Authueil

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lundi 30 juin 2008

A mauvaise question, mauvaise réponse

Aujourd'hui, 13h17, cet article est en tête de colonne dans le Figaro.fr. Selon un sondage, les français s'attendent à dépenser plus pour leur transport, notamment pendant les vacances. Stupéfiant, de vide et d'absence de contenu informatif ! Et pourtant, c'est en UNE, avec ce titre très orienté "les carburants plombent le budget des vacanciers".

Voilà le genre d'articles que je déteste. D'une information bidon, qui ne méritait pas un sondage tellement la réponse est évidente, on titre de manière alarmiste. On alimente le lecteur sans cesse sur le même sujet, au point de tourner à l'obsessionnel. En 2002, c'est sur les questions de sécurités que nous avons droit au même phénomène, puis en 2007 le "pouvoir d'achat". Je suis d'accord que l'augmentation massive des prix des carburants pose de réels problèmes, tout comme l'insécurité et l'érosion du pouvoir d'achat d'ailleurs. Il ne s'agit pas de nier, mais il y a plusieurs manières de voir les choses, et non pas de matraquage démagogique qui consiste à renforcer le bon citoyen dans ce qu'il pense, plutôt que de lui apporter d'autres points de vue qu'il n'attend pas, et qui lui permettraient de prendre conscience de la complexité des choses.

Et le matraquage finit par payer. C'est avec des conneries comme ça qu'on peut arriver à orienter et fixer, non seulement le calendrier politique, mais aussi les réponses apportées par les politiques. Certes, les politiques ne sont pas toujours les plus courageux, loin de là, mais comment voulez-vous faire, quand les questions sont si mal posées ?

Absence de courage politique

Cacambo décrit très bien une opération d'enfumage médiatique du gouvernement sur le prix de l'essence. On cherche à faire porter le chapeau à d'autres, et surtout, à porter l'attention vers tout, sauf vers la seule mesure efficace que le gouvernement est en capacité de prendre, mais qu'il n'a surtout pas envie de prendre tout en faisant croire qu'il fait le maximum.

Notre gouvernement apparait ici pitoyable, cherchant à avoir le beurre et l'argent du beurre, sans aucun courage politique. Dire que l'Etat ne peut pas faire grand chose pour soulager ceux qui sont touchés par la hausse du prix des carburants est parfaitement concevable. La seule solution étant de baisser la TIPP, on se heurte au problème du gouffre des finances publiques. Entre deux options tout aussi défendables l'une que l'autre (préserver des finances publiques très dégradées ou aider des secteurs économiques mis en grande difficulté), le rôle des politiques est de trancher et d'assumer politiquement le choix. Ce que ne fait pas Sarkozy...

Ce qui est le plus désespérant, c'est qu'à gauche, ils n'auraient sans doute pas été meilleurs sur ce coup là ! Pour eux non plus, le courage politique n'est pas la qualité première...

Kit anti-hadopi

Narvic fournit le meilleur argumentaire que j'ai pu lire pour descendre en flamme le projet de loi "internet et création". Certaines industries culturelles qui hurlent à la mort contre le téléchargement illégal ne se porteront pas mieux après cette loi, car c'est leur modèle économique qui est remis en cause par l'existence même du téléchargement. D'où leur réticence profonde à mettre en place des offres légales de téléchargement...

vendredi 27 juin 2008

Terra pas bien Nova

"L'expertise proclamée ne sert en effet pas à grand-chose si ce n'est à taper encore et toujours sur le gouvernement, ou à se préoccuper de la tambouille interne du PS". Moktarama résume parfaitement ce que je pense de Terra Nova, la fameuse fondation-qui-va-révolutionner-la-pensée-de-gauche.

A Chartres, on aime voter

Décidement, les électeurs de la première circonscription de l'Eure-et-Loir n'ont pas fini de voter pour désigner leur député. En juin 2007, le sortant Jean-Pierre Gorges (UMP) est réélu d'extrême justesse, au cours d'un scrutin finalement annulé, à cause de la frénésie de coupage de rubans du réélu juste avant les élections. La législative partielle, organisée fin janvier et début février 2008 se termine par la nette victoire de la candidate socialiste, François Vallet, le contexte national (chute de popularité de Sarkozy) ayant été particulièrement néfaste au sortant UMP. Et voilà que cette élection partielle est annulée, et que la députée socialiste se retrouve même inéligible pour un an. Que lui est-il donc arrivé ?

Lors de cette campagne, Françoise Vallet a bénéficié du soutien d'une personne qui voulait beaucoup de mal à Jean-Pierre Gorges. Il s'agit du patron d'un supermarché, qui voulait s'implanter dans l'agglomération de Chartres, et qui en a été empêché. Ce monsieur a considéré que les obstacles mis au développement de sa société privée venaient du maire de Chartres (à tort ou à raison, je n'en sais rien), et que le meilleur moyen de lever les obstacles est de faire disparaitre Jean-Pierre Gorges de la scène politique. Pour cela, il s'est employé, de manière très grossière, en faisant tirer des tracts diffamatoires et en organisant une manifestation du personnel de son supermarché devant la maire de Chartres (dont le maire était et est toujours Jean-Pierre Gorges). Là où la candidate socialiste n'a pas été maligne (mais alors pas du tout), c'est lorsqu'elle s'est affichée à la manifestation, signifiant par là qu'elle acceptait l'aide ainsi apportée par le directeur du supermarché. Je vous rappelle que l'on était alors entre les deux tours et que la défaite de Jean-Pierre Gorges était prévisible. Elle n'avait donc pas besoin de cela pour gagner. Comme quoi, il n'y a pas qu'à droite qu'ils ne sont pas malins.

Le Conseil constitutionnel a invalidé et déclaré inélgibile car il n'avait pas le choix, comme pour Georges Fenech et Joel Sarlot, le rejet du compte de campagne entrainant automatiquement la sanction. L'idée est de faire évoluer cela, en offrant au conseil constitutionnel une marge de manoeuvre. Bernard Accoyer vient d'ailleurs de missionner Pierre Mazeaud sur le sujet, et le conseil constitutionnel a faire savoir très officiellement qu'une telle réforme est plus que souhaitable. Cela aurait-il sauvé Françoise Vallet ? Je n'en suis pas certain, car si Georges Fenech et Joël Sarlot sont tombés pour des erreurs purement formelles, François Vallet a quand même commis une faute démocratiquement plus substantielle.

Au cours de sa campagne, elle a sciemment profité de l'aide d'un chef d'entreprise qui ne se cachait pas de ne défendre que son entreprise, et de ne souhaiter la défaite de Jean-Pierre Gorges que pour pouvoir lever un obstacle à ses affaires. Je trouve totalement indécent qu'un chef d'entreprise mélange ainsi les genres. Ce qui est proprement scandaleux est qu'une candidate, au lieu de dénoncer un tel comportement, ait voulu l'utiliser à son profit. Son invalidation et son inéligibilité sont donc, à mon avis, amplement mérités !

A l'écoute des spécialistes

La loi sur les chiens dangereux vue par un vétérinaire. Des fois, c'est bien d'écouter les praticiens, ceux de la base, qui pratiquent encore, ce qui n'est pas toujours le cas de ceux qui peuplent les instances professionnelles.

A part sur un blog, difficile d'être audible pour les gens de la base. Et c'est bien dommage, parce des billets (avec plein de tiroirs) comme celui de fourrure, sur un sujet qu'il maitrise de l'intérieur, j'aimerais en avoir plus souvent !

Aphatie le blogueur poujadiste

On me disait que Monsieur Aphatie était un bon journaliste, excellent même. Je dois vous dire qu'à la lecture de son dernier billet, j'ai une bien piètre opinion de lui. Et encore, je suis gentil. On accuse les blogueurs d'incompétence, de ne tenir que des propos de café du commerce, visiblement, quand les journalistes se mettent à bloguer, ils s'alignent sur ce standard qu'ils dénoncent pourtant régulièrement.

Ce matin donc, Monsieur Aphatie reprend la vieille rengaine poujadiste de l'absentéisme des députés dans l'hémicycle, en prenant qui plus est, un très mauvais exemple, celui du débat sur le livre blanc sur la défense. Je vais donc une fois de plus, reprendre mon bâton de pèlerin, pour expliquer la réalité des choses.

Le travail parlementaire ne se résume pas à ce qui est visible, à savoir la séance publique. Il y a tout un travail de fond, en amont, en commission, lors d'auditions, de déjeuners de travail, de rencontres informelles. La séance publique n'est que le lieu de la validation juridique et accessoirement un théâtre pour psychodrames politiciens. L'absentéisme en séance publique pose un problème quand il n'y a effectivement que vingt députés, toutes tendances confondues, pour entériner des décisions lourdes. Mais là dessus, l'opposition est aussi coupable, voire davantage, car si elle se mobilise, cela oblige la majorité à le faire. On se retrouve ainsi avec des hémicycles biens garnis. Ils savent le faire, mais c'est une fois par an, sur des textes particulièrement emblématiques.

Dans le cadre de ce débat sur le livre blanc de la Défense, il n'y avait pas de vote. Il s'agissait juste d'un échange entre parlementaires, suite à une déclaration du gouvernement. On se trouvait donc uniquement dans la configuration théâtre, et absolument pas dans celle de "validation juridique". En plus, vu les maigres pouvoirs dont dispose le Parlement en matière de défense, l'enjeu est faible, ce débat, c'est du pur blabla.

Dans ces conditions là, avoir 40 parlementaires présents dans l'hémicycle un jeudi après midi, c'est un excellent score ! C'est un nombre idéal pour mener un vrai débat. Les spécialistes, ceux qui ont quelque chose à dire, sont présents, et peuvent débattre dans des conditions d'écoute satisfaisantes. Qu'est ce que cela apporterait d'avoir 300 députés présents dans l'hémicycle (dont 250 n'ayant rien à dire et lisant leur journal ou faisant des cocotes en papier) ? J'aimerais que Monsieur Aphatie réponde à cette question ! Je peux lui dire que les inconvénients seraient bien supérieurs aux avantages !

Le travail du journaliste devrait, si j'en crois les mythes répandus par cette profession sur elle-même, éclairer, informer, dépasser le visible et les illusions d'optique pour donner aux lecteurs une vision complète des choses telles qu'elles sont. Dans ce billet, Monsieur Aphatie (que je n'ai jamais croisé dans les couloirs du parlement) rebondi sur une dépêche AFP pour embrayer sur un cliché poujadiste et le conforter de son indignation vertueuse. Un vrai blogueur !

jeudi 26 juin 2008

ORTF es tu là ?

Le patron de France-Télévision sera nommé en conseil des ministres, et non plus par le CSA. Immédiatement, Le choeur auquel doit se joindre tout anti-sakozyste qui se respecte a entonné l'air de l'atteinte à la liberté des médias. En se focalisant sur ce point de détail d'un ensemble plus vaste, ces indignés professionnels qui ne manqueront pas de lancer une pétition, saturent l'espace médiatique. Cela leur permet de ne surtout pas traiter les points essentiels sur lesquels ils n'ont rien à dire !

Et nous voilà donc revenu à l'ORTF. Enfin, uniquement dans les délires de certains. Car les temps ont un peu changé depuis. Sous l'ORTF, l'information ne passait que par la presse écrite et par l'audiovisuel public, avec seulement deux chaines de télévision. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, où l'offre est surabondante et très diverse et de ce fait incontrôlable par le pouvoir politique. Le Gouvernement serait bien en peine d'arriver à contrôler la diffusion et la teneur de l'information comme Alain Peyrefitte pouvait le faire dans les années 60.

Deuxième délire, vous croyez que le président de France-Télévisions est en mesure de contrôler tout ce qui se passe dans sa maison, qu'il est en mesure de dicter aux journalistes ce qu'ils doivent dire ou ne pas dire ? Pensez-vous que l'on pourrait aujourd'hui lancer une chasse aux sorcières comme on en a connues en 1968 et en 1981, avec des charrettes et des têtes qui tombent pour raisons politiques ? Je n'y crois pas une seule seconde ! Ce n'est pas parce qu'il sera nommé directement en conseil des ministres que le prochain patron de France-Télévisions, aura, rien que de ce fait, plus de pouvoirs !

Autre idiotie, croire que le système actuel de nomination par le CSA garantit l'indépendance du président de France-Télévisions. D'abord, c'est se leurrer sur l'indépendance du CSA. Ensuite, cette procédure ne porte que sur le choix de la personne, au moment de sa nomination. Mais ensuite, qui garantit effectivement que le président de France-Télévisions pourra exercer sa mission en toute indépendance ? Personne, car c'est l'Etat qui est l'actionnaire majoritaire, qui place plus ou moins directement qui il veut au conseil d'administration. Et surtout, qui fournit l'argent ? Devinez... C'est Bercy, dont le gouvernement. Si un président de France télévision déplait, rien de plus simple que de lui rogner ses ressources, de lui mettre des bâtons dans les roues. Et en plus, ça ne se voit pas, pas de traces de coups.

Cette décision de Nicolas Sarkozy permet de mettre fin à une hypocrisie, où le chef de l'Etat choisissait, sans avoir à assumer puisqu'officiellement, la décision était prise par d'autres ! Une preuve de plus de la transparence dont fait preuve Sarkozy, qui une fois encore est un démocrate : que celui qui prend réellement la décision doive l'assumer. Et cette mesure prendra encore plus de relief si la réforme constitutionnelle abouti (j'en doute de plus en plus), car une commission parlementaire sera appelée à émettre un avis sur cette nomination, et pourra, à la majorité des trois cinquièmes, mettre un veto à ce choix. Ce n'est sans doute pas parfait, mais c'est une amélioration notable.

mercredi 25 juin 2008

Tournicoti, tournicota

Le gouvernement vient de déposer un discret amendement sur le projet de loi Partenariat public-privé, pour l'habiliter à prendre par ordonnance "les mesures nécessaires pour harmoniser, et rendre compatible avec le droit communautaire, notamment avec les directives 2007/66/CE et 2004/18/CE, les dispositions législatives relatives à la passation, à l’exécution et au contrôle juridictionnel des contrats de la commande publique"

Vous l'avez compris, nouvelle réforme du code des marchés publics en vue. Une de plus, mais au point où nous en sommes, on n'est plus à ça près...

Pré-rapporteur

Franck Riester, député de Seine-et-Marne, vient de se voir confier l'animation d'un groupe de travail interne au groupe UMP intitulé "Internet et création". Ce groupe est chargé de réfléchir au contenu de la loi du même nom, pour aboutir à des propositions dans le cadre de la "co-production législative".

En gros, Franck Riester est en pole position pour devenir rapporteur au nom de sa commission (affaires économiques) sur ce texte. Je ne sais pas encore si c'est sa commission qui sera saisie sur le fond ou celle des affaires Culturelles. Au pire, il sera rapporteur pour avis, ce qui donne un poids dans les discussions. En tout cas, c'est une personne incontournable sur le sujet, à qui il faudra faire part de nos remarques sur ce texte, très (comment le dire) perfectible...

Bingo

Comme je l'avais prédit, le gouvernement a déposé un amendement sur le texte "responsabilité environnementale", pour procéder à la rectification demandée par le conseil constitutionnel à propos de la loi OGM.

Vu que les députés n'ont pas terminé l'examen de l'article 1 hier soir, tout cela devrait se discuter en fin d'après midi, ou plutôt en début de soirée, pendant la RDB...

mardi 24 juin 2008

Au rattrapage

Le gouvernement vient de déposer un bien étrange amendement sur le texte "responsabilité environnementale". Il traite du conservatoire du littoral et des ports autonomes. Que vient-il donc faire là, surtout quand les députés viennent de terminer l'examen d'un texte intitulé "réforme portuaire", qui vient d'être adoptée tout à l'heure. Autant cet amendement avait sa place dans le texte portuaire, autant il est totalement cavalier dans le texte responsabilité environnementale.

Il s'agit en fait d'un amendement que Jérôme Bignon, président du conservatoire du littoral, a voulu déposer lors de la discussion sur la réforme portuaire. Pour des raisons que j'ignore, il ne l'a pas fait. Mais il a continué à négocier et le gouvernement s'est senti obligé de le reprendre. J'ignore tout du pourquoi du comment. Mais je constate qu'une fois de plus, le gouvernement traite les parlementaires et la recherche de la qualité de la loi par dessus la jambe en déposant sans vergogne des amendements manifestement cavaliers !

Le renforcement des pouvoirs du parlement, il passe d'abord et surtout par une auto-discipline du gouvernement. Pas besoin d'une réforme constitutionnelle pour s'abstenir de ce genre d'amendements !

Un mensonge pour la bonne cause ?

Rappelez-vous, ces fameux indiens d'amazonie, prétendument "découverts" par hasard. Une belle histoire qui s'est révélée, comme on pouvait s'en douter, être du pipeau. Rue 89 revient sur cette manipulation, sur un ton qui me sidère. En résumé, cela donne : OK, c'était faux, mais c'était pour la bonne cause. Et voyez, cela a eu du résultat puisque le Pérou semble avoir changé quelque chose dans sa politique forestière. Donc, on peut pardonner (voire approuver).

J'en conclus que pour Rue89, trafiquer une information est louable, si c'est pour une "bonne cause". C'est une conception de l'information que je ne partage pas, mais alors pas du tout !

Le sens critique du figaro

Dans le figaro, article consacré au cuisinier Alain Ducasse, qui prend la nationalité monégasque. Bien entendu, c'est un choix du coeur, absolument pas du portefeuille. Ben voyons ! C'est pourtant ce que cherche à nous faire avaler Ducasse, aidé en cela par Le Figaro qui se contente de relayer le communiqué de presse. Les autres, que ce soit le Monde ou Libération, sont encore pire, se contentant de relayer l'information sans le moindre commentaire !

Ducasse affirme qu'il continuera à payer des impôts en France. Pour ses activités professionnelles implantées sur le territoire français, certainement. Je ne vois pas comment il pourrait faire autrement. Elles auraient beau être "off-shore", la TVA, les taxes locales, elles les auraient payées. Reste l'impôt sur les sociétés. Je suis curieux de connaitre le montant payé par les société de Monsieur Ducasse, car il ne me semble pas que la restauration de luxe soit d'une profitabilité extrême (en tout cas, feu monsieur Loiseau a prouvé qu'on pouvait faire de bonne cuisine et de mauvaises affaires). La question pertinente, c'est celle de sa fiscalité personnelle, de la manière dont il contrôle ses sociétés, bref d'ISF, parce qu'à mon avis, c'est là le coeur du sujet. Car depuis 2005, les français résidant à Monaco doivent également payer l'ISF. Cette question est très soigneusement éludée par l'article du Figaro. Il y a juste une phrase, très ambigüe "Je vais continuer à rémunérer l'Etat français sur mes impôts personnels". Qu'a-t-il bien voulu dire par là ? Pour moi, ça ne veut rien dire !

Si vous avez la réponse, merci d'avance, car cet article du Figaro, plutôt que d'éclaircir ma compréhension, l'a singulièrement brouillée. C'était sans doute le but de la manoeuvre...

Cohérence publicitaire

Le gouvernement vient de lancer une grande campagne de publicité pour vanter son action sur le pouvoir d'achat. La marque de Thierry Saussez, à n'en pas douter. A défaut de faire, on fait parler. C'est une vision très politique des choses.

Le gouvernement a consenti beaucoup d'efforts pour soutenir le pouvoir d'achat. Toutes les ficelles ont été utilisées, jusqu'aux limites. Pour un résultat bien maigre, mais peut-on en faire le reproche au gouvernement. Il a fait des choix, en ciblant les bénéficiaires de ses politiques. On va me dire qu'il n'y en a eu que pour les riches. Oui, ils ont été servis, mais nombre de mesures contenus dans la loi TEPA visaient les classes moyennes, et visaient à favoriser la transmission de l'argent de ceux qui l'épargne à ceux qui le consomment. Encore faut-il qu'il y ait de l'argent à transmettre. Les "pauvres" ont également eu droit à quelque chose, avec une augmentation du SMIC, mais la marge de manoeuvre est plus étroite avec eux, car on ne peut jouer que sur un transfert direct d'argent public (comme les augmentations du SMIC ou des petites retraites). Il n'est pas possible de tenter de jouer sur des arbitrages entre épargne et consommation, puisque de toute manière, ils n'ont pas les moyens d'épargner.

La conjoncture économique n'a pas franchement aidé le gouvernement, avec la hausse des prix des matières premières, que l'on retrouve évidemment dans les prix à la consommation, alimentant une inflation qui grignote les marges supplémentaires que le gouvernement s'est efforcé d'apporter. Et contre la conjoncture, il n'y a pas grand chose à faire, surtout quand on dispose d'aussi peu d'outils de politiques économiques. Pas de contrôle sur la monnaie, donc pas de dévaluations. Très forte contrainte sur les déficits, donc limitation drastique de la redistribution directe.

Bilan, les résultats sont maigres, et perçus comme tels par la population. C'est du pain béni pour l'opposition, qui bien entendu en fait porter l'entière responsabilité sur le gouvernement. En lançant cette campagne de pub, le gouvernement innove en se plaçant sur le terrain de la comm' à l'état pur, de la publicité. Le produit n'est pas terrible, mais avec un petit coup de ripolin et un bon matraquage publicitaire, on devrait pouvoir arranger les choses. C'est un peu désolant, mais c'est quelque part la réponse logique à une manière de faire de la politique qui privilégie l'emballage sur le contenu. La gauche n'est pas meilleure et ferait mieux de se taire quand elle dénonce le "gaspillage financier" que représente cette campagne de pub, car les conseils régionaux, et notamment celui d'ile de France, ne font pas autre chose !

lundi 23 juin 2008

Chevauchements et redondances

Je vous avais parlé des débats à l'Assemblée nationale autour de l'article 32 de la loi de modernisation de l'économie, qui créait une carte de résident pour "contribution économique exceptionnelle" destinée aux chefs d'entreprises et grands patrons étrangers.

J'ai été assez surpris de lire dans le JO de ce matin la délibération de la commission nationale des compétences et talents. Elle étend la possibilité de délivrance d'une carte de séjour "compétence et talents" (différente de la carte de résident) « 7 bis. La carte de séjour "compétences et talents” peut être délivrée à l'étranger qui souhaite occuper la fonction de représentant légal dans un établissement ou une société en France dès lors que cet étranger est depuis au moins trois mois salarié ou mandataire social hors de France dans un établissement ou une société du même groupe et qu'il remplit les critères cumulatifs suivants : a) Rémunération mensuelle brute au moins égale à trois fois le SMIC ; b) Mission en France supérieure à six mois. »

Vous ne trouvez pas qu'il y a une ressemblance assez frappante avec la carte de résident "contribution économique exceptionnelle" ? Si cela ne s'appelle pas un doublon, je ne m'y connais plus ! Et le plus effarant, c'est que cette délibération de la commission compétences et talents date du 16 avril 2008 (oui, deux mois pour paraitre au JO), soit avant le début des débats sur la loi de modernisation de l'Economie.

Je pensais m'y connaitre en matière de malfaçon législative. Et pourtant, j'en découvre tous les jours !

Les comités théodules législatifs

J'ai eu l'occasion de vous parler des comités consultatifs, que l'on appelle dans notre jargon les "comités théodules". On ne sait pas trop à quoi ils servent, par contre, on sait qu'ils coutent de l'argent. Leur prolifération est un véritable fléau et malgré les moyens de lutte, il s'en créent autant que l'on en supprime.

Une initiative a été lancée en 2006, par le décret 2006-672 du 7 juin 2006. Première étape, on met en place une procédure pour créer un nouveau comité consultatif, avec étude d'impact préalable, et création, pour décret, pour une durée maximale de cinq ans. C'est bien, à condition que ce soit respecté. J'aimerais bien avoir en mains les études d'impacts de certains comités théodules. Si je n'étais pas là où je suis professionnellement, et que j'étais un peu plus juriste, je me ferais un plaisir d'attaquer les décrets de création de comités théodules, pour vice de forme (défaut d'étude d'impact obligatoire). Si certains veulent se dévouer, je suis prêt à fournir tous les renseignements. Deuxième étape, on abroge en bloc tous les comités consultatifs créés par voie règlementaire au 8 juin 2009 (article 17 du décret 2006-672). Tous ceux qui voudront continuer à exister devront être recréés, selon les dispositions du décret de 2006. Cela devrait permettre de faire le ménage dans tous les comités et instances consultatives en sommeil ! Reste à savoir si l'administration jouera le jeu, car cela va nécessiter un important travail de toilettage des textes.

On pouvait donc penser que ce décret régulait de manière efficace la prolifération des comités théodules. Et bien non ! Puisque la voie du décret est un peu plus difficile, on passe par la voie législative. Un magnifique exemple nous est offert avec la loi (bien inutile) sur les chiens dangereux, qui vient d'être promulguée, et qui commence par la création d'un observatoire national du comportement canin ! Non, vous ne rêvez pas ! Cette idée lumineuse nous vient du Sénat, plus précisément des socialistes. Malgré les indications de la ministre, qui indique que premièrement, c'est règlementaire et que deuxièmement, il existe un fichier canin du ministère de l'agriculture qui peut très bien remplir les missions que les sénateurs veulent confier à ce nouvel observatoire, il a été créé. Les députés, dans leur sagesse, ont cherché à rattraper la malfaçon législative sénatoriale, en supprimant cette disposition. Les considérations développées portent sur la qualité de loi, mais aussi sur l'opportunité d'un tel "machin", créé sans étude d'impact.

En deuxième lecture, les sénateurs, têtus, ont rétabli la disposition, en dévoilant la véritable inspiration, à savoir les professionnels, qui veulent, sur argent public, pouvoir se réunir pour discuter de comportement canin, et disposer d'une "force de proposition légitime", bref, pouvoir couvrir d'un manteau vertueux leurs demandes particulières. Le lobbying se cache souvent dans ces comités théodules quand ils ne sont que de simples relais d'une profession. Bien qu'ayant un peu grogné en commission, les députés lâchent le morceau en deuxième lecture et votent cet article 1A.

Nous avons donc un nouveau comité théodule, encore virtuel puisque tout doit être fixé par décret. Pour une fois, il me vient à souhaiter qu'un décret d'application ne paraisse jamais...

dimanche 22 juin 2008

Ca castagne aux buttes chaumont

J'aurais pu être témoin d'un fait divers dramatique. Samedi soir, vers 20 heures, un jeune homme de confession juive a été passé à tabac à proximité du parc des buttes Chaumont. En effet, à ce moment là, je promenais authueil junior dans les environs du parc de buttes chaumont... Cela fait toujours un choc quand ce genre d'incident déplorable et condamnable arrive près de chez vous !

C'est vrai qu'il y avait beaucoup de familles juives dans le parc. C'est d'ailleurs comme cela tous les samedis, où beaucoup de juifs pratiquants attendent dans le parc, en se promenant, la fin du shabbat. Quand je rentrais chez moi, vers 21h 30, ils se dirigeaient tous (enfin, les hommes) vers la synagogue. Cette promenade vespérale permet, en plus de faciliter la digestion, de ne pas se mettre en infraction avec les règles religieuses qui prescrivent (c'est compliqué, je simplifie) de ne pas utiliser de technologie créée de la main de l'homme pendant le shabbat. Vous allez me dire que c'est très bète, mais ça veut dire par exemple de ne pas utiliser les digicodes ni les ascenseurs. Il m'est souvent arrivé, les samedis, de voir des juifs (reconnaissables à leur tenue) attendre devant la porte de leur immeuble que quelqu'un d'autre entre ou sorte pour profiter de l'ouverture de la porte. Avouez que dans notre société ultra technologique, ce n'est pas évident d'être juif pratiquant.

La suite de l'article fait mention de bagarres régulières entre bandes rivales dans le parc des buttes chaumont. Personnellement, je n'en ai pas vu, ni même entendu parler, et pourtant, j'y vais souvent, dans ce parc, pour promener bébé. Je n'ai jamais assisté à la moindre scène d'agressivité antisémite. Samedi soir, tout était calme et paisible, sans la moindre inquiétude dans les bacs à sable des buttes chaumont. Comme quoi, entre la perception et la réalité, il y a une marge. Ce n'est pas pour autant que la réalité se limite à la perception qu'on en a !

vendredi 20 juin 2008

OGM ça passe

Le Conseil constitutionnel vient de valider la loi sur les OGM, sur le fond comme sur la forme.

Une seule petite réserve. Un disposition prévoyait que la liste des informations obligatoirement rendues publiques en cas de cultures OGM serait fixée par décret. Le Conseil constitutionnel a estimé que cette liste devait figurer dans la loi. Dans sa grande mansuétude, le Conseil laisse un délai au gouvernement (jusqu'au 31 décembre 2008) pour rectifier le tir et inscrire cette liste dans une loi. Je prend les paris qu'un amendement gouvernemental sur le sujet va arriver sur le projet de loi "responsabilité environnementale" que les députés commencent à étudier mardi prochain...

Envoyez les violons

Les avoués de cour d'appel vont disparaitre, de fait puisque les appelants ne seront plus obligés de passer par eux. Maitre Eolas aborde le sujet avec le regard d'un confrère. La chancellerie invoque le développement des nouvelles technologies, qui facilitent la transmission des dossiers, qui rendrait les avoués inutiles. Le gouvernement, comme pour la carte judiciaire, semble prendre la question de manière très partielle, sans envisager l'ensemble des bouleversements et les nouveaux équilibres que cela va engendrer. J'aimerais beaucoup prendre connaissance de l'étude d'impact (oui, je sais, je rêve, elle n'existe que dans mon imagination), et notamment de celle relative à l'équipement des cours d'Appel et leur maitrise actuelle de la télétransmission (et là, j'ai des doutes). Le gouvernement n'est pas clair, mais il faut reconnaitre que les avoués ne font pas grand chose pour élever le débat, avec leur communiqué d'une grande violence et avec des courriers comme celui que je viens de trouver dans ma boite mail ce matin, envoyée par une salariée d'avoué.

Madame, Monsieur le Député,

Je viens d’apprendre avec stupéfaction et consternation l’annonce de Mme le Garde des Sceaux de supprimer la profession d’Avoué pour l’année 2010.

Je suis extrêmement choquée de la manière dont le Ministre de la Justice a déclaré la mort de cette profession sans aucune concertation avec les avoués et les syndicats des salariés, ce qui va à l’encontre de nos valeurs républicaines et du fondement même de notre démocratie.

Cette décision est une véritable catastrophe économique pour moi. En effet, j’ai 40 ans, je suis employée dans une Etude d’Avoués depuis 1988 soit 20 ans, je suis célibataire et j’ai ma mère qui vit avec moi car elle n’a qu’une petite retraite qui ne lui permet pas de vivre seule décemment.

Il s’agit de mon premier et unique emploi, lequel revêt un caractère spécifique et une reconversion à mon âge s’avère bien difficile et inquiétante, étant précisé que je perds bien évidemment mes 20 ans d’ancienneté ainsi que le salaire confortable que j’ai réussi à obtenir pendant toutes ces années de bons et loyaux services au bon déroulement de la Justice Française qui me remercie par un licenciement.

Comment Madame la Garde des Sceaux va-t-elle expliquer aux Français la fermeture de 235 entreprises croissantes qui embauchaient 3.000 employés et collaborateurs et qui contribuaient à remplir les caisses de l’Etat.

Je suis désespérée….. AIDEZ MOI A GARDER MON EMPLOI….

J’aurais aimé appliquer le slogan TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER PLUS !!!!!

Je laisse chacun se faire son opinion. Pour ma part, ce genre de courrier m'agace au plus haut point. Aucun argument de fond, juste une tentative d'émouvoir. Ce genre de courrier ne m'incite vraiment pas à prendre fait et cause pour les avoués, bien au contraire ! Le choc frontal, les hurlements et les manifestations ne les sauveront pas, ils serviront juste à obtenir un peu plus d'argent au moment du remboursement des charges.

Si les avoués veulent que la réforme soit retirée, ils doivent agir autrement, où alors, c'est un aveu implicite qu'effectivement, on peut se passer d'eux et que leur réaction est purement corporatiste...

jeudi 19 juin 2008

Les motivations du vote

Sur quel critères décide-t-on de voter pour tel ou tel candidat, de répondre oui ou non à une question posée ? La réponse semble aller de soi pour certains. Ce n'est pas si évident.

Dans les catégories où se trouvent la plupart des blogueurs (CSP+, urbains, diplômés du supérieur, grands lecteurs et consommateurs de médias et de culture...), on se renseigne, on étudie, on analyse, on compare. Voter est un acte civique, donc important et il est nécessaire de l'accomplir en connaissance de cause. C'est ma manière de procéder (et sans doute celle de tous ceux qui vont lire cette note et qui sont en âge de voter).

Mais je suis pleinement conscient que dans d'autres couches de la population n'ont pas du tout le même rapport au vote. Savoir pour qui on vote se décide en deux minutes, parfois dans l'isoloir même. Les motivations peuvent être très diverses : un point particulier du programme qui touche très personnellement l'électeur (enfin que l'électeur entend comme pouvant le concerner personnellement), son étiquette politique (je vote toujours PS/PCF/UMP quelque que soit le candidat et ses qualités personnelles, son bilan, son programme), les aspects physiques du candidat (il est beau gosse, elle est pas mal roulée), une volonté de vengeance vis-à-vis du candidat (en général le maire) pour un refus ou une vieille haine personnelle et que sais-je encore (et pourtant, j'en ai parfois entendu des belles). Les arguments décisifs n'ont parfois rien à voir avec le programme ou le bilan, et tenter d'expliquer, d'argumenter ne sert à rien, puisque ce n'est pas sur ces bases que l'électeur en question se décide. Bien que ne faisant pas partie de cette catégorie d'électeurs, je ne considère pas pour autant cette approche comme illégitime (ou alors, on rétablit le suffrage censitaire). Nous sommes en démocratie (libérale en plus), chacun est libre de se déterminer comme il l'entend pour établir son choix citoyen.

Les hommes politiques le savent, et en tiennent compte lors des campagnes électorales, ce qui prêtent souvent le flanc aux accusations de "populisme" et de "démagogie" de la part de ceux qui votent "avec leur tête". Et cette accusation est parfaitement justifiée quand on est dans la rationalité de "l'électeur-avec la tête". Pour l'homme politique, l'important, c'est d'être élu, car c'est par ce moyen et lui seul que l'on est en capacité d'agir. Etre battu, c'est être condamné à l'inaction, et ce n'est le but d'aucune personne s'engageant en politique. Ce n'est donc pas un exercice facile, car il faut se gagner les suffrages d'électeurs ne répondant pas du tout aux mêmes rationalités, et où les messages adressés à l'un des publics peut avoir un effet désastreux sur l'autre. C'est particulièrement visible dans les exercices d'équilibristes auxquels se livrent les candidats à l'élection présidentielle !

Une autre manière de voir

Un évènement, un fait, on troujours plusieurs facettes, plusieurs manières d'être lues. Par exemple la visite de Bachar El Assad à Paris prochainement. Et on nous ressort les photos de Khadafi, les mots "dictateur", "droit de l'homme" et l'angélisme qui va avec. Pour finir sur un "pas bien". Et qui verra-t-on se bousculer autour des petits fours dans les jardins de l'Elysée ou des ministères, le 14 juillet prochain ? Ceux-là même qui se sont indignés de la présence du président syrien.

Heureusement, il y a d'autres manières d'envisager cet évènement, plus réalistes, plus conformes à ma manière de voir les choses. Plus politiques aussi...

La politique, c'est l'art de faire un choix entre les possibles, en tenant compte de nombreuses contraintes. C'est forcement frustrant, car si on gagne sur un tableau, on peut y perdre sur un autre. On aimerait pouvoir tout faire, tout concilier, mais ce n'est guère possible. Ceux qui sont attachés à une cause ou à une attitude que vous "sacrifiez" car on ne fait d'omelette sans casser des oeufs, vous critiquent, vous accusent de lâcheté, voire vous insultent. Et enfin, ultime frustration, on est souvent obligé de laisser de coté son opinion personnelle, car quand on est élu du peuple, on doit agir, non pas selon ses critères éthiques personnels, mais en fonction de ce qui apparait être le moins mauvais résultat ici et maintenant, pour l'ensemble de la collectivité dont on a la charge et la responsabilité.

Mélange des genres

Je partage le malaise de François Brutsch sur l'appel médiatiquement lancé par David Servan-Schreiber à propos des dangers des téléphones portables.

D'abord le sujet. Les dangers des téléphones portables, mais aussi des antennes relais, c'est une tarte à la crème médiatique dont j'ai eu l'occasion de parler récemment. Les études "scientifiques" permettent de conclure ce qu'on veut, et si le portable fait des victimes, ce sont surtout des personnes qui conduisaient en téléphonant. Rien à voir avec l'électromagnétisme. Tant qu'on n'a pas l'oreille en pop corn, ça va !

Ensuite le personnage. Je partage complètement les réserves de François sur le "conflit d'intérêt permanent" qu'est David Servan Schreiber, qui en tant que "scientifique" vante les mérites de produits qu'il commercialise ! après le coup des oméga 3, comment arriver à accorder une quelconque crédibilité à un tel individu !

Certains me diront que les règles du monde médiatique font que, pour arriver à faire passer un message, il faut des locomotives, c'est à dire des personnalités identifiées par les journalistes sur le créneau en question, avec un carnet d'adresses et donc capables de décrocher un article dans Libé-Le Monde-Le Figaro avec toutes les reprises qui suivent. Le tout est de bien choisir sa locomotive, car beaucoup sont finalement pas de si bons porteurs de messages que cela. Avec David Servan Schreiber, on se demande s'il sert la cause à laquelle il donne une visibilité médiatique, ou s'il s'en sert. Ne nous leurrons pas, à chaque fois, il y a des deux, le tout est de savoir où on met le curseur...

mercredi 18 juin 2008

Défendre son amendement

L'Académie française vient de sortir de sa léthargie et de la lecture du bottin mondain pour nous pondre un communiqué d'un jacobisme qui fleure bon le conservatisme. Cette maison de retraite pour écrivains mondains auguste cénacle vient de critiquer un amendement voté par les députés accordant une reconnaissance constitutionnelle aux langues régionales.

Il faut connaitre un peu l'histoire de cet amendement pour en gouter toute la saveur. Les langues régionales ont longtemps été écrasées par le jacobinisme, qui voyait dans l'uniformisation linguistique le meilleur moyen de réaliser l'unité nationale. Heureusement, on trouve de moins en moins d'obscurantistes pour réclamer l'éradication des langues régionales au nom de l'unité de la Nation (même s'il en reste encore pas mal). Mais le mal a souvent été fait depuis longtemps et les langues régionales se sont progressivement étiolées, étouffées par l'absence de reconnaissance institutionnelle et de soutien public.

Pourtant, depuis une trentaine d'années, ces langues et cultures régionales revivent. Il faut vraiment être paranoïaque pour voir dans la promotion des langues régionales l'expression de velléités autonomistes ou indépendantistes. La quasi totalité des bretons, des basques ou des corses, quoi qu'ils en disent (surtout les corses), se trouvent très bien citoyens français et n'ont aucune envie de proclamer une indépendance dont ils ne sauraient que faire ! Les obstacles administratifs et financiers posés autrefois subsistent, et les quelques jacobins qui existent encore s'arcboutent et crient à l'assassin dès que l'on aborde le sujet. La question reste donc encore délicate.

Ces jacobins, malgré leur combat d'arrière-garde, n'ont pas été capables d'empêcher la lente montée en puissance du mouvement de reconnaissance des langues régionales, qui culmine par cette reconnaissance constitutionnelle, fruit d'un très long travail de sape des élus des régions concernées. Depuis le début du mandat de Nicolas Sarkozy, ils ont réussi à obtenir qu'un débat soit organisé sur le sujet, au cours duquel la ministre Christine Albanel a annoncé le dépôt, en 2009, d'un projet de loi sur les langues régionales. Les discussions n'ont pas été faciles ces dernières années. A chaque révision constitutionnelle, les mêmes amendements revenaient, rejetés à chaque fois. Les jacobins, fermement soutenus par Chirac, agitaient le chiffon rouge de la charte européenne des langues régionales et minoritaires en affirmant qu'on allait obliger les administrations françaises à s'exprimer en breton, en basque ou en catalan. Pur fantasme, mais dans un débat aussi passionnel, tous les coups sont permis, d'autant plus qu'il se déroulait jusque là en petit comité, sans atteindre le grand public.

Ce ne fut pas évident de faire adopter cet amendement et la négociation a été serrée jusqu'au bout, puisque lors de l'examen en commission des lois du projet de réforme constitutionnelle, plusieurs amendements "langues régionales" ont été rejetés. Les jacobins ont finalement cédé, car cet amendement était nécessaire pour "sécuriser" constitutionnellement la loi annoncée le 7 mai par Christine Albanel. Alors que les partisans des langues régionales voulaient que la reconnaissance soit inscrite dans l'article 2, qui dispose que "le français est la langue de la République", la chose s'est finalement faite sur l'article 1, justement pour déconnecter les choses et ne pas mettre sur le même terrain le français et les langues régionales. Le compromis a été "oui aux langues régionales, à condition que ce soit du patrimoine culturel et que cela ne remette pas en cause le monopole du français".

Une fois le compromis acté par l'Elysée, c'est le rapporteur du projet de loi constitutionnel, Jean-Luc Warsmann, qui s'est chargé de déposer l'amendement. Le choix du porteur de l'amendement est hautement tactique, car il ne fallait surtout pas que l'adoption de cet amendement soit vécu comme une victoire des partisans des langues régionales, ce qui aurait été le cas si l'amendement avait été porté par l'un des défenseurs habituels de ce sujet. Ils ont bien tenté le coup en déposant quelques amendements, mais ils les ont retirés au profit de l'amendement du rapporteur. Cela était également nécessaire pour des raisons de maitrise de la communication, le "père" de l'amendement ne devant pas être un régionaliste, mais au contraire, un bon jacobin, qui ne soit pas tenté d'en faire trop et de pousser son avantage au delà de ce qui avait été négocié.

C'est ainsi que Jean-Luc Warsmann, jacobin bon teint, qui s'est toujours opposé à la reconnaissance constitutionnelle des langues régionales, a été prié, au dernier moment, d'être le porteur de cet amendement, celui qui est chargé de le faire adopter et de l'assumer politiquement, quelque que soit son avis personnel sur le sujet...

Quel avenir pour l'Europe

Jean Quatremer expose des pistes intéressantes sur l'avenir de l'Union Européenne, que je partage pleinement. Je suis heureux de voir que certains constats que je fais sont partagés au plus haut niveau, notamment sur le grave déficit démocratique. Qualifier ainsi les désignations de responsables européens "On est plus proche du fonctionnement d’un Politburo que d’une démocratie" est très juste. De même, il est indispensable de clarifier les objectifs de l'Union et de les faire valider par un référendum !

Je reste favorable à la construction européenne, mais d'une autre manière que celle actuellement proposée, sur la forme, mais aussi sur le fond. Une Europe où les décisions se prennent de manière transparente et démocratique, avec une vérification régulière du soutien populaire. Cela obligera les responsables en poste à se préoccuper un peu de ce que pensent les populations, et à vérifier que l'adhésion populaire est toujours là. Sur le fond, je suis pour un Europe à plusieurs vitesses, mais pas forcement une Europe à la carte. Je suis également pour une clarification nette des champs de compétences, donnant ainsi une lisibilité qui fait gravement défaut. Enfin, je suis pour une Europe qui ne se contente pas de l'économique. On ne peut pas construire toute la politique d'un ensemble aussi complexe uniquement sur des objectifs économiques. C'est ambitieux, et difficile, car il faudra aborder les sujets qui fâchent (exemple : les racines culturelles de l'Europe). On a trop esquivé ces sujets, pourtant, un jour, il faudra bien y venir...

Ce sont là quelques éléments d'une réflexion qui est en cours, donc forcement inachevée et inaboutie. C'est le propre du blog !

Moucher le noniste

Versac n'attendait que ça, l'occasion de moucher le noniste sur l'Europe. Il a profité de mon billet d'humeur d'hier soir pour lancer l'offensive.

Versac, je sais parfaitement que formellement, le conseil de l'Europe, c'est autre chose que l'Union Européenne. Pour autant, il existe des liens, et aux yeux du grand public (qui n'a pas complètement tort), c'est le même ensemble, l'entité "Europe", peuplée des mêmes gens, pondant des avis, des rapports qui participent au même mouvement global, celui de la construction européenne. Alors laissons donc de coté les distinctions byzantines de juristes. Que le conseil de l'Europe fasse un travail important en faveur des droits de l'homme, c'est très bien, je ne le conteste pas. Mais le problème n'est pas là !

A travers ce petit fait, qui même s'il est rapporté par le Figaro, n'en est pas moins véridique (c'est ça qu'il aurait fallu contester Versac), on se rend compte du fossé énorme qui existe entre ces fonctionnaires et assimilés-fonctionnaires européens, qui vivent sur une autre planète, sans la moindre sensibilité politique. S'occuper d'interdire la fessée : mais de quoi je me mêle ! Et s'il n'y avait que ça qui fasse bondir dans les initiatives venues du "complexe Europe". On a vraiment l'impression que dans ces instances, ils s'en foutent royalement des réactions des populations, pire, qu'ils ne se sentent pas concernés.

Et après, ils s'étonnent de prendre de grosses baffes dans la gueule quand un peuple a l'occasion de leur en mettre une. Il semble que le non irlandais ne suffira pas, et que les eurocrates et eurobéats ne sont pas prêts de se remettre en cause. Et bien on continuera à taper, jusqu'à ce que ça rentre ! Et comme à mon avis, ça ne rentrera jamais chez ceux qui sont en place, il faudra sans doute que d'autres équipes, plus "politiques" prennent la place et tiennent un peu plus compte des demandes et des réactions des populations.

Actuellement, l'Union européenne tient plus du despotisme éclairé que de la démocratie. C'est là le vrai problème !

mardi 17 juin 2008

L'Europe n'a que ça à foutre ?

Le conseil de l'Europe souhaite interdire la fessée. Et on s'étonne après que le Non l'emporte dans les référendums sur la question européenne. Je sais bien que le Conseil de l'Europe, ce n'est pas l'Union européenne, mais vu d'en bas, c'est kif-kif-bourricot, et toute tentative d'explication se noie dans les sables mouvants du "bon sens populaire".

Franchement, si les instances européennes, quelles qu'elles soient, n'ont que ça à foutre, je ne vois pas grand intérêt à leur existence !

lundi 16 juin 2008

Comment on bacle une loi

Le projet de loi de modernisation de l'économie est un texte lourd, copieux et très (trop) dense. Les députés ont planché dessus pendant deux semaines, avec des séances de nuits longues. Les choses avaient bien commencé, puisque les parlementaires avaient eu le texte du projet de loi dès sa transmission au conseil d'Etat, début avril. C'est assez exemplaire pour être souligné. Pour une fois que les députés ont le temps de travailler un texte ! Bien entendu, cela a quelques effets pervers pour le gouvernement. Les députés ayant le temps de travailler le texte, ils ont un paquet d'amendements à examiner, d'où la masse impressionnante d'amendements (plus de 2000) qui n'étaient pas des amendements d'obstruction. Cela promettait de beau débats, dont certains ont eu lieu.

Toutefois, la dernière séance, dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, a terni sérieusement le bilan jusque là pas trop mauvais de l'examen de ce projet de loi. Le texte était trop long, les parlementaires étaient fatigués et n'avaient aucune envie de revenir le lundi suivant. UMP et socialistes ont passé un "deal" pour en finir au plus vite, c'est à dire prolonger la séance du jeudi soir jusqu'à épuisement du texte. La séance a été levée à 4h 30...

Toutes les techniques et ficelles ont été utilisées pour accélerer. Les députés UMP ont été gentiment priés de limiter leurs prises de paroles, voire de ne pas la prendre du tout. Deux articles ont été réécrit (le 22 et le 23). Le rapporteur, qui n'est pas tenu par le respect des délais de dépôt d'amendement a déposé, juste avant la reprise de la séance, deux amendements réécrivant complètement les articles, le 1570 pour l'article 22 et le 1571 pour l'article 23. La procédure parlementaire veut que l'on commence la discussion par l'amendement le plus large. Si celui-ci est adopté, il fait "tomber", c'est à dire rend sans objet les autres amendements portant sur la même partie de texte. Les amendements de suppression d'un article sont discutés en premier, car s'ils sont adoptés, pas la peine de discuter sur le reste, on passe à l'article suivant ! Et juste après les amendements de suppression, on discute les amendements réécrivant l'article. Sur les articles 22 et 23, les amendements de réécriture du rapporteur ayant été adoptés, ils ont fait tomber tous les autres amendements. Il n'y a pas meilleur moyen de zapper le débat et de mettre au panier tout ce qui a pu être discuté avant. C'est, en quelque sorte, un substitut du "vote bloqué". Le rapporteur (ou le gouvernement) rédige l'amendement comme il l'entend, retient ce qu'il veut des travaux et propositions des autres députés et le présente dans un "c'est à prendre ou à laisser". Je vous laisse juge du caractère démocratique du procédé. Et comme la Gauche était dans la combine, elle n'a pas bronché ! Voyez comment l'article 22 a été expédié !

S'il n'y avait eu que cela ! En plus de barboter les débats, les députés, Jean-François Copé en tête, se sont livrés à un exercice de mal-législation absolument effarant sur l'article 27. Celui-ci traitait de l'urbanisme commercial, et c'était sans doute l'un des plus sensibles et des plus délicats de ce texte. Les députés UMP, actionnés par les différents lobbys, se sont déchirés sur cet article. Il a été examiné à trois heures du matin, devant un trentaine de députés au mieux. Le débat a eu lieu, beaucoup de députés ont souhaité s'exprimer, et comme il était évident que l'on ne pouvait trancher comme cela, à une heure aussi tardive un sujet aussi polémique et n'ayant pas fait l'objet d'un consensus au sein de la majorité, il a été décidé de reporter à une date ultérieure. Sage décision, sauf que... l'article 27 a quand même été voté. Les députés ont donc voté une réforme en affirmant explicitement qu'un projet de loi sur ce même thème sera déposé dans les six mois, et qui plus est par la voix du président du groupe UMP ! On descend encore d'un cran dans la malfaçon législative. Je ne pensais que cela pouvait être possible, et bien si !

Et enfin, pour finir, le gouvernement a demandé une deuxième délibération sur trois points du texte où des amendements ne lui plaisant pas avaient été adoptés. Vous imaginez bien le résultat de tels votes, à quatre heures du matin, avec des députés qui n'ont qu'une envie, c'est d'aller se coucher. On annule en trente secondes des dispositions qui avaient pourtant été votées par les députés, parfois à l'issue de débats de haute volée.

Revaloriser le rôle du parlement qu'ils disaient...

Et après

Je vois que l'Europe est un sujet qui intéresse, vu le nombre de commentaires.

Je me retrouve pleinement dans le commentaire de Narvic. Quelque soit notre position sur l'Europe, on est devant un os, et à moins d'abolir la démocratie, il va bien falloir aller chercher dans les tréfonds du "peuple" la raison de son refus de l'Europe pour essayer de la surmonter. D'ores et déjà, il est évident que le passage en force n'est pas possible. Un nouveau référendum en France donnerait sans doute un résultat négatif !

Parce que le problème est là : le constat est clair, les peuples européens n'adhèrent plus au projet européen tel qu'il est proposé par Bruxelles ! Sur le pourquoi, je n'ai pas de réponse ferme et définitive, et je doute que quelqu'un en dispose d'une. C'est un travail d'écoute, d'analyse qui doit maintenant commencer. Et il n'est pas sans risque, car il pourrait amener sur le constat douloureux (et sans doute insupportable pour certains) que le projet des pères fondateurs est mort car il ne suscite plus l'approbation d'une majorité. C'est tout à fait possible, car on a fait entrer au sein de l'Union européenne nombre de pays, sans trop se poser la question de savoir ce qu'ils pensaient de ce projet fondateur. Sans même savoir ce qu'ils pensaient tout court ! Pour l'instant, c'est financièrement intéressant pour les nouveaux adhérents, ils ne vont donc pas cracher dans la soupe. Mais dans vingt ans ?

L'Union européenne ne disparaitra pas. Elle est bien trop nécessaire et cela, tout le monde en convient. Mais elle va sans doute devoir réviser sérieusement ses buts et ses modes de fonctionnement. Vu les réactions de certains eurobéats, je pense qu'il faudra encore quelques référendums négatifs pour qu'il admettent cette nécessité d'une révision en profondeur du projet européen !

vendredi 13 juin 2008

Et si on écoutait le peuple ?

Après la France et les Pays-Bas, l'Irlande est le troisième pays à rejeter un traité européen par référendum. Et à chaque fois, la claque est magistrale ! Plutôt que de fustiger ces peuples bêtes et qui ne savent pas où est leur bonheur, comme le font nombre d'eurobéats, il faudrait se poser la question : mais pourquoi donc rejettent-ils l'Europe ?

Parce que le problème est là : Le projet européen ne semble plus avoir l'adhésion des populations !

Si pour une fois, on écoutait ce que disent les gens, pas seulement entendre pour balayer d'un revers de main. Ecouter, c'est se mettre dans la logique de l'autre et comprendre ce qui motive sa position. Cela n'oblige pas à être d'accord, maisd au moins, on saura ce qui bloque et les politiques pourront reprendre la main, en ayant à trancher entre des orientations clairement définies. Actuellement, et c'est le reproche de beaucoup de nonistes (dont moi), c'est qu'il n'y a pas de choix. A chaque fois, c'est le même projet politique qui est présenté (depuis maastricht), avec comme alternative à prendre ou à laisser, c'est ça ou rien !

Il va bien falloir en passer par cette phase d'écoute, puisque visiblement, les eurocrates n'arrivent pas à passer l'obstacle. Tout ce que je souhaite, c'est que non irlandais ne soit pas un coup d'épée dans l'eau comme l'on été les non français et Hollandais, et que l'on tienne compte des demandes des populations.

La mort des vidéos virales

Christine Boutin, ministre du Logement et Claude Goasguen se balancent des gentillesse devant les caméras. L'incident est amusant, et révélateur de la bonne volonté des élus du XVIe arrondissement à accueillir des centres sociaux. Ils ont déjà les supporters du PSG, que les pauvres aillent ailleurs...

Ce qui est intéressant, ce n'est pas la vidéo en elle-même, pas plus ni moins croustillante que d'autres, c'est sa diffusion, ou pour être plus précis, le coup d'arrêt à sa diffusion. Comme le net en a maintenant l'habitude, cette vidéo, initialement captée par une équipe de Canal+, a circulé. Elle a été reprise par d'autres sites, notamment le Post et rue89. Et, oh surprise, la vidéo a été enlevée "ce contenu a été retiré pour cause de non respect des conditions d'utilisation". Eh oui, Canal+ a fait valoir ses droits et si on veut visionner cet incident, il faut aller sur le site de Canal+ et se taper la petite pub insérée en début de vidéo !

Avis à toutes les personnes gênées par une vidéo et souhaitant briser net sa diffusion sur le web : trouver l'auteur de la vidéo, rachetez-lui les droits et exercez-les pour interdire, sous peine de poursuites, sa diffusion, pour "non respect des conditions d'utilisation".

Et un pas de plus vers la "normalisation" du web !

jeudi 12 juin 2008

PPDA, homme politique battu

PPDA n'apprécie pas d'être évincé de la présentation du 20 heures. Cela lui a été annoncé de manière brutale, et "injuste" car il estime avoir bien fait son travail depuis 20 ans. Et il le fait savoir publiquement.

Il me fait penser un homme politique amer au soir d'une défaite électorale qu'il n'a pas vu venir. Passéun certain âge, si on est lucide, on sait que c'est fini, qu'on ne reviendra pas. Souvent, les anciens élus à qui cela arrive ne peuvent pas s'empêcher d'en vouloir à l'ingratitude de leurs électeurs : "après tout ce que j'ai fait pour eux...".

Je voudrais rappeler qu'une personne est maintenue à son poste, non pas pour ce qu'elle a fait, mais pour ce qu'elle peut apporter pour le futur, et que personne n'est irremplaçable. La récompense pour les services rendus, elle est versée avant. Pour le salarié, c'est le salaire, pour l'élu, c'est l'exercice du pouvoir. A ce niveau là, réclamer de la reconnaissance est incongru. C'est soit naïveté, soit de la mauvaise foi.

La vraie classe, c'est d'accepter avec dignité, en sachant que tout a une fin, et que si on aurait préféré partir autrement, la vie en a décidé autrement, souvent parce que le sortant a présumé de ses forces et de sa capacité à rester en poste. .

Et maintenant une loi ?

On cause beaucoup de nethique, de déontologie, de charte pour mettre en place une régulation de la blogosphère. Jusqu'ici, ça faisait surtout rire. Et voilà que le Parlement européen se penche sur le sujet, au détour du rapport d'une euro-députée estonienne (faudra l'inviter à la prochaine Rdb bruxelloise).

Première réaction, c'est "mais fallait pas, c'est trop d'honneur" suivi de "merde, fini le temps de l'insouciance, on est repérés". Nous commençons à arriver dans le champ des radars. C'est à la fois flatteur, mais aussi flippant, car c'est clair, à moins de nous organiser sérieusement (et j'ai des doutes très fort sur notre capacité à le faire), des contraintes non souhaitées vont nous tomber dessus. Soit des nouvelles contraintes, soit une plus grande rigueur dans l'application des règles déjà existantes (ce qui chez certains, revient à la même chose). Nous en sommes au stade préparatoire, un peu avancé quand même. Il faut donc réagir et faire connaitre à des gens qui visiblement n'ont pas le "vécu", une part de la réalité des blogs. Notre voix n'est pas la seule à être légitime, mais elle apporte un éclairage intéressant.

Quels sont les inquiétudes des euro-députés ? La première crainte est liée à l'anonymat. Qui est derrière le blog ? Quels sont les risques de manipulation du fait de cet anonymat ? Je pense qu'il y a là beaucoup de fantasme. En cherchant bien, on trouve bien qui est derrière un blog, que ce soit par les mentions légales, par les adresses IP de ceux qui postent au nom de ce blog, par l'origine des informations et des contenus publiées sur ce blog. L'influence d'un blog ne s'insérant pas dans le réseau global est assez faible et s'insérer dans le réseau amène forcement à se dévoiler un peu. Un anonymat ne tient pas bien longtemps sur internet.

Ensuite, croire à l'influence "massive" des blogs, c'est bien trop d'honneur. Il faut se rendre compte que le blog est un média de niche, qui n'aura jamais, à quelques exceptions près, une ingfluence réelle. Et les auteurs de ces quelques blogs "influents" sont en général identifiés.

Troisième preuve de méconnaissance du monde des blogs, croire que l'internaute avale tout, sans esprit critique, que tout le monde peut dire n'importe quoi sans susciter la moindre réaction. Il existe une véritable auto-régulation, et dès qu'un blog connait une certaine audience, il est soumis à l'examen et à la critique (parfois très acide) de ses pairs. S'il s'avère que le blog est en fait un outil de propagande, il se trouvera bien quelqu'un pour mettre cela en lumière. Le buzz s'occupera du reste, les blogueurs n'aimant pas franchement ce genre de pratique de "blog-faux nez". Nous ne sommes pas dans une configuration "médias officiel", où les dérapages sont rarement signalés, et encore moins souvent sanctionnés.

Les euro-députés ne devraient pas être inquiets, car il existe, sans même qu'il y ait besoin d'une quelconque charte, chez les blogueurs une éthique, une déontologie et une (relative) indépendance vis-vis des contraintes économiques qui sont encore le meilleur rempart contre que les tentatives de manipulations, bien plus que tous les systèmes normatifs et contraignants. En tout état de cause, si les choses doivent évoluer, il serait très mal vu que cela vienne de l'extérieur...

La pureté ou l'efficacité ?

Relevé chez Dagrouik cette phrase pleine de bon sens de Michel Rocard : "Sous cette condition, on aurait pu continuer à travailler tranquilles et à faire pour le projet ce qu'on vient de réussir avec la Déclaration de principes".

Ce cher Dagrouik (qui ne m'a pas invité à venir écouter Sainte-Ségolène) réagit en militant, et accuse Rocard de myopie. Selon lui, quand un texte ne mobilise qu'à peine 30% des militants, c'est qu'il y a un problème. Cette méthode mettant les militants sur la touche n'a visiblement pas son approbation : "ce sont les militants qui font les campagnes réussies , et que le projet devra être débattu , discuté avec le plus grand nombre". Dagrouik est un démocrate (et donc pas si gauchiste que ça...), et pour lui, le premier lieu où doit s'exercer la démocratie, c'est au sein du parti. Sa logique se tient, sur le plan intellectuel. Il va autrement sur un plan pratique...

Dagrouik met magnifiquement en lumière un dilemme assez terrible pour les militants de gauche, et toujours pas tranché, qui est de choisir entre l'efficacité et le respect scrupuleux des principes. C'est dans le fonctionnement interne des Verts que l'on a le meilleur exemple de ce que peut donner le choix de faire prévaloir le respect des principes, "la pureté" sur la recherche de l'efficacité. Ah, pour être démocratique, le fonctionnement interne des Verts est démocratique. Mais quel foutoir ! Et comme ils sont doctrinalement assez intransigeants (ce qui va de pair avec leur recherche de pureté dans le fonctionnement des instances), il ne sort pas grand chose d'un congrès des Verts, mis à part des disputes. Cela leur vaut d'ailleurs une hémorragie de leurs cadres, lassés de ce bordel et qui partent au PS ou au Modem. Heureusement pour les Verts que leur pensée et leur programme sont produits par d'autres que les militants, sinon, ils seraient à poil !

Michel Rocard est un vieux renard de la politique, et il sait que certaines choses seront mieux faites si les militants ne s'en mêlent pas. Et en cela, il a parfaitement raison. Si ce sont effectivement les militants qui font les campagnes réussies, ils ne sont globalement utiles qu'à cela. Depuis la Rome antique, cela se vérifie. Le militant s'appelait alors "plébéien", et on l'employait dans les campagnes électorales de l'époque pour faire le coup de poing contre l'adversaire (on appelle cela aujourd'hui le collage et le tractage) et à entourer le candidat pour faire la claque ! Mis à part ça, les militants ne sont bons à rien et il faut les écarter, autant que possible, du travail de réflexion, quitte à leur faire ratifier le tout au moment d'une grand messe qui sert également à les gonfler à bloc.

Certes, écarter les militants de l'élaboration du programme n'est pas très "démocratique" ni respectueux des grands principes. Mais au moins, c'est efficace. L'UMP et avant lui le RPR l'ont compris et on fait clairement leur choix depuis belle lurette !

mercredi 11 juin 2008

Deuxième couche pour l'express

Deuxième mail que m'envoie l'express.fr, pas un scoop comme le premier, mais tout aussi atterrant. L'Express se penche sur le sort des personnes handicapées, dont la vie est trop souvent un parcours d'obstacles (au sens propre comme au sens figuré). Là dessus, on ne peut être que d'accord. C'est ensuite que ça se gâte :

"Pour dénoncer cette inégalité insupportable, et pour tenter d'y remédier, L'Express a rédigé un manifeste, qu'il a d'abord soumis aux associations d'aide aux handicapés et à une soixantaine de personnalités - dont Marcel Dessailly, Grand Corps Malade, Richard Gasquet, Bernard Pivot, Leslie Djhone, Marcel Rufo, Axel Kahn, Harry Roselmack, Daniel Pennac... Tous ont notamment approuvé cette phrase, au cœur du manifeste: "Les handicapés ne veulent plus de la charité et réclament simplement la même vie que tout le monde. Ni meilleure ni pire."

Que dire ? Toi aussi, manifeste ton engagement militant en portant un badge "pour un monde meilleur". Et surtout, n'oublie pas de signer la pétition-qui-donne-bonne-conscience. Toi aussi soit un people (enfin donne-toi l'impression) en figurant sur le même document que toutes ces têtes de gondoles médiatiques, dont certains sont capables de signer tout et son contraire. Et après, concrètement, il va se passer quoi ? Qu'est ce que cet "engagement" de l'Express va apporter aux handicapés ? Le mail ne le dit pas ... C'est dommage, parce que c'est là que cela aurait pu m'intéresser. Qu'est-ce qu'un newsmagazine peut faire pour améliorer concrètement pour améliorer la vie des handicapés, réellement et durablement bien entendu ? Comme je n'en ai pas la moindre idée, j'aurais été curieux de voir. J'ai plus de facilité à percevoir ce que l'opération rapporte à l'Express !

Que l'express n'y voit pas une attaque contre leur démarche, c'est juste que, comme ils demandent des retours : "Si vous n'avez pas trouvé cette information pertinente par rapport à votre ligne éditoriale, ou pour toute autre remarque, n'hésitez pas à nous faire un retour. Nous sommes preneurs de toute réaction permettant d'améliorer nos échanges avec vous", je leur en donne. Ils ont encore une sacré marge de progression !

Jouer à Sysiphe

Comme maitre Eolas, je suis parfois désespéré par le niveau de la presse, qui ne recherche pas la vérité mais l'audience. Pour cela, il n'y a pas meilleur moyen que de caresser les clichés et les idées reçues dans le sens du poil. On donne à lire ce que lecteurs attendent.

Et après ça, on va nous sortir de grandes tirades sur le rôle pédagogique des journalistes qui doivent expliquer, sur la nécessité du recul, de l'analyse, du recoupement...

De la fiabilité de wikipédia

Wikipédia fait l'objet d'attaques récurrentes. Cette fois ci, ce sont les grandes entreprises du CAC 40 qui s'y mettent. Le fond du discours est toujours le même, à savoir que le caractère "collaboratif" est une porte ouverte à toutes les dérives et toutes les manipulations. Classique, déjà entendu 100 fois, les réponses ont déjà été apportées. Oui, le risque existe de manipulation sur Wikipédia, mais sur des points hyper-précis, car dès que c'est gros, l'information litigieuse ne passe pas le cap des quelques minutes en ligne. La surveillance de la part des internautes et des administrateurs est très efficace (je le sais, j'y ai participé).

Non, ce qui gène les grandes entreprises, c'est leur incapacité verrouiller cette source d'information indépendante. Le problème est d'autant plus aigu que Wikipédia est très visible et arrive très haut, en première page si ce n'est en premier résultat. Confrontées à la transparence, elles ne savent pas comment gérer cela. Toute la communication corporate consiste justement à maitriser complètement toutes les informations sur l'entreprise et ses dirigeants, pour que les informations gênantes ne sortent pas ou ne soient pas trop vues, et à l'inverse, de mettre en lumière les aspects plus reluisants. Et bien entendu, sans aucune considération d'honnêteté et de fiabilité de l'information. La dernière phrase de l'article est assez sidérante : "la fiabilité et la véracité des informations publiées par l'encyclopédie collaborative sont contestées et mises en doute". Parce que les informations officielles, publiées sur les sites des entreprises sont complètes, exhaustives et fiables ? Sans doute autant que celle publiée sur Wikipédia, mais pas de la même manière...

Cette réaction est d'ailleurs stupide, et montre bien le peu de culture "collaborative" des dirigeants d'entreprises. Le participatif, le collaboratif, c'est pour le marketing à destination du gogo-consommateur. Quand il s'agit de l'exercice du pouvoir et d'enjeux financiers, c'est la sauvagerie qui prime. Il faut donc s'attendre à d'autres attaques, plus violentes, notamment devant les juridictions. Mais je doute que cela aboutisse, car si le web était verouillable, cela se saurait. On peut faire taire une voix, à condition de l'identifier et d'avoir prise sur elle. Et de toute manière, pour une qui se tait, une autre émerge.

mardi 10 juin 2008

Quand l'opposition fait son travail

Cet article 32 de la loi de Modernisation de l'économie ("L’étranger qui apporte une contribution économique exceptionnelle à la France peut, sous réserve de la régularité du séjour, se voir délivrer la carte de résident"), je l'avais repéré depuis longtemps. Je m'étais dis, "si l'opposition fait bien son boulot, ça devrait chauffer". Et hier soir, ça a effectivement chauffé !

C'est rassurant de voir qu'on ne peut quand même faire les choses en catimini et que l'opposition a un rôle d'alerte très important. Mais si elles sont votées quand même, au moins, ça se voit et des comptes pourront être demandés...

La réforme de l'immobilier de l'Etat

Il y a des réformes qui se prêtent mal aux polémiques, car tous sont d'accord sur le fond. Souvent ce sont des sujets "techniques" ne se prêtant pas ou mal à des lectures idéologiques. On en parle uniquement quand il y a un "scandale" un peu sanglant à se mettre sous la dent, autrement, silence radio. Ce sont pourtant des réformes très importantes, car à même de faire bouger les lignes ou de permettre des économies substantielles.

C'est le cas de la réforme de l'immobilier de l'Etat, lancée en 2005 par un rapport du député Georges Tron, qui pointe l'inexistence d'une gestion de ses biens immobiliers par l'Etat. On n'avait même pas l'inventaire complet ! Ce travail se poursuit, dans un consensus droite-gauche exemplaire. Un nouveau rapport vient d'être publié, qui montre que les choses avancent, mais bien lentement, bien trop lentement et encore, elle a avancé parce qu'il y avait une volonté politique de faire bouger les choses. Les rapporteurs évoquent sans fard les "réticences fortes" des administrations dans ce domaine. Pour l'instant, on en est encore au stade des administrations centrales, à Paris. Les résistances sont impressionnantes, en particulier à la Défense et à la Culture. En province, le TPG du Rhône résume la situation en une phrase : "d’une certaine manière, nous sommes les seuls, avec la préfecture, à savoir qu’il y a une nouvelle politique immobilière de l’État". Il reste donc beaucoup de boulot !

Sur ce sujet, les parlementaires font un travail remarquable, car ce sont véritablement les députés qui sont les moteurs et les aiguillons de cette réforme. Voilà une preuve que ce qui manque aux députés, ce ne sont pas tellement les pouvoirs, mais plutôt la volonté de les utiliser !

lundi 9 juin 2008

Sarkozy, toujours Sarkozy

Il pleut, c'est la faute de Sarkozy. PPDA est viré de son poste de présentateur du 20 heures de TF1, ca c'est décidé dans le bureau de Sarkozy. C'est du moins ce que croit l'Express. La presse aime Sarkozy, comme elle aime les franc-maçons, le salaire des cadres, le prix de l'immobilier, les classements tous plus bidons les uns que les autres, parce ça fait vendre. Alors on nous en sert à chaque fois. Je veux bien croire que Sarkozy se soit intéressé au sujet, mais de là à en faire le principal responsable de cette éviction, c'est trop.

Le premier responsable de cette éviction, c'est Nonce Paolini, qui vire progressivement toutes les vieilles gloires et les barons pour faire place nette et prendre réellement les commandes de TF1. PPDA n'est pas le premier à avoir giclé, et il y en aura sans doute encore d'autres. C'est comme partout, quand un nouveau souverain arrive, il vient avec ses lieutenants et la vieille cour est priée de laisser la place. Et c'est salutaire, car il faut un renouvellement, sans attendre que les résultats commence à piquer du nez. PPDA est dans la lucarne depuis 30 ans. Il est peut-être temps de changer. Surtout que TF1 est déjà au coeur de difficultés liées à l'émergence de la TNT et d'internet, qui bouleverse leur modèle économique. Les changements en perspectives dans le service public sont à priori prometteuse, mais peut-être bien que tout cela se révèlera décevant pour TF1. Beaucoup d'incertitude, pas la peine d'en rajouter avec l'usure du staff qui n'aura pas été renouvelé en temps et en heure.

Cette éviction s'explique sans aucune difficulté, sans même avoir besoin d'y chercher l'éventuelle main de Nicolas Sarkozy. Mais c'est nettement moins glamour et vendeur...

Cinq contradictions

Et encore une chaine pour faire parler de soi. C'est Luc qui m'a refilé le morpion qui est de donner cinq contradictions. Certes comme tout le monde, je suis bourré de contradictions, mais je ne suis pas certain d'être le mieux placé pour en parler, puisque c'est de moi qu'il s'agit. Je pourrais vous sortir cinq propositions gentilles, qui ne me remettent pas fondamentalement en cause, parce que les vrais contradictions, vous pensez bien que je ne vais pas les balancer sur le net. C'est pas Embruns ici !

Plutôt que de faire les propositions, je laisse le soin aux lecteurs-commentateurs de les faire pour moi. Je pense qu'un certain nombre d'entre eux me connaissent suffisamment...

Réponse du berger à la bergère

Bertrand n'a pas été long à répondre à Ségolène, pour s'aligner sur ses aneries. Lui aussi y est allé de son petit couplet sur les dirigeants de Total qui se goinfrent. Pendant ce temps là, le patron de Total va négocier à Bercy le montant de la "participation citoyenne" de Total.

Comme je l'expliquais hier, les politiques n'ont pas le choix. Le débat a été posé d'une certaine manière, avec l'équation "Total fait des superprofits sur le dos des automobilistes". On sait que c'est inexact, mais le coup est parti et les politiques n'ont plus le choix, ils doivent suivre. Si jamais ils tentaient d'aller à contre-courant du "bons sens populaire", en expliquant que ce n'est pas si simple, ils seraient tout simplement inaudibles. Pire, ils seraient accusés d'être coupés des réalités, de ne pas vouloir aider les gens, bref de ne pas faire leur boulot ! Il faudrait une sacré dose de courage (ou d'inconscience) politique que nos politiques actuels n'ont pas !

dimanche 8 juin 2008

Good vibrations

Denys explique de manière très claire et argumentée| (je lui fait une confiance aveugle sur les aspects techniques) ce qu'il faut penser des fantasmes du XXIe siècle concernant les antennes relais et le wi-fi. Je partage pleinement son avis, sur le fond, et sur le caractère irrécupérable de ceux qui fantasment sur le sujet. Installés sur une logique de théorie du complot, leur pensée est circulaire et fermée sur elle-même. J'en fais régulièrement l'expérience à la maison...

Pour autant, tous ces braves gens qui se disent inquiets sont souvent équipés d'un téléphone portable. La logique voudraient qu'ils n'en soient pas équipés. Et heureusement qu'ils ne savent pas tout, car s'ils connaissaient toutes les sources potentielles de rayonnements électromagnétiques, cela donnerait la réaction d'un hypocondriaque lisant le Vidal. Ils ne vivraient plus. Et surtout, ils militeraient pour que l'on revienne à l'âge de bronze, en se désolant qu'il reste encore des champs electromagnétiques naturels.

Si nous étions en pourvus de l'éternelle jeunesse et que de tels radiations seraient en mesure de nous faire amoindrir physiquement, je les comprendrais. Mais nous sommes mortels et soumis à une décrépitude physique certaine, alors comme dit le fumeur, "mourir de ça ou d'autre chose, de toute manière, on mourra tous".

Taxer Total ?

Verel et Protéos soulèvent, dans le billet précédent, l'intéressante question de savoir s'il est moral que l'on fasse contribuer Total au fond de soulagement des professions touchées par l'augmentation brutale et vertigineuse du prix du pétrole. Verel qualifie cette attitude de pur et simple racket et que c'est tout bonnement scandaleux. J'ai une autre manière d'analyser la situation (Amis juristes et bisounours, accrochez-vous...).

Total est une grande entreprise internationale, présente dans tous les continents. Elle est française de part son management, la localisation de son siège social, son histoire et ses zones d'influence. C'est une entreprise privée, dont le but n'est pas la philantropie mais la réalisation d'un profit maximal, pour lequel tous les moyens sont bons. Une pollution est un accident industriel, qui afflige davantage Total pour la perte de brut et pour la mauvaise image de marque que pour les dégâts à l'environnement. En cela, c'est une multinationale très ordinaire. Actuellement, du fait de la hausse des cours du pétrole, elle réalise des profits colossaux. Cette situation crée une sensibilité particulière des français vis-à-vis de cette entreprise et donne au gouvernement français quelques leviers sur elle.

Cela fait bien entendu plaisir au management et aux actionnaires, mais pose aussi des problèmes. Bien que cela n'ait rien à voir, le consommateur de base fait un lien mécanique entre les surcouts que cela représente pour lui et le bénéfice réalisé par Total. "Ce que je perd, c'est Total qui le gagne". Il s'ensuit une réaction très compréhensible d'amertume et de colère qui se traduit vite en revendication politique, surtout dans notre France restée très marxiste : que l'infâme exploiteur capitaliste rende au peuple cette plus-value injustement réalisée sur son dos. Les démagogues de gauche n'ont aucun mal à enfourcher ce cheval tellement il s'inscrit dans leurs schémas mentaux. Espérer faire comprendre au public que ce raisonnement est faux est peine perdue ! Total le sait, et sait aussi que toute tentative pour aller dans ce sens ne ferait qu'empirer les choses. Total se doit donc d'agir pour préserver le peu d'image de marque qui lui reste, déjà bien écornée par différents scandales (corruption, marées noires...). Si en plus, l'entreprise se fait coller l'image d'affameur du peuple, c'est la diabolisation assurée, avec des inconvénients majeurs. Voyez ce qui arrive à Microsoft ou à Macdonald, qui trainent une mauvaise image comme un boulet, et qui dépensent un fric fou pour essayer de s'en débarasser.

La seule solution, c'est de payer, mais pas n'importe comment et surtout, le moins possible. Il faut que la ponction opérée sur les bénéfices soit très directement liée à un fond d'aide pour les victimes de la hausse des prix du carburant. Il n'y a pas que le prix du carburant qui flambe, c'est le cas de tous les dérivés du pétrole, mais politiquement, il n'y a que le carburant qui touche directement l'électeur moyen. Pour le reste, il ne fait pas le lien, donc il n'y a pas de demande politique, donc il n'y aura certainement pas de ponction à ce titre.

En créant cette "prime d'aide à la cuve", le gouvernement aide Total, en lui offrant le moyen de maximiser l'effet symbolique des versements qu'il est obligé, politiquement, de faire. Au passage, le gouvernement se rend service en montrant qu'il n'est pas indifférent au problème (bien réel) et qu'il agit. Le seul point de divergence entre l'Etat et Total, c'est sur le niveau du prélèvement. C'est là que se joue le bras de fer, car Total souhaite verser le moins possible, à l'inverse de l'Etat, qui sait qu'on peut en demander beaucoup, sans mettre en péril l'entreprise. Et c'est doublement intéressant pour l'Etat que Total verse de grosses sommes : c'est autant de moins à sortir des caisses de l'Etat et surtout, cela permet politiquement de griller le discours de l'extrême-gauche, sur l'air du "ils le disent, mais c'est nous qui le faisons". Face à la pression de l'opposition, la meilleure réponse est encore la surenchère.

S'il y a racket, les premiers responsables sont ceux qui attaquent les superprofits de Total et font le lien avec les difficultés de certaines professions et des particuliers. Mais d'autres sont aussi responsables, car si certains ne sont pas dupes de l'absence de lien, ils ont franchement intérêt à ce qu'un fond d'aide soit mis en place et qu'il soit le plus gros possible, sachant qu'il n'y en aura pas assez pour tout le monde. Au final, le gouvernement ne fait que réagir aux pressions qui lui arrivent de toutes parts, en essayant de ne pas y laisser politiquement des plumes.

aneries de congrès socialiste (1)

Pour répondre aux sollicitations d'Eric, je me lance donc dans un travail de veille sur les propos tenus par les responsables socialistes. En cette période de pré-congrès, pas besoin d'aller chercher chez les troisièmes couteaux, les grands leaders fournissent en abondance de la matière.

A tout seigneur tout honneur, commençons par Ségolène Royal, que l'on trouvera souvent dans cette rubrique. Lu donc sur Libé.fr, source fiable, ces propos de Ségolène. Elle dénonce "un Etat impotent, impuissant, irresponsable, imprévoyant". Beau slogan de campagne, en son temps, quand la gauche était au gouvernement, elle se prenait les mêmes scuds venant d'une droite tout aussi démagogique (flattant les préjugés de son propre camp au détriment de la responsabilité). Mais c'était il y a longtemps, depuis, le niveau à droite est rémonté, parce que quand on est au pouvoir, on réfléchit avant de parler car on risque de devoir mettre en oeuvre ce que l'on propose. Au moins, dans l'opposition, pas de risque d'être mis en demeure de passer aux actes.

Ségolène Royal est parfaitement consciente de ne pas risquer d'être obligée de faire ses preuves sur la politique énergétique qu'elle dénonce. Elle peut donc zapper en toute sérénité la phase "J'explique en quoi un gouvernement dirigé par mes soins aurait pu faire autre chose que celui de Sarkozy pour contrer la hausse vertigineuse des prix du pétrole".

Le fait est que le prix du pétrole a explosé et n'est pas prêt de redescendre suffisamment pour que cela ne soit plus un problème. Le constat est clair qu'il faut changer de modèle économique. Deux manières d'agir, soit sacrifier financièrement d'autres postes, pour continuer à fonctionner de la même manière en matière d'énergie, soit changer notre mode de consommation d'énergie, en recherchant d'autres sources alterntaive, ce qui veut dire, en l'état actuel des solutions en énergie renouvelable, disposer de moins d'énergie. Voilà les vrais enjeux, les choix entre lesquels les politiques devront abritrer. Bien entendu, tous les solutions seront un mix, le choix des politiques étant dans le dosage.

Que propose Ségolène Royal. Miser sur les énergies renouvelables. Classique, mais bien faiblard, car tous ceux qui sont un peu informés sur le sujet savent que les énergies renouvelables ne peuvent qu'une source d'appoint, et que sans le pétrole et le nucléaire, la production d'électricité en France serait très insuffisante. D'abord parce que le potentiel est faible : le vent et le soleil, c'est quand ils veulent, en plus pour le soleil, c'est uniquement en journée (et travailler plus pour gagner plus ne l'intéresse pas). Ensuite, parce que nos chers bobos, si friands d'énergie renouvelable sont souvent les premiers à monter des associations de défense contre l'implantation d'éoliennes à proximité de leur résidence secondaire. C'est bien la preuve que si c'était vraiment un grand chantier propritaire, on en accepterait plus facilement les contraintes ! Les énergies renouvelables, c'est bien, il faut les développer, mais ce ne sera pas suffisant, loin de là et en rester là en terme de propositions politiques, c'est irresponsable et démagogique.

Et notre bonne Ségolène, dans la même intervention, nous sort une tirade hallucinante, typique de la déconnection du cerveau qui frappe les dirigeants socialistes en parade amoureuse devant les militants. Elle veut financer la recherche sur les énergies renouvelables, par un prélèvement sur les bénéfices de l'entreprise Total qui sont, accrochez-vous, "un bien collectif". Là c'est clair, elle drague ouvertement Besançenot et Buffet, dans la suite de son nouveau positionnement "je suis antilibérale parce que Delanoé s'est dit Libéral". Comme Mitterrand, elle n'est pas marxiste, mais elle le parle bien !

La mesure n'est pas idiote en soi, c'est d'ailleurs ce que compte mettre en oeuvre le gouvernement, en demandant à Total de participer davantage au financement de la prime à la cuve. Ce groupe, qui réalise 90% de ses profits à l'étranger, qui a des filiales partout (où il peut planquer son pognon) reste une société française, ayant son siège social en France et surtout dirigée par un français. Le gouvernement a quelques moyens de pression pour faire cracher (un peu) une entreprise qui y a intérêt, ne serait-ce que pour des questions d'image. Mais cela se fait sous la forme d'un "don généreux" de l'entreprise Total.

Entre forcer légèrement une entreprise privée à faire du mécénat "social" et affirmer que ce qu'elle gagne appartient au bien commun, il y a une marge énorme. En gros, Ségolène Royal souhaiterait presque nationaliser Total. Ce n'est pas dit comme ça, mais c'est le message que comprendra le public qu'elle vise. Ils ne pourront être que déçus, car si par le plus grand des hasards, elle arrivait au pouvoir, elle serait bien en peine d'accomplir de telles opérations. Et le pire, c'est qu'elle le sait parfaitement !

De tels propos sont irresponsables venant d'une personne qui aspire à diriger le pays. Et c'est triste de voir que celle qui pourrait bien devenir la patrone de l'opposition se complaise ainsi dans la démagogie !

vendredi 6 juin 2008

Classements et influence

Classements et influence, voilà une grande question qui agite les blogs, et n'a sans doute pas fini de la faire. pourtant, la réflexion avance. Plusieurs éléments permettent de cerner les choses, en sachant que le débat part sur des bases mal assurée, car personne ne met la même signification sous le mot "influent"

L'influent est un bien classé, c'est une opinion commune, que tout le monde ressort, au point d'arriver pour certains à dire que c'est le classement qui fait l'influence. Le classement n'est qu'un reflet, plus ou moins déformé, d'une réalité. Un blog est bien classé parce qu'on parle de lui, on parle de lui parce qu'on le consulte, et on le consulte parce qu'on trouve qu'il est de qualité, qu'il apporte quelque chose. Touis les blogs n'apportent pas la même chose, mais un blog qui n'apporte rien ne décolle pas ! Le dernier avatar de cette croyance, c'est le classement Challenge. Il y en a eu d'autres, il y en aura d'autres car c'est encore le meilleur moyen de donner des portes d'entrées à ceux qui ne sont pas de ce milieu. On leur indique les hubs, les ports d'attache à partir desquels ils peuvent partir en exploration. L'honnêteté imposerait aux promoteurs de ces classements "les blogs pour les nuls" de mentionner que ces quelques "blogs vedettes" ne sont que la partie émergée d'un iceberg. Je ne m'étend pas sur le sujet, il est suffisamment abordé, par moi et par d'autres, et surtout, il tourne rapidement au dénigrement, au déversement de bile et d'aigreur.

Je préfère partir sur les pistes ouvertes par François et par Narvic, qui autrement plus de fond que tous les bavardages d'une flopée de blogueurs.

Il faut d'abord relativiser tous les chiffres qui circulent sur le nombre de visiteurs (uniques ou pas), de pages vues, de hits et autres stats. D'abord, aucun instrument ne donne les mêmes chiffres. Ensuite, ce sont souvent les mêmes lecteurs qui vont d'un blog à l'autre. Tous les blogs politiques un petit peu connus ont un fond commun de lecteurs. Il serait d'ailleurs intéressant de connaitre le nombre de "visiteurs uniques absolus" que donne google analytics (à ce jour chez moi 10308, et cela doit faire quatre à cinq mois que j'ai installé google analytics). On aurait ainsi, au doigt mouillé, la taille de la population "lecteurs de blogs politiques". Cela relativiserait beaucoup les choses et notamment la conception de l'influence en terme de "capacité à toucher beaucoup de gens".

Deux éléments majeurs permettent (entre autres choses) de repérer les "influents". Il y a la capacité à être un prescripteur suivi, capable d'amener des visiteurs vers un article sur un blog moins connu (parce plus intermittent, moins ancien, plus aride). Wikio compte les liens, mais s'arrête en chemin en ne comptant pas la valeur du lien en fonction du nombre d'internautes ayant réellement cliqué sur ce lien. Il y aussi la capacité à être incontournable. J'aimais beaucoup l'une des catégories de la défunte blogroll d'Embruns : "j'aime pas mais je lis quand même". Elle résume bien cela : les lecteurs ne sont pas d'accord avec vous, voire vous détestent et tiennent sur vous des propos peu amènes, mais ils ne peuvent pas s'empêcher de venir vous lire quand même. Versac est une illustration parfaite de cela.

Tout cela, on l'obtient comment ? Pas de miracle, nous ne sommes pas tous égaux devant le talent. Il y en a qui sont meilleurs que d'autres, soit sur la production de contenus (que ce soit de l'information brute ou de l'analyse) soit sur le flair pour détecter les choses intéressantes et les mettre en valeur avec justesse, soit sur les deux. La notoriété et l'audience viennent progressivement, à la force du poignet, par la reconnaissance des autres blogueurs et des lecteurs. Les classements n'y sont pour rien !

jeudi 5 juin 2008

Les dits et non-dits de la séance publique

La séance publique est le dernier maillon de la chaine de la fabrication de la loi. C'est un théâtre, où les options et positions politiques se mettent en scène. C'est aussi le lieu de l'explicitation des motifs, ce qui permettra aux juristes d'avoir une indication sur ce qu'a bien voulu dire le législateur, en rédigeant aussi mal le texte qu'il est chargé d'interpréter ou d'appliquer. C'est enfin le lieu où le public est censé pouvoir surveiller la manière dont travaille ses représentants.

Malheureusement, bien souvent, la séance publique n'apporte rien ou si peu. Ca va vite, parfois très vite au point que même les députés ont du mal à suivre. Ne parlons pas du public, qui entend annoncer l'amendement numéro X, sans savoir à quoi cela correspond, et il ne le saura pas s'il ne va pas voir le texte de l'amendement. Et là, ce n'est même pas évident qu'il comprenne, car parfois, on se trouve devant des renvois en chaine du genre "à l'article L 441-7 du code de commerce, au troisième alinéa du I, compléter par ces phrases...". Si vous n'avez le code de commerce sur les genoux, vous ne voyez pas où les parlementaires veulent en venir.

L'intérêt est dans les débats politiques, quand le parlementaires échangent les arguments de fond. Les débats deviennent alors intéressants, car souvent, les enjeux sont bien posés par des députés qui savent de quoi ils parlent. Malheureusement, tous les sujets qui le mériteraient ne bénéficient pas d'un tel traitement, faute de temps, mais aussi parce que beaucoup de choses se traitent en amont, que des compromis sont trouvés en commission ou ailleurs. Un amendement de synthèse est alors présenté, qui peut ne pas faire l'objet de débats, alors même que la mesure est importante. A l"inverse, on peut avoir des débats intenses, qui débouchent sur un retrait de l'amendement qui a provoqué le débat. Soit l'auteur de l'amendement sent que cela ne passera pas et n'insiste pas, soit le sujet n'est pas mur, et il faut continuer à échanger, à négocier avant d'arriver, dans un texte ultérieur, à un compromis.

Le rôle et l'importance de la séance publique est très variable, ce qui la rend bien difficile à appréhender. C'est le lieu de la validation juridique, mais ce n'est pas forcement le lieu de la décision.

mercredi 4 juin 2008

Le troisième larron

Olivier Poivre d'Arvor lorgnait sur la direction de la villa Médicis à Rome. Il avait posé ses jalons, préparé son projet. Le conseiller présidentiel chargé du recrutement, Georges-Marc Benamou lui avait grillé la politesse en s'auto attribuant la place. Le coup était assez minable et on comprend la réaction de Poivre d'Arvor, qui agita le monde culturel (où certains n'attendaient que ça) pour flinguer son rival.

Dans ce genre d'affaire, c'est souvent un troisième larron qui emporte le morceau. C'est ce qui vient d'arriver avec la nomination de Frédéric Mitterrand au poste en question. Bien que figurant dans le dernier carré, Olivier Poivre d'Arvor a été écarté. Il a commis une faute éliminatoire, en cassant l'arrangement entre le président de la République et son ex-conseiller. Celui-ci voulait en effet se débarrasser de son conseiller, mais connaissant son caractère putassier, il fallait acheter son silence en lui offrant un beau poste. En faisant échouer cet exfiltration, et en le faisant de manière à ce que le président ne puisse plus rien proposer à son ex-conseiller, Olivier Poivre d'Arvor était assuré de perdre. Et il a peut-être perdu encore plus gros, car il s'il a été mis sur la black-list de Sarkozy, il risque de ne rien avoir dans les quatre ans qui viennent.

Parfois, il faut savoir se taire et encaisser les injustices, on y perd moins qu'à défendre haut et fort son bon droit. Ce n'est pas très "moral", mais c'est la vie...

mardi 3 juin 2008

Sacré Michel

Interview vérité de Michel Charasse dans le Figaro. Le constat sur l'état du PS est cruel, parce que tellement vrai. Même pas besoin d'être méchant, il suffit juste de dire ce qui est, de pointer les silences, innombrables, de ce parti qui n'a plus rien à proposer, qui se garde bien de prendre position sur les sujets qui comptent, en espérant que l'adversaire se casse tout seul la figure pour reprendre un pouvoir dont ils ne savent plus que faire.

Pourquoi donc faut-il attendre le moment où ils partent pour entendre les gens dire enfin des choses justes sur l'endroit d'où ils viennent ? Parce que Charasse, ça fait visiblement un bail qu'il pense beaucoup de mal du PS.

Faisons confiance aux juges

Finalement, Rachida Dati a ordonné au parquet de faire appel du jugement rendu le 1er avril à Lille, annulant un mariage. On ne peut que déplorer qu'elle cède ainsi à la vox populi, mais c'est une politique et il est dans son rôle de répondre aux demandes et émotions de la population.

Heureusement, ce n'est pas à elle mais aux juges de dire le droit, et c'est là l'essentiel. La justice a souvent su faire la preuve de sa capacité à rester insensible aux états d'âme de l'opinion. Cette fois encore, je pense qu'elle saura le faire, surtout qu'en droit, il n'y a rien à redire sur la décision de première instance !

Débarquement justifié

Jean-Pierre Elkabbach quitte la direction d'Europe 1, pour se diriger vers une voie de garage. A 70 ans, l'heure de la retraite à sonné. Même si le sujet n'est pas mentionné, voire écarté, comment ne pas faire le lien avec sa récente bourde sur l'annonce erronée du décès de Pascal Sevran. Bien entendu, les journalistes ne ferons jamais le lien, voire le démentirons, par corporatisme, parce qu'Elkabbach est encore puissant, et que reconnaitre qu'un journaliste doit assumer ses bourdes crérait un fâcheux précédent pour tous les journalistes à la déontologie fluctuante.

Personnellement,C'est une bonne chose qu'il soit débarqué de son poste de dirigeant. A 70 ans, après plus de 35 ans au sommet (en 1981, il était déjà un des grands pontes de l'audiovisuel), il est temps de laisser la place, nul n'est irremplacable. Un certains nombre devraient d'ailleurs l'imiter, quitte à les aider un peu...

lundi 2 juin 2008

Toujours faire une annonce

S'il y a bien une attitude qui m'agace chez les responsables gouvernementaux, c'est de se sentir obligé d'annoncer. Cette fois ci, c'est François Fillon qui s'y colle, à propos du tragique accident qui vient d'avoir lieu en Haute-Savoie.

Qu'il ait des mots de compassion pour les victimes, leurs familles et leurs proches, c'est normal. Mais il devrait en rester là, et ne surtout pas se sentir obligé de faire une annonce du genre "nous allons accélérer la suppression des passages à niveau". Cela donne d'abord la très désagréable impression que les politiques n'agissent qu'après les drames, et même qu'il faut un drame pour qu'ils agissent. Cette réponse est en plus inadaptée, car si le passage à niveau fonctionne correctement et qu'il y a des accidents, c'est très souvent de la faute du conducteur de la voiture (ici du car). Là où il faut agir, c'est sur les comportements des conducteurs. Le passage à niveau, il n'y est pour rien ! Et supprimer des passages à niveau, ça coute cher. Parfois, c'est possible, mais parfois, en zone de montagne notamment, c'est difficile, ou alors très couteux. Cela en vaut-il la peine ?

J'interprète cette attitude des politiques comme un manque de confiance en eux. Cette peur d'être accusé, d'être déclaré responsable d'un drame pour lequel ils ne peuvent rien. Les élus (qu'ils soient municipaux ou nationaux) ne sont pas responsable de la connerie de leurs administrés, qui se mettent d'eux même dans le pétrin en allant se promener sur des falaises un jour de grand vent, ou essayant de passer vite fait avant la fermeture des barrières du passage à niveau.

C'est aussi aux citoyens de se prendre en mains et d'assumer leurs responsabilités, sans se reporter à chaque fois sur les élus, qui "auraient du agir pour prévenir le drame".

Heureux de vous l'entendre dire !

"Une manifestation de plus, ce n'est pas ça qui fera changer le gouvernement". Et qui a prononcé cette phrase ? Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO. Et qui a rajouté : "les manifestations ne faisaient pas beaucoup évoluer les choses" ? Bernard Van Craeynest de la CFE-CGC.

Heureux de d'entendre enfin des syndicalistes reconnaitre que les grèves et les manifestations à répétition n'apportent pas grand chose de concret. Et si ces phrases marquait un tournant dans les modes d'actions chez FO et ailleurs, avec plus de concertation, de dialogue et moins de grèves et de manifestations ?

Allez, ne rêvons pas.

Pourtant, qu'est ce que ce serait bien. Dans ces conditions, je pourrais presque envisager, un jour, d'adhérer à un syndicat...

Chacun son Yannick Noah

Après Martin Sheen et Barbara Streisand qui devaient s'exiler en 2000 en cas de victoire de Bush, C'est Susan Sarandon qui remet le couvert en 2008, en annonçant elle aussi qu'elle s'exilera si McCain gagne l'élection présidentielle. La corde est usée, d'autres avant elle se sont couverts de ridicule avec de telles déclarations. Cela n'empêche nullement d'essayer de se faire valoir auprès de sa petite troupe de people aussi coupés de l'Amérique réelle que les habitants de Saint Germain des prés le sont de la France réelle.

Ces gens-là sont finalement partout les mêmes. Que de la gueule !