Authueil

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vendredi 28 novembre 2008

L'art d'utiliser les con-seillers

Henri Guaino vient d'être nommé chef de la mission interministérielle pour l'Union méditerrannéenne. Voilà un décret où il n'y aura plus qu'à remplacer "chef de la mission" par "délégué interministériel" le jour où Guaino se fera jeter de son poste de conseiller du président.

Ce recasage de conseiller en disgrâce est bien préparé, ce qui évitera la diffusion d'un deuxième épisode du vaudeville "tous les chemins mènent à Rome sauf pour Bénamou". Mais il n'y a pas que ça, c'est encore plus subtil. Plutôt que de préparer un placard capitonné où on espère que Guaino ne fera pas trop de conneries, on l'envoie dans un endroit où sa capacité légendaire à dire et à faire des conneries sera utile, et où on espère qu'il donnera le meilleur de lui-même. Et on n'attend même pas qu'il se fasse jeter, on le fait entrer en fonction toute de suite. Comme ça, il est occupé et aura peut-être moins de temps à consacrer à ses fonctions de conseiller du président, ce qui ne serait pas un mal. Encore que, avec un tel talent, trois minutes au micro d'un grande radio nationale suffisent pour mettre une pagaille monstre...

Nicolas Sarkozy s'étant rendu compte que cet UPM était une erreur, il faut qu'il s'en sorte, mais en faisant porter la responsabilité de l'échec sur les autres. Bref, que la France soit la dernière sur un navire que tous les autres auront quitté. Nommer Henri Guaino comme "chef de la délégation française" est une idée de génie pour torpiller l'UPM.

Quel financement du service public audiovisuel?

La presse s'est fait l'écho d'une volonté des parlementaires de taxer davantage l'internet.

Jean Dionis du Séjour, député Nouveau Centre, a déposé deux amendements visant à faire payer la redevance télévisée aux titulaires d'un accès internet permettant de recevoir la télévision, ainsi qu'aux possesseurs d'un ordinateur portable permettant de recevoir les émissions de télévision. Ces deux amendements sont d'une logique absolue et incontestable au regard du système actuel. Le choix est fait de financer le service public par le biais d'une redevance payée par les utilisateurs du service, à savoir les téléspectateurs. A partir du moment où vous êtes techniquement en mesure de bénéficier du service, il est logique que vous soyez assujetti au paiement de la redevance pour service rendu. Jean Dionis du Séjour ne fait que prendre acte des évolutions technologiques.

Pourtant, il y a un problème, c'est évident. Mais il n'est pas sur le fait de taxer internet. C'est sur l'architecture général du mode de financement de l'audiovisuel public que le problème se pose. La Redevance audiovisuelle est une redevance pour service rendu, payée uniquement par les utilisateurs du service rendu, à savoir ceux qui regardent les chaines de service public. En toute logique, les non utilisateurs devaient être dispensés de cette redevance. En pratique, le contrôle étant impossible, il a été établi une présomption irréfragable d'utilisation de ce service pour toute personne qui est en mesure d'en bénéficier, qu'elle en bénéficie un peu, beaucoup, à la folie ou pas du tout. Quand l'offre émane à plus de 50%, voire en totalité de chaines de service public, la présomption est inattaquable. Mais le temps de l'ORTF est révolu, l'offre télévisuelle est devenue pléthorique et surtout, la part du service public y est devenue réduite, voire marginale. Quand vous avez une centaine de chaines, dont seulement cinq ou six relèvent du service public, vous pouvez contester le paiement d'une redevance pour un service dont vous ne bénéficiez pas, ou si peu, mais que vous payez quand même plein pot.

La logique de la redevance pour service rendu ne tiendra plus très longtemps, et la généralisation de la TNT et des bouquets satellites va sans doute en sonner le glas juridique. Quelle solution alors pour financer le service public sans appel à la publicité, puisque notre cher président a décidé que cette ressource était interdite pour le service public ? Soit on transforme les chaines du service public en chaine à péage, ce qui revient à en faire des chaines privées sous contrôle public, soit on finance entièrement sur le budget de l'Etat. Cette dernière solution risque, de fait, d'être celle qui sera adoptée.

A partir du moment où ce service public de l'audiovisuel est financé par le budget de l'Etat, la question est posée de savoir s'il faut un service public de l'audiovisuel. Quel doit être, dans l'audiovisuel, le rôle de l'Etat ? Vaste débat, car on ne peut pas répondre "rien" et tout balancer par dessus bord. Une fois que le débat a eu lieu et qu'une décision est prise, reste à savoir comment cela doit être mis en oeuvre. C'est un deuxième débat qui risque d'être aussi agité que le premier, car il n'est pas assuré, à mes yeux du moins, que la régie soit la meilleure formule...

mercredi 26 novembre 2008

Alors, toujours obamaniaque ?

Pendant la campagne, nous avons été saoulés avec l'obamania. Il n'y en avait que pour lui, il était parfait, sauveur du monde et tout ce qu'on veut. Nos politiques, de droite, et surtout de gauche l'érigeaient en modèle.

Depuis, Obama a gardé le ministre de la Défense de Georges Bush, il est en passe de nommer sa principale rivale pour l'investiture, avec qui il s'est déchiré, au poste de secrétaire d'Etat.

Alors les politiques et militants français, toujours obamaniaques ? Il est toujours votre modèle ?

C'est étrange, mais d'un seul coup, on vous entend moins. C'est pourtant maintenant que cela devient intéressant de savoir ce que vous pensez, car nous ne sommes plus au stade des postures et des promesses, mais des actes. Et ce qui compte, c'est ce qu'on fait, pas ce qu'on promet !

Derrière la fronde dominicale, les cathos

Le travail dominical met de l'ambiance dans les réunions UMP à l'Assemblée nationale. C'est vrai que le sujet est épineux et sensible. C'est d'ailleurs pour cela que le gouvernement s'est bien gardé de faire des propositions, et a courageusement laissé aller au casse-pipe Richard Mallié, le député qui a le centre commercial "plan de campagne" dans sa circonscription.

Aujourd'hui, ça se confirme, c'est un dossier brulant, sur lequel un certain nombre de gens, à commencer Jean-François Copé, se sont un peu trop avancés. Une première proposition de loi avait été déposée en février. Une deuxième mouture vient d'être proposée, mais il semble que cela ne suffira pas à calmer le jeu et qu'une troisième reculade sera encore nécessaire. Tout cela finira par un texte tellement édulcoré qu'il n'en restera pas grand chose sur le fond. Ca va se terminer par une simplification des quelques 180 dérogations existants actuellement sur le travail du dimanche. Bref, un texte technique.

Cette fronde, elle a été montée par deux parlementaires, Marc Le Fur et Jean-Frédéric Poisson. Ce sont deux têtes de pont du lobby "catho" à l'Assemblée nationale, surtout d'ailleurs Jean-Frédéric Poisson, suppléant de Christine Boutin, dont on reconnait la "patte" dans la première tribune. Les évêques avaient déjà tonné contre ce texte, mais leur véritable argument "le dimanche est le jour du seigneur" n'avaient aucune chance d'être entendu, et aurait provoqué, à juste titre, une levée de boucliers au nom de la laïcité : la société n'a pas à s'organiser en fonction des croyances d'un groupe particulier, fut-il majoritaire. Il fallait donc la jouer plus finement.

Ce texte inquiétait plusieurs catégories qui y sont opposés, notamment les syndicats de salariés et les petits commerçants (lobby qui n'est pas dépourvu d'influence), qui estiment, pas forcement à tort, qu'ils peuvent y perdre à un changement des règles du travail dominical. Rien d'illégitime donc, chacun défend son morceau de gras. Tout ces lobbies ont brandi l'argument, qui relève du procès d'intention, que ce texte était le prélude à la suppression totale du repos dominical. C'est bien entendu faux, mais si ça prend (et c'est en train d'arriver), le texte est bon à jeter à la poubelle.

Pour les partisans de ce texte, un seul espoir, le soutien sans faille de Nicolas Sarkozy et de la majorité UMP. Jean-François Copé et Xavier Bertrand sont donc montés en ligne, faisant savoir à tous les députés UMP qu'il serait très mal vu que ça moufte dans les rangs sur le sujet. Avec de tels messages, le député de base UMP sait que s'il monte seul au front, il se fait hacher menu par l'artillerie. Il faut donc une opération de groupe. Reste à trouver les meneurs, ceux qui accepteront de s'en prendre plein la gueule. Pas évident à trouver, car il faut à la fois des parlementaires qui sont fermement opposés au texte, et qui en même temps ont suffisamment de surface politique et/ou médiatique pour ne pas craindre la mitraille venant de l'Elysée et du président de groupe. C'est là qu'interviennent nos cathos, et notamment Marc Le Fur, vice-président de l'Assemblée nationale. Il a la surface politique qui le met à l'abri de représailles à l'Assemblée, il est suffisamment opposé au texte pour accepter de se mouiller. Le leader est trouvé, sonnez la charge.

Et ainsi fut fait, avec cette tribune, signée par des "petits commerçants" (Bernard Reynes, président du groupe d'études sur le sujet, Michel Hunault), des cathos (Le Fur, Vanneste, Nesme, Gaymard, Flajolet, Pinte). Par cette action, ils ont réussi à casser l'unanimité affichée du groupe UMP, et sans doute tué le texte, car sa seule chance de passer était justement l'existence de cette unanimité.

mardi 25 novembre 2008

Récolement républicain

Maitre Jules de Diner's room et moi-même sommes en train de procéder au récolement des personnes ayant signalé leur présence à la république des blogs de demain soir, au pachyderme à partir de 19 heures.

Il est encore possible de se faire récoler et proclamer invité en allant sur le wiki ou sur la page facebook.

A demain donc, dans la joie et la bonne humeur. Il est précisé aux militants socialistes que la république des blogs, c'est comme la Suisse, c'est territoire neutre. Ils sont donc une fois de plus priés de laisser les armes au vestiaire (pour ne pas risquer de trucider les nombreuses personnes qui ne vont pas manquer de les chambrer).

Ca se passe comme ça au PS

Réçit édifiant d'un vote dans une section PS d'Aix-en-Provence. Tout y est, des électeurs fictifs aux employés municipaux qui votent en bloc, avec de multiples petites fraudes et arrangements avec l'honnêteté du scrutin. C'est arrivé dans les Bouches-du-Rhône, c'est certainement arrivé dans le Nord ou ailleurs. Ce récit corrobore parfaitement ce que j'ai pu entendre ici ou là des pratiques habituelles dans les scrutins internes aux partis politiques. Bien que cela ne se passe partout comme ça, ces pratiques ne sont pas inhabituelles, mais comme tous les courants trichent à peu près pareil, un certain équilibre s'instaure.

Le pire, c'est que ça marche comme ça dans tous les partis ! L'UMP et le PCF ne font pas mieux, voire même pire. Et c'est un vrai problème pour notre démocratie !

Comment voulez vous que les français aient confiance dans les partis politiques ? Comment voulez-vous avoir confiance dans des élus qui se comportent ainsi en interne, tout en prétendant être totalement différents dès qu'ils portent leur écharpe tricolore ?

lundi 24 novembre 2008

Une affaire de gros sous

Le PS peut-il éclater ? C'est la question que tout le monde se pose. Personnellement, je n'y crois pas, simplement pour une histoire de gros sous.

Le financement des partis politiques est basé sur les résultats du premier tour des élections législatives et sur le rattachement des parlementaires. Cela donne 0,66 euros par voix obtenu par un candidat ayant coché la case "PS" sur sa fiche de déclaration de candidature. C'est acquis au PS jusqu'aux prochaines législatives. La deuxième partie est fonction de la déclaration que font, tous les ans, les députés et sénateurs. Ils viennent d'ailleurs de remplir la feuille pour cette année. Un parlementaire rapporte autour de 40 000 euros. Vous imaginez bien que les groupes parlementaires veillent soigneusement à ce que les fiches soient bien remplies...

Si une scission du PS devait avoir lieu, elle ne pourrait résulter que du départ d'un certain nombre de personnes, partis fonder un nouveau mouvement, comme notre bon ami Mélenchon, qui va fonctionner avec 80 000 euros par an. Je n'imagine pas une dissolution du PS, avec attribution à part égale du financement public. Celui qui part laisserait à l'autre l'ensemble de la première partie du financement, basée sur les voix obtenues au premier tour des législatives. Pour se financer, il ne resterait au partant que la deuxième partie, à condition que des parlementaires acceptent de se rattacher au nouveau parti et qu'elle se trouve un parti croupion, comme le Nouveau centre, pour avoir accès à ce financement.

Si une bataille de chiffonnières devait s'engager pour le contrôle de la structure juridique "Parti socialiste", vu la configuration interne, et notamment la composition du conseil national, c'est sans doute Martine Aubry qui l'emportera. Ne restera à Ségolène Royal que le départ. Elle a déjà une structure existante, désirs d'avenir, avec des fichiers, des militants (pas forcement tous PS), un vivier de recrutement assez large (le centre-gauche, les militants PS déçus de l'impuissance de leur parti...). Le gros souci, ce sera l'argent, pas tant pour faire fonctionner la structure jusqu'en 2011 que pour financer la campagne présidentielle de 2012. Je vous rappelle que les seules sources de financement d'un parti politique et d'une campagne présidentielle sont : les apports personnels du candidat, les dons de personnes physiques (à l'exclusion des personnes morales) et les apports d'un parti politique. Ce n'est pas mission impossible, mais c'est quand même chaud de se lancer dans une campagne présidentielle, dans l'idée de la gagner, sans trésor de guerre !

Rien que pour ça, l'intérêt de Ségolène Royal est de rester au sein du PS, en espérant que les choses changent d'ici la désignation de la ou du candidat du PS à la présidentielle. C'est seulement si elle est certaine de ne pas être désignée candidate (et donc de ne pas bénéficier du soutien financier du PS) qu'elle a intérêt à partir.

samedi 22 novembre 2008

La faute des militants

Il y a un problème au PS. Vraiment. Ce problème vient des militants...

Le PS, avant même cette tragi-comédie du Congrès de Reims, était déjà mal en point. Tout le monde le disait. A mon avis, tout pouvait encore être sauvé, mais il fallait trancher dans le vif, faire un choix clair. Les cadres ayant été incapable de le faire, c'était donc aux militants d'agir. Comme pour le vote des motions, les militants du PS n'ont pas tranché, mais alors pas du tout. 42 voix d'avance, c'est le scénario le plus dramatique, car les contestations sont inévitables. La légitimité de la nouvelle élue est remise en cause et Martine Aubry va sans doute trainer ce "péché originel" pendant deux ans. Nous pouvons compter sur Ségolène et ses amis pour exploiter cette faille et justifier ainsi le développement de Désirs d'avenir qui va sans doute devenir un PS bis.

Comment expliquer ce refus de trancher ? Je ne suis pas militant socialiste, j'aurai donc une réflexion "de l'extérieur", qui sera différente, mais pas plus illégitime que celle d'un militant PS. J'ouvre ici un débat, où je pose plus de questions que je n'apporte de réponses. Merci de prendre ce billet comme ça.

Au fil du temps, la base militante du PS s'est rétrécie, et est redevenue semblable à celle de la vieille SFIO : des élus locaux, des personnes aspirant à devenir élus locaux, des affidiés et vassaux des élus locaux (typiquement, les employés municipaux de villes socialistes) et quelques curieux de passage, qui souvent, ne restaient pas longtemps, effarés qu'ils étaient par les querelles d'écuries et de courants. Ce constat, je ne suis pas seul à le faire, il me semble que Michel Rocard l'a également formulé (mais je n'ai plus la référence). Le drame est là, nombre de militants PS ne se sont pas encartés pour défendre et promouvoir des idées, mais pour des considérations de carrière personnelle. Le PS, sur le plan local, est encore dans un fonctionnement féodal. Pour un parti qui se veut moderne, ça pose problème.

La base militante du PS est également très divisée idéologiquement, avec une tradition d'affrontement qui n'arrange rien. On a l'impression, vu de l'extérieur, que le PS est un parti unitaire, mais c'est faux. La Gauche est beaucoup moins unitaire que la droite dans ses fonctionnements. Il n'y a d'ailleurs qu'à voir à quel point ce mot revient dans les discours de gauche et d'extrême-gauche. Si l'unité était vraiment là, il n'y aurait pas besoin de l'invoquer à tout bout de champ. Dernier exemple en date, Mélenchon qui crée une nouvelle scission, et qui déclare que son parti se veut unitaire. Quelle écart entre ce qu'il dit et ce qu'il fait ! Et cela se retrouve au PS, qui est un amalgame de courants qui n'ont finalement pas tant que cela de choses en commun si ce n'est un intérêt électoral à être unis. La diversité peut être une chance, à condition de se retrouver sur un socle minimal. Et ce socle, au PS, n'a fait que se réduire, au point d'être réduit aujourd'hui, à la taille d'un timbre-poste. Ils n'ont plus guère en commun que l'anti-sarkozisme et l'intérêt carriériste bien compris. Ce n'est pas avec ça que l'on fait un grand parti ouvert et moderne, capable de renouveler la pensée de gauche pour proposer une alternative crédible aux français.

Au fil du temps, la base militante, imitant en cela les leaders, s'est mise à se haïr. Entre courants, entre chapelles, ce n'est plus de la rivalité, c'est de la haine. Des années à s'envoyer des invectives, à se faire des coups bas, ça laisse des traces. Déjà, il y a 10 ans, quand j'entendais des jeunes socialistes de l'aile gauche parler des "rocky" (jeunes rocardiens), l'animosité et le mépris étaient palpables. Cela ne s'est pas arrangé depuis, surtout avec une personnalité comme Ségolène Royal, qui ne laisse pas indifférente. Pour avoir une idée, allez donc sur les leftblogs, et voyez un peu les scuds qu'ils s'envoient, notamment sur Twitter. Ils sont pourtant dans le même parti. On ne dirait pas...

vendredi 21 novembre 2008

A Mercredi

Mercredi prochain, c'est la République des blogs. Toujours au même endroit, Au pachyderme, boulevard Saint-Martin (à l'entrée de la place de la république). Le lieu semble avoir bien plu, donc on va y rester.

N'oubliez pas de vous inscrire sur le wiki, et pour les militants socialistes, de laisser les armes au vestiaire.

Le corporatisme des enseignants

Un enseignant refuse de s'associer à la grève de ses collègues et s'en explique sur Rue89. C'est court, limpide. Tout est dit et j'approuve totalement son propos.

Le problème majeur de l'éducation nationale, ce sont les syndicats d'enseignants. Il va bien falloir un jour qu'on règle ce problème, soit en amenant ces syndicats à évoluer, soit en les brisant.

En attendant, ce sont les enfants et les jeunes qui trinquent !

Un rôle de symbole

Le Figaro a retouché une photo de Rachida Dati, pour enlever un bague. Et pas n'importe quelle bague, un truc à 15 000 euros ! Le Figaro explique qu'ils ne voulaient pas qu'une polémique sur la bague occulte complètement le contenu de l'article. En bref, ils ont voulu ôter un élément "parasite". Magnifique et limpide exemple de l'ambiguité dans laquelle se trouve Rachida Dati !

Bien entendu qu'elle n'est pas propriétaire de la bague. Elle lui a été prêtée par le joailler, qui espère des retombées commerciales en utilisant des "porte-bijoux" qui passent dans les médias (et là, pour Chaumet, c'est bingo). C'est une pratique très habituelle : les peoples qui passent à la télévision ne sont que de gigantesques hommes et femmes-sandwich. Les bijoux portés par telle star de cinéma pour la montée des marches à Cannes ne lui appartiennent pas. Par contre, elle touche quelque chose pour les porter. Rachida Dati est exactement dans cette logique, c'est ni plus ni moins qu'une people. Le problème, c'est qu'elle est aussi ministre, et qui plus est, garde des Sceaux. Elle exerce des responsabilités, on attend d'elle du sérieux, de la compétence, de la gravité même. Le mélange se révèle assez détonnant. Est-ce un bien, est-ce un mal ?

C'est clair que nous ne sommes pas tous prêts à ce mélange des genres, du point pas jusqu'à ce point. Les réactions très négatives à la peopolisation de Nicolas Sarkozy l'ont très clairement montré. Pourtant, ce mélange existe depuis longtemps, car la politique est une activité ambivalente. La politique demande des gens compétents et avisés. C'est l'avenir du pays, c'est de la responsabilité, c'est du sérieux ! Mais la politique, c'est aussi du symbolique, de la représentation. Nous voulons un personnel politique qui nous renvoie une image valorisante de nous-même, de la France, des hommes et des femmes politiques dont on peut se sentir proches, que l'on peut admirer, aduler, détester. Certains sont plus spécialisés dans un rôle ou dans un autre. Eric Woerth est un gestionnaire, sérieux, efficace. Pour le glamour, vous repasserez. A l'inverse Bernard Laporte ou Jean-Louis Borloo sont plus dans le "politique" et dans l'affichage. Tout est dans le dosage entre compétence et représentation. Cette ambivalence a toujours existé !

Rachida Dati est un cas à part, car le mix est très particulier : C'est un pur produit de représentation, où on ne retrouve que des traces infinitésimales de compétence. Il suffit de voir son bilan en tant que ministre de la justice. Désastreux est un euphémisme ! Par contre, en matière d'affichage, d'identification et de représentation, c'est un produit magnifiquement ciblé et calibré à destination d'une population particulière, celle issue de l'immigration. Rachida Dati n'est pas là pour être compétente. Son rôle est de devenir une fierté pour la communauté maghrébine en France, une sorte d'icône, un modèle. Sa feuille de route, c'est ça ! Et il faut reconnaitre qu'elle réussit assez bien ! C'est d'ailleurs pour cela qu'au prochain remaniement, elle sera toujours ministre. Plus à la justice, mais ailleurs, à un endroit où on pourra lui mettre des secrétaires d'Etat qui assumeront la partie "compétence", pour lui permettre de jouer son rôle de symbole sans mettre son département ministériel à feu et à sang.

jeudi 20 novembre 2008

Je voterais Ségolène

Si j'étais militant PS (pure hypothèse de travail, vous vous en doutez), je voterais ce soir pour Ségolène Royal.

C'est vrai que j'ai dit pis que pendre de cette femme. C'est encore plus vrai que je pense toujours ce que j'ai écrit. Mais...

A un moment donné, on est devant un choix, pas seulement de personnes, mais aussi d'orientations. Il faut trancher, et le faire à partir des éléments (un ou deux, pas plus) que l'on considère comme étant les plus importants. Oui Ségolène est une caractérielle, oui elle joue de manière détestable sur le registre émotionnel, oui elle n'est pas claire sur son programme de gouvernement et pas franchement au point sur les dossiers. Mais...

Elle propose très clairement de rompre avec le fonctionnement actuel du parti socialiste, celui-là même qui est responsable de tous les échecs depuis 20 ans (1997 a été une "divine surprise", davantage une défaite de la droite qu'une victoire de la gauche). Le clivage est très tranché avec Martine Aubry, qui dit très clairement qu'elle est pour le maintien des modes de fonctionnements actuels du PS.

Entre l'immobilisme d 'Aubry et la saut dans l'inconnu de Royal, je n'hésiterais pas une seule seconde. Si j'étais militant socialiste, je me dirais que l'important est là : il faut absolument une rupture, un renouveau du PS, et quoique je pense de la personne de Ségolène Royal, je la crois capable de provoquer cette rupture et ce grand ménage. Ce sera peut-être le chaos, le bruit et la fureur, mais ce sera toujours mieux que de rester dans l'impasse où se trouve actuellement le PS.

le decret EDVIGE est retiré

C'est au JO de ce matin : le décret créant le fichier EDVIGE est retiré.

Attendons la suite, car ce retrait sera sans doute suivi de la parution d'un nouveau décret créant un ficher EDVIGE light. Ce retrait a au moins l'intérêt de faire tomber tous les recours. Cela aurait pu être gênant que le Conseil d'Etat annule en totalité ou en partie le décret initial.

mercredi 19 novembre 2008

Les communautés contre la Démocratie

André Kaspi vient de rendre son rapport sur les commémorations nationales. Il met le doigt sur un des problèmes de notre société, la question de la mémoire. Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a présidé une mission d'information sur les questions mémorielles, qui vient elle aussi de rendre son rapport. Chacun traite un bout d'un problème qui est en fait global, celui de la concurrence des communautés pour imposer leur mémoire particulière, leur vision du passé, comme vérité officielle, et cela va sans dire, "sacrée" donc inattaquable et intouchable sous peine de poursuites judiciaires.

Depuis maintenant 15 ans, nous assistons à cette dangereuse dérive : ce sont tour à tour les juifs, les "descendants d'esclaves" (faux nez des antillais et guyanais), les arméniens, les harkis qui ont demandé et obtenu une consécration officielle de leur vision de l'histoire. Dans le kit qui est généreusement distribué, on trouve en général une loi, une ou plusieurs commémorations officielles et des indemnisations sonnantes et trébuchantes.

Ce mouvement, c'est le signe d'un affaiblissement de la nation et de l'Etat français, qui se révèle incapable de résister aux forces centrifuges. Le modèle français de la Nation une et indivisible a du plomb dans l'aile, et c'est parce qu'il s'affaiblit (et non l'inverse), que certains ont pu obtenir cette place dans l'espace public qu'ils n'auraient certainement pas eu il y a encore 25 ans. L'Etat se révèle de plus en plus incapable de jouer le rôle d'arbitre au dessus des différentes communautés, car il ne peut plus s'appuyer sur une "idéologie nationale", qui puisse fédérer autour d'un socle commun l'ensemble des français.

Si ce tournant devait se confirmer, c'est une remise en cause complète de notre identité qui se profile. C'est le déroute des jacobins !

Est-ce un bien, est-ce un mal, je n'en sais rien. Se crisper sur le passé et refuser l'évolution par pur conservatisme, par "fidélité", c'est assurément faire fausse route. On ne peut pas bloquer une lame de fond comme celle-ci. On peut l'accompagner, l'infléchir, mais on ne ressuscitera pas ce qui a été détruit, car le mal est déjà fait, c'est déjà trop tard pour sauver la "république une et indivisible" à l'ancienne. Ceux qui tiennent à ce modèle devront inventer autre chose, et surtout, devront justifier que c'est le meilleur modèle pour affronter l'avenir. Ce ne sera pas facile, car c'est l'Etat comme structure principale d'encadrement qui est mort. La raison d'Etat est une justification de moins en moins bien acceptée. Ne parlons même pas de "l'autorité de l'Etat", qui s'effondre sous les assauts de la construction européenne, de la décentralisation, mais aussi de la progression de la garantie des droits individuels, que ce soit par le biais de la jurisprudence constitutionnelle ou des différentes juridictions internationales (cour européenne des droits de l'homme notamment).

Pour autant, je n'accepte pas cette intrusion de certaines communautés, qui prétendent imposer leur loi dans l'espace public. Je reste profondément attaché à l'existence d'un espace public neutre, d'une société où on ne m'impose pas d'adhérer obligatoirement à des croyances ou à des valeurs précises, où on ne m'interdit pas d'exprimer certaines opinions au prétexte que cela porte atteinte aux intérêts moraux de tel ou tel groupe. Je n'accepte pas un espace public où certains peuvent être plus égaux que d'autres en prenant la posture de la victime (passée ou actuelle). Quelque part, je reste fidèle à l'esprit de la démocratie athénienne.

Je crois profondément que sur ce type d'enjeux, le clivage partisan gauche-droite n'a pas lieu d'être. C'est un sujet trop important pour qu'il soit instrumentalisé au profit des petites ambitions de nos hommes politiques, dont aucun, il faut le dire, n'a vraiment d'envergure. L'affaiblissement de l'Etat n'est pas forcement un mal, car ce n'est qu'un instrument, que l'on peut remplacer. Le tout est de savoir par quoi le remplacer pour perdure cet espace public neutre, véritable socle de notre démocratie.

Des piécettes pour calmer la populace

Gérard Larcher annonce des "mesures fortes" pour réduire le train de vie du Sénat. On pouvait s'attendre à des coupes claires, des suppressions d'avantages. Et bien non, on aura juste droit à quelques gadgets.

Restitutions d'appartements de fonction. Oui, mais c'est un retour à la normale après des dérives scandaleuses, dont on n'a pas su grand chose, finalement. Combien d'appartements actuellement occupés par des sénateurs ou des personnels du Sénat, et pour quels loyers. Dans l'article, on annonce 54 appartements de fonction. Le Sénat n'est pas pauvre, parce que 54 appartements dans le quartier, c'est pas donné. On nous dit aussi 34 d'entre eux vont être vendus. Où va aller l'argent, car j'imagine que ce ne sont pas studios. La transparence s'arrête assez vite, c'est bien dommage, parce que c'est justement là que ça commençait à devenir intéressant. On apprend aussi incidemment que le Sénat conserverait une vingtaine d'appartements. Le commandant de la garde, je comprends la nécessité de service qui lui impose d'être tout le temps sur les lieux, mais le directeur de cabinet du président du Sénat ou le directeur de l'architecture, il faut m'expliquer...

Les voitures de fonction vont être gérées en pool au lieu d'être attribuées individuellement. M'enfin, elles sont toujours là, les voitures de fonction, et je suppose qu'il y aura un pool "dignitaires du Sénat", toujours distinct des voitures pour sénateurs "ordinaires". On prendra des voitures moins grosses, avec moins d'options, et on les gardera un an de plus. C'est sur que pour circuler dans Paris, un petit gabarit, c'est mieux qu'un char d'assaut. On optimise un peu mieux les moyens, mais c'est tout. Pas une révolution !

Le président et les questeurs renoncent à leur supplément d'indemnité de 30%. C'est bien, mais les vice-présidents, ils y renoncent aussi ? Et les secrétaires du Sénat, ils ont droit à combien de rab ? Cela ressemble beaucoup aux piécettes que les seigneurs d'autrefois jettaient à la foule pour montrer leur grande générosité. On est ici dans l'illusion totale.

Pendant ce temps là, on botte en touche deux très gros gaspillages, le musée du Sénat et la télévision du Sénat, en commandant un audit : créer une commission pour enterrer un problème, c'est une recette vieille comme la politique ! Et pourtant, il y a des choses à dire sur ces deux sujets. Le musée d'abord. Est-ce vraiment le rôle d'une assemblée parlementaire que d'ouvrir un musée sans aucun lien avec l'activité parlementaire, dans une ville comme Paris où l'offre dans ce domaine est déjà très large ? Pour avoir visité une fois ce musée, je le trouve bien petit et étriqué, surtout vu le prix des billets. Pour quelques euros de plus, on a le Louvre ou le musée d'Orsay. La télévision ensuite. Trouvez vous normal que chaque assemblée parlementaire ait sa chaine de télévision ? A la limite, on pourrait dire oui, pour la diffusion des débats et la médiatisation des travaux parlementaires. Le partage d'un même canal pour les deux assemblées pourrait s'avérer problématique. Mais est-il nécessaire d'avoir un président nommé Elkabach, qui ne doit pas être bénévole. Est-il nécessaire de programmer des magazines parfois assez éloignés de l'activité purement parlementaire. Et surtout, est-il bien nécessaire d'avoir toutes ces émissions pour permettre à des sénateurs de faire leur petit show que personne ne regarde ?

En bon politique, Gérard Larcher s'empresse de jeter de la poudre aux yeux, en faisant semblant de sabrer les symboles, ceux qui "parlent" aux gens, quand bien même ce ne sont pas les plus couteux.

mardi 18 novembre 2008

Aux frontières du racolage

Ségolène Royal est en campagne, et tous les moyens sont bons, y compris d'aller draguer ouvertement Georges Frêche, dans l'espoir d'obtenir son soutien, et donc un paquet de voix dans la très importante fédération de l'Hérault.

Que le fonctionnement d'une telle fédération puisse ressembler beaucoup à celui d'un clan mafieux, que le personnage de Georges Frêche soit humainement absolument détestable, cela ne semble pas déranger Ségolène Royal. Une voix c'est une voix, et ce n'est pas le moment d'être moralement regardant sur les soutiens.

Et pourtant, c'est dans ces moments là, au contraire, qu'il faut être regardant. Car un type comme Georges Frêche, il ne laisse jamais un dette trainer, et il utilisera son droit de tirage jusqu'à la dernière goutte. Ségolène Royal peut promettre une "moralisation", et tout ce qu'elle veut, vous pouvez être certains que plusieurs fédérations (au hasard le Rhône, les Bouches-du-Rhône et l'Hérault) seront épargnées par un éventuel "grand ménage". C'est dommage, parce que c'est justement là qu'il y en aurait bien besoin. Elle est en train de se lier la mains en cas de victoire, et quoiqu'il arrivera, entache sa réputation de probité et de hauteur morale (si tant est qu'elle en ait une). Et dire qu'elle accuse un autre d'avoir perdu le sens de l'honneur...

Et combien de deals est-elle en train de passer en ce moment, et avec qui ? Je suis certain que si le diable se présente, et qu'il a avec lui un paquet de procuration de militants PS, Ségolène serait prête à passer un accord avec lui et à prendre sa défense.

Tout bénéf pour Sarkozy

La manière dont se déroule la désignation des instances du PS est un véritable bonheur pour Nicolas Sarkozy. Quelque soit l'issue du scrutin de jeudi, il est gagnant.

Ségolène Royal, contre tout attente, l'emporte d'une courte tête. Elle prend la tête d'un parti où les cadres lui sont majoritairement hostiles, pas seulement politiquement, mais aussi personnellement. Ca peut vite tourner à la boucherie. Ségolène Royal, une fois élue, doit tenir au poste jusqu'en 2012 si elle veut être à nouveau candidate à la présidentielle, tout départ anticipé, surtout s'il donne l'impression qu'elle a été virée, lui serait fatal. Elle va se retrouver dans la position du cavalier de rodéo, qui cherche juste à rester en selle. Le travail de refondation risque d'en souffrir.

Ségolène Royal est battue. C'est le plus probable vu la coalition qui s'est montée contre elle, mais elle fera vraisemblablement un score honorable (sauf sursaut militant, mais je n'y crois pas trop après mure réflexion). Elle garde donc ses chances pour la présidentielles de 2012, et va vivre sa vie en marge du parti. Elle l'a déjà fait, c'est d'ailleurs une position bien plus confortable. Pendant les trois années qui viennent, elle va s'employer à miner le PS, à le marginaliser, pour apparaitre comme la seule candidate de gauche crédible. Un effondrement du candidat officiel du PS est possible, rappelez-vous en 1969, Gaston Deferre et ses 5%... Ségolène arrivera avec des idées nouvelles, mais l'état de déliquescence et de haine à Gauche lui coutera son élection. A la présidentielle, ce n'est pas le meilleur qui gagne, mais celui qui arrive le moins mal à faire l'union de son camp.

Dans les deux cas, les socialistes se consumeront en querelles internes, arriveront épuisés et sans propositions à la présidentielle, face à un Sarkozy qui lui, sera prêt !

lundi 17 novembre 2008

Tout peut encore être sauvé

Non le PS n'est pas mort. La bête a une résistance à toute épreuve, et elle peut même régler d'un coup ses problèmes. Tout est désormais entre les mains des militants, jeudi prochain. Il leur reste une chose à faire : trancher, et le faire très clairement. Il faut qu'entre Ségolène Royal et Martine Aubry, il y ait une victoire par KO au premier tour. De laquelle, on s'en moque (moi du moins). Ce qu'il faut au PS pour sortir de la crise, c'est une patronne.

Le seul vrai souci du PS, c'est le leadership, car finalement, sur le fond et les idées, ils sont assez d'accord, du moins à 79%. Cela ne veut pas dire que le contenu des motions, c'est top génial, mais au moins, il n'y a pas les divergences idéologiques à gérer. Une fois un leadership clairement établi, des propositions un peu plus solides et crédibles pourront être formulées et dessiner le visage d'un parti socialiste un peu plus moderne, en tout cas un peu plus cohérent. Le vieux gaulliste qui sommeille en moi me dit que pour qu'une structure fonctionne, il faut un chef, quelqu'un qui ait l'autorité pour décider et aller de l'avant. L'autogestion, ça ne marche pas.

Je me répète une fois de plus, l'existence d'une opposition forte et crédible est indispensable pour que la majorité fasse bien son travail. Quand il n'y a pas de réelle opposition, quand il n'y a personne en face, les membres de la majorité se disputent entre eux, la rigueur intellectuelle se déserre, on se dit que tel ou tzel projet n'est certes pas terrible, mais que vu l'état de l'opposition, ça passera quand même.

C'est donc un appel que je lance aux militants socialistes : vous avez une occasion en or de remettre votre parti sur les rails. Saisissez là et tranchez !

Les élites du PS

Depuis une génération, le Parti Socialiste a profondément changé, surtout au sommet. L’élite du parti se recrute dans cette couche de la population qui contrôle les flux : contrôle de l’information, dans sa conception comme dans sa diffusion, contrôle de la redistribution étatique, contrôle de l’éducation et de la construction des normes sociales. Il n’y a qu’une chose qu’ils ne contrôlent pas, c’est la propriété des richesses matérielles. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils exècrent tant ceux qui les possèdent, car ils sont des concurrents pour la quête du pouvoir.

Ces élites de gauche se veulent « ouvertes », citoyens du monde, et de fait, ils le sont. Ils se sentent bien plus proches de leurs semblables qui vivent à Londres, New York ou Hong-Kong (où leurs enfants vont faire leurs études) que de leurs voisins, ces « prolos » qui habitent à 200 mètres dans leur HLM. Un véritable fossé se creuse, il n’y a qu’à voir l’attitude d’une certaine élite qui se dit de gauche, mais qui paye l’ISF, va en voyage à l’Ile Maurice et habite dans les quartiers chics. La plupart des dirigeants du PS n’ont plus rien de « populaire » et ne défendent plus du tout les classes populaires. Le PS, quand il agit, ne fait plus du social mais du sociétal. Défendre une « minorité opprimée », c’est quand même plus valorisant ! Et pourtant, parce que se disant de gauche, elles continuent à se revendiquer "représentants des couches populaires". Une belle escroquerie, qui ne trompe personne, et surtout pas les couches populaires qui ont cessé depuis bien longtemps de voter PS.

Cette élite de gauche est facilement reconnaissable en ce qu’elle se prétend « à la marge », alors qu’elle est complètement au cœur du système, qui se veut « en révolte », libre et « épicurienne » alors qu’il est en fait totalement conforme au modèle que la société consumériste (le capitalisme) attend d’elle : consommant et incitant à consommer toujours plus.

Pour tenir sa position, elle a besoin de repoussoirs, quitte à les inventer ou à surgonfler les quelques restes de l’ancienne société d’ordre, qui en France a explosé après Mai 68. Ses publications sont d’ailleurs très fortes pour agiter les chiffons rouges et faire croire que « l’infame » et le fascisme sont de retour. Cela permet de prendre la posture très valorisante du résistant, bref, de continuer à croire qu’ils ne sont pas les maîtres à penser du pays et donc les responsables de la situation dans laquelle il se trouve.

Cette élite de gauche veut les avantages sans les responsabilités. Et on s’étonne après que le pays aille mal…

vendredi 14 novembre 2008

Halte au fou

Un fou poignarde un étudiant, aussi sec, Sarkozy demande une refonte en profondeur du droit de l'hospitalisation psychiatrique. Là, j'ai vraiment envie de hurler !

S'il y a quelque chose à faire sur le sujet, ce n'est certainement pas de réformer, à la va-vite, le droit existant. La bonne idée serait de mettre les moyens nécessaires pour que l'hospitalisation psychiatrique puisse fonctionner correctement.

Dans notre malheur (et c'est l'aide législateur qui parle), nous avons quand même un rapport, commandé suite à des évènements similaires, qui fait le tour de la question et formule des propositions. Au moins, si jamais une réforme est proposée, ce ne sera pas trop du bricolage, comme c'est trop souvent le cas pour ces lois "émotionnelles" (sur les criminels récidivistes par exemple).

J'ai quand même de plus en plus de mal à supporter cette démagogie car elle menace continuellement notre édifice juridique. Avant, on se contentait de créer une commission, dont on enterrait les conclusions une fois l'émotion médiatique retombée. Au moins, on ne rajoutait pas des malfaçons législatives et règlementaires aux dégâts déjà causés par le manque de moyens budgétaires !

Pas les bons exemples

C'est Patrick Ollier qui le dit, si les "noirs" n'ont pas été élus aux dernières élections, c'est qu'ils n'étaient pas à la hauteur. Il a entièrement raison. En politique, le moment de vérité, c'est le passage devant le suffrage universel, sur son nom personnel (comme candidat à un scrutin uninominal ou comme tête de liste). Deux exemples parfaitement comparables, Rachida Dati et George Pau-Langevin, deux "femme-minorité visible". Rachida Dati, a réussi l'exploit d'être mise en ballotage dans le 7ème arrondissement de Paris avec l'investiture officielle de l'UMP, sans liste dissidente (et heureusement pour elle !). Madame Pau-Langevin, a été élue députée PS dans le 20ème arrondissement de Paris, en battant le député-maire sortant, Michel Charzat. Elle n'aurait eu que son investiture PS et son statut de minoritaire, elle aurait été balayée. Pourtant, elle a gagné, largement. L'une était à la hauteur, l'autre nettement moins.

C'est un débat qui est très mal posé ! La couleur de peau n'est pas un obstacle pour être élu, si on est une personne de valeur. Gaston Monnerville en est un parfait exemple. Les médias, pour observer le phénomène, se focalisent sur les mauvaises personnes, celles qui tentent d'entrer en politique par le haut, sans avoir les titres et qualités qui permettent ce genre d'opération à haut risque. Les parachutés, il y en a toujours eu, mais en général, ils ont fait "les grandes écoles", disposent de savoir-faire car quoi qu'on en pense, un énarque ou un normalien, c'est une belle mécanique. Pourtant, il y en a qui échouent régulièrement face à des candidats locaux. Alors pensez bien, un candidat parachuté qui n'a pas leur bagage, et qui en plus est "minorité visible" et investi en tant que tel, comment voulez-vous que ça passe face aux candidats locaux !

Le seul atout de nombre de ces candidats "de la diversité" dont on parle tant, que l'on cite sans cesse comme exemple-type, c'est leur accès aux médias. C'est une arme redoutable pour obtenir des postes "à nomination" auprès de responsables très sensibles à la réaction des médias (Sarkozy le premier !). Par contre, être connu médiatiquement, ça n'a aucun effet sur les électeurs de la Charente, Malek Boutih peut en parler. Les électeurs demandent autre chose, que ces "candidats de la diversité" n'ont pas. Les électeurs veulent des candidats ayant un lien avec le territoire, compétents techniquement sur les problèmes qui les touchent, présentant bien (c'est à dire respectant les codes et mots clés de son camp), bref, avec lesquels ils se sentent en emphatie. Si ces conditions sont réunies, la couleur de peau n'a pas beaucoup d'importance, c'est même un non-sujet.

Dernièrement, il y a eu une cantonale partielle à Sarcelles, pour remplacer Monsieur Pupponi, touché par le cumul des mandats. Le candidat du PS est un de ses adjoints, il remplissait toutes les conditions pour plaire aux électeurs, il a été largement élu, avec un score très honorable de 60% au deuxième tour. Il est noir. Mais il n'est pas un habitué des plateaux télé, il a travaillé sur le terrain, fait ses preuves comme adjoint au maire. Quand un poste s'est trouvé vacant, il a été investi et élu. Voilà quelqu'un qui peut avoir toute ses chances d'être élu parlementaire. A-t-on beaucoup parlé de lui dans les médias ? Est-ce lui qu'on invite à la télévision pour parler des "minorités visibles" en politique ? Non, et c'est bien dommage, parce que ce sont les gens comme lui qu'on devrait mettre en valeur !

jeudi 13 novembre 2008

Mauvaise excuse de mauvais perdant

On commence à insinuer, chez Bertrand Delanoé (pas nécessairement lui personnellement), que s'il n'a pas fait un aussi bon score qu'espéré, c'est parce qu'il a été victime d'un rejet de la part des militants socialistes du fait de son homosexualité. C'est d'une stupidité sans fond, mais c'est malheureusement très révélateur du mode de pensée de certains milieux, qui préfèrent geindre que d'assumer la réalité.

C'est profondément stupide car cela insinue clairement que le militant PS, quelque part, est homophobe, pas prêt à voter pour un homosexuel. C'est profondément insultant, et je serais militant socialiste, je n'aimerais pas, mais alors pas du tout. Ou alors, il y a un problème grave au PS si la distance entre la posture affichée et la pensée réelle est si grande.

C'est profondément stupide, car c'est révélateur d'une fuite devant l'échec et la responsabilité de l'échec : si nous avons perdu, ce n'est pas parce que nous avons été mauvais, mais c'est parce que nous avons été victime de discrimination. C'est le même raisonnement que tiennent les minorités à la française (je pense notamment au CRAN, très visible sur le sujet en ce moment). Cela évite de poser la question qui fâche, celle de la compétence réelle. De toute manière, cette question finit toujours par revenir, car à un moment donné, l'incompétence finit par se voir. Rachida Dati est arrivée Garde des Sceaux uniquement par son statut de double minorité (femme et de couleur), mais pas par sa compétence (si quelque sait où est la compétence de Rachida, qu'il le signale, on la recherche activement place Vendôme). On voit le résultat !

Il y a plein d'autres choses qui peuvent expliquer le score médiocre (au regard des espérances) de Bertrand Delanoé. Mais si l'homosexualité était un obstacle pour se faire élire, comment se fait-il que Monsieur Delanoé soit devenu maire de Paris ?

mercredi 12 novembre 2008

Logique jusqu'au bout

La semaine dernière, Marc Dolez claquait la porte du PS en compagnie du camarade Mélenchon. Cette semaine, il quitte le groupe PS pour siéger chez les non-inscrits en fait, il devient apparenté GDR (Communistes, Verts et Divers gauche), selon la seule vraie source officielle, le feuilleton de l'Assemblée nationale (ça m'apprendra à croire le service de presse de l'Assemblée, aussi fiable qu'une dépêche AFP). C'est donc une vraie demie rupture, pas de la gnognote. On en a vu qui annonçaient leur rupture, et qui finalement, passaient de membres à part entière d'un groupe, à "apparentés", ce qui revient strictement au même dans les faits.

Marc Dolez ne bénéficiera donc plus des infrastructures du groupe socialiste, que ce soit les notes de synthèses, les temps de parole, le soutien technique. Il va sans doute sentir passer mais bénéficiera maintenant des services, sans doute moins fournis du groupe GDR, car il était jusque là un député assez actif, avec 769 questions écrites (pas mal du tout), 31 interventions en séance publique (très correct), 13 interventions en commission (dans la moyenne) et deux rapports. Pour un député d'opposition, c'est un beau bilan.

Ce départ du groupe PS est donc un choix courageux, qui montre une cohérence certaine, mais pas téméraire. Ce n'est toutefois pas incohérent, car le groupe GDR comprend quelques divers gauche, qui se classent plus à gauche que le PS, catégorie qui est effectivement celle que vient de rejoindre Marc Dolez.

Vanneste innocent

La chambre criminelle de la cour de Cassation vient de casser sans renvoi la condamnation de Christian Vanneste, concernant ses propos sur l'homosexualité : "Si les propos litigieux, qui avaient été tenus dans la suite des débats et du vote de la loi du 30 décembre 2004, ont pu heurter la sensibilité de certaines personnes homosexuelles, leur contenu ne dépasse pas les limites de la liberté d'expression".

C'est clair, net et précis !

Merci à la cour de cassation de mettre ainsi un frein au terrorisme intellectuel. Sur les sujets sensibles, plutôt que de répondre sur le fond (où ils n'ont guère d'arguments) et d'engager un débat argumenté, certains choisissent d'intimider et de faire taire l'adversaire par la voie judiciaire. Des associations comme SOS-Racisme ou le MRAP y ont d'ailleurs recours systématiquement, ce que je considère comme profondément dangereux pour le débat démocratique. C'est pour cela, et pas forcement pour Christian Vanneste (avec lequel je suis en désaccord sur la question de l'homosexualité), que cette décision me réjouit.

lundi 10 novembre 2008

Un bilan si catastrophique ?

J'entends partout dire que le bilan de Georges W Bush est absolument catastrophique. En général, ce sont les mêmes qui portent l'obamania, ce qui m'amène à douter de ce qu'ils affirment.

Certes, le bilan en politique extérieure n'est pas formidable. Je suis le premier à reconnaitre que ce n'est pas brillant du tout. La guerre en Irak, l'incapacité à régler le problème afghan, la politique très unilatéraliste qui n'a pas arrangé l'image déjà catastrophique des USA dans le monde. On est bien d'accord, ça pèse très lourd.

Mais...

Mettre sur le dos du seul Georges W la crise financière m'apparait un peu gros. S'il y a un responsable, c'est Alan Greenspan, qui par sa politique monétaire laxiste, a laissé se créer une bulle spéculative. Bush aurait été opposé à cette politique, quelles auraient été ses capacités d'action, coincé entre l'indépendance de la banque centrale US et le fait que pendant une bonne partie de son mandat, il a eu un congrès plus ou moins démocrate (et franchement démocrate sur son deuxième mandat). Je n'ai pas l'expertise suffisante pour répondre, mais voilà une question que j'estime pertinente : avant d'accabler un type, voyons d'abord ce qu'il pouvait y faire et ce qu'il a réellement fait !

En matière de politique intérieure US, je n'y connais pas grand chose (voire pratiquement rien), mais j'aimerais que l'on m'explique en quoi l'action personnelle de Georges W a été néfaste. En sachant qu'une accentuation d'une situation déjà existante est moins blamable qu'une action qui doit tout à la volonté d'un homme ou d'une petite équipe.

J'aimerais aussi que les spécialistes prennent le temps de faire de l'analyse "et si" pour voir comment les grands problèmes des huit dernières années auraient pu être traités, en tenant compte des contraintes de l'époque, notamment des connaissances que l'on pouvait raisonnablement avoir. Refaire l'histoire en connaissant la fin, c'est trop facile. Et si les autres options qui s'offraient s'étaient révélées toutes aussi inefficaces, voire aussi désatreuses, peut-on continuer à jeter la pierre sur le président sortant des USA ?

Je n'ai plus confiance dans les journalistes français, notamment quand ils traitent des USA. Forcement, le bilan de Georges W est catastrophique, mais ça, ils le pensaient dès son élection. Où puis-je avoir (en français) des explications non orientées, qui tentent, de bonne foi, de faire la part des choses entre ce qui serait arrivé de toute manière, ce qui a été bien fait par Bush et ses équipes, et ce qu'ils ont lamentablement foiré.

Malenquête de Rue89

Une fois de plus, la déontologie la plus basique n'est pas au rendez-vous chez Rue89. Chloé Leprince nous livre un publi-reportage d'extrême gauche, où la conclusion, écrite d'avance, est que le vilain Nicolas Sarkozy se comporte en dictateur avec les enseignants et veut "mater" les leaders.

Pour cela, elle mélange deux élements qui n'ont rien à voir. elle prend d'abord le marché public de veille internet sur les domaines de l'éducation. Tous les secteurs font l'objet de ce type de veille de la part du gouvernement. Rien que de très normal, toutes les entreprises font de la veille depuis bien longtemps et tout le monde sait que notre président, et nos dirigeants en général sont très friands de "sondages quali" et autres analyses fines de la réalité. Vouloir faire passer cela pour du flicage façon RDA, c'est de la manipulation, indigne de personnes se proclamant "journalistes".

Elle prend ensuite les problèmes que certains enseignants rencontrent avec leur hiérarchie suite à leur refus de remplir une des leurs obligations statutaires, à savoir fournir les renseignements statistiques sur les élèves. Que l'on puisse être réservé, voire franchement hostile à l'établissement de fichiers tels que "base élèves", je le conçois parfaitement. Que l'on puisse s'exprimer contre, c'est un droit incontestable. Mais il y a une limite, c'est le statut général de la fonction publique : quand on est fonctionnaire, on bénéficie d'avantages, mais aussi d'obligations, et l'un d'elles, c'est d'obéir aux ordres de la hiérarchie. Remplir correctement la base élèves, c'est une obligation pour les enseignants. Certains pourtant refusent. Ils sont alors sanctionnés, pour refus d'accomplir leur service. Et c'est normal ! Si ces enseignants ne sont pas contents de la manière dont l'éducation nationale fonctionne, s'ils considèrent que certaines de leurs obligations les amènent à aller contre leur conscience, ils peuvent démissionner !

Le summum de l'amalgame, c'est cette affirmation que l'inspection d'académie menancerait les enseignants de fermeture de classe. De la mauvaise foi à l'état pur ! L'inspection d'académie se contente de dire que les calculs d'effectifs, en vue de l'allocation des postes se fera en fonction de "base élèves". En ne remplissant pas les formulaires, les enseignants se rendent un mauvais service, car leurs écoles apparaitront en sous-effectif par rapport à leur situation réelle, avec à la clé des suppressions de postes. Avec ça, madame Leprince cherche à nous faire croire que des pressions intolérables sont exercées par le pouvoir en place.

C'est gros, mais ça passera quand même auprès des lecteurs qui ont envie de lire ce genre de choses, et pour qui une conclusion conforme à leurs opinions excuse bien quelques malhonnêtetés intellectuelles.

vendredi 7 novembre 2008

La peau de chagrin

Jean-Luc Melenchon annonce qu'il quitte le PS. Il est accompagné d'un inconnu du grand public, le député du Nord Marc Dolez (moins inconnu en interne au PS). C'est la nouvelle "lourde" du jour. Quitter le PS, ce n'est pas anodin. Certes, ce parti ne va pas en mourir, mais en regardant sur la durée, c'est le parti d'Epinay qui continue de s'effeuiller, comme un oignon qu'on pèle. Chevènement et les "républicains de gauche" sont partis, Bockel et les socio-libéraux sont partis, Kouchner et les "francs-tireurs" sont partis, montrant ainsi la perte de capacité d'attraction du PS. Qui l'a rejoint depuis 10 ans ? Personne, absolument personne !

Quitter le PS est un acte fort, car c'est courir le risque de l'écrasement au moment des échéances électorales. Jean-Pierre Chevènement et ses amis en ont payé le prix (la perte de leurs mandats nationaux). Ceux qui les suivent dans cette démarche se doutent bien qu'ils risquent de subir le même sort, ce qui freine les velléités, et heureusement, sinon, le PS aurait explosé depuis longtemps. Ce qui tient ce parti, c'est la soupière ! Le PS, à l'image de la vieille SFIO est devenu un conglomérat de gens qui sont ou qui aspirent à être des élus. La force du PS, c'est son étiquette, son logo qui signifie encore, aux yeux des électeurs de gauche : vote utile. Se présenter en territoire de gauche avec cette étiquette, c'est la quasi assurance d'être élu (à moins d'être un toquard). Quel élu ou aspirant à être élu prendrait le risque de se priver de cet atout ? Pas grand monde.

Mélenchon et Dolez ont pu partir, car leur carrière est derrière eux. Ils se sentent capables, vu leur enracinement local (pour Dolez) ou leur notoriété nationale (Mélenchon), de préserver leur mandat pour la prochaine échéance. Après, ce sera la retraite. De toute manière, s'ils étaient restés au PS, ils n'auraient guère pu aller plus loin, les militants leur auraient mis le holà lors des votes d'investiture (une vraie réussite du PS, cette possibilité offerte aux militants de mettre des éléphants à l'écart pour de vrai). C'est le même raisonnement qu'a tenu Michel Charasse au moment de son bras de fer avec les instances du PS. Cela ne l'a pas dérangé d'être exclu, voire même cela l'a soulagé. Enfin libre...

Cette scission est à priori bégnine, et ne menace pas le PS. Si quand même un peu, car si les mélenchonistes s'avisent d'aller voir les chevènementismes, en leur proposant de créer une fédération qui se positionnerait à la gauche du PS, sans pour autant être d'extrême-gauche, ils peuvent faire des dégats, comme Die Linke en Allemagne vis-à-vis du SPD. Ce nouveau rassemblement de gauche aurait cet avantage d'être "réellement à gauche" sans pour autant tomber dans les excès du néo-trotskisme à la Besancenot. Il deviendrait une alternative "acceptable" pour certains militants PS ulcérés par un rapprochement avec Bayrou, mais qui n'auraient pas quitté le PS faute de structure acceptable d'accueil. Partir chez Besancenot, certainement pas ! Partir chez Mélenchon, pourquoi pas ?

L'évènement de la journée, ce n'est donc pas le résultat du vote des militants, assez conforme à la pratique de non-décision en vogue au PS (personne ne veut prendre la responsabilité de trancher). C'est le départ de Mélenchon, qui réduit encore un peu plus la surface politique du PS

Place à la cuisine interne

Les résultats du vote des motions est un partage quasi égal des voix : Royal 29%, Delanoé et Aubry 25% chacun et Hamon 19%. Avec un tel résultat, les socialistes ne sont pas sortis de l'auberge, car aucune solution ne se dégage d'elle-même. Les militants n'ont pas tranché, ils ont même fait tout l'inverse. Cela risque de tourner à la boucherie ! Tous les ingrédients sont réunis pour que le congrès de Reims efface le souvenir du congrès de Rennes !

Premier ingrédient, la détestation personnelle que se vouent les leaders. Ce n'est pas de la rivalité, c'est de la haine. Le PS est arrivé à un point où les gens, au sommet, ne se parlent plus, même dans les couloirs. Alors qu'il faudrait un dialogue pour aboutir à une solution, on va avoir des chiens de faïence qui vont passer leur temps à se regarder en soupçonnant la traitrise dans chaque geste de l'autre. Ce congrès aura son lot de malentendus et d'erreurs commises par absence de dialogue loyal et franc.

Ajoutez y un deuxième ingrédient, à savoir la grande liberté que les leaders ne vont pas manquer de prendre avec le contenu (consternant) des motions. Au final, les militants vont se retrouver avec des dirigeants qui ne sont pas ceux qu'ils ont élus, appliquant un programme autre que celui sur lequel ils ont fait campagne. Où alors, c'est dramatique pour le niveau intellectuel du PS si le contenu des motions est réellement le vrai programme pour les futures élections...

Troisième ingrédient, les penchants "trotskistes" vont revenir au grand galop dans leur version "révolution de palais" et "magouilles de couloir". Il va falloir jouer "tactique" et pour beaucoup d'apparatchiks du PS, c'est un jeu délicieux. C'est d'ailleurs ce qu'il savent faire le mieux.

Nous voilà donc revenus exactement sous la IVème république. Ca tombe bien, le PS ressemble de plus en plus à l'ancienne SFIO de Guy Mollet. Pour 2012, vous repasserez, parce que vous ne serez pas prêts les amis socialistes...

jeudi 6 novembre 2008

Délégué interministériel

Le délégué interministériel, c'est un comité théodule, mais à une personne. Je blague un peu, mais quand même, ces délégués interministériels, cela ressemble beaucoup à un angle mort de l'administration française, un objet assez mal identifié.

Ils sont censés s'occuper de sujets "transversaux" et de faciliter ainsi la coopération interministérielle. C'est une intention louable, car l'interministériel, c'est un vrai problème. L'organisation de base, c'est le ministère, et dès qu'un sujet touche plusieurs ministères, c'est-à-dire très souvent, c'est la galère. Quand un ministre est chef de file évident, il prend en main le pilotage du dossier avec ses propres troupes et les autres ministres ont un droit de regard. Les décrets d'attribution, qui fixent les compétences des ministres sont assez précis là dessus. Le problème est aigu quand un sujet est disputé, quand deux ou plusieurs ministères estiment être "chef de file naturel". Il faut recourir à des arbitrages de Matignon (qui ne fait que ça, arbitrer), mais si le conflit est appelé à durer, on passe le dossier à un tiers, qui n'est pas des ministères concernés, donc neutre. C'est lui qui, tant bien que mal, assure la coordination entre les différents ministères.

La liste est impressionnante (et très mal connue). Certains sont célèbres, soit par leur sujet (le délégué interministériel à la sécurité routière), soit par leur titulaire (le délégué interministériel à la communication, qui est Monsieur Saussez). D'autres sont plus obscurs : qui connait le coordinateur interministériel à la valorisation de la biomasse (si, ça existe !) ?

Le problème majeur, c'est qu'ils sont en train de se multiplier et surtout de s'étoffer. Ils ont des collaborateurs, parfois des services entiers, des budgets quasi autonomes. Le tout sans contrôle véritable, car ils sont dans les interstices ministériels. Leur vrai chef, celui qui a réellement pouvoir sur eux, c'est le Premier Ministre, qui a autre chose à faire. La LOLF a quelque peu amélioré les moyens d'informations, par l'organisation en missions, qui permettent une vision unique des crédits de ces missions interministérielles, autrefois éclatés entre les différents ministères auprès desquels ils agissent.

Je vous dis tout ça, parce qu'aujourd'hui, au JO, j'ai vu ça. Certes, un délégué interministériel aux grands évènements sportifs peut être utile, mais tout peut être utile. La question est : est-il indispensable ? Comment faisait-on avant sans lui ?

Etre neutre, devoir premier du journaliste

Je suis affligé par la manière dont les journalistes français traitent l'élection américaine. J'ai déjà eu l'occasion de le dire, mais ce matin, je suis à nouveau sorti de mes gonds avec la couverture que l'Express prévoyait en cas de victoire de McCain. C'est tout simplement scandaleux : les journalistes de l'Express n'informent pas, ils donnent leurs opinions et leurs préjugés !

Et c'est comme ça à longueur de canard, en ligne ou sur papier. Messieurs et Mesdames les journalistes, comprendrez-vous un jour que la perte de crédit et de confiance dont vous êtes victimes viens de là ! Alors que je vous demande une information factuelle, neutre, à charge et à décharge, vous me donnez votre opinion, dont je me moque éperdument. J'ai fait des études supérieures, autant sinon plus que vous, je suis autant capable que vous de me faire une opinion.

Le problème est grave, car ce genre d'attitude est ancrée au plus profond de la culture professionnelle des journalistes français, qui croient ainsi faire leur boulot, et se sentent confortés par le fait que leurs collègues font la même chose. Ca vous arriver d'écouter le monde extérieur ?

mercredi 5 novembre 2008

De la diffamation sur internet 2

La proposition de loi rallongeant le délai de prescription pour les injures et la diffamation sur internet a été adopté hier soir par le Sénat. Les débats sont ici.

J'ai eu l'occasion d'y réfléchir depuis hier (vu que l'élection américaine, je m'en tape). Je crois à la bonne volonté des sénateurs, mais je pense qu'ils font fausse route avec ce texte. D'autres voies peuvent être explorées pour résoudre le problème de la diffamation et des injures sur internet, qui est un vrai sujet, et sur lequel la loi de 1881 n'apporte pas de réponse satisfaisante.

La différence majeure entre internet et la presse papier, c'est l'accessibilité permanente des informations sur internet. Un journal papier, trois mois après sa parution, est quasi introuvable et de fait, le trouble apporté à l'ordre public par les propos diffamatoires cesse. Il n'y a plus lieu de poursuivre pénalement. Sur internet, le trouble ne cesse pas, car tant que le contenu est en ligne, il est accessible assez facilement. Tout l'enjeu est donc d'offrir à la personne diffamée et injuriée la possibilité de faire cesser le trouble, c'est à dire d'obtenir la mise hors ligne des contenus diffamatoires et injurieux. Certes, vous me direz que l'on peut toujours arriver à retrouver un contenu sur internet, même quand il est supprimé. Mais il faut quelques manipulations dont l'immense majorité des utilisateurs n'a pas connaissance. On pourrait rétorquer la même chose pour un journal papier, que l'on peut toujours retrouver dans les services d'archives.

L'allongement du délai de prescription à un an est-il une solution adaptée. A mon avis pas complètement, et ce n'est certainement pas la solution optimale. Il me semble qu'il faudrait instaurer une procédure permettant à une personne diffamée ou injuriée d'obtenir simplement la mise hors ligne des contenus contestés, sans qu'il y ait nécessairement condamnation pénale du coupable. Une simple ordonnance d'un juge, sous astreinte, serait efficace. Elle se rajouterait aux procédures pénales, à savoir la loi de 1881. Le délai resterait de trois mois pour tout le monde, car aujourd'hui, avec tous les instruments de recherche et de veille qui existent, une injure ou une diffamation que l'on ne détecte pas pendant trois mois, soit ce n'est pas grave, soit c'est ultra-confidentiel et dans ce cas là, il y a certes trouble civil, mais pas nécessairement trouble pénal.

C'est là une proposition que je lance. A mes amis juristes préférés de la commenter et pourquoi de l'améliorer. Ce sujet de l'adaptation du droit de la presse aux spécificités d'internet peut être aussi un bon thème de réflexion pour les spécialistes médias (Narviccccc). Je lance donc la chaine...

mardi 4 novembre 2008

Les sénateurs et la diffamation sur internet

Je vous avait parlé de la proposition de loi de Madame Zimmermann, proposant d'allonger le délai de prescription des délits de diffamation de trois mois à un an quand ils sont commis sur internet. A l'époque, j'y voyais une mauvaise blague.

Et bien elle est en train de devenir réalité au Sénat, où le processus législatif est enclenché !

Cela commence par une proposition de loi du sénateur Cleach, qui a été débattue et adoptée par la commission des lois du Sénat le 29 octobre dernier, avec Madame Des Egaulx comme rapporteure et c'est débattu en séance publique aujourd'hui...

La question mérite effectivement d'être posée, car la diffusion sur internet n'a pas le même impact que la diffusion papier. La longue traine vaut pour tout, y compris pour les diffamations. Les propos sont également plus "libres" sur internet, c'est à dire beaucoup plus violents. Comme on y trouve tout et n'importe quoi, les risques de dérapages sur internet sont bien plus importants. Il est donc nécessaire de prévoir des dispositions permettant aux victimes d'injures et de diffamation sur internet d'agir efficacement.

Cette proposition de loi n'est pas née comme ça. Elle a une longue histoire, puisque les premières décisions judiciaires remontent à 1999 et 2001, date à laquelle la cour de Cassation avait tranché en faveur de l'application de la loi de 1881, soit une prescription de trois mois. En 2004, un amendement avait été déposé et adopté par les sénateurs pour amener ce délai de prescription à un an pour les délits de diffamation commis sur internet. Il avait été repoussé en commission mixte paritaire. La même année, nouvelle tentative sénatoriale, pour fixer le début de la prescription à la cessation de la mise en ligne. C'est le Conseil Constitutionnel qui avait mis le holà.

Cette proposition de loi attire deux remarques de ma part.

La première porte sur l'exclusion, dans cette proposition de loi, des cas de reproduction sur Internet du contenu d'une publication diffusée sur support papier, qui restent sur un délai de prescription de 3 mois. L'idée est de protéger les sites de presse qui sont, selon les sénateurs, la simple reproduction en ligne des articles papier. C'est malheureusement de moins en moins vrai, et cela n'ira pas en s'arrangeant, car les sites de journaux sont appelés à prendre une autonomie de plus en plus grande. Cette disposition m'apparait également problématique au regard de l'égalité de traitement. Un article de journal papier mis en ligne est accessible dans les mêmes conditions qu'un article internet, notamment sur la durée. Ils ont donc les mêmes effets, mais l'un sera couvert au bout de trois mois, l'autre au bout d'un an seulement.

Deuxième remarque, l'argument selon lequel il est plus difficile d'avoir accès à internet qu'au publication papier laisse plus de chances à des diffamations de passer le cap des trois mois sans être repérés. Là encore, c'est de moins en moins vrai. Les outils de veille et de recherche sont suffisamment développés, l'audience est devenue suffisamment importante pour que de moins en moins de propos injurieux et diffamatoires puissent passer le cap des trois mois sans être détectés. Si c'est le cas, c'est qu'ils étaient sur un site confidentiel, et qu'ils avaient donc un impact très limité. La différence de traitement entre les diffamations par voie de presse papier et par voie d'internet m'apparait de moins en moins justifiée.

L'intention des sénateurs est louables. Ils suivent leurs dossiers, veulent apporter des réponses, mais techniquement, ils sont complètement à coté de la plaque. Ils l'ont montrés dans les discussions sur le projet de loi "internet et création", ils confirment ici. Bruno Retailleau semble être le seul sénateur à avoir une perception correcte (même si elle n'est pas parfaite) des réalités de l'internet. Leurs initiatives sont datées et totalement périmées, car ils ne se rendent pas compte de la vitesse des évolutions. Une mesure qui avait du sens en 2004 n'en a plus du tout en 2008.

J'attends la suite des débats mais je ne me fais guère d'illusions. Cette proposition de loi va être adoptée. Il va falloir que les députés réparent les erreurs des sénateurs. Cela arrive de plus en plus souvent sur ce sujet des nouvelles technologies.

Du travail dominical

Encore un sujet sur lequel on parle, on fait des procès d'intention, sans avoir réellement lu ce qui est proposé : le travail dominical. Une proposition de loi de Richard Maillé est dans les tuyaux. Allez la lire.

Elle propose, dans les communes touristiques et dans les "zones d'attractivité commerciales exceptionnelle", qu'il soit possible, sous certaines conditions, d'ouvrir le dimanche. Il est bien précisé dans le texte que l'interdiction d'ouverture le dimanche est maintenue comme principe de base, et que ces ouvertures doivent se faire dans des zones bien précises, qui seront délimitées par les préfets, et uniquement en région parisienne et dans les bouches-du-Rhône. Il est également spécifié que des compensations doivent être apportées aux salariés, et que l'autorisation d'ouverture ne sera donnée par le préfet qu'au vu de ces compensations.

Pas de quoi fouetter un chat, et certainement pas une révolution. Le travail du Dimanche existe, c'est même un maquis législatif touffu. Cette proposition de loi aurait le mérite de clarifier les choses, et de permettre l'ouverture, en toute sécurité juridique, de commerces qui sont déjà ouverts le dimanche. Et en plus, c'est limité sur le territoire français à l'Ile-de-France et aux Bouches-du-Rhône (département dont Richard Maillé est député) et aux zones commerciales. En gros, c'est pour permettre à Ikéa et autres usines-centers de continuer à ouvrir le dimanche parce que c'est ce jour là qu'ils font leur chiffre.

La suppression du repos dominical n'est pas à l'ordre du jour, je peux vous l'affirmer. La proposition de loi de Richard Maillé est juste destinée à améliorer le système existant, en donnant plus de souplesse et de liberté à ceux qui veulent travailler le dimanche (travailler plus pour gagner plus, il l'a promis, il le fait, de quoi vous plaignez-vous). Exactement le même esprit que la disposition supprimant la mise à la retraite d'office à 65 ans. Et la réaction de l'opposition est exactement la même : assouplissement veut forcement dire volonté de suppression. Sans doute un reste d'égalitarisme binaire : tout le monde sous la même toise, à la mesure fixée par le gouvernement.

lundi 3 novembre 2008

maljournalisme de Rue89

J'ai parlé tout à l'heure de l'affaire de "la retraite à 70 ans". Et voilà que je lis cet éditorial, je devrais dire ce tract politique de Pierre Haski sur Rue89.

Exactement tout ce que je déteste chez ces journalistes d'opinion : absence totale d'information (quelle est exactement la mesure, qui vise-t-elle, quel impact), reprise de clichés politiques avec tous les bons mots-clés (remise en cause du modèle social...), aucun argument pour étayer cette vision très partisane d'une mesure qui finalement, est plus gênante pour les employeurs que pour les employés, manipulation par l'utilisation d'une image dans donner son contexte (qui est cette dame qui vend des espadrilles à Madrid, est-ce une employée, est-ce la patronne, est-ce la mère de la patronne qui la remplace pendant qu'elle est partie déjeuner).

Pour ceux qui veulent un document informatif, lisez le rapport de Monsieur Jacquat, sur le rendez-vous 2008 des retraites. Ensuite, vous pourrez vous faire votre opinion. C'est comme ça que je conçois le journalisme. Certes, c'est moins glamour que de balancer des formules chocs, c'est moins valorisant pour le "journaliste" qui aime se regarder dans le miroir en leader d'opinion, qui aime aussi que son milieu social et professionnel lui renvoie cette image accompagnée de son approbation.

Et bien entendu, surtout pas de proposition alternative. On refuse, on dénonce, mais c'est tout. Certains ont beau être sur le net, cela ne change rien à leur mentalité et à leurs schémas intellectuels. Cela me donne de plus en plus à penser que finalement, être en ligne ou pas n'est en rien une césure.

Travailler au delà de 65 ans

Le gouvernement a fait adopter un amendement au Projet de loi de financement de la sécurité sociale supprimant les mises à la retraite d'office. Cela permet ainsi à certains de continuer à travailler jusqu'à 70 ans, sur la base du volontariat. Voilà ce que nous annonce la presse.

Voyons concrètement ce qu'il en est.

D'abord, ce n'est pas un amendement-surprise, mais un article du PLFSS, (article 61). Il était donc loisible à chacun d'en prendre connaissance en même temps que les autres mesures. L'idée d'une "surprise" qui suinte de certains articles de presse n'est que sensationnalisme. Pour une fois que ce n'est pas un amendement de dernière minute, il faut le signaler. Le fait qu'il ait été discuté vendredi soir très tard n'est que le fruit des hasards de la discussion parlementaire.

Ensuite, que dit exactement cette mesure ? Elle propose, à compter du 1er janvier 2010, de supprimer la possibilité pour l'employeur de mettre un employé à la retraite d'office. C'est le salarié qui choisira, soit de partir, soit de rester. Il pourra ainsi "travailler plus pour gagner plus", car ce rab de travail lui permettra soit d'arriver aux annuités lui permettant d'avoir une retraite à taux plein, soit d'en avoir en plus pour toucher une surcote.

Les députés ont beaucoup discuté, et ont quelque peu rogné le dispositif au départ très large. Ils ont rétablit la limite, en la fixant à 70 ans. Pendant la période entre 65 et 70 ans, le salarié est interrogé tous les ans par son employeur pour savoir s'il désire partir à la retraite. En cas de refus du salarié, il n'est pas possible de le mettre à la retraite. Si l'employeur veut s'en séparer, c'est le licenciement (avec tout ce que cela coute...). Cela a d'ailleurs fait tousser le Medef et la CGPME.

Dans cette mesure, il y a du pour et du du contre.

Le pour : C'est une bonne chose qu'une personne souhaitant continuer à travailler puisse le faire, et que l'âge ne soit plus un couperet. A 65 ans, on peut se sentir encore en pleine forme, en pleine possession de ses moyens. On peut aussi avoir besoin d'argent (avec par exemple des enfants en études supérieures) ou d'annuités de retraite supplémentaires. D'autres peuvent vouloir continuer à travailler, car la retraite, c'est pour eux une "mort sociale". Il y en a bien plus qu'on ne veut le croire, pour qui le départ en retraite est un drame. C'est une bonne mesure car c'est l'employé qui décide. On ne peut pas forcer un plus de 65 ans à rester s'il a envie de partir en retrait.

Le mitigé : C'est une mesure partielle, qui ne concerne que les entreprises. Il faudrait qu'elle s'applique aussi à la fonction publique. Or, ce n'est visiblement pas dans les projets du gouvernement. C'est bien dommage, car comment adhérer à une mesure que l'Etat propose aux autres en se gardant bien de se l'appliquer !

Le contre : C'est clair que c'est une mesure à destination des cadres. Le travailleur manuel, physiquement abimé, psychologiquement usé n'a qu'une envie, c'est de partir en retraite, le plus tôt étant le mieux. Par cette mesure, on va permettre à des cadres dirigeants de continuer à s'accrocher à leur poste. La mise à la retraite d'office était un très bon moyen pour dégager ces cadres et permettre aux plus jeunes de monter. Je crains un certain encombrement dans les échelons intermédiaires, avec des quinqua qui piaffent devant la porte du bureau du vieux de 68 ans qui ne veut pas lâcher. Le risque concomitant est celui d'une certaine sclérose. Je n'ai rien contre les personnes d'un certain âge, mais force est de constater que l'innovation et le dynamisme ne sont pas toujours leurs qualités premières. La gérontocratie n'est pas un modèle qui me plait.

En tout cas, il n'y a pas de quoi foutter un chat et crier après le gouvernement comme le fait le PCF et certains socialistes sur une quelconque volonté du gouvernement de reculer l'âge de la retraite. Je signale, pour ceux qui ne le savent pas, que l'âge légal de la retraite en France est de 65 ans. On peut, par dérogation, la demander dès 60 ans. Tant que l'on ne touche pas à cette dérogation, on peut reculer tant qu'on veut l'âge limite de la retraite, ça ne changera rien, une immense majorité des salariés partira dès 60 ans !