La loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi) vient d'être adoptée en conseil des ministres. Certains, chauffés à blanc par les débats sur la loi Hadopi, montent déjà sur leurs grands chevaux. Je me garderai bien de les suivre d'emblée.

J'ai lu l'article en question. J'ai également lu l'interview du responsable de la cellule de lutte contre la cybercriminalité sur le toujours excellent site pcinpact. J'ai eu l'occasion, par les quelques contacts que j'ai eu, de constater que ceux qui ont rédigé cette loi sont d'une autre envergure que les charlots qui ont écrit la loi hadopi.

Ce ne sont pas du tout les mêmes personnes, les mêmes intérêts qui sont derrière la Loppsi. Et ils sont suffisamment puissants pour ignorer superbement les intérêts des industries culturelles, voire des industries tout court. Cela ne veut pas dire qu'ils sont totalement inoffensifs, mais il n'y a pas grand chose de comparable avec hadopi. Leur but n'est pas de contrôler l'internet, mais de pouvoir le surveiller et y intervenir pour mettre fin à certains agissements. Pour ce qui est de la surveillance, ils sont déjà bien équipés, mais aimeraient pouvoir aller encore plus loin. Pour les interventions, il leur manque les outils juridiques pour réaliser certaines choses techniquement possibles et qui leur semblent utiles et qu'ils ne peuvent pas accomplir.

Loppsi n'est pas hadopi. Plus ça va, moins je crois au grand complot pour contrôler internet et le transformer en minitel 2.0. Loppsi est indépendant d'hadopi, il faut avoir cela à l'esprit, sous peine de se planter complètement. Il n'était pas possible de trouver un terrain d'entente avec les autistes qui étaient derrière hadopi. Il est peut-être possible de s'entendre avec ceux qui sont derrière la loppsi pour répondre à leurs préoccupations (bien plus légitimes que pour hadopi) tout en préservant ce qui tient à coeur aux geeks et en premier lieu la neutralité des réseaux. Tenons nous en à ce qui est dans le texte, sans faire de procès d'intention. Cela favorisera un vrai dialogue et évitera des malentendus qui pourraient faire échouer une possible conciliation.