Authueil

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lundi 31 août 2009

Tardieu recasé

Christophe Tardieu, ancien dircab adjoint de Christine Albanel et grand forwarder de mails anti hadopi vient d'être recasé. Il est maintenant président du conseil d'administration du centre national de la danse, un machin dépendant du ministère de la Culture. Bien entendu, il reste en même temps inspecteur des finances.

C'est un poste assez largement honorifique, car dans ce genre d'institution, le directeur joue un grand rôle. Le poste de président est souvent (mais pas toujours) décoratif, car entre le directeur qui gère l'institution au quotidien et le ministère de tutelle qui fixe les grandes lignes politiques, il ne reste plus beaucoup d'espace pour le président. C'est donc un joli hochet que Mitterrand a donné à celui qu'il ne pouvait pas décemment conserver à son cabinet.

Comme quoi, forwarder les mails des citoyens à leurs employeurs, ça paie.

dimanche 30 août 2009

Pauvreté socialiste

CSP, blogueur proche du NPA a fait le bilan de l'état du PS après son université d'été. J'y souscris complètement, sans la moindre réserve. Le Parti socialiste ne se préoccupe plus que d'une chose : lui-même et ses dirigeants ne pensent qu'à leurs places et prébendes. D'ailleurs, les élus locaux et leurs clientèles et ceux qui aspirent à en faire partie forment l'essentiel des militants cartés. Son seul atout lors des élections, c'est "le vote utile". Le jour où le PS perdra cette carte, il ne sera plus rien.

En attendant, il rend bien service à la droite, en bloquant complètement le jeu à gauche. C'est bien les socialos, continuez comme ça. 2012, c'est déjà du tout cuit, mais à ce train là, on a des chances très sérieuses pour 2017.

samedi 29 août 2009

Pitoyable Louvrier

Je découvre aujourd'hui la tribune de Franck Louvrier dans le Monde. Je suis tout simplement affligé par la pauvreté du propos, qui commence par une série de banalités sur internet et sur la certification des sources, pour arriver on ne sait comment sur hadopi.

Son article a fait l'objet de commentaires fort doctes et pertinents que je vous laisse découvrir. Je m'intéresserai surtout à l'aspect "communication politique" particulièrement affligeant.

Cet article est très clairement une préparation d'artillerie avant le vote à l'Assemblée nationale du texte hadopi 2, le 15 septembre prochain. Pour cela, on s'appuie sur un sujet qui semble à la mode, Twitter, et on greffe dessus la propagande officielle. Tout est raté, sur la forme comme sur le fond.

Le choix de l'intervenant, un conseiller en communication, et en plus, celui de Sarkozy. Au moins, on sait d'où ça vient ! Ce ne sont pourtant pas les artistes "faux nez" qui ont manqué pour s'exprimer (ou exprimer celui du lobby culturel) sur ler sujet. Etrange que l'on en ait pas trouvé un pour cette rentrée. Changement de stratégie de communication ou désertion des troupes obligeant le communicant en chef à monter tout de suite au front ? Le choix du moment est aussi une erreur. Le 22 août, la France est encore en vacances. S'il n'y avait pas eu les réactions, je n'aurais rien vu, et pourtant, je suis un abonné du Monde. J'ai un stock qui m'attend, que je rattrape quand je peux, en sélectionnant les articles qui m'intéressent. Une tribune libre de Franck Louvrier me parlant d'internet et démocratie, je zappe. D'ailleurs, je zappe quasiment toujours la page "tribune libre" et je pense ne pas être le seul. Je lis un journal pour les explications et les décryptages, pas pour lire l'opinion d'untel ou les querelles du microcosme parisien. Ce texte va donc toucher ceux qui lisent les pages opinions du Monde, bref, pas grand monde et surtout, un public qui a déjà son opinion faite sur hadopi. Effet nul !

Après la forme, le fond. Là encore, le désarroi doit être grand pour en arriver là. D'autres l'ont souligné, mais je ne peux m'empêcher de relever l'absence de lien logique entre Twitter et hadopi. Il y a un loupé dans la transition. Franck Louvrier est également bien laconique sur hadopi, alors qu'il a été prolixe sur twitter. Il tente de faire un amalgame positif, mais n'explique rien. Résultat, ceux qui n'y comprennent rien n'y comprennent pas plus et ceux qui comprennent (et qui ont donc déjà leur opinion) hurlent de rire. La question de la fiabilité des sources et des informations circulant sur internet est un problème essentiel. Mais on n'a pas attendu Franck Louvrier pour chercher des solutions qui, de toute manière, émergeront des utilisateurs, et en aucun cas de lois. C'est là que l'on voit l'étendue de la méconnaissance du monde de l'internet dont fait preuve Monsieur Louvrier, qui est là dans la vraie logique de l'hadopi. Une régulation efficace de l'internet ne peut pas se faire contre ses utilisateurs. Le jour où les pouvoirs publics auront compris, et surtout admis cela, nous aurons fait un très grand pas.

vendredi 28 août 2009

Leçon de courage politique

Le courage politique se mesure à la position prise sur les vrais sujets qui fachent. Parmi ces sujets épineux, il y a la fiscalité et les impôts. On ne peut pas dire que nos politiques, de droite comme de gauche, aient eu un vrai courage politique sur ce sujet. Entre le "courage fuyons" et le montage d'usine à gaz, c'est le slalom pour éviter les protestations diverses et variées en cas d'alourdissement de la fiscalité et pour tenter de résister aux pressions à la baisse. Cette année encore, on va nous seriner le même refrain, sauf que cette fois ci, il y a un mur droit devant. Avec la crise, les recettes de l'Etat ont beaucoup baissé, ses dépenses (notamment sociales) ont explosé et comme nous étions déjà à la limite de nos capacités d'endettement, nous sommes coincés.

La présentation du budget et son examen par le Parlement vont sans doute être très amusants pour les observateurs initiés, ceux qui connaissent les tenants et les aboutissants. Déjà, la valse des patates chaudes a commencé, avec quelques reculades de la part des spécialistes financiers de l'Assemblée nationale (Carrez et Méhaignerie) qui prônent des efforts drastiques, mais ... pour l'année prochaine. Cela ressemble de plus en plus à la fin du monde façon "témoins de Jéhovah", toujours annoncée, toujours reportée. Et pendant ce temps la, on continue à vivre d'expédients et d'endettement. J'attends les prises de positions du Sénat, mais sans grandes illusions. Si les annonces sont en général plus iconoclastes, les sénateurs finissent, comme les députés, par se coucher devant les volontés du gouvernement.

C'est donc le gouvernement qui a les cartes en mains. On sent que Woerth essaye de faire ce qu'il peut, mais sa marge de manoeuvre est très étroite, voire nulle. Comme tous les ans, il va devoir augmenter les recettes fiscales et diminuer les dépenses sans que cela ne se voit. Pour être à Bercy, il est nécessaire d'être un grand illusionniste. Les services du ministères du budget sont d'ailleurs experts en enfumage avec une arme redoutable : l'usine à gaz. Vous n'y comprenez rien, mais au final, vous êtes baisé. Cette année, l'usine à gaz principale s'appelle "taxe carbone". Mais rassurez vous, elle ne sera pas seule. Elle sera peut-être accompagnée par "réforme de la taxe professionnelle".

Le courage politique, sur ce sujet, consisterait à faire ce qui était l'objectif initial de la Révision générale des politiques publiques : remettre à plat toutes les dépenses (et pas seulement les dépenses de fonctionnement de l'Etat), en étudier l'impact et l'utilité, et décider au terme d'un débat public de la suppression ou de la diminution de celles qui sont considérées comme inefficaces. Cet effort serait accompagnée d'une révision générale des prélèvements obligatoires, prévue en 2007 comme pendant de la RGPP, qui ferait la même chose pour les prélèvements obligatoires, afin de remettre de l'ordre et de la cohérence dans ce maquis. Cela serait de la vraie rupture, vous savez, celle qui nous a été promise en 2007. Parce que pour l'instant, on a eu surtout des ruptures en trompe-l'oeil, sur la fiscalité comme sur le reste.

jeudi 20 août 2009

Ne jamais interrompre ses vacances

J'ai commis une erreur. J'ai du revenir à Paris pour diverses démarches administratives supportant mal le dépassement d'une date limite et j'en ai profité pour assurer quelques transferts de biens meubles entre ma résidence secondaire et ma résidence principale. Et j'ai craqué, je suis passé au boulot. Au départ, c'était juste pour ouvrir le courrier et écluser les mails, histoire d'alléger un peu le jour, forcement chargé, de la rentrée. Vous savez ce que c'est, quand on est en manque et qu'une connexion internet est devant vous, on clique. J'ai commis l'erreur d'aller relever mes dossiers "alertes" qui me servent à ma veille professionnelle. Et j'ai ramené ça :

L'assemblée nationale perfectionne son site et lance des outils de recherche. C'est bien fait, c'est utile, toute mes félicitations au service multimédia de l'Assemblée nationale. Il va falloir que je m'abonne, que je définisse les alertes thématique qui m'intéressent, notamment sur les questions écrites et les réponses des ministres. C'est à la fois bien et pas bien. C'est bien parce que ça facilite le boulot, mais ce n'est pas bien parce que maintenant que c'est possible et relativement facile, je n'ai pas d'excuse pour ne pas le faire. Ma veille quotidienne se retrouve un peu plus chargée, et forcement, je vais trouver des choses qui m'intéressent dont je n'avais pas forcement connaissance avant. Donc, je vais devoir les traiter, donc plus de boulot. C'est sympa d'avoir ça en tête pour sa dernière semaine de vacances...

Et j'ai aussi ramené ça dans mes filets. J'en salive d'avance : une nouvelle proposition de simplification du droit ! Oui mesdames messieurs, le Warsmann nouveau est arrivé, toujours aussi costaud (150 articles) et aussi éclectique. J'ai survolé (erreur, lourde erreur) l'exposé des motifs pour voir de quoi cela parlait. Il y en a pour tout le monde, avec des possibilités très larges d'ajouter des articles additionnels. Et en plus, on y traite de sujets où les "simplifications" ne sont pas anodines. On y parle par exemple de transposition de la directive "services" ou de transmissions d'informations entre administrations. J'en salive d'avance, et je ne vais pas arrêter d'y penser pendant ce qui me reste de vacances !

Enfin, mais c'est pour plus tard, une nouvelle loi sur les OGM. Plus, bien entendu, la préparation du prochain budget, qui s'annonce plus que chaud, les "budgétaires" étant décidés à jouer "massacre à la tronçonneuse sur les niches fiscales".

Et en plus, je n'ai pas résisté à la tentation d'en faire un billet de blog.

mercredi 5 août 2009

Avis de fermeture imminent

C'est les vacances. Depuis maintenant une bonne semaine, j'ai considérablement ralenti mon activité bloguesque. Et bientôt, cela va s'arrêter, jusqu'à la fin du mois d'août, faute de connexion internet.

Repos et déconnection, ça ne fera pas de mal. Je suis déjà largement en dehors des flux depuis que je n'ai plus qu'une connexion bas débit que je n'ai le temps de n'utiliser que le soir, quand les enfants sont couchés.

Etrangement, cela ne manque pas, et c'est tant mieux. C'est le signe que je ne suis pas un junkie de l'internet. L'atonie du mois d'août y est aussi pour quelque chose. Je ne pense pas rater grand chose...

D'ici quelques jours, l'ensemble des commentaires seront fermés. Retour le 30 août.

lundi 3 août 2009

Derniers avertis

La réforme du travail parlementaire tarde toujours à entrer en application, dans son esprit on peut même penser qu'elle n'est pas prête d'entrer en vigueur. Le gouvernement vient de nous donner encore un magnifique exemple d'une pratique à contre-courant complet des paroles.

Alors que les pronostics se portaient sur les jeux en ligne pour ouvrir la session, le 14 septembre, ce sera finalement la loi pénitentiaire qui ouvrira le bal (à titre personnel et très cyniquement, ça m'arrange bien). Sauf que le texte n'a pas été examiné en commission, et il faudra donc qu'elle se réunisse avant. Au moment de partir en vacances (le 24 juillet), aucune date n'était fixée. On vient d'apprendre qu'elle se réunira finalement le 8 septembre. Date limite de dépôt des amendements le 4 septembre. C'est sympa d'apprendre ça le 2 août et je vois que tout le monde est content. Les plus heureux doivent sans doute être les membres du cabinet de MAM, qui à peine arrivés, se tapent hadopi 2 avant les vacances et la loi pénitentiaire au retour (je pense bien à toi Léonard...).

C'est vrai que ce texte est dans les tuyaux depuis plusieurs mois à l'assemblée. Ceux qui s'intéressent au sujet ont largement eu le temps de le travailler, d'auditionner, de négocier avec le gouvernement pour leurs amendements. Les débats du Sénat ont permis aux différents acteurs intéressés de placer leurs amendements, leurs idées, de voir comment tout cela est accueilli et quelles réponses ont été apportées. Bref, crier au scandale absolu est un peu poussé, même si c'est vrai que ce ne sont pas des conditions de travail correctes.

Ce qui me dérange est dans la manière de faire. Le gouvernement pourrait quand même afficher la couleur un peu plus tôt et faire en sorte que l'on ne soit pas averti comme cela, au mois d'août, pour une commission sur le fond le 8 septembre (déjà bien chargée par ailleurs) et un passage en séance le 14 septembre. Respecter le Parlement, c'est aussi ça, ne pas prendre les parlementaires pour des cocus, derniers avertis de ce qui les concerne directement.