Deux sujets se télescopent aujourd'hui et provoquent chez moi un malaise. Le premier évènement, c'est la proposition de résolution de députés voulant créer une commission d'enquête sur le port de la Burqa. L'autre, c'est cette prolongation d'une commission du "politiquement correct" concernant l'image des femmes dans les médias. Ces deux démarches m'irritent profondément.

Vouloir interdire la burqa en France est d'une idiotie sans nom. Le problème de fond, c'est la faible intégration de certaines populations immigrées en France. Le port de la Burqa est un signe de cette non-intégration. Interdire le port de la burqa ne changera rien à la situation, ces populations seront toujours aussi mal intégrées. Pendant que l'on gesticule ainsi, on ne s'interroge pas sur les vraies raisons de cette non intégration, qui pour certains, relèvent d'un choix volontaire de rejet de la France et de ses valeurs. Le port de la burqa est délibéré pour bien marquer ce choix. Répondre à cette attitude par une interdiction est indigne de politiques qui se veulent responsables. C'est démagogique et inefficace. Et si on creuse un peu derrière cette démarche, on trouvera assez rapidement l'ethnocentrisme et son sous-produit toxique, la xénophobie : c'est nous qui avons les meilleurs valeurs, les autres se doivent de nous prendre en modèle. S'ils ne le font pas, en plus chez nous, nous sommes en droit de le leur imposer. Cela me heurte profondément.

Pareillement, vouloir imposer une plus forte visibilité des femmes dans les médias, cela peut être une bonne chose. Mais vouloir en plus de cette présence quantitative, vouloir changer la présence "qualitative", c'est une dérive que je ne saurais accepter. Là encore, c'est démagogique et inefficace, car les médias ne sont que le reflet de ce que les gens ont envie de voir. Les médias, notamment la télévision, fonctionnent comme un miroir de la société. Vouloir maquiller le miroir ne sert à rien, et serait même contreproductif, car la population risque de ne plus se reconnaitre dans ce miroir et donc, de réagir violemment dans ce qui est clairement une tentative d'une minorité d'imposer, sans débat et par le contrainte, sa vision des choses, qui n'est pas plus ni moins légitime que celle qui prévaut actuellement. Les valeurs d'une société évolue, et c'est parce qu'elle évolue que les choses changent dans les médias. L'inverse n'est pas vrai.

Le rôle des politiques est d'agir utilement, en s'attaquant aux vrais problèmes, sans se laisser intoxiquer par des minorités qui se moquent de l'intérêt général, ne pensant qu'à faire triompher leurs idées en les imposant à l'ensemble de la société.