Je partage l'agacement de nombreux blogueurs à propos du traitement médiatique de la disparition du vol Rio-Paris. On ne sait rien à part que l'avion a subitement disparu corps et biens. Cela n'empêche pas les grands médias traditionnels, télévision en tête, de tourner en boucle sur le sujet. Pour nous donner quoi ? Du vide informationnel et de l'émotion à haute dose (les images des proches angoissés). Je dois vous dire que tout cela ne me touche absolument pas. Un avion qui s'abime en mer, c'est triste pour les passagers et leurs familles. Et puis c'est tout. Je ne peux quand même pas porter le deuil pour chaque personne tuée dans le monde. Pas plus que je ne peux m'intéresser à tout ce qu'il s'y passe.

L'offre produite par les médias traditionnels ne répond donc absolument pas à ma demande. En matière d'information, mais également en ce qui concerne le divertissement. Ce n'est pas nouveau, mais là, c'est éclatant. S'ils se cassent la gueule, c'est peut-être un peu pour ça. Avant, ils étaient en situation de monopole, alors qu'aujourd'hui, j'ai une solution pour m'informer sans passer par les flux automatiques : internet. J'y prend ce que je veux, quand je veux. Le flux existe toujours pour me présenter un panorama d'ensemble, mais je clique où je veux, vers la source qui traite des sujets qui m'intéressent et surtout, qui les traite de la manière qui me convient.

Personnellement, je suis très texte et très "analyse". Un long papier construit et fouillé ne me fait pas peur, à condition qu'il y ait du contenu. Par contre, je suis très peu image et encore moins vidéo, que je considère comme très pauvre en densité informationnelle. Pourquoi passer trois minutes devant un vidéo alors que je peux avoir l'information en une minute de lecture ? Je ne suis pas pressé, je n'ai pas besoin d'être informé dans la minute. Les informations qui ont un impact direct sur moi m'arrivent en général en direct, sans transiter par le canal médiatique. Je passe régulièrement des week-ends à la campagne sans télévision, sans radio, sans journaux et sans internet. C'est sur qu'au retour, j'ai besoin d'une bonne heure de surf pour tout rattraper. Je m'aperçois que j'ai parfois raté des échanges et des débats, mais rien de vital. Et pendant le week-end, je bénéficie d'une tranquillité qui me fait un bien fou.

C'est dans ces moments de matraquage médiatique que je suis vraiment content de ne pas avoir la télévision.