Le choix de Malek Boutih pour diriger la Halde est redoutablement pertinent. Surtout vu les buts poursuivis par Sarkozy, qui gagne sur tous les tableaux.

Premier gain, l'ouverture. Un arabe, et membre du PS en plus. Et ancien président de SOS-Racisme. La plus belle prise depuis bien longtemps. Faire circuler le nom avant la nomination, c'est un moyen de rentabiliser au maximum l'effet médiatique. Là dessus, c'est du grand art. Et en plus, certains membres de l'UMP en rajoutent pour rendre cette nomination encore plus "généreuse", donnant à Sarkozy l'image d'un progressiste, capable de s'élever au dessus de la vision mesquine d'une partie de sa majorité.

Deuxième gain, c'est le meilleur moyen d'affaiblir la Halde, prélude à sa suppression et au rattachement de ses compétences au nouveau défenseur des droits. Et là, Boutih est vraiment le candidat idéal. Nommer un "discriminé" à la tête d'un organisme chargé de lutter contre les discriminations, c'est faire perdre une bonne partie de sa crédibilité à cette institution. La Halde a émergée car justement, son premier président était tout sauf quelqu'un pouvant être un jour dans le rôle du plaignant. Autre avantage de Boutih, il est totalement isolé : aucun réseau à droite, plus rien à gauche. Le jour où il faudra défendre la Halde, il sera tout seul avec son sabre de bois. C'est l'anti-Schweitzer absolu, qui lui est un homme de réseau (cumulard absolu), avec un carnet d'adresses absolument fabuleux, et qui a su parer efficacement toutes les attaques contre la Halde (et notamment des amputations de budget).

Malek Boutih serait bien bête d'accepter ce piège qui lui est tendu.