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samedi 20 janvier 2007

Vous êtes toujours ensemble ?

Vous êtes toujours ensemble ? Cela risque d'être la prochaine question gênante à laquelle François Hollande et Ségolène Royal pourraient avoir à répondre. Bien que fiscalement ensemble (ils ont encore un enfant commun mineur), la rumeur se fait de plus en plus insistante : ils se seraient séparés. J'ai eu plusieurs fois l'occasion d'entendre cette information, par plusieurs canaux, Françoise Hidalgo, adjointe au maire de Paris étant citée comme nouvelle compagne de François Hollande. Maintenant, c'est la presse étrangère qui s'y met (trouvé chez Jules de What's next).

Certains objecteront qu'il s'agit de leur vie privée et que cela les regarde. Je suis d'accord pour un strict respect de la vie privée, à partir du moment où elle n'est pas utilisée dans le cadre de l'activité politique. Que les déboires conjugaux de Nicolas Sarkozy se retrouvent dans Paris Match ne me dérange pas, car il a largement instrumentalisé son couple. Ségolène Royal et François Hollande font de même, utilisant l'image du couple de politiques dans leur communication. Il est normal que la réalité de ce couple soit questionné.

La situation semble être assez complexe, car nos deux pacsés pourraient bien être ensemble pour certaines choses (gestion du patrimoine commun, éducation des enfants) et parfaitement séparés pour la vie affective et les ambitions politiques. En tout cas, la réalité ne colle sans doute pas à l'image qui est donnée et exploitée politiquement. Cela mérite quelques éclaircissements qu'il est légitime de demander à une candidate à la présidentielle.

La souffrance n'autorise pas tout

La shoah a été un crime abominable et il en faut en garder la mémoire, pour les victimes, mais aussi pour que jamais un tel crime ne puisse se reproduire. Pour autant, faut-il imposer et afficher cette mémoire partout et en faire un pivot dans la construction de notre identité nationale ?

Je suis plus que réservé sur la décision de Jacques Chirac de faire entrer les "justes" au Panthéon. Le Panthéon, c'est un haut lieu de la mémoire de la Nation et de la Patrie. C'est là que sont honorés les héros de la communauté nationale française. La Shoah, c'est la douleur et la mémoire d'une communauté particulière, mais pas forcement de la Nation française dans son entier. La faire entrer au Panthéon, c'est lui donner un statut "national" qui, à mon avis, ne lui revient pas. A ce train là, toutes les communautés vont demander une plaque au Panthéon.

C'est le point d'orgue d'une politique visant à sanctuariser à et imposer à tous cette mémoire. On a commencé par interdire de la contester, sous peine de sanctions pénales. Sont venues ensuite les rappels, les commémorations hautement médiatiques. J'ai toujours été gêné de ces plaques systématiquement apposées devant les écoles parisiennes, rappelant la déportation des enfants juifs. Que l'on préserve leur souvenir, oui, mais l'apposition d'une plaque sur un lieu ne devrait être réservé qu'aux évènements spécifiquement marquants et singuliers au lieu. Une plaque sur la maison d'Izieu d'où sont partis les enfants juifs déportés, oui, cela a un sens, qu'il ne faut pas banaliser en mettant des plaques partout.

On peut, sans nier sa réalité, affirmer qu'une souffrance ne donne pas tous les droits, notamment pas celui d'imposer plus que nécessaire sa mémoire particulière aux autres.