décidement, le Figaro n'est pas en grande forme, ou alors ils ont voulu plomber Chirac. Parce que faire son titre d'article sur "Roland Dumas regrette l'inculpation de Chirac", c'est soit du mal journalisme, soit de la méchanceté.

Roland Dumas, relaxé de justesse dans l'affaire Elf (mais avec une blâme pour sa légèreté après une condamnation en première instance), condamné pour sa gestion de la succession Giacometti, comme caution morale, on fait mieux, cela ressemble davantage à une solidarité de vieux pourris qui sont rattrapés par leurs casseroles. Et comme cela ne suffit pas, on enchaine derrière avec Pierre Mazeaud (83 ans) qui se dit le vieil ami, et qui déplore qu'on s'attaque si tard à un pauvre malheureux retraité. Suis le faux cul Frédéric Lefèvre avec une tirade digne d'un prix "On peut saluer le fait qu’un ancien président de la République se soumette à la justice de son pays. Cela montre qu’il respecte les institutions qu’il a dirigées lui-même". A-t-il réussi a le dire sans rire ? Si Chirac avait pu échapper à ce passage chez le juge, je n'ai aucun doute sur la décision qu'il aurait prise. La farandole continue avec Jean-Pierre Grand, toujours aussi Chien fidèle : "Reprocher aujourd’hui à Jacques Chirac d’avoir embauché des collaborateurs dont il avait besoin, pour certains il y a 30 ans, relève d’une forme d’inquisition politique sans précédent". Il vous reste du souffle ? Vous aller en avoir besoin...

Arnaud Montebourg : "Aujourd’hui, c’est bien tard que de s’en prendre à un homme âgé, qui a des problèmes de santé et qui est retiré de la vie publique" on l'a connu plus teigneux. François Hollande : "Je ne veux pas faire de polémique inutile" ou l'art de ne pas se mouiller. André Vallini, député PS, président de la commission Outreau : "Jacques Chirac, comme tout justiciable, doit bénéficier de la présomption d’innocence". Ils sont bien gentils ces opposants, soigneusement sélectionnés. Seuls Noël Mamère, Jean-Marie Le Pen et Maxime Gremetz sont (un peu) critiques, mais bien en dessous de ce qu'ils sont capables de faire.

C'est vraiment très limite comme traitement de l'évènement. Jacques Chirac a été mis en examen pour détournement de fonds publics. Pas besoin d'en dire plus à ce stade de l'instruction. Il est présumé innocent, et bien souvent, les mises en examen des hautes personnalités tiennent de l'acharnement. Il faut donc être prudent. On le voit quand des baudruches peuvent se dégonfler, soit par des non lieux, soit par des relaxes. L'exemple est Jean Tibéri est très parlant. Une foule de mises en examen, un fort parfum de corruption, mais aucune condamnation ni même aucun renvoi en correctionnelle, du moins pour l'instant. On s'est médiatiquement acharné sur lui et sa pittoresque épouse (qui pourrait postuler au poste de ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports) tant qu'il était maire de Paris. Et depuis 2001, plus grand chose. Alors c'est vrai, il faut faire la part des choses concernant Chirac, mais quand même, le parfum de malhonnêteté et d'indélicatesse est fort et vouloir passer l'éponge sous le prétexte d'âge et d'ancienneté, c'est un peu gros. Il y a un moment où on doit rendre des comptes, même si ensuite, la condamnation n'est que symbolique.

Le Figaro me déçoit de plus en plus.