La rébellion est une attitude de refus des conformismes. Elle est en général sanctionnée par une exclusion du groupe, suivie ou pas d'un lynchage en règle. S'il n'y a pas sanction, c'est qu'il n'y a pas vraiment rébellion. Orelsan est un vrai rebelle, à l'inverse de bien des conformistes qui jouent à prendre le posture. En général, ce sont ces conformistes jouant les rebelles qui sont les pires censeurs.

Le rebelle attaque les sujets de fond, les lignes de fracture, et c'est pour cela qu'il est agressé et exclut par les "bienpensants", parce que justement, il touche le point sensible de ces bienpensants, leurs orthodoxie. C'est d'autant plus sensible que malgré les postures et le matraquage médiatique en sa faveur, cette "orthodoxie" n'est pas si bien ancrée dans les moeurs, bien au contraire. Orelsan s'est attaqué (peut être sans s'en rendre compte) à la question du genre, de la place de la femme dans la société. Il a trouvé devant lui les troupes de "l'égalitarisme" dont le but est d'imposer une redéfinition complète des contenus du genre (le masculin, le féminin) voire à abolir complètement la distinction. La parité en politique, imposée sans vrai débat démocratique, c'est eux. Et gare à celui qui remet le dogme en question.

A chaque époque ses hérésies, ses tribunaux de l'inquisition et ses buchers. Ca au moins, c'est quelque chose qui les bienpensants n'ont pas cherché à abolir. C'est tellement pratique. Pourtant, bien plus que la redéfinition du genre (qui m'agace dans certains de ses aspects, mais ne me dérange pas fondamentalement), ce qui me plairait comme évolution sociétal, c'est la redéfinition de la norme et de la déviance. Pas forcement changer le contenu de ce que l'on y met, mais casser le mécanisme, ou au moins, atténuer très fortement les conséquences sociales de la déviance. Je dois reconnaitre que depuis quelques siècles, nous avons fait beaucoup de progrès sur ce dernier point, celui des conséquences. Bien qu'excommunié par les dominants, Orelsan ne finira pas sur un bucher.

Reste maintenant à s'attaquer au mécanisme. De grands penseurs comme René Girard ont étudié la question, mis à jour ses mécanismes. Cela montre l'ampleur du travail à accomplir, car c'est le coeur même du fonctionnement de la société humaine qui est en jeu. Mais quelque part, c'est la même chose pour le genre, qui renvoie au coeur de notre organisation sociale.