Authueil

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dimanche 31 janvier 2010

Comme en s'excusant

Deux retraités ont été assassinés dans leur pavillon. Ce qui devait arriver arriva, le ministre de l'intérieur nous annonce un durcissement des lois sanctionnant les crimes commis contre les personnes âgées. Encore un coup comme ça, et je ne vote pas UMP aux prochaines élections. J'en ai un peu marre d'être pris pour un con...

Parce que cette fois ci, non content d'annoncer une nouvelle réforme pénale "faits divers", alors même que la précédente est toujours en attente au Sénat, il rentre dans les détails. Et là, ça me rappelle furieusement Ségolène Royal lors du débat d'entre-deux-tours de la présidentielle. D'un coté, il propose ce qui existe déjà, la télé-alarme, de l'autre, il propose d'instaurer des milices et, cerise sur le gâteau, il va en plus saturer les boites mail des commissariats en les prévenant systématiquement de la libération d'un délinquant ayant agressé des personnes âgées. Au même titre que les pédophiles. A ce train là, c'est bientôt la libération du moindre délinquant qui fera l'objet d'une information systématique des commissariats, qui rapidement, classeront ces annonces dans les spams...

Heureusement (et ça sauve mon vote UMP), il y a la réaction salutaire de MAM. Elle commence par ramener ce cher Brice dans ses buts : la justice pénale, c'est elle ! Il est prié de s'occuper de ses policiers et de la laisser gérer ses juges. Simple querelle de grands fauves, mais ça fait plaisir que quelqu'un soit en mesure de fixer des limites à Hortefeux. Mais elle ne s'arrête pas là et fait le constat, lucide, que le parlement peut créer toutes les incriminations qu'il veut, les juges sont libres de les utiliser ou pas. Et en l'occurrence, 40% des incriminations possibles ne sont pas utilisées. En créer de nouvelles serait de nouvelles serait absolument inutile ! Enfin un peu de bon sens et de lucidité ! Et elle rajoute, vacharde, que les personnes âgées peuvent être certes fragiles, mais qu'il y en a beaucoup qui sont parfaitement à même de se défendre. Face à un criminel décidé à vous assassiner, que vous ayez 75 ou 45 ans ne fait parfois aucune différence.

Cette annonce ne fait pas que m'agacer prodigieusement. J'en viens à me demander si ce réflexe pavlovien consistant à faire une annonce au moindre fait divers un peu sanglant ne serait pas une sorte de demande d'excuse. Sarkozy s'est tellement placé comme le champion de la lutte contre la délinquance que le moindre crime est vécu comme un échec de sa politique. Et comme il existe toujours des sous-fifres prêts à toutes les bassesses et les flagorneries pour plaire au chef, on a ce type d'annonce grotesque. Il faut "réparer" en tapant encore plus fort, pour ne pas avoir à reconnaitre que la délinquance et le crime ont toujours existé et ne sont, malheureusement, pas prêts de disparaitre. Sarkozy et ses sbires sont ici pris à leur propre piège, car derrière leur "politique sécuritaire", c'est cette promesse intenable qui est en filigrane et les obligent, en permanence, à déployer des écrans de fumée. En espérant que la justice n'en soit pas asphyxiée...

vendredi 29 janvier 2010

Trop d'argent

Ce matin au JO, un décret comme on en voit peu. Il abaisse la taux d'un prélèvement à 0%. La raison : il y a trop d'argent dans les caisses... Avouez que c'est un peu à contre courant de la situation générale !

Il s'agit de la cotisation annuelle obligatoire que les collectivités territoriales et les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre, dont le nombre d'habitants est supérieur à 1 000 habitants, doivent verser au fonds d'allocation des élus en fin de mandat. Cette allocation est destinée aux élus qui avaient arrêté de travailler pour se consacrer à leur mandat, afin de les aider à retourner à la vie active. Les députés ont un système équivalent (qui a subi des foudres de poujadistes de tout poil).

Le dispositif est utile, mais ne concerne finalement pas tant de monde. La cotisation ayant été calculée très large, les caisses sont pleines et il y a de quoi voir venir puisque la prochaine vague "d'utilisateurs" arrivera après les municipales de 2014.

jeudi 28 janvier 2010

iphone, ipad et autres jouets

La société Apple vient de sortir son dernier gadget électronique, l'ipad, qui sert à lire des livres et des journaux, avec un confort de lecture jusque là inégalé en internet mobile. C'est en quelque sorte le complément de l'iphone et de l'ipod. Son constructeur a tout fait pour qu'on ne parle que de ça. Plus que les produits Apple, le vrai sujet, c'est l'internet mobile.

Pour suivre un peu ce qui se passe dans le secteur du numérique, j'entends beaucoup parler l'internet mobile comme la prochaine étape, celle qui sera dominante dans quinze ans. Le fait qu'Apple sorte des outils techniques qui tiennent la route accélère sans doute le mouvement. Ce sera une révolution pour les usagers, mais surtout pour les industriels, que ce soit les marchands de terminaux ou les titulaires de droits sur les contenus. Ces derniers ont raté la première vague de l'internet, celle des ordinateurs personnels. Ils n'ont rien vu venir et le système technique s'est organisé sans tenir compte de leur besoins et de leurs attentes, à savoir l'installation de péages efficaces pour que les internautes paient les contenus. Ils ont bien tenté, avec les DRM, de rattraper le coup, mais ce fut un échec. Hadopi fut une tentative encore plus pitoyable. Mais tout cela pourrait bien changer avec cette seconde vague de l'internet mobile, qui va entrainer un renouvellement des terminaux.

C'est là que tout va se jouer, dans la configuration des terminaux. Je préfère vous dire que cela été étudié pour ne laisser que très peu de possibilités à l'utilisateur d'échapper aux péages. Cela a commencé avec l'ipod, qui n'acceptait que la musique que vous aviez acheté sur itunes. Cela se poursuit avec l'iphone qui est verrouillé. Avez vous déjà essayé de télécharger illégalement avec un iphone ? pas évident. Avez vous essayé de bidouiller votre iphone ? Encore moins évident. Dans le même temps, le système est conçu pour que l'utilisateur paie tout : le forfait, substantiellement plus élevé qu'un forfait classique, mais aussi les appli, leur usage et les contenus. Ce qui ne se paie pas encore se paiera demain. Techniquement, c'est un jeu d'enfant. Tout ceux qui ont un iphone le constatent : ils dépensent plus, et ils n'ont pas fini, loin de là ! L'ipad suit le même chemin. Les éditeurs de contenus l'ont parfaitement compris. Apple a trouvé la pierre philosophale, celle qui transforme l'utilisateur en acheteur ! A ce jeu, Apple y gagne, car il est le seul, pour l'instant, sur ce marché, qu'il écrase complètement. Comme tout monopole, il va s'en mettre plein les poches pendant un certains temps. Assez vite, ça va se gater (voyez ce qui arrive à Google, le moteur si sympathique il y a encore deux ans, en passe de devenir le nouveau microsoft). Les producteurs de contenus aussi, y gagnent, car ils arrivent à vendre (en partie) ce qu'ils se faisaient piller avant.

Dans les années qui viennent, la pression "publicitaire" en faveur de l'internet mobile va être colossale, car tous les acteurs industriels (ou presque) ont fortement intérêt à ce que le maximum d'utilisateurs basculent. Au début, ce sera cool et sympa pour l'utilisateur, qui bénéficiera de nouvelles fonctionnalités et c'est vrai que ça peut être pratique. Et qui il sera bien accro, qu'il ne pourra plus se passer de l'internet mobile, la nasse va insensiblement se refermer, de plus en plus de choses seront payantes. C'est l'histoire de la grenouille, qui plongée dans une eau bouillante en ressort vite fait, mais qui plongée dans de l'eau froide qu'on met à chauffer, ne se rend compte de rien et finit complètement cuite.

En tant qu'utilisateur encore réfractaire à l'internet mobile, je regarde cette évolution avec un peu d'effroi. Personnellement, mis à part pour live-twitter, un iphone ne me servirait à rien de plus que mon actuel samsung un peu pourri (où je n'utilise que très peu les fonctions internet). Le rapport coût / avantage est clairement défavorable à l'iphone. Mais un jour, je pourrais ne plus avoir le choix si la pratique courante de ma "communauté" ou de mon milieu professionnel m'imposait, pour rester dans le coup, d'utiliser des fonctionnalités que l'on ne trouve que sur l'iphone. Cela pourrait arriver assez vite, et cela m'inquiète, car cela va être une vaste enfumade pour le consommateur qui n'y trouvera pas son compte. La valeur ajoutée que cela va apporter dans sa vie quotidienne ne vaudra certainement pas le prix qu'il devra payer. Et je ne parle pas des effets négatifs de cette généralisation de l'internet mobile, qui va encore accélérer notre rythme de vie (notamment aux actifs urbains). Le téléphone portable est un fil à la patte, l'internet mobile va être une chaine. Pas sûr que ce soit un progrès. C'est pourtant comme cela que les médias vont nous le vendre.

Comment être un saint catholique

Le responsable du procès en canonisation de Jean-Paul II vient de publier un livre. On peut penser que son contenu est "autorisé" voire fait figure de "communication quasi-officielle" au même titre qu'un éditorial dans l'Osservatore Romano.

Qu'y apprend-t-on ? Que Jean-Paul II s'auto-flagellait et qu'il avait un attachement particulier pour un lieu d'apparition "sauvage" de la Vierge. Ce sont ces éléments qui justifieraient que Jean-Paul II soit déclaré saint et donc donnés en modèle aux fidèles catholiques qui aspirent à la sainteté : du mysticisme agrémenté de rejet de la "chair". Ce ne sont pas des traditions théologiques nouvelles, mais les mettre ainsi en avant est significatif.

L'église catholique vit dans sa bulle, se fait ses petits trips sans se préoccuper des attentes et des besoins spirituels de la société. Le décalage est ici mis en lumière de manière absolument éclatante. C'est sans doute l'expression d'un choix, celui de ne pas "coller à la mode", mais à force de planer à 10 000 pieds, on finit par être déconnecté de la base. Et après, certains s'étonnent des églises vides et du manque de prêtres. Et cela ne semble pas devoir changer, car la hiérarchie catholique est accro à une drogue dure : elle est persuadée de détenir, seule, la vérité. Elle ne peut donc pas se tromper, donc tous doivent suivre.

Les protestants ont une autre vision sur ce sujet. Il y a une parole qui doit être portée, diffusée. Pour cela, elle doit s'adapter au monde tel qu'il est, pour être comprise et reçue. Le problème de l'église catholique, c'est que son message est de moins en moins compris, et donc de moins en moins reçu. Evidemment qu'il ne faut pas non plus abandonner tout et ne plus avoir de doctrine, mais un minimum d'écoute des besoins permet d'élaborer des produits qui trouveront un marché. Une pure politique de l'offre, sur un marché très concurrentiel (et en déclin) mène tout droit à la faillite.

mardi 26 janvier 2010

Prostitution politique

Le président du groupe centriste au Sénat, Nicolas About, vient officiellement de quitter Bayrou pour se raccrocher à l'UMP. On pensait que Bayrou était à poil, et bien non, il restait encore quelque chose à gratter. Mais là, on est dans le fond du tiroir.

Mis à part quelques sénateurs qui avaient clairement affirmé leur appartenance, soit au Modem, soit au Nouveau centre, les membres du groupe Union centriste au Sénat sont globalement restés dans l'ambiguité. Le meilleur exemple est Jean Arthuis, qui a créé son propre parti centriste, ni Modem, ni Nouveau centre. De vrais centristes ! Il n'y a qu'une seule chose qui peut les en faire sortir : l'appel des places éligibles sur les listes. Déjà, lors des dernières cantonales, quelques sénateurs présidents de conseils généraux centristes ont dû dire s'ils étaient mâles ou femelles. En général, ils ont fait leur coming-out de droite, l'inverse aurait équivalu à un suicide politique.

Les régionales poursuivent cette sortie du bois. Jean Arthuis s'est déjà vendu dans les Pays de Loire pour 12 deniers places éligibles. Nicolas About vient de basculer pour sa place éligible (quatrième dans les Yvelines). Il faut reconnaitre que c'est une belle prise pour l'UMP, car le groupe centriste au Sénat est vital pour le gouvernement, vu que l'UMP n'a pas, à elle seule, la majorité absolue au Sénat. Et en plus, ils l'ont eu pour pas cher.

Tous ces centristes vont à la soupe en se sentant obligés de donner une justification idéologique à leur ralliement. Nicolas About ne supportait plus l'antisarkozysme systématique de Bayrou. Mais comme par hasard, il s'en aperçoit juste au moment de la constitution des listes aux régionales. Apparemment, cela ne le dérangeait pas tant que cela avant et sans cette opportunité de conserver sa place, il serait encore officiellement "Modem".

La fiabilité centriste dans toute sa splendeur. Le centre français, c'est une longue tradition de prostitution politique.

samedi 23 janvier 2010

Les limites de l'outil

Justicier ordinaire était un procureur, qui bloguait de manière anonyme. Il vient de fermer son blog. Des gens qu'il avait quelque peu étrillé, de manière anonyme mais reconnaissable des initiés, l'avaient lues et n'avaient pas apprécié. Cela illustre parfaitement l'une des limites du blog.

Justicier ordinaire n'a sans doute pénalement commis aucune faute, mais ses écrits lui reviennent à la figure et peuvent lui causer des désagréments dans le cadre de son activité professionnelle. J'y suis d'autant plus sensible que j'ai (et je suis toujours susceptible de tenir) des propos peu amènes contre des personnes qui, si elles me démasquaient, auraient des moyens de me causer des désagréments professionnels. Si cela était très vrai au début, cela l'est moins, car il en faudrait beaucoup, vraiment beaucoup, pour que j'en subisse des répercutions professionnelles graves. Et ayant atteint un certain degré de notoriété, je suis à même du faire suffisamment de bruit pour que l'opération ne soit pas sans retour de flamme désagréable pour l'assaillant. Je suis donc assez serein, mais quand même...

Internet est un moyen de communication, qui offre des facilités, mais ne permet pas tout. Le blogueur a trop facilement tendance à oublier qu'il est lu, et accessible par tous, y compris ses proches, ses voisins de bureau, ses supérieurs hiérarchiques. Il ne faut jamais l'oublier et ça, c'est difficile, car quand on écrit, on est seul devant son ordinateur, sans personne pour relire, modérer les ardeurs, inciter à la prudence. On est tous pareils, on appuie sur "publier" moins de cinq minutes après voir fini de rédiger et on passe à autre chose. Le blog est un outil, mais il ne permet pas tout. Et heureusement, car nous sommes tous en situation d'être "attaqués" par un blogueur. Frédéric Mitterrand le dit de manière assez amère, mais il n'a pas tort sur le fond, même s'il met l'ensemble de ce qui se fait et se dit sur internet dans le même sac, sous le vocable "blogs", démontrant une méconnaissance malheureusement courante de ce monde.

On nous parle beaucoup de régulation, mais elle se fait déjà. Les outils existent, même s'ils sont parfois mal utilisés. C'est plus là qu'il faudrait agir, être vigilant et réactif que sur les grosses provocations d'un Lefebvre ou sur les usines à gaz législatives genre hadopi et LOPPSI qui servent à protéger des intérêts privés. D'autres se chargeront de les mettre politiquement et techniquement à mal (le Conseil constitutionnel a déjà mis une belle barrière). En tant que blogueur non spécialiste en informatique, à part relayer ce que d'autres font, je ne suis pas en première ligne. Chacun ses combats. Je préfère me concentrer sur ceux qui abusent de leurs droits, comme par exemple les responsables du site chau7.com qui ont, semble-t-il, grillé les étapes de la LCEN en zappant l'éditeur pour demander directement à l'hébergeur de fermer le site qui leur pose problème. L'exemple de H16 est caricatural : il n'y avait aucune diffamation, et l'éditeur n'aurait fait aucune difficulté pour répondre favorablement à la demande de la société qui se sentait lésée.

On ne peut pas tout faire et tout dire sur un blog. C'est bon parfois de le rappeler, pour mieux défendre nos droits quand ils sont réellement attaqués.

vendredi 22 janvier 2010

Jouanno dans le métro

Les régionales sont un baptême du feu pour Chantal Jouanno. Cette technicienne, récemment nommée comme secrétaire d'Etat à l'écologie a "décidé" de se lancer en politique lors des régionales. Sur le papier, le challenge ne semblait pas insurmontable : tête de file à Paris, derrière la leader Valérie Pécresse, en compagnie d'autres femmes ministres, NKM et Rama Yade. Pour le coté plan média, c'est un beau casting, ça pourrait séduire l'électorat parisien dans un scrutin assez peu personnalisé, où finalement, l'étiquette joue beaucoup.

En Ile de France, le thème de campagne contre le sortant est tout trouvé : les transports en commun. Et c'est vrai qu'il y a de quoi dire. Certes, le président du conseil régional sortant ne porte pas seul la responsabilité du délabrement des installations et de la dégradation du service rendu aux usagers. Mais il n'est pas vierge de tout reproche non plus, et malheureusement pour lui, il a accepté la présidence du syndicat des transports d'ile de France en 2006, poste sur lequel il a communiqué, y compris par le biais de campagne d'affichage. Dans les l'esprit des franciliens, le lien est établi : les transports publics, c'est une compétence du conseil régional.

Nos drôles de dames s'engouffrent donc sur le sujet. C'est là que Chantal Jouanno entre en scène, avec sa proposition d'automatisation de la ligne 14 du métro parisien. Aussitôt, elle devient un vedette de la toile, notamment sur Twitter où un grand concours "avec Chantal Jouanno, toi aussi invente ce qui existe déjà". L'intéressée à beau essayer de rattraper le coup, c'est trop tard, il est parti.

Je dois dire que cet épisode m'amuse beaucoup. Certaines trouvailles des internautes me font bien rire. Cela m'amuse aussi car cela permet à une femme, sans doute très honorable et compétente dans son domaine de se rendre compte que se présenter aux élections, même les régionales, ce n'est pas une promenade de santé. A la limite, devenir ministre, c'est plus facile, il suffit de se faire bien voir d'une personne. Quand vous êtes candidat, vous devez faire vos preuves, soit pour être désigné candidat, soit après dans la campagne. Et ça peut être violent, en tout cas, c'est toujours un test de survie, qui permet de voir ce que vous avez dans le ventre. Certains comme David Martinon ont explosé en vol avant même le scrutin, d'autres se sont pris de telles tôles que leur première candidature a aussi été leur dernière.

On va maintenant voir ce que vaut vraiment Chantal Jouanno, au seul vrai test qui compte en politique, le suffrage universel. On peut dire que le test commence fort...

Faudrait pas l'oublier

La prochaine république des blogs aura lieu le mercredi 27 janvier, au lieu habituel, à savoir le pachyderme, 2bis boulevard Saint Martin, à République, à partir de 19h 30. Cette rencontre n'est pas réservée aux blogueurs, mais à tout le "small world" qui gravite sur les réseaux sociaux, sur les blogs, qui se croise numériquement, mais ne se connait pas dans la vie réelle.

Le nom de république des blogs n'est peut-être plus adapté, car datant de 2006. Dans le monde du numérique, c'est une éternité et depuis cette date, facebook, twitter et d'autres encore sont arrivés, et ont bouleversé les pratiques. On peut être un homo numericus sans être obligé d'avoir un blog, ce qui était moins évident en 2006. Mais reste quand même ce besoin de se rencontrer "pour de vrai", car il manque une dimension dans la communication sur le net (et il y en a un certain nombre que j'aimerais bien rencontrer...).

La République des blogs offre cet espace où on peut se rencontrer tranquillement, autrement qu'en "marge d'une manifestation". On peut prendre le temps de discuter autour d'une bière, passer d'un groupe à l'autre, partir et arriver quand on veut. C'est ouvert à tous, même ceux qui ne sont que des spectateurs. On peut être d'une conversation agréable sans forcement avoir un compte twitter.

Rendez vous donc mercredi !

jeudi 21 janvier 2010

Pour une poignée d'euros

Henri Proglio a fini par lâcher sur sa rémunération. Il renonce à ses émoluments chez Véolia, dont est toujours président non exécutif. La polémique et l'approche des élections ont finalement conduit les politiques à exiger cette retraite tactique.

Je ne me fais guère d'illusion. Henri Proglio souhaite avoir les revenus les plus importants possibles, ce que l'on comprend. Il a obtenu une belle augmentation comme patron d'EDF (qui n'est pas remise en cause). Nul doute qu'il touchera des jetons de présence dans différents conseils d'administrations. Il trouvera d'autres astuces pour faire entrer l'argent. Je serais curieux d'avoir sa prochaine déclaration de revenus. Il n'y aura certainement pas que son salaire d'EDF.

Mais le peuple est content, il a eu un scalp. Il va donc rapidement se désintéresser du sujet, pour aller vers d'autres indignations. En se concentrant sur le seul aspect de la rémunération, on est pourtant passé complètement à coté de la véritable problématique, qui est celle du cumul des fonctions. On en a parlé au début, puis on a vite laissé tombé, et c'est dommage. Véolia est une grande entreprise de service, notamment aux collectivités (à la base, c'est l'ancienne compagnie générale des eaux). Des synergies importantes existent entre les deux entreprises, qui ont même une filiale commune.

En conservant la présidence non exécutive, Proglio garde la haute main sur les nominations, et surtout sur les choix stratégiques. Un tel outil, aux mains du président d'EDF, peut permettre pas mal de choses. Je n'ai pas assez de connaissances du secteur et de ses enjeux (notamment industriels) pour m'aventurer à dire quoi, mais c'est suffisamment gros pour ne pas alerter. Cela peut donner des résultats parfaitement positifs, je ne suis pas en train d'accuser qui que ce soit de complot contre le service public ou contre les intérêts de l'Etat. Cela peut bénéficier à EDF, et donc derrière à l'Etat.

Finalement, la question de la rémunération est anecdotique. Le vrai sujet, c'est ce cumul de fonctions et de pouvoirs, finalement assez inédit. Pourquoi vouloir à tout prix rester président de Véolia ? Je sens intuitivement que c'est là qu'il aurait fallu creuser beaucoup plus qu'on ne l'a fait.

mardi 19 janvier 2010

Enfumage socialiste sur la nationalité

J'ai vu passer ce matin sur twitter ce lien qui mène vers une pétition initiée par un hiérarque du Parti socialiste. Il accuse le gouvernement d'instaurer une discrimination contre ceux qui seraient nés à l'étranger ou nés étrangers.

Il affirme : "Le décret n°2005-1726 du 30 décembre 2005 relatif aux passeports impose aux citoyens français, nés à l’étranger ou de parents étrangers, de faire « la preuve » de leur nationalité française (acte de naissance, livret de famille comportant les mentions de naturalisation ou certificat de nationalité française) lors du renouvèlement de leurs papiers d’identité". Il y voit "une nouvelle source de discrimination : la présomption d’usurpation de nationalité".

Je suis allé lire le décret 2005-1726. dans son article 5, il pose les règles concernant la preuve de nationalité française pour l'obtention ou le renouvèlement de passeport. On y découvre que tout le monde doit faire la preuve de sa nationalité française. Pour les personnes nées en France de parents français, ce n'est pas compliqué, il suffit de demander une copie de son acte de naissance à la mairie de son lieu de naissance. Si vous êtes né à l'étranger, et que vous avez été déclaré au consulat, pas plus de problème. Idem si vous êtes né en Algérie avant 1962, tout est aux archives diplomatiques, à Nantes.

Reste qu'effectivement, il peut y avoir des problèmes pour un certains nombre de personnes, qui peuvent avoir perdu leurs papiers, qui peuvent avoir acquis la nationalité puis l'avoir perdue, sans que tout cela soit très clair. Nous avons l'exemple de Carla B, dont on ne sait toujours pas si elle a un passeport français ou non. Mais ces cas sont marginaux, car l'acquisition de la nationalité française est inscrite en mention marginale sur les actes d'état civil (ainsi que sa perte).

Affirmer (sans apporter le moindre début de preuve) que des dizaines de milliers de personnes sont dans une situation délicate, cela relève de la mauvaise foi militante. Je sais que le débat sur l'identité nationale ne vole pas bien haut, que l'UMP a une large part de responsabilité dans cette pantalonnade. Mais le PS pourrait tenter d'élever le débat. Visiblement, ils ne le souhaitent pas, préférant agiter les chiffons rouges du droit de vote des étrangers (qu'ils se sont bien gardés de mettre en place entre 1997 et 2002) et d'autres enfumades sans fondement comme cette "pétition".

lundi 18 janvier 2010

Gosplan agricole à la française

Je viens de découvrir le nouveau projet de loi agricole du gouvernement. Je suis assez sidéré, voire horrifié par ce que j'y vois. Les plus libéraux de mes lecteurs ont de quoi y faire plusieurs infarctus. L'agriculture a toujours été un secteur économique très "administrés", avec une cogestion FNSEA-Etat sous la forme de conseils et d'organismes consultatifs "guidant" les décisions de l'Etat, qui laisse en fait le champ libre aux mafias agricoles, avec de temps à autres quelques coups de gueules violents de ces dernières pour obtenir plus d'argent public.

Régulièrement, environs tous les 5 ans, on nous pond une loi "d'orientation agricole". Il y en a eu une en 1999, une autre en 2005. Il était temps de sortir la nouvelle. Mais problème, le ministre n'avait absolument pas d'argent à donner, donc finalement assez peu de mesures à annoncer. Mais comme il fallait une loi agricole, il a demandé à ses sources habituelles, la FNSEA et les technocrates de son ministères (copains comme cochons avec la FNSEA) de lui trouver des choses à mettre dans son projet de loi. Seule contrainte, que ça ne coute pas trop cher à l'Etat.

Le résultat est une "petite loi". Il n'y a finalement pas grand chose (surtout comparé à la précédente loi) mais le peu qu'il y a est emblématique des orientations quasi-soviétiques de l'organisation de l'agriculture française.

D'abord la planification. Le monde agricole raffole des plans, schémas directeurs, élaborés par des commissions et appliqués (en principe) par l'Etat. Cette loi va les rendre heureux, puisqu'on y crée un programme national pour l'alimentation, les plans régionaux de l'agriculture durable, la commission de consommation des espaces agricoles, les plans pluri-annuels régionaux de développement forestier, les schémas régionaux de développement de l'acquaculture marine, qui devront, bien entendu, prendre en compte ce qui existe déjà, notamment les dispositions des schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux et du schéma régional de cohérence écologique.

Ensuite l'argent. Comme vous le savez, il ne saurait y avoir, en France, de projet de loi sans taxe. L’article 13 instaure donc une taxe en cas de cession d’un terrain nu devenu constructible à la suite d’une modification des documents d’urbanisme. En gros, on fait payer ceux qui avaient un terrain agricole et ont réussi à le vendre comme terrain constructible. Quelques subsides sont distribués, par l'extension des systèmes d'assurance récolte. On verse aussi quelques petits sous aux propriétaires forestiers pour qu'ils acceptent de faire exploiter correctement leurs quelques hectares de bois. Enfin, on promet pour 2013 un alléchant statut "d'agriculteur-entrepreneur" afin de permettre à ceux qui n'entrent pas dans les critères actuels de bénéficier, eux aussi des avantages fiscaux et des aides publiques actuellement versées aux agriculteurs. Mais franchement, c'est décevant, on a vu largement mieux dans le passé.

La protection corporatiste. Une confrérie avait des demandes particulières, les marchands de fruits et légumes, qui souffrent régulièrement des pratiques de la grande distribution. Ce n'est pas nouveau, mais les arboriculteurs ont obtenu quelques petites mesures, notamment l'interdiction, pour la distribution, de demander des rabais en période de crise agricole. On trouve aussi quelques dispositions absconses, même pour les spécialistes, sur l'organisation interne du monde agricole. C'est encore plus compliqué que la taxe carbone et comme ce sont des enjeux de pouvoir purement internes, je ne me sent pas concerné.

Enfin, le pouvoir. En fait, c'est là que les technocrates du ministères se sont servis. L'article 1 est une mine d'or, une série de cadeaux. Juste deux exemples : "L’administration pourra imposer aux opérateurs la transmission des données nécessaires au suivi de cette politique de l’alimentation comme des données socio-économiques ou des données sur la qualité des aliments", et "Les gestionnaires des services de restauration scolaire et universitaire publics et privés sont tenus de respecter des règles relatives à la qualité nutritionnelle des repas qu'ils proposent déterminées par décret", le tout sous le contrôle des bataillons d'inspecteurs dont est largement doté le ministère de l'Agriculture.

Au passage, le gouvernement demande une série d'habilitation à prendre des ordonnances sur des sujets plus ou moins sensibles (et donc certaines ne sont pas à droit constant).

Voilà un exemple parfait de projet de loi inutile. Aucune mesure n'était urgente, ni même vraiment nécessaire. C'est l'ultime dérive du système, faire des lois pour faire des lois.

vendredi 15 janvier 2010

Niveau zero de la politique

Hier soir, une chaine du service public organisait un débat entre Monsieur Besson et Madame Le Pen, auquel devait se joindre, pour la conclusion, Monsieur Peillon. Ce qui devait arriver arriva, ce fut un spectacle lamentable, sur tous les plans.

France 2 a clairement fait dans le racolage et la recherche d'audience. Il est évident que ce qui était recherché n'était pas le débat mais le pugilat. Qu'attendre d'autre d'une affiche Besson-Le Pen, deux personnages politiques assez largement détestés et capables de tous les excès verbaux ? Une telle programmation est indigne du service public.

Les deux acteurs de la pièce ont tenu leurs promesses sur la qualité du débat. Ils ont chacun lu leurs éléments de langage destinés à racoler l'électorat, n'hésitant pas à faire dans la surenchère démagogique. C'est malheureusement devenu la norme pour tous les débats télévisés auxquels sont invités les politiques, et depuis bien longtemps. Encore, quand on choisi bien ses intervenants, on peut avoir des échanges de qualité. Mais là, franchement, on savait parfaitement que ça n'allait pas voler haut !

Mais celui qui a été en dessous de tout, c'est Monsieur Peillon et derrière lui, le parti socialiste. Qu'il ne souhaite pas participer à un tel débat pour n'en cautionner ni la forme, ni le fond est une position que j'approuve. Mais dans ce cas-là, on décline l'offre dès qu'elle est faite, et éventuellement, on médiatise ce refus. Mais accepter, en ayant l'intention de laisser en plan les organisateurs, c'est se mettre au même niveau que les autres : faire de la communication et donc de l'audience uniquement par le clash et le scandale, sans le moindre fond.

Finalement, le plus minable de la bande, c'est encore Peillon, car il joue le jeu du système tout en prétendant être au dessus de ça. Ne pas cautionner, c'est ne pas participer du tout au spectacle. Participer à la farce en prétendant la dénoncer, c'est de l'hypocrisie au dernier degré.

jeudi 14 janvier 2010

Les geeks sont nuls en politique

J'assistais hier soir au lancement de Tweest, à la Cantine. La soirée était sympa, j'ai vu plein de gens que je ne connaissais que par internet et que j'ai été heureux de rencontrer en vrai. J'ai bien mangé et bien bu, bien discuté. Bref, excellente soirée. J'ai pu également me rendre compte que les geeks sont nuls en politique. Les comptes rendus que certains en ont fait renforcent encore davantage cette impression.

Hier soir, les geeks ont eu la présence d'un membre en exercice du gouvernement, pour un évènement finalement pas si important et extraordinaire. Je me demande s'ils savent la chance qu'ils avaient. Je connais nombre d'organismes qui se damneraient pour que leur ministre ou sous-ministre soit aussi présent auprès d'eux. Le terme "agenda de ministre" est utilisé pour parler d'un agenda surchargé. C'est une réalité. La présence de NKM, hier soir à la Cantine, c'est une fleur faite au Post, à la netscouade, à la Cantine et plus globalement aux geeks. Et comment ont-ils pris cela ? Ils ont attaqué la ministre frontalement sur un texte de loi contenant quelques éléments qui leur déplaisent. Le débat qui aurait du porter sur twitter n'a porté que sur la LOPPSI, et a été assez violent. C'est un gaspillage éhonté de "temps de ministre". Ces échanges n'ont servi strictement à rien. Personne n'a changé sa position d'un iota. De toute manière, ce n'est pas en l'agressant que l'on change la position de quelqu'un. NKM a bien tenté d'apporter quelques éléments techniques à même de rassurer les geeks, mais cela n'a servi à rien. Ils n'écoutaient pas, car ce n'était pas cela qu'ils avaient envie d'entendre. Ce qu'ils voulaient, c'est que NKM déclare publiquement son opposition à la LOPPSI. Là, on est dans la naïveté la plus totale.

NKM est une femme politique très intelligente, mais aussi très ambitieuse. Son centre d'intérêt premier, c'est l'écologie, parce que professionnellement, c'est son domaine et parce qu'elle sait que c'est un créneau porteur. A cause de sa mésentente avec son ministre de tutelle, elle s'est retrouvée à la prospective et à l'économie numérique, ce qui n'était sans doute pas un choix de sa part. Comme elle est intelligente, elle a vu qu'elle n'avait pas tiré un si mauvais lot que ça. Certes, elle n'a pas d'administration et de moyens budgétaires, mais elle peut faire de la comm', le secteur est plein d'avenir (pas de déclin à gérer) et génère une image positive. Elle s'y est donc mis, et comme elle est bosseuse, elle a réussi à séduire les geeks en leur parlant leur langue, en s'immergeant dans leur monde, au point d'en arriver à être considéré par certains comme "l'une des leurs".

L'économie numérique, c'est une étape de la carrière de NKM. Comme les hauts fonctionnaires, elle a fait sa "mobilité", mais pour elle, il est temps maintenant de réintégrer son corps d'origine. Elle a appris plein de choses à ce ministère, qui ne seront pas perdus pour la suite de la carrière. Elle bloguera et twittera toujours, elle gardera le réseau qu'elle s'est constitué. Mais elle commence sans doute à tourner un peu en rond et a atteint les limites de ce que les faibles moyens humains et financiers de son ministère lui permettent de faire. Il se dit d'ailleurs avec insistance dans les milieux politiques qu'elle postule clairement pour monter en grade lors du remaniement de mars prochain, après les régionales.

Dans ces conditions là, vous pensez bien qu'entre déplaire aux geeks ou déplaire à Sarkozy, son choix est très vite fait ! Hier soir, elle a tenté d'être gentille au début, d'expliquer. Mais rapidement, elle a été poussée dans ses retranchements et sommée de se prononcer clairement. Elle l'a fait, dans le sens de ses intérêts. Comment voulez vous qu'un ministre en exercice aille contre un texte adopté en conseil des ministres, et sur lequel le président de la république vient encore de rappeler, quelques jours avant, son attachement fort. Elle ne pouvait pas répondre autre chose que ce qu'elle a répondu. Dans ces conditions là, l'amener sur ce terrain est d'une idiotie rare. Quand on sait qu'on obtiendra une réponse négative, on évite de poser la question. Rester dans le non-dit était encore la meilleure solution pour tout le monde. Cela aurait évité un psychodrame et une perte pour tout le monde. Perte pour NKM, car son image est peut être un peu écornée chez certains geeks, ruinant un beau travail d'approche et d'apprivoisement. C'est dommage, mais ce n'est pas grave, les geeks "libertaires du net" sont ultra-minoritaires et le bruit qu'ils font reste largement confiné à leur milieu. La perte, elle est aussi et surtout pour les geeks eux mêmes, qui par bêtise, ont tapé sur un de leurs alliés potentiels. NKM sera sans doute moins tenté de s'investir à leurs cotés, surtout si c'est pour être récompensée de cette manière.

Le titre d'un des comptes rendus était : le soir où NKM a perdu les geeks. C'est aussi le soir où les geeks ont perdu NKM. Qui a fait la plus grosse perte ? Sans aucun doute les geeks.

Nemo auditur turpitudinem

La mise en place du nouveau règlement de l'Assemblée se poursuit entre amateurisme, improvisation et mauvaise foi. Jean-Luc Warsmann avait fait voter un amendement qui imposait des sanctions financières en cas d'absences trop nombreuses aux réunions de commissions. Mais les sanctions n'étaient encourues que si le parlementaire était absent à plus de la moitié des réunions de commission du mercredi matin. Il suffit donc d'être présent pour pointer au moins deux mercredi par mois. Pas bien compliqué ni bien méchant.

L'excellent site nosdéputés.fr a donc effectué les pointages de présence et fait les calculs des retenues sur indemnité parlementaire. C'est facile à faire, puisque les noms des présents figurent en bas de compte rendu de commission. Ils ont ainsi établi une liste des sanctionnés. Cela a incité la presse à aller y voir de plus près, en questionnant ceux qui doivent agir pour que les sanctions soient mises en oeuvre, à savoir les présidents de commission (qui doivent faire le relevé des noms) et les questeurs (qui effectuent les retenues sur indemnités). Visiblement, personne n'avait eu l'idée d'appliquer le règlement et ce fut visiblement la panique au Palais-Bourbon, chacun refilant la patate chaude à l'autre, jusqu'à ce que ladite patate arrive à la présidence de l'Assemblée. Ne pouvant pas la refiler, il a bien fallu fournir une réponse.

Cette réponse, c'est du grand n'importe quoi.

Accoyer commence à dire que la liste est partiellement erronée, mais ne dit pas en quoi ? Effectivement, des précisions ont été apportées lors de la réunion du bureau du 14 octobre sur les excuses acceptables. Mais pourquoi donc avoir attendu ? La mesure votée en mai, et qui n'est pas passée inaperçue, entrait en vigueur le 1er octobre. Et dès le 15 octobre, les règles étant fixées, les listes de présents et d'excusés doivent normalement être exactes. Ou alors qu'on m'explique.

Le plus drôle est ensuite : les députés auraient "déjà organisé leur agenda des semaines suivantes" et n'auraient donc pas pu faire en sorte de pouvoir être présents. J'en suffoque ! De qui se moque-t-on ? Un agenda de député, ça peut se changer dans l'heure s'il le faut et ça se fait souvent, très souvent. Et franchement, s'organiser pour être le mercredi matin dans la salle de sa commission, à Paris, ça ne demande pas un effort surhumain. Surtout que normalement, c'est l'endroit où ils devraient se trouver, sans qu'on ait besoin de le leur demander.

La vérité, c'est que pour ça comme pour le reste, les dirigeants de l'Assemblée nationale n'ont rien préparé, rien anticipé et n'ont même pas le courage d'appliquer les quelques mesurettes qui sont quand même applicables. Accoyer promet quand même des sanctions pour les absences de décembre. J'attends de voir. Mais pour Octobre et Novembre, Accoyer n'a aucune excuse valable.

mardi 12 janvier 2010

La PPL sur la Burqa

Je viens d'avoir en mains le texte de la proposition de loi de Jean-François Copé à propos de la Burqa.

Article 1 : "Nul ne peut, dans les lieux ouverts au public et sur la voie publique, porter une tenue ou un accessoire ayant pour effet de dissimuler son visage sauf motifs légitimes précisés par décret en Conseil d'Etat"

Article 2 : La méconnaissance de l'interdiction fixée à l'article 1er de la présente loi est punie d'une peine contraventionnelle dans des conditions fixées par décret en conseil d'Etat"

Article 3 : Les sanctions prévues à l'article 2 sont applicables aux faits constatés à l'expiration d'un délai de six mois suivant la promulgation de la présente loi

Article 4 : un rapport est remis, chaque année, à compter de l'entrée en vigueur de la présente loi, par le Gouvernement au Parlement sur l'application de la présente loi, les mesures d'accompagnement qui auront été mises en oeuvre par les pouvoirs publics ainsi que les difficultés rencontrées.

Juridiquement, il y a comme un souci sur l'article 1er. J'ai cru comprendre que l'article 34 de la Constitution donnait compétence à la loi pour le pénal. Là, on renvoit à un décret la liste des exceptions, qui permet de vider (ou pas) la loi de sa substance. Il me semble que ces exceptions doivent figurer dans la loi. A l'article 2, je souris au "la méconnaissance de l'interdiction". En général, ce que l'on sanctionne, c'est le non respect d'une interdiction. Bien entendu, la mesure n'est pas codifiée. On est dans le déclaratif pur, juridiquement, ça ne tient pas la route.

Je pense que cette proposition de loi est mort-née. Copé dit avoir le soutien de 220 députés. J'en doute. Déjà, on vient de recevoir le texte, et je connais un certain nombre de députés, notamment à la commission des lois, qui doivent être affligés par cette rédaction. Le PS n'en veut pas. Accoyer n'en veut pas, et il a les moyens, comme président de l'Assemblée, de demander l'avis du Conseil d'Etat. Le résultat de cette consultation serait sans doute assez cruel. Reste enfin la mission d'information, dont les membres n'ont pas du apprécié d'être médiatiquement doublés par Copé, et qui peuvent sortir leur propre texte, qui n'aura pas de mal à être plus solide juridiquement.

Le renforcement des pouvoirs du Parlement se traduit aussi comme ça. Désormais, les lois de circonstances, rédigées à la va-vite pour coller à l'actualité et aux faits divers n'est plus le seul monopole du gouvernement. Les députés s'y mettent aussi. Des textes aussi ridicules et mal foutus ne manquent pas, mais personne n'était dupe du fait qu'ils n'avaient aucune chance d'être inscrit à l'ordre du jour. C'est d'ailleurs pour ça qu'on ne se donnait même pas la peine d'en soigner la rédaction juridique. Mais jamais un président de groupe ne se serait permis ce genre de pantalonnade. Apparemment, l'hyper-parlement de Copé consiste à singer le gouvernement, y compris dans ses pires travers. Encore faut-il en avoir les moyens...

lundi 11 janvier 2010

A quoi me sert Twitter

Cela fait un certain temps que je suis sur Twitter. Comme beaucoup (la plupart même), je me suis longtemps demandé à quoi pouvait bien servir cet outil. J'ai mis beaucoup de temps à trouver la réponse, car quand on ne sait pas ce qu'on cherche, on ne risque pas de le trouver.

La première chose qu'il faut se demander, c'est "quel besoin". Twitter est un outil qui peut répondre à certains besoins, pas à tous. Si on lui demande ce qu'il ne peut pas donner, on sera forcement déçu. On le sera aussi si on ne fait pas ce qu'il faut pour bien utiliser l'outil, qui peut se révéler plus ou moins chronophage et surtout addictif.

Twitter me sert à plusieurs choses.

D'abord à bavarder. Twitter, c'est du chat, et c'est cet usage qui est très addictif, car il faut suivre en permanence. Difficile de répondre à la volée à un twitt posté 24 heures plus tôt. Il faut être dans l'immédiateté. La barrière des 140 caractères n'est pas un problème, bien au contraire, ça oblige à suggérer (par un hashtag par exemple), à mettre du lien, de l'image. Plus besoin de faire une chaine de mail pour envoyer les images amusantes et autres trouvailles. On poste le lien, qui tourne sous forme de Retwitt. Ca permet de suivre un peu l'ambiance dans différentes communautés (les journalistes web, les blogueurs politiques...)

Twitter, c'est aussi de la veille. Là c'est plus sérieux, car pour moi, c'est l'utilité première de Twitter. J'y participe en tant que "récepteur" d'information mais aussi comme "émetteur". Je me suis abonné à certains fils qui me paraissent pertinents, et je m'aperçoit qu'avec finalement assez peu de veilleurs, on arrive à avoir quasiment toute l'information pertinente. Mes centres d'intérêts tournent bien évidemment autour de la politique, du droit, de la communication (où j'inclus toutes les problématiques liées à la presse et au journalisme). Parmi les comptes que je suis (désolé pour ceux qui n'y sont pas, mais il faut faire des choix), il y a Astrid Girardeau, enikao, Calimaq, Ls01, François Guillot, Narvic.

Twitter n'est vraiment utile qu'a partir du moment où on a un certain nombre d'abonnements dans la "communauté" pertinente. Attention à ne pas en avoir trop non plus, car on est vite noyé dans le flot, surtout aux heures de pointe. Cela demande aussi d'y aller quotidiennement, sinon, on perd vite le fil. Le flux sur twitter est très rapide et remonter trop loin en arrière peut s'avérer fastidieux, sauf si on a des listes bien conçues. Et là, c'est un autre problème, car si seulement tout le monde se contentait de n'être que la petite étiquette qu'on lui a collé sur la tête.

L'outil est intéressant, complémentaire du blog. Il le restera tant que les communautés qui m'intéressent y sont. Le jour où ça migre vers une autre plate-forme, il faudra suivre. Finalement, ce qui compte, ce n'est pas l'outil mais les gens qui sont derrière. Je pense qu'on a un peu trop tendance à l'oublier.

vendredi 8 janvier 2010

Créateurs du possible

L'UMP vient de lancer un site, les créateurs de possible. Je suis allé voir et je me suis inscrit, par curiosité. L'idée de base m'apparait assez intéressante : mettre en relation des personnes souhaitant travailler sur un même projet, avec comme visée de le faire avancer concrètement, voire même aboutir.

Je passerai sur les commentaires divers et variés que j'ai pu lire ici ou là, qui ne valent pas tripette, tout simplement parce qu'il est impossible, deux jours après le lancement d'un tel site, de tirer le moindre bilan. Il y a l'outil, et il y a ce qu'en feront les utilisateurs. Viendront-ils ? utiliseront-ils l'outil conformément aux souhaits de ses créateurs ? En trouveront-ils d'autres usages ? Nul ne le sait, d'autant plus que l'outil est assez déroutant. Il se présente comme un média social, mais d'un genre nouveau, axé autour de projet et non pas de personnes. Nombre de commentateurs sont déroutés de ne pas pouvoir s'en servir comme forum de bavardage, à l'instar des autres outils qu'ils ont rencontré jusqu'ici. Ce n'est clairement pas le but.

L'idée de base est novatrice, car clairement, il n'est pas sorti grand chose d'internet jusqu'ici mis à part de vastes bavardages bruyants et stériles. Les rares exemples de projets constructifs tels que Wikipédia restent des projets purement internet et nécessitent des gros moyens largement hors de portées des seuls internautes français. Que certains tentent d'utiliser l'outil internet pour mener à bien des projets collectifs, ouverts et publics "dans la vraie vie" me parait une expérience intéressante et louable (même si elle n'est pas dénuée d'arrière-pensées). Reste à mettre du contenu, c'est à dire des projets qui tiennent la route et des utilisateurs sérieux, qui utilisent effectivement l'outil. Il y aura du déchet, c'est évident. Mais si quelques projets se montent ou progressent grâce à ce site, ce sera gagné, car finalement, l'indicateur de performance sur le long terme de créateurs de possible, ce n'est pas le nombre de projets proposés, mais le nombre de projets réalisés. Il n'y a pas derrière une logique financière poussant au nombre de pages vues et de clics.

Ce qui m'a un peu surpris, c'est que l'initiative vienne d'un parti politique. Connaissant leur fonctionnement, ce site m'est apparu en complet décalage : quelque chose de constructif et d'utile à tous qui serait produit par un parti politique, c'est possible ? Soit il y a une arnaque quelque part, soit le fonctionnement d'un parti a bien changé. Il y a sans doute des deux. Il doit y avoir au sein du parti un petit noyau novateur, qui a réussi à mener à bien un projet parce que les autres n'y comprenaient rien mais se sentaient obliger d'aligner l'argent. Mais derrière, je sens les arrière-pensées. L'outil est parfait pour le travail militant, pour le recrutement, en faisant venir les gens par des projets, des actions. Au début, on ne parle pas de carte à l'UMP, d'élections, de places à prendre (choses qui passionnent les militants mais font fuir les autres) mais actions concrètes. C'est un bon moyen pour des nouveaux de se faire connaitre positivement, de faire leurs preuves comme leaders. Cela peut être un véritable piège pour les hiérarques locaux, car c'est une voie d'ascension dont ils ne contrôlent pas les clés. Plus que les critiques de leurs projets, c'est le risque de voir émerger des concurrents de leur propre camp ayant fait leurs preuves qui pourrait déranger les élus UMP. le siège parisien jouerait la base contre les notables. Le contrôle de l'outil, par la mise en valeur de certains projets par rapport à d'autres, sera certainement exploité au mieux des intérêts de l'UMP.

Je n'ai pas encore arrêté mon jugement définitif sur l'intérêt de ce site et de sa démarche. Il peut finalement se révéler être un échec ou une déception, soit parce que mal conçu ou parce que n'ayant pas "rencontré son public" (par la faute du public ou de ceux qui gèrent et animent le site). Il est clair qu'il franchit une étape dans l'usage de l'internet. Le but est militant, mais rien n'interdit de le reproduire à plus petite échelle, sur des sujets plus ciblés et auprès des publics pertinents.

jeudi 7 janvier 2010

La mort de Philippe Seguin

C'est toujours un choc de voir disparaitre aussi brutalement une "figure" de la vie politique française. La mort de Philippe Seguin est pour moi un choc et une vraie tristesse.

Certes, l'homme n'était pas d'un tempérament commode, et nombre de ses collaborateurs en ont bavé. Il était cyclothymique, colérique, égocentrique. Bref, un homme politique de haut niveau normal. Mais il savait aussi être un redoutable séducteur, capable de mettre n'importe qui dans sa poche s'il le voulait.

Il a aussi été un homme politique de convictions, sachant incarner des valeurs et des idées. Et ça, c'est un espèce de plus en plus rare. C'est à mon avis le dernier à avoir été capable d'être à la fois un homme de convictions fortes et en même temps un rassembleur, capable d'être autre chose qu'un leader de chapelle. Il incarnait une droite gaulliste "sociale", c'est à dire acceptable, sur certains points, pour des gens de gauche. Séguin a du être plus proche de Chevènement que de Madelin, par exemple.

Il a été un grand président de l'Assemblée nationale. C'est à lui que l'on doit quelques révolutions internes comme la fin des délégations générales de vote, ne permettant plus qu'une délégation par député. Il faut donc que la majorité soit effectivement présente dans l'hémicycle et en commission pour l'emporter. Il a aussi été un excellent premier président de la Cour des Comptes, en donnant, grâce à son autorité personnelle, une dimension politique à ses travaux, en n'hésitant pas à taper fort quand il estimait que les bornes étaient dépassées.

Il a aussi été un perdant magnifique, que ce soit en 1999 lors de son départ de la présidence du RPR ou en 2001 après sa défaite aux municipales à Paris, sachant admettre ses défaites et en tirer les conséquences, en partant tout de suite, avec une flamboyance très gaulienne, et en passant à autre chose sans revenir sans cesse sur le passé. Seguin n'aurait jamais été un has been comme on en croise tant dans les couloirs du parlement. Il avait de la classe, de la personnalité, savait pousser de vrais coups de gueule. Un véritable animal politique, doté d'un grand sens de l'Etat avec un vision haute de la vie politique qu'il s'est appliquée à lui-même.

La disparition de Seguin, c'est à la fois un chêne qu'on abat, mais aussi la disparition d'un dinosaure. Vous vous rendez compte : un homme politique compétent, qui a des convictions, qui les défend et qui est capable de leur sacrifier sa carrière. Des comme ça, on en fait plus (et c'est vraiment très dommage).

mercredi 6 janvier 2010

Report de la Taxe Carbone

Finalement, la taxe carbone, ce sera le 1er juillet. Nicolas Sarkozy vient de l'annoncer. Cela fait dire à certains (qui veulent sans doute faire la démonstration de leur indépendance intacte) qu'il s'agit d'un nouveau désaveu de Fillon par Sarkozy.

En fait, le délai annoncé par Fillon le 29 décembre, juste après l'annulation de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel n'était tout simplement pas tenable. Il fallait que le texte soit envoyé au Conseil d'Etat le 9 janvier dernier délai, pour un passage en conseil des ministres le 20 janvier. Dès le début, tous les spécialistes se sont demandé comment Bercy allait faire. Visiblement, Bercy n'a pas su faire. Et heureusement, car je n'ose imaginer ce qu'aurait donné un texte préparé dans une précipitation pareille. Déjà qu'en temps normal, quand ils ont le temps, c'est déjà pas triste. Mais alors là...

L'erreur, si jamais erreur il y a eu, serait venue de Fillon qui n'aurait pas du s'avancer sur une date. Mais pouvait-il, politiquement, faire autrement. Le coup porté par le conseil constitutionnel a été rude et surtout, inattendu. Il fallait une réponse forte, prouver que la détermination du gouvernement était intact. Et pour cela, affirmer que le projet était toujours d'actualité ne suffisait pas. Il fallait donner un calendrier. Sauf qu'il y a les régionales, et que le seul créneau pour que cela soit voté avant les régionales (ou au moins que l'examen ait commencé au parlement) impliquait que cela passe en février, donc examen en conseil des ministres le 20 janvier. Coincé entre une contrainte technique et une contrainte politique, le choix a été fait de privilégier le politique, car le but était d'allumer un contrefeu médiatique immédiat.

Dans cette affaire, je suis certain que le président et le premier ministre ont travaillé main dans la main depuis l'annonce de l'annulation de la taxe carbone. Il n'y a donc pas désaveu de l'un par l'autre, simplement rectification. Fillon ayant fait l'annonce initiale, cela aurait fait encore plus désordre que ce soit lui qui fasse le correctif.

mardi 5 janvier 2010

Que reste-t-il de la DADVSI ?

Les deux lois Hadopi ont pas mal chamboulé le livre III de la partie législative du code de la propriété intellectuelle. A la lecture du décret de création de l'hadopi, j'ai constaté qu'il "écrasait" les dispositions règlementaires relatives à l'Autorité de Régulation des mesures techniques de protection. J'ai donc voulu y voir un peu plus clair sur ce qu'il restait de DADVSI concernant les aspects internet.

Les dispositions concernant les mesures techniques, leur définition et leurs limites n'ont pas beaucoup évolué. La numérotation des articles a changé, mais le fond reste le même.

Pour l'application de ces dispositions, la loi Hadopi 1 a fait les transferts nécessaires, en donnant à l'hadopi les compétences concernant les mesures techniques de protection (articles L. 331-31 et L.331-32) . Au passage, on constate que la mission de l'hadopi devient favorable à l'interopérabilité, car l'arme est maintenant tournée vers les détenteurs de droits. En effet, l'article L.331-32 donne pouvoir à l'hadopi pour les contraindre à donner les renseignements nécessaires pour assurer l'interopérabilité. Le président de l'hadopi peut saisir l'autorité de la concurrence s'il estime qu'il est fait un usage des mesures techniques de protection dans le but d'entraver la concurrence. Il faudra quelques décrets pour mettre cela en musique.

Par contre, même si les articles sanctionnant la détention et l'usage de logiciels destinés à cracker les protections existent toujours, l'hadopi n'a aucune mission spécifique de les faire appliquer et de poursuivre les pirates des mesures techniques. Sur ce plan là, l'hadopi a exclusivement un rôle de protection des utilisateurs contre les abus des mesures techniques de protection. La mission principale étant autre, je doute que l'hadopi aille s'aventurer sur ce terrain. Elle n'aurait, de toute manière, pas "intérêt à agir" puisque son rôle porte sur la contrefaçon.

A force de censures constitutionnelles, de changements législatifs multiples et mal coordonnés, de décrets qui ne sortent jamais, on se rend compte qu'il ne reste plus grand chose de DADVSI. Et ce qui en reste serait plutôt à l'avantage des consommateurs et des internautes.

Ecolo, sauf quand je suis directement concerné

Cécile Duflot est un personnage politique assez intéressant, car elle colle complètement à son électorat. Elue verte d'Ile-de-France, elle est très représentative des bobos, qui sont son électorat de base, et notamment de leurs contradictions.

Deux exemples récents : Madame Duflot fait savoir à grand renfort de communiqués de presse qu'elle se rend à Copenhague en train plutôt qu'en avion, pour des raisons de lutte contre le réchauffement climatique et qui, pour être présente sur un plateau télé, revient dare-dare en avion. Et dans la foulée, cette bonne dame ne trouve pas mieux comme lieu de vacances que les Maldives.

Le beurre et l'argent du beurre. Le confort de la vie dans un pays très riche (avec toutes les nuisances que cela engendre pour la planète) avec la bonne conscience de celui qui pense "agir pour l'environnement". Ce n'est guère tenable ! Le problème, c'est notre mode de vie occidental. Il y a un certain nombre de choses à changer. Pas seulement ne plus manger des cerises en hiver, mais revoir notre consommation d'énergie. Et pour ça, pas de mystère, il faut que cela coute plus cher. C'est là et seulement là que l'on fait les arbitrages et qu'on renonce à certaines choses. Un doublement du prix des billets d'avion ne me dérangerait pas. On se déplacerait moins loin, notamment pour ses loisirs. Quel besoin d'aller aux Maldives ou dans l'himalaya ?

On peut taper sur Cécile Duflot, c'est amusant mais ça occulte le vrai problème : des Cécile Duflot, il y en a plusieurs centaines de milliers en France. Combien sont prêts à raccourcir le temps passé sous la douche, à renoncer au lave-vaisselle, aux fruits exotiques ou hors saison, aux écrans plasma ? Ce n'est franchement pas grand chose en terme de perte de qualité de vie, mais rien que ça, déjà, on ne le fait pas. On se dit écologiste quand il s'agit des décisions collectives, mais dès qu'il s'agit de notre petit confort personnel, le souci écologique s'évapore comme par enchantement.

lundi 4 janvier 2010

Prendre un décret sous astreinte

Le conseil d'état vient de rendre une décision à la demande de plusieurs conseils généraux (dont celui de Saône-et-Loire et celui de Seine-Saint-Denis) qui oblige l'Etat à leur verser les sommes nécessaires pour compenser des dépenses imposées par une loi de 2007 sur la protection de l'enfance.

Le gouvernement se basait sur l'absence de décret pour ne pas verser l'argent. Sauf que c'est à lui qu'il revenait de prendre ce décret. Le Conseil d'Etat a bien vu le coup et a déclaré que l'Etat avait dépassé le délai raisonnable pour prendre un décret qui ne posait pas de difficulté particulière. Il a donc ordonné au Premier Ministre (théoriquement président du Conseil d'Etat) de prendre ce décret dans un délai de 4 mois, sous astreinte de 500 euros par jour de retard. Pour bien marquer le coup, le Conseil d'Etat a condamné l'Etat à verser 100 000 euros d'indemnisation au conseil général de Saône-et-Loire. On ne plaisante pas.

Cette décision ouvre des perspectives intéressantes pour une meilleure application des lois. Si l'absence d'un décret vous porte préjudice et vous empêche de bénéficier de droits que vous offre la loi, saisissez le ministre par lettre recommandée avec AR pour lui demande de prendre ce décret. Attendez deux mois pour constater l'absence de réponse et donc la décision de rejet implicite et saisissez la justice administrative pour qu'elle annule cette décision implicite du ministre. Même si vous perdez votre procès, vous saurez pourquoi le décret n'a pas été pris, et dans certains cas, c'est cette information qui est pertinente et utile. Et ça ne vous coutera que 3000 euros (les frais de procédure)

dimanche 3 janvier 2010

No branquignols day

Une bande de branquignols, dont on ne connait ni le nom, ni l'appartenance (ils ne donnent ni l'un ni l'autre sur leur site) ont décidé de copier nos voisins italiens et leur "no Berlusconi day" en lançant un "no sarkozy day". Je trouve l'initiative profondément puérile et irresponsable.

Cette initiative m'agace au plus haut point, car je sens que derrière, il y a une grosse manipulation. Taper sur Sarkozy, ça ne peut être qu'efficace, tant le personnage est clivant et agace. Réunir beaucoup de signatures sur "Sarkozy m'énerve", ce n'est pas franchement compliqué, surtout quand ça prend le temps d'un clic sur facebook. Mais visiblement, ça suffit pour qu'on en parle et que cela devienne un sujet. Ca me désole un peu, mais comme c'est devenu un sujet (comme Avatar), j'en parle.

Par ce genre d'initiative, on focalise l'action politique sur une personnalité et sur son rejet. Deux voies d'entrées que je récuse. La politique, c'est d'abord des idées, des propositions constructives. Certes, il y a aussi les personnalités qui porteront les idées et conduiront l'action, mais les propositions constructives doivent préexister. Aucune personnalité politique ne doit être irremplaçable. c'est à cela que l'on reconnait une dictature, quand le chef se proclame irremplaçable. On en est loin en France.

Qui est derrière tout ça ? Quand une initiative est anonyme, elle vient en général de l'extrême gauche. J'ai souvent remarqué qu'ils se cachaient derrière l'anonymat ou des appellations du genre "collectif de..." sans citer le moindre nom connu qui permette de les situer. Bien souvent aussi, ce sont des initiatives négatives, de contestations, de refus, de blocage. L'extrême gauche ne sait faire que ça, car son but, c'est de mettre le maximum de bazar. N'oublions jamais qu'ils veulent la "Révolution", que si cela arrive, ce ne sera ni calme, ni gentil. Le pire, c'est que j'ai l'impression que de plus en plus, ils ne savent même plus pourquoi il faut faire la révolution. Ou alors, ils se gardent bien de le dire, ce qui est la négation même de la démocratie et de ses processus de décisions. Que ces gens là aient encore du soutien et suscitent de la sympathie me sidère. J'y vois une preuve d'immaturité politique.

Ce "no sarkozy day" est typique de cette immaturité : on se focalise sur une personne et on ne propose rien de positif. C'est facile à monter, ça rapporte un maximum en terme de visibilité médiatique (parce que c'est facile à traiter pour les médias). On accentue les clivages, on creuse les fossés en excitant les imbéciles qui ne voient de la politique que sa surface médiatique et ça, ce n'est pas bon pour notre démocratie. S'associer à cette initiative relève de l'irresponsabilité politique. Mais bon, les idiots utiles existeront toujours et les extrêmes ont toujours été très forts pour les utiliser.