Ca commence à sentir sérieusement le roussi pour Hadopi. La coalition des lobbies qui portait le texte depuis les accords de l'Elysée est en train de voler en éclats.

Voyant que la loi hadopi n'aurait aucun effet, le monde du cinéma a repris ses billes et a conclu un accord sur la chronologie des médias qui va complètement à l'opposé de l'amélioration de l'offre légale. La SACD (l'une des société de gestion collective des droits d'auteurs), très en pointe dans la défense médiatique d'hadopi a très mal réagi et dans un courrier aux députés, son directeur général, Pascal Rogard, prend acte de la rupture du pacte par le monde du cinéma et flingue ses alliés d'hier. Les opérateurs télécoms, dont certains avaient été embarqués de force dans la barque des accords de l'Elysée, ont quitté la coalition depuis longtemps, ce qui fait qu'il ne reste plus personne pour porter Hadopi. Déjà, sur le terrain médiatique, Riester est bien seul...

Résultat des courses, les ministres et le rapporteur se retrouvent seuls avec leur texte hadopi 2, comme des fantassins abandonnés en rase campagne par leur cavalerie et leur artillerie. La retraite en bon ordre qu'ils tentaient d'opérer avec hadopi 2 risque fort de tourner à la déroute en rase campagne, car les opposants préparent leur nouvelle offensive qui pourraient s'annoncer victorieuse.

Mitterrand vient d'annoncer un "hadopi 3" qui aura sans doute une autre configuration et qui permettra peut-être un vrai débat démocratique sur les vrais sujets : la qualité de l'offre légale, le financement de la création, le nouveau business model des industries de la musique et du cinéma. Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, le paquet télécom pourrait bien repartir pour un tour, avec d'importantes corrections plus que nécessaires.