Le lendemain de l'élection
Par Samuel, lundi 8 juin 2009 à :: Politique :: #1348 :: rss
Les réactions à chaud, c'est bien, mais le soir même de l'élection, on a pas forcement tous les chiffres, le nom des élus. Il y a pleinde choses auxquelles on a pas pensé. Je ne renie rien de ce que j'ai écri hier soir, mais j'aimerais ajouter quelques petites choses.
J'ai dit hier soir que le socle électoral de Nicolas Sarkozy était quasi-intact. C'est un point important, car s'il y a moins de "vote utile", il y a beaucoup plus de "vote sanction". Aux Européennes, on peut se faire plaisir. Le PS et le Modem peuvent en parler, puisqu'ils l'ont subi de plein fouet, ce vote sanction. Il aurait pu avoir lieu à droite, car l'offre alternative existait avec De Villiers d'un coté et Dupont-Aignan, qui pouvaient faire figure d'alternative acceptable. Il y avait aussi le FN, qui aurait pu voir revenir au bercail certains de ses électeurs qui l'ont délaissé en 2007 pour Sarkozy. Et pourtant, malgré toute cette offre, l'UMP fait un score remarquable pour un parti au pouvoir. Il faut y voir un vote de confiance de la part de l'électorat de droite en faveur de Nicolas Sarkozy. Je sais que ça va faire grincer des dents, voire hurler bien des militants de gauche pour qui cette réalité est tout simplement inacceptable. Elle est pourtant là et ce n'est pas l'aveuglement militant qui va la faire disparaitre !
Cette élection montre aussi une fois de plus que l'étiquette et la locomotive suffisent pour emporter une élection, indépendamment de la valeur intrinsèque des candidats. Harlem Désir, déjà tête de liste en Ile-de-France en 2004 réalise un score divisé par deux. Il n'a pas pourtant pas tellement changé en 5 ans. Une élection, c'est une alchimie qui tient beaucoup de la perception qu'on les électeurs d'une "marque électorale". Le PS partait avec le handicap de ses divisions et du vide de son programme. La "marque PS" est très dévalorisée, et le challenge ne pouvait pas être relevé le temps d'une campagne. A l'inverse, la marque "vert", aidée de la marque "Cohn-Bendit" étaient bien mieux perçues. Même chose pour la marque "Sarkozy", restée très solide dans son segment de marché.
Autre élément, beaucoup de choses se décident bien avant le début de la campagne. Même la bourde majeure de François Bayrou a des origines lointaines. S'il n'avait pas été fragilisé par des facteurs structurels, il n'aurait sans doute pas tenté cette série de coups de poker en fin de campagne, qui lui ont fait tout perdre. Sa défaite vient d'abord de son isolement et de son absence de vrai positionnement. Ce qui était excusable en 2007, du fait de la naissance récente du Modem devient moins justifiable en 2009. Il a eu le temps de s'organiser, de travailler, il devrait être en mesure de produire quelque chose. Visiblement, nombre des électeurs séduits par le Modem en 2007 n'y trouvaient pas leur compte et hésitaient. La maladresse de Bayrou n'a fait que précipiter leur départ vers d'autres cieux électoraux. Mais même sans cette gaffe, combien auraient finalement voté Modem ? Pas tous, et surtout, combien auraient encore été là la fois suivante avec un modem toujours aussi vide.
Les enseignements à tirer de ces élections européennes sont très riches. Finalement, c'est plus intéressant après que pendant...
Commentaires
1. Le lundi 8 juin 2009 à , par gibus
2. Le lundi 8 juin 2009 à , par toto
3. Le lundi 8 juin 2009 à , par Hyyo
4. Le lundi 8 juin 2009 à , par Oaz
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16. Le lundi 8 juin 2009 à , par Lisette
17. Le lundi 8 juin 2009 à , par Oaz
18. Le mardi 9 juin 2009 à , par Romain
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