Authueil

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mardi 30 octobre 2007

Sine die

On est pas prêts de la revoir, cette proposition de loi du Nouveau Centre sur le financement des partis politiques. Nicolas Sarkozy vient de trancher, on arrête les frais. C'est vrai qu'après le lamentable spectacle de mercredi dernier et l'évident manque de soutien des députés UMP, il valait mieux en rester là.

Reste tout de même cette désagréable impression d'amateurisme de la part de la majorité, qui a été lancée à l'aveugle dans une opération visiblement très mal ficelée. Sarkozy s'en tire bien, et se donne ce matin le beau rôle en bottant en touche. Pourtant, si l'affaire a pu débuter et la proposition de loi être inscrite à l'ordre du jour prioritaire par le gouvernement, c'est qu'il y a eu un feu vert. Je doute que le premier ministre ait eu l'autorité suffisante pour lancer seul une telle opération de barbouze. D'où venait alors l'autorisation ?

Tout cela me fait un peu penser à l'arche de Zoé : une opération confuse, moralement peu défendable, que les autorités politiques, au courant, ont laissé faire, et où chacun cherche ensuite à se dédouaner par tous les moyens une fois que le scandale a (prévisiblement) éclaté.

Ca existe bien dans la boxe ...

... je ne vois pas pourquoi le tennis serait épargné par les matchs truqués, ni aucun autre sport individuel d'ailleurs. Je suis même content que tout cela soit déballé, car cela fait bien longtemps que je suis agacé par l'hypocrisie de ce sport professionnel, qui n'est avant toute chose qu'une vaste entreprise de spectacle. C'est d'ailleurs comme cela que les organisateurs du tournoi de Paris-Bercy tentent de vendre leur produit : "vous allez avoir du spectaculaire", avec David Guetta et des acrobates. Pourquoi pas des clowns et des cracheurs de feu pendant qu'on y est ? C'est vrai que l'ATP avait mis la pression : il va falloir faire plus d'audiance et plus d'entrées ! Et le sport dans tout cela ?

Leclerc le culotté

Monsieur Edouard Leclerc m'a toujours sidéré par le culot de sa communication. Alors qu'il est un distributeur qui pense avant tout à sa poche et à ses bénéfices (pas petits), il cherche à nous faire croire qu'il est en fait au service des consommateurs.

Son dernier coup : mettre la pression sur ses fournisseurs en donnant les plus grosses augmentations prévues, en citant nommément les marques et les produits. Cela lui permet de se dédouaner des augmentations que ses clients ne manqueront pas de remarquer dans les rayons, et cela le met en position de force dans les négociations d'achat avec les fournisseurs. Cette pratique est à la limite de la malhonnêteté, car les augmentations des fournisseurs sont dues aux hausses du coût des matières premières. Le lait augmente, comment voulez-vous que le beurre ou les yaourts restent au même prix ? Leclerc donne les prix de vente facturés par ses fournisseurs, mais il oublie de dire que ce n'est pas cela uniquement le prix. Il y a aussi les marges arrières, c'est à dire tout ce que le fournisseur paye pour être bien référencé, pour que son produit soit en tête de gondole, dans un présentoir "ad hoc", aux couleurs de la marque, avec un visuel particulier. Quand vous entrez à la FNAC et que vous tombez directement sur le dernier Beigbeider dans un présentoir spécial, ce n'est pas parce que c'est le "coup de coeur" du libraire (même s'il essaye de nous le vendre comme cela). C'est tout simplement parce que l'éditeur à allongé les billets.

Quand on enlève ces marges arrières du prix facturé par le fournisseur, on obtient le prix réellement payé par Leclerc. Et ensuite, il suffit de le comparer avec le prix affiché dans le rayon pour obtenir la marge de Monsieur Leclerc. J'aimerais (mais je rêve) qu'un fournisseur ait le culot de lui répondre en affichant les plus belles marges de Monsieur Leclerc, avec le nom du produit. Edouard Leclerc n'aurait là que la monnaie de sa pièce !

lundi 29 octobre 2007

l'aide humilitante

L'opération de l'ONG "l'arche de Zoé" est emblématique de notre arrogance et de notre ethnocentrisme occidental. Les faits : une ONG, sans doute pleine de bonnes intentions, organise la venue en France d'une centaine d'enfants du Tchad et du Darfour. L'idée généreuse est de les soustraire à la guerre et aux ménaces qui l'accompagnent. Oui, mais ils ont oublié un détail ! Le temps des colonies et du paternalisme vis-à-vis des africains, c'est terminé. Il existe en Afrique des dirigeants, des responsables, qui peuvent juger choquant cette action de "dames patronesses", qui en voulant aider, humilient !

Ajourd'hui, la France essaye de se désolidariser d'une action qu'elle a laissé se dérouler. Les responsables français au Tchad n'ont tout simplement pas mesuré l'ampleur de la réaction possible des autorités locales. Ils étaient encore sans doute pour beaucoup dans les shémas de pensée similaires à ceux de l'ONG, et malheureusement de beaucoup d'acteurs du développement. Pour eux, l'africain est un grand enfant, qu'il faut aider et dont il faut faire le bonheur, même malgré lui.

L'Afrique n'a pas besoin de charité et de compassion, mais au contraire, qu'on l'aide, en partenaire, à régler ses problèmes et à se prendre en charge. Quand arriverons nous enfin à considérer l'homme africain comme un égal, qui a le droit de penser l'avenir de l'Afrique selon des shémas différents de ceux des européens ?

dimanche 28 octobre 2007

Chacun ses martyrs

Le pape a décidé de déclarer "martyrs" toute une fournée de religieux espagnols assassinés par les républicains (pour la plupart au cours de l'été 1936). Ce geste est éminemment politique, l'aspect religieux n'ayant pas grand chose à voir là dedans. Mais bon, l'église catholique est une grande habituée du mélange des genres.

La meilleure solution aurait été plutôt de les laisser reposer en paix au lieu de les instrumentaliser ainsi. Mais les braises de la guerre civile espagnole sont mal éteintes, et là dessus, le PSOE et les partis de gauche espagnols ont la réponse qu'ils méritent. Qui, sinon eux, a relancé le débat, avec leur loi "mémorielle" sur la franquisme. Pas très intelligent tout cela.

Parce que dans cette guerre civile, il y a eu des affreux de chaque coté. Entre un religieux capturé par les anarchistes et un syndicaliste pris par les militaires, je ne sais lequel a le plus souffert avant de mourir, mais au final, le résultat a été le même. Je renvoie dos à dos les deux camps, et je m'amuse de voir ceux qui ont chanté Garcia Lorca et élévé la pasionaria au rang d'icone critiquer le camp d'en face, qui ne fait pourtant que les imiter, pour répondre à la reprise du conflit mémoriel.

Les espagnols n'auraient pas mieux à faire ?

jeudi 25 octobre 2007

Agacement

Je ne suis pas le seul à être agacé. C'est général au Parlement. Les députés ont franchement l'impression, plus encore qu'au précédent mandat, d'être pris pour de vieilles chaussettes. La concentration du pouvoir entre les mains du président n'est pas ce qui pose problème, pas plus que le contenu de son programme (sauf peut-être certains détails). Le souci, c'est l'usage intensif que fait Nicolas Sarkozy de ses pouvoirs, sa manière d'agir. Qu'il fasse attention qque certains ne lui fassent pas payer le manque de considération qu'il porte à la fois aux parlementaires et à l'institution elle-même.

mercredi 24 octobre 2007

Mascarade parlementaire

Je n'aurais pas pensé qu'ils auraient l'indécence de le faire. Et bien si ! La Proposition de loi du Nouveau Centre sur le financement des partis politiques a été inscrite à l'ordre du jour et a commencé à être discutée. Une erreur politique majeure pour le gouvernement !!

Sur la forme et la procédure, c'est une honte. La proposition de loi est déposée le mercredi 17 octobre, pour être inscrite "en priorité" par le gouvernement lors de la conférence des présidents du mardi 23 octobre, avec une réunion de commission des lois dans la foulée qui nomme un rapporteur le matin, pour examiner son rapport le soir et discuter le tout en séance publique le lendemain matin. Si cela ne s'appelle pas du passage en force, je ne vois pas de quoi il s'agit ! Pour le respect du Parlement, on repassera, mais maintenant, au moins, on sait à quoi s'en tenir avec Sarkozy. Rien ne changera et toute réforme sur le sujet ne sera que cosmétique. Sur le fond, c'est également un honte. On ne change pas les règles du jeu en milieu de match et pour des questions de convenances personnelles. Cela s'appelle de la magouille.

Le gouvernement y a perdu une large partie de son honneur, et en plus pour rien ! Parce que ce texte est mort né. Ce matin, la discussion n'a pas pu aller jusqu'au bout. Pendant un moment, l'orateur du groupe UMP, avec la complicité active du président (UMP) de séance, a fait durer son discours, tout simplement parce les partisans du texte étaient en minorité dans l'hémicycle. Nombre de député UMP ont appris la veille au soir ou le matin même qu'il y avait séance. Ils ont moyennement apprécié et quand il ont vu le texte en discussion, on ne peut pas dire qu'ils se soient bousculés pour aller dans l'hémicycle. Politiquement, cela ne passe pas auprès de nombreux députés UMP et même, me dit-on auprès de certains ministres. Mais que faire devant le fait du prince ?

Ensuite, les vices de forme et de fond sont tels, que même si ce texte arrive au bout de la discussion parlementaire, le passage devant le conseil constitutionnel va tourner au jeu de massacre. Les Sages de la rue Montpensier vont littéralement déchiqueter cette loi, un véritable festival à foutre la honte pour des années à ses rédacteurs et à ceux qui l'ont votée. Sur la procédure, depuis la loi DADVSI, on sait qu'on ne peut plus jouer avec le règlement de l'Assemblée. Pas besoin d'être un fin juriste pour voir qu'on a forcé la main des députés. Rien que sur cela, c'est l'invalidation assurée !

François Bayrou a également soulevé une magnifique argument, celui de l'irrecevabilité au titre de l'article 40 de la constitution. Cet article dispose qu'une initiative parlementaire ne peut ni augmenter une dépense publique, ni diminuer une recette (sauf en compensant par l'augmentation à due concurrence d'une autre recette). Le piège s'est refermé lorsque le gouvernement a voulu tourner la difficulté en affirmant que cette réforme se ferait à crédits constants. Cela voudrait dire que le Nouveau Centre viendrait prendre part au partage du gâteau, alors même que les calculs ont été effectués en tenant compte de son absence à la table. Traduction, les partis qui ont effectivement remplis les critères vont devoir se serrer la ceinture pour laisser un bout au Nouveau Centre. De qui se moque-t-on. Bien entendu que cette loi va provoquer une augmentation des dépenses publiques. Bien entendu qu'elle est irrecevable au titre de l'article 40 de la Constitution ! C'est d'ailleurs sur cela que la discussion a bloqué ce matin. A partir du moment où l'irrecevabilité d'une proposition parlementaire est soulevée, il faut réunir le bureau de la commission des Finances, pour qu'il statue. Avec un président UMP à la tête de la commission des Finances, on aurait eu une réunion convoquée dans la foulée, pendant une suspension de séance de dix minutes. C'est là que l'élection du socialiste Didier Migaud à la présidence de la commission des Finances prend toute sa saveur ! Parce que bien entendu, il s'est empressé de ne pas convoquer la réunion, et d'attendre quelques jours.

Si cela ne suffit pas, la règle de la non retroactivité implique que les dispositions votées ne valent que pour l'avenir, c'est à dire ici pour le financement des partis politiques à l'issue des élections législatives de 2012. Pas tout à fait le but recherché par les députés Nouveau Centre...

J'ai rarement vu, dans un texte de quatre lignes, autant de malfaçons juridiques et de bêtise politique.

C'est quoi ce délire ?

Borloo annonce la fin de la construction des autoroutes en France. Qu'est ce que c'est que ce délire ? Il a encore trop picolé avant de rencontrer des journalistes ?

Plus ça va, plus le grenelle de l'environnement me semble partir en live. Des réunions discrètes se déroulent entre le gouvernement (et encore, quelques ministres) et les associations d'écolo, avec un vaste marchandage que les parlementaires vont être priés d'avaliser. On ne présente pas des orientations politiques aussi énormes sans un minimum de débat public ! Et la prochaine annonce, c'est quoi, l'arrêt du nucléaire ?

Il va falloir se calmer, car si jusqu'à maintenant, les grognements de la majorité portaient beaucoup sur la forme et la manière de faire, on va rapidement glisser sur des divergences lourdes sur le fond. L'ouverture a ses limites et j'ai peur que Borloo soit en train de les exploser.

Facile mobilisation

Je suis bien d'accord avec Celui et Laurent. La pseudo-mobilisation qui consiste à éteindre les lumières pendant 5 minutes est une mascarade. Elle est censée symboliser le soutien à l'environnement. Et à 20 heures 01, que feront tous les moutons qui ont éteint la lumière, et bien ils la rallumeront, entrainant une consommation supérieure à l'économie réalisée en éteignant 5 minutes, et reprendront leur rythme de consommation effréné.

Ce qui m'agace surtout, c'est que l'on accorde la moindre valeur à cette "mobilisation". Elle ne demande aucun effort, ne coûte strictement rien à ceux qui l'accomplissent. C'est facile, dans ce cas là, de se "mobiliser" pour tout et n'importe quoi, d'être "solidaire". Le poids d'un engagement commence à se mesurer lorsque l'action coûte réellement, que ce soit un sacrifice financier ou un renoncement à un mode de vie. La proposition de Celui de ne pas prendre de douche pendant une journée, pour sensibiliser à la gestion de l'eau est déjà un peu plus "couteuse" pour nous, occidentaux, véritables maniaques de l'hygiène. Et encore, ce n'est pas grand chose.

Je propose que tous les bienpensants qui souhaitent se "mobiliser" efficacement diminuent leur consommation d'eau et d'électricité d'un tiers, et donnent l'argent ainsi économisé à une ONG en faveur de la préservation des ressources naturelles. Là, leur engagement aura de la valeur. Mais c'est moins spectaculaire et surtout, cela demande des efforts... durables. Et oui, il n'y a pas que le développement qui doit être durable !

mardi 23 octobre 2007

On est responsable de ses turpitudes

Mon ami Jules semble impatient de voir comment Nicolas Sarkozy va gérer sa promesse d'accorder la nationalité française à toutes les femmes opprimées à travers le monde. Ayaan Hirsi Ali lui semble être une candidate parfaite comme première application de cette mesure.

Même si je suis moi aussi curieux de voir comment il va remplir cette promesse, je ne pense qu'Ayaan Hirsi Ali entre dans les critères. Si elle est aujourd'hui "dans la merde", elle l'a bien cherché. Quand on prend des positions aussi violentes que les siennes, on doit s'attendre à des retours d'une même intensité. Personne ne l'a forcé, surtout pas l'Etat néerlandais. Je ne vois pas pourquoi il faudrait qu'il paye ! Qu'elle assume toutes les conséquences de son positionnement médiatique, ainsi que ses mensonges. Si elle a été amenée à quitter les Pays-bas, c'est bien parce qu'elle avait commis une faute en batissant sa carrière politico-médiatique sur un mensonge.

C'est trop facile autrement.

Vieille avant l'âge

Clémentine Autain est jeune, du moins c'est ce que dit son état-civil. Pourtant, elle a tout d'un politicarde à l'ancienne. Ne trouvant plus sa place à Paris, où elle est adjointe au maire, elle décide d'aller se parachuter à Montreuil.

J'aime beaucoup sa phrase "j'ai décidé de m'engager dans la vie municipale montreuilloise". Ah oui, pour la même durée que ton investissement dans la vie municipale parisienne ? Je n'ai jamais aimé ces élus qui jouent à "saute-mandat" passant d'un lieu à l'autre pour conserver un poste. Les prétextes sont parfois crédibles, souvent pas. Clémentine Autain ne se donne même pas cette peine. Les raisons de son départ se résument à une simple perspective carriériste. Il y a une place à prendre à Montreuil, sur un terrain bien à gauche. Montreuil, ville de 100 000 habitants, avec une circonscription qui couvre la ville et qui permet d'être "député-maire" en labourant le même terrain. Un beau fief, qui assurerait les arrières de Mademoiselle Autain. Elle pourrait se consacrer tranquillement à ce qui lui fait véritablement plaisir, l'agitation militante d'extrême-gauche et l'exposition médiatique de sa petite personne.

Mais, parce qu'il y a un mais, L'actuel titulaire du poste, Jean-Pierre Brard, n'entend pas laisser la place et refuse d'accueillir la petite parisienne sur sa liste. Il accuse ses petits amis communistes de Seine-Saint-Denis d'avoir fait miroiter à la petite jeune une perspective qui n'existe pas. Il est vrai que Jean-Pierre Brard est en froid depuis bien longtemps avec le PCF (il n'est qu'apparenté communiste à l'Assemblée nationale) et qu'il a été réélu en 2007 malgré les manoeuvres de l'appareil du PCF pour l'évincer. Jean-Pierre Brard est du genre vieux crocodile à qui on ne la fait pas. Clémentine Autain s'attaque sans doute là à un trop gros morceau. Je parie qu'elle finira sur une liste parisienne, et conservera une bonne petite place d'adjointe dans l'équipe Delanoé.

Que restera-il de cette tentative d'escapade montreuilloise ? L'image d'une jeune femme qui fait de la politique à l'ancienne, qui "s'engage" d'abord pour elle, pour sa carrière, pour son ego. Le service des citoyens, l'attachement à sa ville, à son mandat, l'envie de continuer un travail commencé comme adjointe à la jeunesse semblent bien secondaires. C'est pourtant ces points là qui sont importants à mes yeux, et qui devraient seuls justifier un engagement politique.

Edit : Razzye Hammadi ne vaut pas mieux, mais il est moins doué puisqu'il vient de voir rejetter sa demande d'inscription sur les listes électorales de la commune d'Orly. Et oui, il faut quand même un minimum de rattachement à la commune où on veut se présenter aux municipales. Une bail signé deux jours avant l'inscription sur la liste électorale, c'est un peu court...

vendredi 19 octobre 2007

Self-service

On n'est jamais mieux servi que par soi-même. En ce début de législature, les députés ont cette maxime bien en tête. Après les communistes qui, n'étant plus que 17, voulaient abaisser le seuil de constitution d'un groupe parlementaire à 15 députés, voici que les députés Nouveau Centre s'y mettent aussi. Comme ils ont été recalés pour le financement des partis politiques, ne remplissant pas les conditions en termes de nombre de candidats, ils proposent de changer les règles du jeu, pour les adapter à leur situation.

On ne rentre pas dans les clous, qu'à cela ne tienne, on change la disposition des clous. Et puis quoi encore ! J'espère que ces propositions de loi resteront lettre morte. C'est déjà sufisamment scandaleux que certains osent les déposer, ils ne faudrait en plus qu'elles soient adoptées. Comment voulez vous répliquer à ceux qui accusent les parlementaires et le monde politique en général de collusion et de magouille, quand vous voyez de tels textes.

Un peu de décence messieurs !

jeudi 18 octobre 2007

C'est aussi bien qu'elle parte

Ca y est, c'est officiel, Nicolas et Cécilia Sarkozy se séparent. Que de bavardages, que de tensions pour être celui qui arriverait à le dire avant les autres. Comme si c'était cela que j'attend de la presse : être le premier à annoncer une information. J'attends plutôt des explications, des analyses sur les enjeux et les conséquences de cet évènement. Comme par hasard, c'est cela que les journalistes demandent aux internautes de leur donner.

Je suis personnellement satisfait que la séparation ait enfin lieu, parce que cela ne pouvait plus durer. Politiquement, Cécilia Sarkozy n'apporte pas grand chose à son mari, à l'inverse de ce qu'Hillary Clinton apportait à Bill. Elle donne une touche de glamour et de pipole, mais c'est bien tout. Par contre, elle avait des obligations qu'elle assumait quand elle en avait envie, pas souvent à vrai dire. J'ai eu honte de son angine blanche, qui l'a dispensée d'aller diner chez les Bush, mais pas d'aller faire les boutiques le lendemain. Je n'ai pas apprécié qu'elle zappe le déjeuner des conjoints lors du G8 en Allemagne. On peut trouver cela chiant, je le conçois, mais c'est avant tout une question de correction et de politesse vis à vis des autres convives. Dans le même temps, Madame s'invente un rôle de "superwoman" qui va tirer les marrons du feu dans une affaire hyper médiatique où elle n'avait strictement rien à faire !

Quand on est le conjoint d'un chef d'Etat, on peut ne pas avoir de statut officiel, on en a quand même les contraintes (et les compensations). A partir du moment où on refuse de jouer le jeu, par pur caprice (parce que c'est comme cela que j'analyse le comportement de notre future ex-first lady) il vaut mieux partir. Ca n'a pas trainé et c'est tant mieux

mardi 16 octobre 2007

Une vision claire de la simplification

Cela ne faisait pas de mal de faire le point sur la question de la qualité de la loi. Cette petite publication du Sénat est la bienvenue.

Le Sénat doit examiner prochainement (le 25 octobre) la proposition de loi se simplification du droit adoptée par l'Assemblée nationale. Avant, ils s'informent et étudient la question. C'est comme cela que je conçois le travail parlementaire. Là dessus, le Sénat est bien plus au point que l'Assemblée nationale. Leurs rapports sont souvent des modèles, avec des sujets pertinents, traités à fond, hors pression médiatique et en plus, avec un suivi.

Plongée en eaux profondes

Petit à petit, des coins de voile se lèvent sur les arrières boutiques du monde syndical, bien plus opaques que celles de la politique. L'existence d'une caisse noire au sein du Medef ne me surprend absolument pas. Et je serais étonné qu'il n'y en ait qu'une. Les malettes d'argent liquide de Monsieur Gautier-Sauvagnac, elles partaient où ? Visiblement, elles n'ont eu aucun mal à être "absorbées" sans que cela ne se voit, et sans laisser de traces ! Et en plus, depuis des années sans que cela ne semble choquer les responsables...

Les syndicats de salariés feraient mieux de ne pas trop la ramener sur le sujet, parce que si on se met vraiment à tout éplucher chez eux, cela risque de ne pas être triste ! On sait déjà que l'une des caisses noires de la CGT s'appelait le Comité central des oeuvres sociales d'EDF-GDF, sources d'emplois fictifs, de circulation d'argent, dont une partie a du arriver dans les caisses du PCF et d'autres organisations annexes. Je n'ose imaginer ce que donnerait une enquête similaire dans les organismes sociaux des autres grandes entreprises nationales (SNCF, RATP...). C'est une culture partagée entre patronats et syndicats de salariés.

Quand on voit tout ce qui est géré "paritairement", à commencer par le sécurité sociale, j'ai très peur que nous ne soyons à l'aube d'un scandale à l'italienne, de corruption et surtout de détournements de fonds à très grande échelle.

lundi 15 octobre 2007

Bon débarras

Tout le problème, c'est de savoir où il va aller sévir maintenant. Nicolas Sarkozy n'aurait pas une mission à lui confier, histoire de préserver une entreprise du naufrage ?

La brutalité de la réforme

Le monde judiciaire m'amuse beaucoup en ce moment, sur la réforme de la carte judiciaire, en étant pour la réforme, dans son principe, mais contre son application. Comme toujours, ils défendent, non pas le service public, mais leur bout de gras.

Qu'est ce que la réforme de la carte judiciaire ? C'est une remise à plat du nombre et de l'implantation des tribunaux français. Dès le départ, il est évident (et c'est affirmé explicitement par le gouvernement) que le but de la manoeuvre est de supprimer des tribunaux. Les raisons avancées sont parfaitement recevables : évolution des transports qui rendent les trajets plus courts, regroupement des moyens pour une meilleure qualité de la justice, économies sur les bâtiments. Sur le fond, tout le monde est d'accord, même les avocats.

Mais dès qu'il s'agit d'entrer dans les détails, c'est le branle-bas de combat, chacun voulant bien que la réforme s'applique, mais chez les autres. Pour essayer de ne pas se casser les dents immédiatement, la ministre de la Justice a promis une "concertation". La chancellerie a fait ses calculs, elle a une liste de juridictions à supprimer, fixée en fonction de critères objectifs (nombre de jugements, proximité d'autres tribunaux, évolutions démographiques prévisibles). La concertation, c'est un moyen de faire passer le suppositoire aux élus et accessoirement aux intéressés. Mais surtout aux élus locaux qui n'auront pas eu le poids politique suffisant pour sauver leur tribunal, ou ceux dont la situation était perdue d'avance. On les écoute et on négocie les compensations pour limiter l'impact économique et symbolique. Un maire qui laisse filer son tribunal à moins d'un an des municipales, il ne le fera pas sans brailler, et surtout sans tenter de revenir avec quelque chose.

Que d'autres corps de métier revendiquent qu'une concertation se fasse avec eux m'apparait un peu plus difficile à soutenir. Il me revient, du lointain de mes études en droit administratif, que nul n'a un droit au maintien d'une service public, si LE service public continue d'être assuré convenablement. Les magistrats, on ne les a pas trop entendus sur le sujet. Ils ne risquent pas de perdre leur poste et cela peut être même une bonne affaire pour ceux qui sont en place dans les tribunaux supprimés. Si on procède comme pour les fermetures de commissariats, ils sont prioritaires dans les affectations. Quand on est en poste à Hazebrouck, c'est une opportunité intéressante. Viennent ensuite les avocats. Là, j'ai beaucoup plus de mal à comprendre, du moins si on reste sur leurs déclarations officielles. La suppression de tribunaux n'entrainera pas une baisse du nombre d'affaires, mais ne fera que redistribuer les dossiers. Certains, installés dans les villes où le tribunal a été supprimé, voudront peut-être déménager, et devront "faire leur trou" dans leur nouveau barreau. S'ils sont bons, pas d'inquiétude. Et encore, cela ne concerne que les tribunaux où il existe une obligation de représentation, essentiellement les TGI. Si une cours d'appel est menacée (celle de Metz, qui ne couvre que la Moselle, est sur la sellette), les avoués viendront se joindre au choeur. Mais ce n'est quand même pas le confort de quelques professionnels qui va remettre en cause l'adaptation des structures administratives. La seule concertation qui aurait du sens, c'est celle où, une fois les décisions de fermetures annoncées, on discute des modalités pratiques et que l'on tienne compte des contraintes des différentes professions pour qu'elles puissent s'adapter dans les meilleures conditions (quitte à arroser avec un peu d'argent public). Mais dans la phase de décisions, la prétention des avocats à être associés aux décisions m'apparait assez osée.

Dans tout cela, ce qui m'inquiète le plus est le sort des Tribunaux d'Instance. Ils peuvent crever, personne ne sent trop concerné. C'est d'ailleurs sur eux que risque de retomber finalement le poids des coupes sombres, ce qui n'est pas forcement une bonne chose. Parce que la justice de proximité, ce sont avant tout les Tribunaux d'instance qui l'assurent, avec les petits litiges de la vie courante, les tutelles, l'existence dans les murs de conciliateurs et d'autres personnes plus ou moins dédiées au conseil (et donc concurrents des avocats). Si le pouvoir politique avait eu quelque courage, cette réforme aurait pu être menée, certes plus brutalement, mais aussi plus démocratiquement. Après un travail d'études mené hors la présence des lobbies, des critères objectifs auraient été fixés, avec pour chaque tribunal, l'indication claire du sort qui lui est réservé, avec les explications, le tout publiquement (et notamment sur internet). A charge pour ceux qui souhaitent qu'un sort différent soit réservé à leur tribunal de présenter leurs arguments, pour qu'un débat contradictoire s'engage. Tout ce serait fait dans la transparence, avec une affirmation claire des politiques : ce sont eux qui gouvernent et décident, car ils ont la légitimité et le mandat pour cela. La concertation, n'est jamais qu'une consultation, mais pas un lieu décisionnel, où le gouvernement passe des deals plus ou moins clairs avec les lobbies concernés, malheureusement sur le dos du public.

Décrédibilisation

Selon Jacques Rogge, la multiplication des affaires de dopage décrédibilise le sport.

Et surtout, ça déstabilise le business. Et quand on est président du comité international olympique, c'est insupportable !

Par le petit bout de la lorgnette

Le problème des militants, c'est qu'ils voient tout par le prisme de leur cause, de leur combat. Leur analyse est parfois pertinente, souvent, elle ne l'est pas, car leur clé de lecture est trop partielle pour rendre réellement compte de la réalité et la décrypter avec justesse.

Un magnifique exemple dans Backchich.info, où Vincent Nouzille nous explique les attributions de présidences de groupe d'amitié à l'Assemblée nationale par le biais exclusif de l'obession de ce site pour la Francafrique. C'est vrai que mettre Pierre Bedier au groupe France-Gabon, cela peut prêter à sourire. Mais au moins, voilà un député compréhensif pour les affaires, et qui n'ira pas gêner Total par excès de scrupules. C'est sûr que Montebourg présiderait ce groupe d'une autre manière. Sur ce point, la remarque est pertinente.

Par contre, d'autres le sont moins. Que le député Georges Fenech ait souhaité (et obtenu) la présidence de France-Tunisie, cela se comprend, il est né à Sousse ! Je ne vois donc pas le lien qu'il y a entre cette présidence et sa mise en examen dans l'affaire de "l'angolagate". C'est plus du coté des intérêts des pieds noirs qu'il faut chercher pour comprendre les ressorts des nominations pour les pays du Maghreb. Même chose pour la présidence du groupe France-USA, où Louis Giscard d'Estaing succède à Axel Poniatowski (devenu président de la commission des Affaires Etrangères). Qu'ils soient tous les deux libéraux joue certainement moins que le fait qu'ils se connaissent et se fréquentent depuis l'enfance, Michel Poniatowski étant l'ami (et le Brice Hortefeux) de VGE. D'autres choix s'effectuent sur des bases encore plus terre-à-terre, à savoir la capacité d'un député à être chiant et pénible s'il n'obtient pas ce qu'il veut. Il est par exemple difficile de refuser quelque chose à François Rochebloine...

On fantasme beaucoup sur ces groupes d'amitié. Les voyages, c'est pour quelques groupes seulement, avec une rotation. Si un déplacement a été effectué au cours de la dernière législature, pas la peine d'espérer repartir ce coup-ci, sauf pour les pays limitrophes. C'est vrai que certains choisissent leurs groupes d'amitié en fonction des possibilités de voyages, mais ceux-là obtiennent bien rarement la présidence du groupe, et ils n'en veulent d'ailleurs pas. Pour ce poste, il faut un minimum de connaissance du pays, de sa culture et il faut aussi accepter de s'investir un peu dans le groupe, bref, de travailler. Les motivations pour demander les présidences de groupes d'amitié sont variables. Des liens personnels (origines familiales, y avoir vécu), la présence d'une forte communauté concernée dans sa circonscription, un intérêt intellectuel (passion pour un pays ou une culture). Certains groupes avec les pays importants offrent une visibilité et la possibilité de contacts intéressants, avec en prime une belle ligne sur la carte de visite, qui montre que vous êtes "influent".

Les attributions de présidences de groupe d'amitié sont bien plus complexes que ne le laisse entendre l'article de Backchich. Mais c'est vrai que ce site est d'abord militant avant d'être informatif. Cela nuit à sa crédibilité, et par ricochet à celle des informations valables et pertinentes qu'ils peuvent sortir.

vendredi 12 octobre 2007

Le prix des bienpensants

Je suis assez d'accord avec Versac, le prix Nobel de la paix n'a plus qu'un lointain rapport avec la paix. Il est devenu la récompense donnée aux meilleurs propagandistes de la pensée occidentale. C'est l'un des derniers refuges de l'ethnocentrisme, et en plus chez les scandinaves. Qui l'eut cru ?

Le B52 Attali

Bernard Jacques Attali a laissé filtrer quelques idées. Ce n'est pas triste. S'il voulait agiter le cocotier et donner un grand coup de pied dans la fourmillière, c'est fait, et de manière plutôt brillante.

Je note quelques bombinettes qui vont faire bondir dans les arrières boutiques, comme de proposer le paiement à date de la grande distribution à ses fournisseurs. Allons plus loin, Monsieur Attali, imposant le paiement 30 jours maximum pour tout le monde, voire le paiement comptant. Il est anormal que la grande distribution soit seule concernée. Il n'y a pas qu'elle qui fait supporter ses frais trésorerie sur d'autres. Le premier visé est d'ailleurs l'Etat, suivi des collectivités locales, mauvais payeurs patentés.

Autre proposition absolument délicieuse : "autoriser l'Etat à exproprier le foncier disponible des communes qui ne respectent pas les objectifs de la loi SRU en matière de logements sociaux". Pas compliqué et redoutablement efficace. J'attends avec gourmandise la réaction de l'Association des maires de France...

Plus lourd, et révélateur d'une autre vision dun monde, il demande l'abandon du principe de précaution comme règle constitutionnelle. J'ai toujours considéré que cette mesure votée en 2005 avait été une belle connerie, comme d'ailleurs la plupart des réformes constitutionnelles de Jacques Chirac. Si on veut avancer, il faut savoir prendre des risques, accepter une part d'incertitude. On peut faire des erreurs, dont les conséquences peuvent être importantes. Mais c'est la condition pour obtenir également des avancées formidables pour l'humanité. C'est après qu'on peut faire la balance et voir si effectivement, le jeu en valait la chandelle. Face à ces défis, certains disent, allons y en regardant les avantages potentiels. D'autres restent frileusement braqués sur les risques potentiels. C'est sûr que le seul à ne pas commettre d'erreurs, c'est celui qui ne fait rien (et encore). Cette attitude pourrait être tenable si nous étions seuls au monde, et si l'ensemble de la planète était sur cette ligne. Mais ce n'est pas le cas, et quand certains avancent, ceux qui stationnent finissent par se faire dépasser et finalement par se faire bouffer. C'est toute la différence entre la jeunesse et la vieillesse...

Reste maintenant à argumenter, car certaines affirmations me semblent bien péremptoires. Sur l'abolition des différentes lois encadrant le commerce (lois Galland, Royer et Raffarin) par exemple, il va falloir me convaincre et ce n'est pas gagné.

Corporatisme médical

Les jeunes internes en médecine ont manifesté hier à Paris. Ils refusent un article du Projet de loi de Finances de la Sécurité sociale qui permet de les "inciter" à ne pas s'installer dans les zones surmédicalisées.

La France forme actuellement suffisamment de médecins, mais ils sont très mal répartis. Certaines zones (comme par hasard agréable à vivre) sont surpeuplées de médecins et d'autres, plus rurales et plus "trou-du-cul de la France" manquent cruellement de médecins. Plusieurs tentatives ont été menées pour inciter "positivement" les jeunes médecins à s'installer dans les secteurs déficitaires, essentiellement par des aides directes ou indirectes. On les exonèrent de certaines charges, les collectivités locales, trop heureuses de voir un jeune médecin, offrent les locaux dans une maison médicale neuve. Tout a été fait, mais cela ne marche pas. De toute manière, un médecin qui s'installe en zone rurale gagne extrêmement bien sa vie, s'il ouvre son cabinet 60 heures par semaine, qu'il prend des gardes (et il y en a), tellement le demande est forte pour une offre de soins faible. Mais bon, un jeune médecin, il a envie d'aller sur la côte d'azur, au soleil, ou de rester à Paris intra-muros. C'est vrai que c'est sympa. Mais dans ces endroits-là, il y a trop de médecins, avec tout ce que cela implique de dérives (revenez me voir...) qui poussent à la consommation. C'est bien connu que parfois, c'est l'offre qui crée la demande.

Puisque l'incitation positive ne marche pas, on passe aux mesures plus contraignantes, ou du moins plus pénalisante. Le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale prévoit le principe de pouvoir déconventionner les médecins qui s'installeraient dans les zones excédentaires. Dans les détails, rien n'est fixé, ce sera aux partenaires sociaux et à la négociation de s'en occuper. Le mécanisme est simple, et redoutable sans qu'il en coute à la Sécurité Sociale. Un jeune médecin restera libre de s'installer où il veut, mais s'il n'est pas conventionné, les patients iront de préférence chez un médecin conventionné. Dans ces conditions, comment vous créer une clientèle alors que l'offre est déjà pléthorique ?

Les étudiants en médecine ont beau brailler, ils sont bien seuls. Les autres médecins déjà installés dans les zones excédentaires sont très heureux de limiter les installations. Pensez donc, quand il n'y en a déjà pas assez pour ceux qui sont là, pas question de voir arriver des nouveaux. Et en plus, cela permet de revendre sa clientèle en partant. C'est tout bénéfice. Les élus locaux des zones rurales, qui s'inquiètent du vieillissement de leurs médecins et des perspectives de remplacement, sont pour cette mesure. Même chose pour la Sécurité sociale, qui espère générer des économies en limitant (un peu) la surconsommation de soins et de traitements induits par une offre trop importante. L'argument des étudiants en médecine "nous sommes une profession libérale, on doit pouvoir faire ce qu'on veut" m'amuse beaucoup. Certes, ils sont formellement une profession libérale, mais vous en connaissez beaucoup, des professions libérales dont l'ensemble de la clientèle potentielle est solvabilisée sur fonds publics ? Cet avantage vaut bien quelques concessions !

jeudi 11 octobre 2007

Pourquoi démissionner ?

Suite aux propos un peu "brut de décoffrage" de Fadela Amara sur les amendements ADN de Thierry Mariani, certains lui conseillent de démissionner. Je ne vois pas en quoi elle y serait tenue, les amendement sur l'ADN ne font pas partie du projet de loi tel qu'il a été adopté en conseil des ministres. A partir du moment où ce n'est pas une décision collective du gouvernement, il n'y a pas lieu d'invoquer la solidarité gouvernementale. C'est Fadela Amara qui voit si la position globale de ce gouvernement, si sa ligne politique générale lui conviennent encore, sans s'arrêter sur les "détails" et les péripéties.

mercredi 10 octobre 2007

Toujours la même mauvaise foi

Cette fois ci, ce n'est pas Rue89 qui tombe dans l'antiparlementarisme de mauvaise foi, c'est un autre site gauchiste, Backchich.info qui apporte sa pierre à la désinformation et à la mauvaise foi. Selon cette feuille de chou électronique, le régime de retraite des députés est en faillite.

Certains ont déjà glosé sur le terme faillite, et je reprends donc leur analyse pour savoir si le régime de retraite des députés est en faillite (oui, je sais aussi être pinailleur, quand ça m'arrange). Ce terme implique une cessation des paiements, or que je sache, les retraites des anciens députés sont toujours honorées. Ensuite, que cela se fasse sur ressources propres ou par l'action du Saint Esprit, c'est une autre histoire.

Bien entendu que le régime des députés est déficitaire. Vous avez 577 cotisants pour 2200 pensionnés (veuves comprises). Et les hommes politiques peuvent avoir tendance à vivre vieux, comme l'ensemble de la population. Edouard Bonnefous, député de 1946 à 1958 est mort en 2006 à 99 ans, Raymond Triboulet, député de 1946 à 1973 est également mort dernièrement à presque 100 ans et Louis Le Garrec, député en 1945-1946, né en 1902, est toujours vivant ! On est député parfois seulement 5 ans, on est un ancien député à vie.

C'est la même problématique pour les mineurs, où là, il n'y a carrement plus d'actifs, pour les agriculteurs où vous avez plusieurs retraités pour un cotisant. Ceux-là aussi sont en faillite, puisqu'ils n'atteignent pas l'équilibre économique. Ne parlons pas du régime de la SNCF... Pour eux, le contribuable, il est ponctionné de combien ? C'est une question que Vincent Nouzille, le "journaliste " de Backchich.info se garde bien de poser ! Si on veut comparer et se faire son opinion sur la réalité des "privilèges" des députés, c'est pourtant une information qui serait utile. Mais c'est trop en demander à ceux qui confondent journalisme et militantisme.

Les ambiguïtés de la simplification du droit

La proposition de loi de Jean-Luc Warsmann et consorts vient d'être d'être discutée et adoptée. Elle n'est pourtant pas passée comme une lettre à la poste, car la notion de "simplification du droit" est particulièrement ambigue et mal cernée. Sous ce vocable, on peut trouver trois thèmes.

Il y a d'abord un aspect anecdotique, celui de l'élimination des scories. C'est l'énumération des vieilles lois devenues sans objet, mais jamais formellement abrogées. C'est du pointillisme de juristes pinailleurs, pour qui tout doit être fait dans les formes. Même si certaines lois n'ont pas été formellement abrogées, qui aurait été demander l'application de la législation interdisant le port des pantalons aux femmes ? Les parlementaires ont mieux et plus urgent à faire, mais c'est une lubie de notre nouveau président de la commission des lois.

Le deuxième point est la volonté de simplifier les procédures administratives, en supprimant la paperasse inutile, pour faciliter la vie de l'usager, et surtout, faire des économies. C'est clairement l'idée que se fait le gouvernement de la simplification du droit. Tout une direction, à Bercy, est consacrée à cela, la DGME (Direction générale de la Modernisation de l'Etat). Ils ont même ouvert un site concurrent à celui de Jean-Luc Warsmann, davantage axé sur les procédures administratives. Il n'est pas beaucoup plus web 2.0 que le site simplifions la loi, mais il est nettement plus cadré, avec des questions bien précises et des thèmes fixés à l'avance. Ce domaine relève davantage d'un travail de l'administration sur elle-même, les parlementaires ayant au plus un rôle d'incitation et de contrôle.

Le troisième axe est celui de la meilleure rédaction des normes juridiques. Et il y a du boulot, ce ne sont pas les juristes qui vont me contredire. Nul n'est censé ignorer la loi, et cette dernière doit en plus être intelligible. Voyez le chantier, avec une obligation de résultats. Le problème est que nous sommes là dans une démarche qui touche plus à la qualité qu'à la quantité. Des lois en grand nombre, mais écrites en langage raisonnablement compréhensible, bien coordonnées (ne se contredisant pas) et bien indexées, cela ne me dérange pas. Mais c'est loin d'être le cas et les exemples abondent, dénoncés par les plus hautes juridictions. Le terme simplification est ici totalement inadapté. Dire que la loi doit être "simple" présente en plus des dangers que l'on entrevoit dans les programmes de simplification du langage juridique. Dans ce domaine, il faut des mots techniques, qui aient une signification bien précise, pour que l'ensemble de la communauté des juristes puisse communiquer. L'important n'est pas que Madame Michu comprenne que lorsqu'on parle d'expédier la grosse, l'idée n'est pas de la tuer, mais d'envoyer la copie certifiée conforme d'un acte.

Sur ce sujet de la qualité de la rédaction de la norme, les parlementaires sont au premier plan, et la première chose à faire est de réformer en profondeur leur manière de travailler. Avec des textes qui arrivent en pagaille, sans document explicatif, sans étude d'impact autre que ce que le gouvernement veut bien donner, avec un rapport parlementaire qui sort deux jours avant l'examen du texte, des séances de nuit à répétition, comment voulez-vous faire du bon boulot ? Mais les parlementaires ne sont pas les seuls concernés, puisque s'ils rédigent la loi, ils ne sont pas les seuls à le faire. Il faut voir la gueule des projets de loi qui arrivent, et encore, heureusement qu'ils passent au toilettage devant le Conseil d'Etat avant d'arriver en Conseil des ministres. Sinon, je ne vous raconte pas les horreurs qu'on verrait passer au Parlement. Et derrière, c'est encore l'administration qui rédige les décrets et les autres textes règlementaires. Les torts sont partagés !

Cette proposition de loi a surtout servi au premier et au deuxième axe. On a fait le ménage dans les vieux textes, en vidant le grenier et en mettant à la poubelle les vieilleries. On a aussi supprimé de la paperasse administrative et des formalités inutiles (et ça, c'est utile). Par contre, les parlementaires n'ont pas fait grand chose pour améliorer la "charte qualité" du processus de fabrication du droit. En résumé, le gouvernement a fait passer son train de mesures de simplifications administratives et Jean-Luc Warsmann a eu sa petite gâterie "abrogationniste". Pour le reste, circulez, il n'y a rien à voir. J'ai comme l'impression qu'on est passé à coté de l'essentiel.

mardi 9 octobre 2007

Combat de coqs

Le traitement médiatique de la philosophie, des philosophes et des "belles lettres" est profondement agaçant. Plutôt que de penser, on préfère s'orienter vers la peopolerie et la défense des "bonnes causes", avec une superficialité qui permet d'occuper le maximum d'espace médiatique avec un minimum de fond.

Le dernier épisode en date est une attaque frontale et insultante de Bernard-Henri Levy contre Henri Gauino, la plume de Nicolas Sarkozy. Certes, la pensée d'Henri Guaino est assez singulière et le personnage n'est pas toujours facile. Un vrai débat de fond entre BHL et Guaino, cela pourrait avoir de la gueule, car les deux hommes ont des engagements très différents, et même si ce ne sont pas des géants de la pensée, ce ne sont non plus pas des idiots. Cela aurait été possible s'ils avaient bien voulu faire un effort. Parce que sur ce coup là, Guaino n'a pas élevé le niveau. Et que je te traite de raciste, et que je traite de petit con en retour. Ils sont beaux les débats entre philosophes ! Et c'est ça que les médias vont nous rapporter, le reste est complètement évacué.

Cette focalisation médiatique sur les échanges de noms d'oiseaux m'agace profondement. Déjà que le temps d'antenne pour la philosophie et les lettres (en général) est assez faible, en plus, il se fait parasiter par des querelles d'ego et des pseudo-scandales promotionnels. Le système tel qu'il existe favorise cette espèce, des penseurs sachant surtout bien parler, passant bien à l'antenne, avec des ego surdimensionnés pour de bonnes bastons. Et l'ambition intellectuelle ? C'est facultatif, que ce soit chez les écrivains, mais aussi chez les éditeurs et les critiques (qui sont souvent les mêmes). Comment s'étonner que le dernier français à recevoir le prix nobel de litterature ait été Claude Simon, en 1985. Gao Xingjian, prix nobel 2000, est un écrivain culturellement chinois, même s'il est de nationalité française (depuis 1997). Entre 1947 et 1964, nous avons eu André Gide, François Mauriac, Albert Camus, Saint-John Perse, Jean-Paul Sartre. Parmi les lauréats du prix Goncourt, on trouvait entre 1945 et 1970 Maurice Druon, Julien Gracq, Simone de Beauvoir, Romain Gary, Bernard Clavel, Michel Tournier, et bien d'autres qu'on lit encore. Aujourd'hui, on cherche désespérement un nobelisable français (pour la littérature, parce que pour le reste, pas de problèmes) et parmi les candidats sérieux au Goncourt, on trouve Frédéric Beigdeider, Christine Angot, Michel Houelbecq, Amélie Nothomb...

lundi 8 octobre 2007

Caca nerveux à Libé

Laurent Joffrin s'en prend au Net, prenant la posture du bon journaliste, qui crache sur les "rapporteurs de rumeurs" que l'on trouve sur Internet. L'article est d'une indigence intellectuelle, et surtout d'une mauvaise foi sans nom, avec en conclusion : journal papier = bien, internet = pas bien. Niveau maternelle supérieure !

La base de son papier, c'est une rumeur qui court sur une éventuelle rupture entre Cécilia et Nicolas. Les histoires de ce couple, ça fait déjà plusieurs années que ça dure, et je pense que ce n'est pas fini, on en a encore au moins pour cinq ans, si ce n'est plus. Et voilà que sur internet, la rumeur court. Une fois de plus, pas de quoi s'alarmer. Mais au fait Monsieur Joffrin, chez qui elle a couru, d'où est-elle partie. cette rumeur ? Il semble que vous ayez des noms en tête. Quand on est sûr de son coup, on ne se contente pas du conditionnel, comme vous le dites si bien dans votre article. Et bien c'est la même chose, quand on est sûr de son coup, on balance les noms. Alors qui a balancé sur internet ? et qui, parmi la presse papier en a parlé, parce que visiblement, certains de collègues ont repris le buzz ?. Quand vous dites "la plupart des journaux sérieux", cela veut dire que certains ont fauté ? Là encore, des noms !! C'est quoi, ces accusations dans le vide ? et au fait, c'est quoi un "journal sérieux" ?

De la part de l'éditorialiste d'un journal qui se veut sérieux, ce genre de leçon de morale ne passe pas. Que l'on trouve tout et n'importe quoi sur internet, on le sait Laurent, on n'est pas des imbéciles. Cela fait un certains temps que tous les internautes savent qu'il ne faut pas prendre pour argent comptant tout ce qui circule, et s'il reste des gogos, il y en a de moins en moins. Comme si seuls les "journalistes sérieux" savaient séparer le bon grain et l'ivraie ? Pour autant, on peut être sur le net et être parfaitement crédible, reconnu. Rue 89, Schneidermann sont donc des nuls, uniquement parce qu'ils ne sont que sur le web ? Le temps où internet rimait avec amateurisme est en train de se terminer. ILaurent Joffrin fait ici preuve d'un manque de rigueur et d'honnêteté intellectuelle. Le summum est atteint quand il s'étonne que les sites qui ont propagé cette rumeur ne se soient pas excusés. Est-ce que Libé s'excuse quand des conneries sont publiées dans ses colonnes ? Le mal-journalisme est une tradition à Libé (c'est pas moi qui le dit mais Maitre Eolas). A-t-on déjà vu des excuses de Libé ? Pas franchement le genre de la maison, qui se pose plutôt en donneur de leçons.

Voilà encore de quoi faire rebondir le vieux serpent de mer "journalistes vs blogueurs". Et pour une fois, ce ne sont pas les internautes qui ouvrent le feu, mais un des pontifes de la "presse sérieuse". Y a-t-il des journalistes pour le suivre dans une charge aussi bête qu'inutile ?

La réforme de la retraite des députés

Le gouvernement a décidé de mettre fin aux spécificités des régimes spéciaux de retraites, enfin du moins, de supprimer les avantages apparaissant les plus indus. On ne peut que se féliciter de cette remise à plat. Parmi les régimes spéciaux, il y a celui des députés. Il apparaissait normal que les députés se soumettent à la règle qu'ils s'apprêtent à édicter pour les autres. C'est chose faite, les questeurs de l'Assemblée nationale ayant lancé la réflexion lors de leur dernière réunion.

J'ai une petite pensée pour tous les ignorants et les manipulateurs (ceux qui savaient mais sont de mauvaise foi) qui affutaient les couteaux et se préparaient à brailler après ces députés intouchables, que le gouvernement n'osait pas attaquer de front. Il y avait d'abord les gesticulations pitoyables des centristes, avec leur résolution. Jean-Christophe Lagarde, qui a été vice-président de l'Assemblée nationale, sait comment cela fonctionne. Il était au courant que la question serait bientôt abordée devant le seul organe compétent pour régler ce sujet. Lui et ces petits camarades du nouveau centre n'ont pas pu s'empêcher. Il faut bien se faire mousser comme on peut, et c'est encore mieux quand c'est sans risque. On joue alors la mouche du coche, celle qui s'agite et qui fait croire que sans elle, rien ne serait arrivé. J'ai l'impression que le Nouveau Centre va nous jouer souvent ce numéro dans les cinq prochaines années.

Je pense aussi à mes gauchistes préférés, qui ne se cachent même pas de faire de la propagande. Un bon journaliste se serait renseigné sur la raison pour laquelle le régime de retraite des parlementaires n'était pas mentionné dans le projet de décret. On lui aurait dit que la séparation des pouvoirs interdisait au gouvernement de prendre la moindre décision concernant les parlementaires, et que tout cela relevait exclusivement des instances de chaque assemblée. Il aurait alors passé un coup de fil à la questure, pour savoir ce qui était en préparation sur le sujet. On lui aurait certainement confirmé que quelque chose était dans les tuyaux. Mais ça n'aurait pas cadré avec la ligne éditoriale et encore moins avec le ton qu'il voulait donner à l'article...

vendredi 5 octobre 2007

Le camion bazar de Jean-Luc Warsmann

La page "simplifions la loi", lancé par Jean-Luc Warsmann, sur le site de l'Assemblée nationale, commence à se remplir. Comme on pouvait s'y attendre, c'est le grand bazar !

Visiblement, les problématique web 2.0, chez Jean-Luc, on ne connait pas. Et bien il va falloir apprendre rapidement, parce qu'au rythme où ça spamme, la page va rapidement devenir illisible et inutile. Comme on pouvait s'y attendre, les adeptes du café du commerce sont arrivés en trombe, pour donner leur avis à eux, qui n'intéresse qu'eux et qui surtout, n'apporte strictement rien au débat. Le premier lobby à avoir repéré le filon est celui des généalogistes. Il y a dû avoir un post quelque part sur un de leur forums, car ils apparaissent le 28 septembre en début d'après midi, et à partir de ce moment là, ils n'arrêtent pas. Pour leur information, je leur signale qu'une loi sur les archives est dans les tuyaux. Les autres arrivent individuellement, chacun avec son petit problème, sa petite revendication. Heureusement, il y a, au milieu de ce fatras, quelques personnes qui ont compris ce qu'on leur demande. Elles expliquent le problème, citent les textes de référence. On sent le type qui connait le sujet.

Quelques conseils à l'équipe de Monsieur Warsmann, s'ils veulent optimiser leur site. D'abord, l'ergonomie. Peut-on faire plus triste et plus minable ? Même moi, pourtant sobre à l'extrême, je suis plus fonctionnel et attrayant. Un peu de couleur, un formulaire un peu plus travaillé graphiquement, quelques textes de présentation plus détaillée sur une colonne, ce n'est pas compliqué. Deuxièmement, mettez de l'ordre dans ce foutoir en sabrant les remarques inutiles (après avoir précisé clairement que les posts hors sujets ne seront pas publiés) et en réalisant des synthèses lorsque plusieurs posts traitent du même sujet. Enfin, dernier étage de la fusée, laissez la possibilité de commenter les articles. A chaque remarque ou proposition intelligente, créez un mini forum (modéré) pour que les internautes qui ont quelque chose à dire viennent critiquer, compléter, amender. Cela enrichira la proposition, ce qui machera d'autant le travail de l'administrateur qui devra en sortir une proposition de loi. Tout cela, vous pouvez le faire sans aucune difficulté en ouvrant un blog (sous dotclear par exemple) et en consacrant un peu de temps à la modération et à la synthèse.

Cela dit, je persiste à penser que l'initiative est excellente, et peut être une occasion de démontrer qu'un blog peut être un outil de travail performant.

jeudi 4 octobre 2007

Au gré de l'actualité

Pour se donner bonne conscience, l'occidental est champion toutes catégories. Il se lance dans de grande démonstrations de solidarité (visible bien entendu). Cela ne sert à rien, mais c'est pas grave, nous avons au moins l'illusion d'avoir fait quelque chose. après cette mobilisation d'un jour (qui ne nous prive de rien, il ne faut pas pousser quand même) nous pouvons retourner vaquer à nos occupations. Et la blogosphère française, à quelques exceptions, s'empresse de se mêler au choeur.

Le thème du jour, c'est la Birmanie, où une junte militaire réprime durement des manifestations provoquées par une hausse du prix des denrées de consommation courante. Les premiers touchés par cette chute brutale du pouvoir d'achat des birmans sont les moines bouddhistes, qui vivent exclusivement de la charité, mendiant tous les matins leur nourriture. En cas de coup dur, le premier poste de dépense touché est celui-là. Les moines l'ont bien compris et sont sortis en masse pour protester : "touche pas à ma gamelle". Ils ont naturellement toute la sympathie de la population, elle aussi touchée par la hausse des prix. De manifestations en récupérations, le mouvement devient politique, la Birmanie se trouvant être dirigée depuis de longues années par les militaires, qui comme ailleurs, ne sont pas franchement des démocrates (pas du tout même). Toute contestation est donc un danger pour le régime, d'autant plus grave que l'opposition et les médias internationaux ont un point de cristalisation en la personne d'Aung San Suu Kyi, prix nobel de la Paix et fille du père de l'indépendance.

Tous les ingrédients sont réunis pour une belle mobilisation de bienpensants : une vraie dictature, des manifestations réprimées dans le sang (avec des images et des vidéos, c'est important), une belle, occidentalisée et charismatique leader de l'opposition. Sauf que la situation politique en Birmanie n'est pas franchement nouvelle. La junte est installée depuis de longues années, Aung San Suu Kyi est en résidence surveillée depuis 2003, mais c'est maintenant qu'on s'indigne de tout cela. En fait, il suffit que cela passe au journal télévisé, de préférence avec des images fortes et spectaculaires, pour que tout d'un coup, quelque chose existe à nos yeux et suscite une mobilisation aussi futile qu'inutile, bien vite oubliée dès que le flot d'images se tarira et qu'une autre grande cause noble apparaitra sur les écrans.

J'ai trouvé une utilité à facebook

Je ne suis pas du genre à suivre les modes technologiques. Je ne touitte pas, je n'ai rien changé à mon blog depuis sa création (et j'en serais bien incapable). Je me suis retrouvé sur facebook début septembre, parce qu'on m'a dit que c'était bien, que c'était utile, qu'il y avait plein de groupes. Des groupes, pour en avoir, y en a ! tout et n'importe quoi, surtout n'importe quoi...

Je ne suis pas le seul a être un peu dubitatif devant ce que l'on appelle un peu pompeusement les "réseaux sociaux". Et puis, la lumière vint ! J'ai enfin compris l'intérêt que cela pouvait avoir quand un commentateur, esurnir, s'est inscrit en "friend" sur ma page facebook. Au premier abord, Jean-Baptiste Zeller, au Canada, ça ne me disais rien. Premier réflexe, c'est de se demander comment il a bien pu arriver jusque là et qu'est ce qu'il me veut ? C'est un peu comme quand on se fait aborder dans la rue par un inconnu. Et puis, j'ai vu l'adresse mail esurnir@gmail.com, et là, j'ai fait la connexion. J'ai trouvé ça intéressant et sympa qu'un commentateur occasionnel se fasse ainsi connaitre et crée un lien autre que le simple échange sur ce blog.

Donc, si vous êtes commentateur sous pseudo et que vous m'invitez à être "friend" sur facebook, c'est avec plaisir, mais précisez qui vous êtes. Peut-être que je vais développer un peu ma page facebook pour en faire un complément de ce blog.

mercredi 3 octobre 2007

Le scandale de la décennie ?

Délit d'initié massif chez les actionnaires d'EADS. C'est à peine surprenant, mais en même temps terriblement choquant. Et il serait encore plus chioquant qu'ils échappent à toute sanction.

Versac attend la ligne de défense des intéressés. J'attends surtout celle de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de son "frère" Arnaud Lagardère, mouillé jusqu'au cou. Qu'un président fasse ami-ami avec les grands capitaines d'industrie, cela peut se comprendre. Les socialistes sont bien placés pour savoir ce qu'il en coute de se heurter au "mur de l'argent". Autant les avoir dans sa poche, pour qu'ils ne s'opposent pas aux mesures décidées par les politiques, voire même qu'ils donnent un coup de main.

Le problème est davantage dans la rétribution offerte à ces capitaines d'industrie. Ils peuvent trouver Nicolas Sarkozy sympathique et apprécier sa compagnie, ils ne font rien gratuitement. J'ai comme l'impression que le premier à vouloir passer à la caisse sera Le sieur Largardère, en quête d'une protection haut placée. Sa faute est pourtant éclatante et inconstable, il va falloir expliquer pourquoi il ne serait pas sanctionné. C'est là que l'on va voir la véritable nature des liens entre Nicolas Sarkozy et le grand patronat. Cela fait beaucoup de choses que j'attends de voir...

Mettre un fantoche

On comprend maintenant mieux les raisons de la nomination d'un illustre inconnu au poste de premier ministre en Russie. Poutine veut mettre en place un successeur transparent, pour conserver l'essentiel du pouvoir en tant que premier ministre. L'idée titille toujours les hommes politiques qui ne rèvent que de conserver le pouvoir à vie, et qui se mettent des successeurs fantoches en espérant continuer à tirer les ficelles.

C'est une erreur parce qu'en général, cela ne marche pas. Soit le dauphin est tellement nul qu'il n'arrive même pas à se faire élire, soit la marionnette, une fois en place, échappe à son marionnettiste. En Russie, Poutine arrivera sans trop de problème à imposer son successeur. La démocratie libérale est encore bien récente en Russie et la population n'a pas les réflexes que nous avons après 200 ans d'expérience. Si le président Poutine annonce qu'il faut voter pour Igor, Igor sera élu sans trop de soucis. Poutine avait déjà bénéficié de ce système avec Eltsine. Alors qu'il était inconnu du grand public, il a été propulsé premier ministre, puis président dans la foulée (après avoir poussé Boris vers la sortie). Mais une fois le successeur en place, sera-t-il toujours obéissant ?

En propulsant Edouard Balladaur comme premier ministre en 1993, Jacques Chirac n'aurait pas imaginé le retrouver en face de lui au premier tour de la présidentielle. Comme on le sait, l'appétit vient en mangeant. Et cela fonctionne partout, en France comme en Russie.

mardi 2 octobre 2007

La prime aux députés battus 2 (le retour)

Au printemps dernier, les informations les plus folles avaient circulé concernant l'indemnisation des députés non réélus. J'avais, à l'époque, précisé bien des choses.

Depuis, des élections ont eu lieu et un certain nombre de députés n'ont pas été réélus, soit qu'ils ne se représentaient pas, soit qu'ils aient été battus. A la suite de ces élections générales, une trentaine de députés ont pu bénéficier de ce système, pour un montant moyen de 3435 euros par mois. SEuls trois députés touchent l'indemnisation au taux maximum (en gros, sans cela, ils seraient à la rue). Certains en ont bénéficié deux mois et ont été recasés rapidement. Alain Marsaud, ancien député de la Vienne est devenu conseiller du président de Casino, Dominique Juillot, ancien député de Saône-et-Loire a été nommé président de l'ANPE, Philippe Rouault, ancien député d'Ille-et-Vilaine a été recasé comme délégué interministériel aux industries agro-alimentaires, ou Christian Philip, qui a laissé son siège à Dominique Perben, et s'est retrouvé "représentant de Nicolas Sarkozy pour la francophonie" (une belle sinécure). En gros, le système a couté à l'Assemblée nationale 100 000 euros par mois en juillet et en août, et cela commence à décroitre. Au bout de six mois, c'est à dire à partir de janvier 2008, l'Assemblée nationale n'assurera plus, pour ceux qui resteront encore sur le carreau, que le maintien de 70% de l'allocation parlementaire. Après les élections de 2002, ils étaient 71 anciens députés à en bénéficier au cours du premier semestre, et seulement 30 dès le deuxième semestre.

Entre la réalité et les fantasmes qui se sont déchainés, il y a un gouffre. Je m'excuse auprès des poujadistes de tout poil de tuer ainsi froidement l'un de leurs chevaux de bataille antiparlementaire. Il faudra trouver autre chose...

La première séance de questions

Petit laïus de Bernard Accoyer, comme un prof devant sa classe au début de l'année. Merci à tous de vous tenir et d'éviter de donner une image déplorable du parlement. On sent qu'il n'y croit pas lui-même.

C'est Jean-François Copé qui ouvre le bal, avec une question au premier ministre sur le pouvoir d'achat. Grande tradition de la perche tendue, où un parlementaire de la majorité sert plus ou moins élegamment la soupe au gouvernement. Avec Copé, c'est fait avec classe. C'est un peu une question de politique générale qui est posée, alors que parfois, on tombe dans le cirage de pompes éhonté. Et notre bon François Fillon saisi la perche pour faire le bilan de son gouvernement depuis juin et présenter les grands dossiers ouverts (explosant au passage les deux minutes et demie de temps de réponse).

Deuxième question, Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS, toujours au premier ministre. Sauf que là, ce n'est plus la perche tendue mais les verges pour battre : la faillite de la France, c'est vous, puisque vous êtes au pouvoir depuis 5 ans et que vous commencez par ouvrir les vannes. "La faillite, c'est la votre !". Et on enfile les petites phrases : "dépot de bilan de l'Etat social", "vous déformez la réforme". On croirait entendre du François Hollande et ses jeux de mots à deux balles. Gentillet finalement, parce que Fillon, à peine égratigné, continue son propos de réponse à Copé.

Ca vient, la bronca et le bordel annoncés ?

Troisième question, Alain Bocquet, communiste. Discours attendu : vous offrez tout au privé (sécurité sociale, EDF), "vos amis du CAC 40". Ce n'est même pas une question, c'est une déclaration politique. Fillon ne se donne même pas la peine de répondre. C'est au tour de Christine Lagarde de reprendre la même chanson : notre bilan, nos réussites, nos projets. Bon, on peut passer à autre chose, parce que le bilan des quatre premiers mois du gouvernement Fillon, on connait. Le tout enrobé de petites phrases et de méthode Coué.

Quatrième question, Lagarde (nouveau centre) qui pose une question sur la franchise médicale à Rosleyne Bachelot. Tiens, pas une question de politique générale à Fillon. Petit bras !! Ah sacré Roselyne, en tailleur pantalon intégralement noir. On dirait un huissier ! Enfin le bruit de fond, les tentatives de déstabilisation. Mais avec Roselyne, ça ne marche pas, elle a de la bouteille et ne se laisse pas distraire.

Cinquième question : une nouvelle députée UMP totalement inconnue. Question "leche-cul" sur le Grenelle de l'environnement, avec une dénonciation des médias qui ont diffusé des infos qui ont laissé croire que les propositions étaient des mesures déjà décidées. Elle demande donc quelq calendrier de passage devant le Parlement. Parce que quand même, c'est le Parlement qui décide, enfin sur le papier. On peut quand même au moins sauver les formes, même si tout le monde a compris que les grandes décisions se décident en ce moment, entre le gouvernement et les associations.

Sixième question, Jean-Luc Warsmann, président UMP de la commission des lois, sur la réforme de la carte judiciaire. Et qui trouve-t-on juste derrière le gros Jean-Luc, dans l'axe de la caméra ? Pierre Méhaignerie, président de la commission des affaires sociales et Patrick Ollier, président de la commission des Affaires Economiques. Réponse de Rachida. Voix un peu tendue, mais réponse assez claire, jusqu'à ce que cela dérape un peu. Il ne faudrait pas grand chose pour que ça tangue. Applaudissements de la majorité. Allez Rachida, tiens bon. Finalement, l'opposition a été bien aimable et ne l'a pas trop chargée. Ils semblent attendre d'autres clients...

Septième question, Didier Migaud, président PS de la commission des finances. Monsieur le Premier Ministre, vous y croyez encore à vos prévisions de croissance ? La crise financière s'arrête à nos frontières, comme autrefois le nuage de Tchernobyl ? Facile, tous les ministres des finances, de droite comme de gauche, ont la facheuse tendance à être d'un optimisme sans faille. Parfois c'est crédible, parfois moins. En ce moment, on est plutôt dans le moins, même si une fois sur deux, on se plante dans les grandes largeurs (parfois en sous évaluant la croissance). Réponse d'Eric Woerth, ministre du Budget. Il vaut mieux envoyer un costaud face à Migaud sur les questions financières.

Lionnel Luca (UMP), sur la Birmanie. A priori question anodine, purement d'actualité. Sauf que celui qui doit répondre, c'est Bernard Kouchner... La gauche n'attend même pas la fin de la question pour commencer le tir. Ca promet ! Mais ça ne tient pas ! interpellation et quolibets attendus, mais là encore, c'est un vieux routier de la politique à qui on ne la fait pas. Imperturbable.

Jean-François Lamour. Marrant de voir un ancien ministre se retrouver de l'autre coté de la barrière et poser une question à un de ses anciens collègues. Gros dossier abordé, les régimes spéciaux de retraite. Quelles sont les principales mesures et le calendrier de la réforme. Comme si on n'en savait rien ! Mais bon, cela peut permettre d'avoir quelques précisions de calendriers et quelques détails sur les mesurettes. Et encore, peut-être... L'application sera progressive et pour le saurez après.

Ahhhh, Arnaud Montebourg. Et c'est reparti sur le pouvoir d'achat et la hausse des prix. De la politique générale, mais rien de bien original. La défense des pauvres français qui n'arrivent plus à boucler leurs fins de mois. Réponse de Christine Lagarde "vous avez au moins compris que la priorité du gouvernement est le pouvoir d'achat". Et hop, la petite vacherie. Pour le reste, copier-coller des réponses générales.

Jean-Paul Anciaux, député UMP au ministre de l'Agriculture sur une épizootie sur les bovins et les ovins. Pas de quoi s'enflammer politiquement. Cela permet de souffler un peu et de laisser reposer les gorges. C'est vrai qu'après Montebourg, certains en ont bien besoin...

Dernière oratrice, Marisol Touraine (PS). Dernière charge sur les franchises. Après la question gentille de Largarde, c'est la question méchante. Fabuleuse Roselyne "j'ai déjà excellemment répondu à l'excellente question de Jean-Christophe Lagarde" et on recycle la réponse. C'était le petit moment d'humour et de détente, merci Roselyne !

C'était la séance de rentrée, aucun bleu (à part Rachida Dati) n'est monté au front. C'est pourtant cela qu'on attendait. Ce sera pour les prochaines fois, quand les attentes seront moins fortes, qu'on assistera à leur baptême du feu.

On ne peut pas avoir raison tout seul

Nicolas Sarkozy semble ne pas décolérer de la mini-fronde des parlementaires. Les grognements et autres mitraillages de son "ouverture" passent mal, comme d'ailleurs toute contrariété et toute tête qui dépasse sans son autorisation. Ce coté petit dictateur commence à m'agacer sérieusement ! Un homme seul, même nanti d'une réelle légitimité démocratique, ne peut pas prétendre être la seule source du pouvoir, le seul à décider en fonction de son bon plaisir et ou de sa vision prétenduement supérieure des intérêts de son camp et de la Nation. Il se doit, au minimum, d'expliquer et de convaincre ceux qui sont ses soutiens naturels. Il est indispensable, pour durer, de ne pas être seul, de ne pas s'isoler. Un minimum de collégialité n'a jamais fait de mal.

Pour autant, je reste partisan d'un pouvoir fort, pour que les impulsions soit suffisantes pour faire avancer les choses, et que l'on sache clairement que celui décide est bien celui qui a été investi par le peuple. La France a connu des expériences de pouvoir fort, Le comportement de notre nouveau président n'est donc pas une nouveauté institutionnelle. Bien au contraire, il s'inscrit dans dans une continuité avec notre histoire constitutionnelle.

Louis XIV est un premier modèle. C'est l'image même du souverain absolu (enfin c'est ce que son service de com' a réussi à vendre aux historiens), au pouvoir apparemment sans limite, qui décidait selon son bon plaisir. La réalité était assez différente. Louis XIV prenait bien garde de ne pas trop froisser ses soutiens (la grande noblesse et la haute bourgeoisie d'office) tout en les tenant soigneusement en laisse pour en garder le contrôle. Il savait se montrer sec et cassant quand il le fallait, n'hésitant pas à assigner à résidence dans leur château de province certains nobles indisciplinés, voire à leur offrir un séjour à la Bastille. Mais c'est un souverain qui savait aussi laisser filer, qui fermait les yeux et n'allait pas heurter de front ses ministres, qui avaient une large délégation de pouvoir (Colbert, Louvois par exemple). Louis XIV savait également tenir compte des avis et des remontrances qui lui étaient adressés (à condition que ce soit fait dans les formes) notamment de la part du Clergé, de la Noblesse et des Parlements (les cours d'Appel de l'époque). Son pouvoir était théoriquement absolu, mais très tempéré dans les faits par l'existence de contre-pouvoirs forts. C'est parce que ce régime était équilibré qu'il a pu durer si longtemps.

Un autre exemple, qui n'a pas duré, c'est Napoléon Ier. Un authentique dictateur celui-là, qui concentrait le pouvoir entre ses seules mains, sans contre-pouvoirs (ils avaient été balayés par la Révolution et n'avaient pas eu le temps de se reconstituer). Il s'appuyait sur une police politique, et sur l'armée. Heureusement, il connaissait ses limites et savait faire appel aux techniciens pour mener à bien les grands chantiers. Pour autant, il n'hésitait pas à intervenir personnellement, imposant ses vues. C'est particulièrement visible sur la rédaction des codes. Une commission de juristes de haut vol y travaillait, et de temps à autres, Napoléon intervenait pour dicter telle ou telle mesure. On lui doit notamment une règlementation très dure sur la faillite commerciale, car il était profondement irrité des faillites en séries des fournisseurs de l'armée. L'empereur était un peu mégalo (déjà pour se nommer empereur et se couronner soi-même...) et facilement irritable. On sait comment il a fini, laché immédiatement par ses fidèles dès que le sort des armes (qui était la source principale de légitimité politique de Naopélon) s'est mis à tourner.

Le troisième modèle était celui du général de Gaulle. Plus proche de nous, c'est aussi celui qui recueille mon adhésion. Pouvoir fort, du fait de la légitimité de celui qui l'occupe (grande figure charismatique et élu du peuple), il impulsait, imposait les grandes options stratégiques, mais laissait son gouvernement assurer la gestion quotidienne. Ce n'était pas toujours facile d'être premier ministre du général (on connait le célèbre "l'intendance suivra"), mais au moins, on avait une marge de manoeuvre. Lui aussi pratiquait l'ouverture (les gaullistes de gauche), mais pas au point d'indisposer sa majorité. Pour diriger, il s'appuyait sur un groupe de fidèles, les barons du gaullisme, qui étaient autre chose que de simples collaborateurs. Et c'est eux qui portaient la parole du pouvoir, pas les collaborateurs directs, toujours dans l'ombre. Et surtout, il n'avait une conception de l'action publique qui l'amenaient à faire passer l'homme après la fonction. Certains n'en semblent guère capables.

Nous en sommes encore aux débuts du Sarkozysme, il faut donc attendre un peu avant de porter un jugement définitif. Une des grandes qualités de Nicolas Sarkozy est son pragmatisme. Il sait analyser une situation, reconnaitre les erreurs et infléchir sa politique, voire même faire machine arrière. Le reproche qu'on peut lui faire pour l'instant est de montrer bien peu de douceur dans la gestion des ressources humaines et surtout, de laisser un peu trop parler l'enfant capricieux qui est en lui. A la limite, ce n'est qu'une question de forme, que l'on peut pardonner si les résultats de fond sont au rendez-vous. Et pour cela, il faut encore attendre un peu, il n'est réellement au pouvoir que depuis quatre mois.

lundi 1 octobre 2007

Pas si godillots

Les parlementaires UMP, et notamment les sénateurs, ont fait entendre une certaine grogne lors des journées parlementaires de l'UMP, ce week-end à Strasbourg.

Oh bien sûr, ce n'est pas la révolte ouverte, cela ne se fait pas. Mais les signaux sont suffisamment forts pour qu'il faille en tenir compte. Premier élément, les parlementaires ne sont pas restés en masse pour écouter le premier ministre. C'est vrai qu'arrivés pour la plupart le jeudi soir, il aurait fallu autre chose (exemple un discours de Sarkozy) pour qu'il reste jusqu'au samedi. Deuxième élément, le fait que certains ténors, dont Josselin de Rohan, président du groupe au Sénat, se soient permis de lancer des piques. Certes, c'est un chiraquien pur et dur, mais pour qu'il ose sortir du bois et tirer quelques coups de chevrotines, c'est qu'il a senti un vent favorable.

Le vent souffle aussi du coté de l'UMP, que j'aurais été le premier à considérer comme en hibernation. Voilà que Patrick Devedjian s'y met. Certes, il vient de prendre officiellement la tête de l'UMP comme secrétaire général en titre, et il faut qu'il fasse un peu parler de lui et justifie le caractère "non fictif" de son nouvel emploi. Mais pour un ancien RPR, proposer que le parti soit un organe de contrôle de l'action du gouvernement, voire un contre pouvoir, c'est franchement osé. François Fillon semble avoir moyennement apprécié.

Et il y a des raisons de grogner. Je vois avec satisfaction que mes craintes sur la banalisation des réformes constitutionnelles sont partagées en haut lieu. Le rythme imposé par Nicolas Sarkozy est véritablement endiablé, et il en rajoute en annonçant que le train d'enfer de la session extraordinaire de juillet dernier, ce n'était rien à coté de ce que vont devoir subir les parlementaires. C'est vrai qu'avec tous les chantiers lourds lancés en septembre, je ne sais pas comment la machine politico-administrative va suivre. Si Sarkozy peut virer les ministres qui ne vont pas assez vite à son goût, il aura du mal à faire de même avec les parlementaires, à moins de dissoudre. Sur ce point, si les parlementaires ne sont pas écoutés, cela va clasher. Ils ont maintenant les yeux rivés sur les municipales et les cantonales de mars 2008. Beaucoup de cumulards ont prévu un service minimum à Paris jusqu'à cette date, et se sont même organisés en fonction de cette échéance (pas de collaborateur à Paris et tout le monde sur le terrain). Si jamais un ministre sans trop d'expérience parlementaire arrive avec un projet un peu controversé ou impopulaire, et de surcroit mal ficelé, il risque de se prendre un camouflet à la RDDV sur le projet DADVSI. Les parlementaires se lâchent et votent un amendement qui met complètement en l'air le projet de loi. Je sens cela venir...

Il semble qu'à l'Elysée, on ait pris la mesure du flottement. Les parlementaires de la majorité sont en effet invités à un cocktail (une invitation pas prévue qui arrive deux jours avant), mercredi prochain, rue du faubourg Saint Honoré. Convocation d'élèves indisciplinés dans le bureau du proviseur ?