux-tours de la présidentielle. D'un coté, il propose ce qui existe déjà, la télé-alarme, de l'autre, il propose d'instaurer des milices et, cerise sur le gâteau, il va en plus saturer les boites mail des commissariats en les prévenant systématiquement de la libération d'un délinquant ayant agressé des personnes âgées. Au même titre que les pédophiles. A ce train là, c'est bientôt la libération du moindre délinquant qui fera l'objet d'une information systématique des commissariats, qui rapidement, classeront ces annonces dans les spams...

Heureusement (et ça sauve mon vote UMP), il y a la réaction salutaire de MAM. Elle commence par ramener ce cher Brice dans ses buts : la justice pénale, c'est elle ! Il est prié de s'occuper de ses policiers et de la laisser gérer ses juges. Simple querelle de grands fauves, mais ça fait plaisir que quelqu'un soit en mesure de fixer des limites à Hortefeux. Mais elle ne s'arrête pas là et fait le constat, lucide, que le parlement peut créer toutes les incriminations qu'il veut, les juges sont libres de les utiliser ou pas. Et en l'occurrence, 40% des incriminations possibles ne sont pas utilisées. En créer de nouvelles serait de nouvelles serait absolument inutile ! Enfin un peu de bon sens et de lucidité ! Et elle rajoute, vacharde, que les personnes âgées peuvent être certes fragiles, mais qu'il y en a beaucoup qui sont parfaitement à même de se défendre. Face à un criminel décidé à vous assassiner, que vous ayez 75 ou 45 ans ne fait parfois aucune différence.

Cette annonce ne fait pas que m'agacer prodigieusement. J'en viens à me demander si ce réflexe pavlovien consistant à faire une annonce au moindre fait divers un peu sanglant ne serait pas une sorte de demande d'excuse. Sarkozy s'est tellement placé comme le champion de la lutte contre la délinquance que le moindre crime est vécu comme un échec de sa politique. Et comme il existe toujours des sous-fifres prêts à toutes les bassesses et les flagorneries pour plaire au chef, on a ce type d'annonce grotesque. Il faut "réparer" en tapant encore plus fort, pour ne pas avoir à reconnaitre que la délinquance et le crime ont toujours existé et ne sont, malheureusement, pas prêts de disparaitre. Sarkozy et ses sbires sont ici pris à leur propre piège, car derrière leur "politique sécuritaire", c'est cette promesse intenable qui est en filigrane et les obligent, en permanence, à déployer des écrans de fumée. En espérant que la justice n'en soit pas asphyxiée...

vendredi 29 janvier 2010

Trop d'argent

Ce matin au JO, un décret comme on en voit peu. Il abaisse la taux d'un prélèvement à 0%. La raison : il y a trop d'argent dans les caisses... Avouez que c'est un peu à contre courant de la situation générale !

Il s'agit de la cotisation annuelle obligatoire que les collectivités territoriales et les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre, dont le nombre d'habitants est supérieur à 1 000 habitants, doivent verser au fonds d'allocation des élus en fin de mandat. Cette allocation est destinée aux élus qui avaient arrêté de travailler pour se consacrer à leur mandat, afin de les aider à retourner à la vie active. Les députés ont un système équivalent (qui a subi des foudres de poujadistes de tout poil).

Le dispositif est utile, mais ne concerne finalement pas tant de monde. La cotisation ayant été calculée très large, les caisses sont pleines et il y a de quoi voir venir puisque la prochaine vague "d'utilisateurs" arrivera après les municipales de 2014.

jeudi 28 janvier 2010

iphone, ipad et autres jouets

La société Apple vient de sortir son dernier gadget électronique, l'ipad, qui sert à lire des livres et des journaux, avec un confort de lecture jusque là inégalé en internet mobile. C'est en quelque sorte le complément de l'iphone et de l'ipod. Son constructeur a tout fait pour qu'on ne parle que de ça. Plus que les produits Apple, le vrai sujet, c'est l'internet mobile.

Pour suivre un peu ce qui se passe dans le secteur du numérique, j'entends beaucoup parler l'internet mobile comme la prochaine étape, celle qui sera dominante dans quinze ans. Le fait qu'Apple sorte des outils techniques qui tiennent la route accélère sans doute le mouvement. Ce sera une révolution pour les usagers, mais surtout pour les industriels, que ce soit les marchands de terminaux ou les titulaires de droits sur les contenus. Ces derniers ont raté la première vague de l'internet, celle des ordinateurs personnels. Ils n'ont rien vu venir et le système technique s'est organisé sans tenir compte de leur besoins et de leurs attentes, à savoir l'installation de péages efficaces pour que les internautes paient les contenus. Ils ont bien tenté, avec les DRM, de rattraper le coup, mais ce fut un échec. Hadopi fut une tentative encore plus pitoyable. Mais tout cela pourrait bien changer avec cette seconde vague de l'internet mobile, qui va entrainer un renouvellement des terminaux.

C'est là que tout va se jouer, dans la configuration des terminaux. Je préfère vous dire que cela été étudié pour ne laisser que très peu de possibilités à l'utilisateur d'échapper aux péages. Cela a commencé avec l'ipod, qui n'acceptait que la musique que vous aviez acheté sur itunes. Cela se poursuit avec l'iphone qui est verrouillé. Avez vous déjà essayé de télécharger illégalement avec un iphone ? pas évident. Avez vous essayé de bidouiller votre iphone ? Encore moins évident. Dans le même temps, le système est conçu pour que l'utilisateur paie tout : le forfait, substantiellement plus élevé qu'un forfait classique, mais aussi les appli, leur usage et les contenus. Ce qui ne se paie pas encore se paiera demain. Techniquement, c'est un jeu d'enfant. Tout ceux qui ont un iphone le constatent : ils dépensent plus, et ils n'ont pas fini, loin de là ! L'ipad suit le même chemin. Les éditeurs de contenus l'ont parfaitement compris. Apple a trouvé la pierre philosophale, celle qui transforme l'utilisateur en acheteur ! A ce jeu, Apple y gagne, car il est le seul, pour l'instant, sur ce marché, qu'il écrase complètement. Comme tout monopole, il va s'en mettre plein les poches pendant un certains temps. Assez vite, ça va se gater (voyez ce qui arrive à Google, le moteur si sympathique il y a encore deux ans, en passe de devenir le nouveau microsoft). Les producteurs de contenus aussi, y gagnent, car ils arrivent à vendre (en partie) ce qu'ils se faisaient piller avant.

Dans les années qui viennent, la pression "publicitaire" en faveur de l'internet mobile va être colossale, car tous les acteurs industriels (ou presque) ont fortement intérêt à ce que le maximum d'utilisateurs basculent. Au début, ce sera cool et sympa pour l'utilisateur, qui bénéficiera de nouvelles fonctionnalités et c'est vrai que ça peut être pratique. Et qui il sera bien accro, qu'il ne pourra plus se passer de l'internet mobile, la nasse va insensiblement se refermer, de plus en plus de choses seront payantes. C'est l'histoire de la grenouille, qui plongée dans une eau bouillante en ressort vite fait, mais qui plongée dans de l'eau froide qu'on met à chauffer, ne se rend compte de rien et finit complètement cuite.

En tant qu'utilisateur encore réfractaire à l'internet mobile, je regarde cette évolution avec un peu d'effroi. Personnellement, mis à part pour live-twitter, un iphone ne me servirait à rien de plus que mon actuel samsung un peu pourri (où je n'utilise que très peu les fonctions internet). Le rapport coût / avantage est clairement défavorable à l'iphone. Mais un jour, je pourrais ne plus avoir le choix si la pratique courante de ma "communauté" ou de mon milieu professionnel m'imposait, pour rester dans le coup, d'utiliser des fonctionnalités que l'on ne trouve que sur l'iphone. Cela pourrait arriver assez vite, et cela m'inquiète, car cela va être une vaste enfumade pour le consommateur qui n'y trouvera pas son compte. La valeur ajoutée que cela va apporter dans sa vie quotidienne ne vaudra certainement pas le prix qu'il devra payer. Et je ne parle pas des effets négatifs de cette généralisation de l'internet mobile, qui va encore accélérer notre rythme de vie (notamment aux actifs urbains). Le téléphone portable est un fil à la patte, l'internet mobile va être une chaine. Pas sûr que ce soit un progrès. C'est pourtant comme cela que les médias vont nous le vendre.

Comment être un saint catholique

Le responsable du procès en canonisation de Jean-Paul II vient de publier un livre. On peut penser que son contenu est "autorisé" voire fait figure de "communication quasi-officielle" au même titre qu'un éditorial dans l'Osservatore Romano.

Qu'y apprend-t-on ? Que Jean-Paul II s'auto-flagellait et qu'il avait un attachement particulier pour un lieu d'apparition "sauvage" de la Vierge. Ce sont ces éléments qui justifieraient que Jean-Paul II soit déclaré saint et donc donnés en modèle aux fidèles catholiques qui aspirent à la sainteté : du mysticisme agrémenté de rejet de la "chair". Ce ne sont pas des traditions théologiques nouvelles, mais les mettre ainsi en avant est significatif.

L'église catholique vit dans sa bulle, se fait ses petits trips sans se préoccuper des attentes et des besoins spirituels de la société. Le décalage est ici mis en lumière de manière absolument éclatante. C'est sans doute l'expression d'un choix, celui de ne pas "coller à la mode", mais à force de planer à 10 000 pieds, on finit par être déconnecté de la base. Et après, certains s'étonnent des églises vides et du manque de prêtres. Et cela ne semble pas devoir changer, car la hiérarchie catholique est accro à une drogue dure : elle est persuadée de détenir, seule, la vérité. Elle ne peut donc pas se tromper, donc tous doivent suivre.

Les protestants ont une autre vision sur ce sujet. Il y a une parole qui doit être portée, diffusée. Pour cela, elle doit s'adapter au monde tel qu'il est, pour être comprise et reçue. Le problème de l'église catholique, c'est que son message est de moins en moins compris, et donc de moins en moins reçu. Evidemment qu'il ne faut pas non plus abandonner tout et ne plus avoir de doctrine, mais un minimum d'écoute des besoins permet d'élaborer des produits qui trouveront un marché. Une pure politique de l'offre, sur un marché très concurrentiel (et en déclin) mène tout droit à la faillite.

mardi 26 janvier 2010

Prostitution politique

Le président du groupe centriste au Sénat, Nicolas About, vient officiellement de quitter Bayrou pour se raccrocher à l'UMP. On pensait que Bayrou était à poil, et bien non, il restait encore quelque chose à gratter. Mais là, on est dans le fond du tiroir.

Mis à part quelques sénateurs qui avaient clairement affirmé leur appartenance, soit au Modem, soit au Nouveau centre, les membres du groupe Union centriste au Sénat sont globalement restés dans l'ambiguité. Le meilleur exemple est Jean Arthuis, qui a créé son propre parti centriste, ni Modem, ni Nouveau centre. De vrais centristes ! Il n'y a qu'une seule chose qui peut les en faire sortir : l'appel des places éligibles sur les listes. Déjà, lors des dernières cantonales, quelques sénateurs présidents de conseils généraux centristes ont dû dire s'ils étaient mâles ou femelles. En général, ils ont fait leur coming-out de droite, l'inverse aurait équivalu à un suicide politique.

Les régionales poursuivent cette sortie du bois. Jean Arthuis s'est déjà vendu dans les Pays de Loire pour 12 deniers places éligibles. Nicolas About vient de basculer pour sa place éligible (quatrième dans les Yvelines). Il faut reconnaitre que c'est une belle prise pour l'UMP, car le groupe centriste au Sénat est vital pour le gouvernement, vu que l'UMP n'a pas, à elle seule, la majorité absolue au Sénat. Et en plus, ils l'ont eu pour pas cher.

Tous ces centristes vont à la soupe en se sentant obligés de donner une justification idéologique à leur ralliement. Nicolas About ne supportait plus l'antisarkozysme systématique de Bayrou. Mais comme par hasard, il s'en aperçoit juste au moment de la constitution des listes aux régionales. Apparemment, cela ne le dérangeait pas tant que cela avant et sans cette opportunité de conserver sa place, il serait encore officiellement "Modem".

La fiabilité centriste dans toute sa splendeur. Le centre français, c'est une longue tradition de prostitution politique.

samedi 23 janvier 2010

Les limites de l'outil

Justicier ordinaire était un procureur, qui bloguait de manière anonyme. Il vient de fermer son blog. Des gens qu'il avait quelque peu étrillé, de manière anonyme mais reconnaissable des initiés, l'avaient lues et n'avaient pas apprécié. Cela illustre parfaitement l'une des limites du blog.

Justicier ordinaire n'a sans doute pénalement commis aucune faute, mais ses écrits lui reviennent à la figure et peuvent lui causer des désagréments dans le cadre de son activité professionnelle. J'y suis d'autant plus sensible que j'ai (et je suis toujours susceptible de tenir) des propos peu amènes contre des personnes qui, si elles me démasquaient, auraient des moyens de me causer des désagréments professionnels. Si cela était très vrai au début, cela l'est moins, car il en faudrait beaucoup, vraiment beaucoup, pour que j'en subisse des répercutions professionnelles graves. Et ayant atteint un certain degré de notoriété, je suis à même du faire suffisamment de bruit pour que l'opération ne soit pas sans retour de flamme désagréable pour l'assaillant. Je suis donc assez serein, mais quand même...

Internet est un moyen de communication, qui offre des facilités, mais ne permet pas tout. Le blogueur a trop facilement tendance à oublier qu'il est lu, et accessible par tous, y compris ses proches, ses voisins de bureau, ses supérieurs hiérarchiques. Il ne faut jamais l'oublier et ça, c'est difficile, car quand on écrit, on est seul devant son ordinateur, sans personne pour relire, modérer les ardeurs, inciter à la prudence. On est tous pareils, on appuie sur "publier" moins de cinq minutes après voir fini de rédiger et on passe à autre chose. Le blog est un outil, mais il ne permet pas tout. Et heureusement, car nous sommes tous en situation d'être "attaqués" par un blogueur. Frédéric Mitterrand le dit de manière assez amère, mais il n'a pas tort sur le fond, même s'il met l'ensemble de ce qui se fait et se dit sur internet dans le même sac, sous le vocable "blogs", démontrant une méconnaissance malheureusement courante de ce monde.

On nous parle beaucoup de régulation, mais elle se fait déjà. Les outils existent, même s'ils sont parfois mal utilisés. C'est plus là qu'il faudrait agir, être vigilant et réactif que sur les grosses provocations d'un Lefebvre ou sur les usines à gaz législatives genre hadopi et LOPPSI qui servent à protéger des intérêts privés. D'autres se chargeront de les mettre politiquement et techniquement à mal (le Conseil constitutionnel a déjà mis une belle barrière). En tant que blogueur non spécialiste en informatique, à part relayer ce que d'autres font, je ne suis pas en première ligne. Chacun ses combats. Je préfère me concentrer sur ceux qui abusent de leurs droits, comme par exemple les responsables du site chau7.com qui ont, semble-t-il, grillé les étapes de la LCEN en zappant l'éditeur pour demander directement à l'hébergeur de fermer le site qui leur pose problème. L'exemple de H16 est caricatural : il n'y avait aucune diffamation, et l'éditeur n'aurait fait aucune difficulté pour répondre favorablement à la demande de la société qui se sentait lésée.

On ne peut pas tout faire et tout dire sur un blog. C'est bon parfois de le rappeler, pour mieux défendre nos droits quand ils sont réellement attaqués.

vendredi 22 janvier 2010

Jouanno dans le métro

Les régionales sont un baptême du feu pour Chantal Jouanno. Cette technicienne, récemment nommée comme secrétaire d'Etat à l'écologie a "décidé" de se lancer en politique lors des régionales. Sur le papier, le challenge ne semblait pas insurmontable : tête de file à Paris, derrière la leader Valérie Pécresse, en compagnie d'autres femmes ministres, NKM et Rama Yade. Pour le coté plan média, c'est un beau casting, ça pourrait séduire l'électorat parisien dans un scrutin assez peu personnalisé, où finalement, l'étiquette joue beaucoup.

En Ile de France, le thème de campagne contre le sortant est tout trouvé : les transports en commun. Et c'est vrai qu'il y a de quoi dire. Certes, le président du conseil régional sortant ne porte pas seul la responsabilité du délabrement des installations et de la dégradation du service rendu aux usagers. Mais il n'est pas vierge de tout reproche non plus, et malheureusement pour lui, il a accepté la présidence du syndicat des transports d'ile de France en 2006, poste sur lequel il a communiqué, y compris par le biais de campagne d'affichage. Dans les l'esprit des franciliens, le lien est établi : les transports publics, c'est une compétence du conseil régional.

Nos drôles de dames s'engouffrent donc sur le sujet. C'est là que Chantal Jouanno entre en scène, avec sa proposition d'automatisation de la ligne 14 du métro parisien. Aussitôt, elle devient un vedette de la toile, notamment sur Twitter où un grand concours "avec Chantal Jouanno, toi aussi invente ce qui existe déjà". L'intéressée à beau essayer de rattraper le coup, c'est trop tard, il est parti.

Je dois dire que cet épisode m'amuse beaucoup. Certaines trouvailles des internautes me font bien rire. Cela m'amuse aussi car cela permet à une femme, sans doute très honorable et compétente dans son domaine de se rendre compte que se présenter aux élections, même les régionales, ce n'est pas une promenade de santé. A la limite, devenir ministre, c'est plus facile, il suffit de se faire bien voir d'une personne. Quand vous êtes candidat, vous devez faire vos preuves, soit pour être désigné candidat, soit après dans la campagne. Et ça peut être violent, en tout cas, c'est toujours un test de survie, qui permet de voir ce que vous avez dans le ventre. Certains comme David Martinon ont explosé en vol avant même le scrutin, d'autres se sont pris de telles tôles que leur première candidature a aussi été leur dernière.

On va maintenant voir ce que vaut vraiment Chantal Jouanno, au seul vrai test qui compte en politique, le suffrage universel. On peut dire que le test commence fort...

Faudrait pas l'oublier

La prochaine république des blogs aura lieu le mercredi 27 janvier, au lieu habituel, à savoir le pachyderme, 2bis boulevard Saint Martin, à République, à partir de 19h 30. Cette rencontre n'est pas réservée aux blogueurs, mais à tout le "small world" qui gravite sur les réseaux sociaux, sur les blogs, qui se croise numériquement, mais ne se connait pas dans la vie réelle.

Le nom de république des blogs n'est peut-être plus adapté, car datant de 2006. Dans le monde du numérique, c'est une éternité et depuis cette date, facebook, twitter et d'autres encore sont arrivés, et ont bouleversé les pratiques. On peut être un homo numericus sans être obligé d'avoir un blog, ce qui était moins évident en 2006. Mais reste quand même ce besoin de se rencontrer "pour de vrai", car il manque une dimension dans la communication sur le net (et il y en a un certain nombre que j'aimerais bien rencontrer...).

La République des blogs offre cet espace où on peut se rencontrer tranquillement, autrement qu'en "marge d'une manifestation". On peut prendre le temps de discuter autour d'une bière, passer d'un groupe à l'autre, partir et arriver quand on veut. C'est ouvert à tous, même ceux qui ne sont que des spectateurs. On peut être d'une conversation agréable sans forcement avoir un compte twitter.

Rendez vous donc mercredi !