Robert Hue ressort de la naphtaline pour lancer un nouvel appel à l'unité à gauche. Ce texte est parfaitement représentatif de ce qui se fait de mieux à gauche en terme d'initiative politique : un litanie d'incantations, utilisant tous les mots clés et surtout, pas le moindre début de programme, ni même de déclinaison concrète des grands principes. C'est vraiment la gauche qui tourne à vide dans toute sa splendeur !

Et pourtant, il y a des choses à faire, mais cela impose un travail de refondation. Etre de Gauche aujourd'hui, c'est quoi ? Il y a au moins un fondement qui n'est guère contestable, c'est le refus d'une société dirigée uniquement par l'économique, où on vit pour travailler au lieu de travailler (éventuellement) pour vivre. C'est le refus du travailler plus pour gagner plus, parce que gagner plus, c'est pas forcement ce qu'on demande car on recherche davantage le "mieux" que le "plus". C'est le refus de cette société de consommation où le citoyen de base est pris pour un con plus souvent qu'à son tour, que ce soit comme électeur, comme consommateur ou comme salarié. Je pense que tous ceux qui se revendiquent de gauche peuvent signer ça. Même à droite, beaucoup signeraient...

A partir de ce refus, on peut commencer à batir des propositions concrètes. Etre dans le simple refus ne suffit pas (c'est le gros problème de l'extrême-gauche), mais savoir ce que l'on ne veut pas peut aider à définir ce que l'on souhaite, ou du moins, ce qui est acceptable compte tenu des contraintes extérieures sur lesquelles on ne peut guère agir directement et rapidement. C'est là que ça commence à être difficile, car la reprise des vieilles recettes ne donne pas grand chose de bon. Au PS, ils ont tout essayé depuis 30 ans, de la relance keynésienne en 1981 à l'ultra-libéralisme qui ne dit pas son nom en 2000-2002. Depuis, c'est la panne sèche, et plus ça va, plus ça se voit et plus ceux qui sont en place (et on envie d'y rester) sont discrédités pour incarner le changement et le renouveau.

Je vais essayer, cet été, de jouer au militant de gauche qui veut refonder, en proposant, au fil de billets, des pistes sur la base de ce postulat de départ que j'expose ici, à savoir le refus du "néo-libéralisme".