Un leader lycéen est tout étonné que le proviseur ait des réticences à le réinscrire en terminale, à la suite de sa participation active au blocage de son établissement au cours de l'année scolaire 2008-2009. Un nombre important de personnes semblent s'en indigner. Personnellement, je trouve cela normal !

Qu'est-il reproché à ce lycéen ? Non pas d'avoir eu des activités syndicales ou politiques, mais d'avoir perturbé le fonctionnement de son établissement scolaire et porté atteinte à la continuité du service public. Au passage, il a sans doute gêné un certain nombre de ses collègues lycéens, qui ne disaient rien, mais n'en pensaient pas moins et aurait bien aimé pouvoir suivre normalement leurs cours. Pour les terminales, il y a quand même quelque chose qui s'appelle le baccalauréat à la fin de l'année. Une fois qu'on l'a eu, c'est rien, mais quand il est devant soi, c'est une montagne.

Ce proviseur accepte de reprendre le lycéen s'il s'engage à ne pas perturber le fonctionnement du lycée. Il a 17 ans, il n'a plus d'obligation scolaire, s'il veut intégrer un établissement scolaire, il doit en accepter les règles. Vu qu'il a allègrement violé le règlement intérieur, et l'a clairement montré en devenant un représentant du mouvement, on peut comprendre les craintes du proviseur sur les risques de récidive. Qui trouverait à y redire s'il s'agissait d'un élève violent et isolé qui perturbe la vie du lycée par son indiscipline ? Pourquoi, parce que ces faits se seraient déroulés dans le cadre d'une action politique, il devrait être absout ? Une perturbation reste une perturbation et on peut très bien manifester et avoir une activité politique sans bloquer un établissement.

On est au lycée pour suivre des cours et si on est pas content de son lycée, on peut en changer, voire le quitter si on a l'âge requis. Rien à voir donc avec le monde du travail. Pas grand chose à voir non plus avec une activité syndicale dans une entreprise, où, normalement, les actions et conflits sont directement liés aux conditions de travail. Quand les salariés manifestent pour des raisons de politique générale, ils ne bloquent pas pour autant leurs entreprises. Ils prennent une journée (de RTT, de congé, de grève...) et vont se joindre à la manif, sans empêcher leurs collègues non grévistes d'aller au travail si ça leur chante.

Il doit y avoir des limites. Ce proviseur a eu le courage d'en poser, qui m'apparaissent très raisonnables, puisque rien n'empêchera le lycéen d'avoir des activités politiques dans l'enceinte de l'établissement. On lui demande juste de ne pas perturber la scolarité de ses petits camarades, ce qui est la moindre des choses.