Un certain nombre de députés ont obtenu du gouvernement qu'il mette à l'ordre du jour, en 2011, la révision de la fiscalité du patrimoine. En clair, on va vers la suppression de l'ISF. Politiquement, ce sera un atout majeur pour Sarkozy en 2012.

Bien entendu, Sarkozy ne va pas proposer une simple suppression de l'ISF. Ce sera un paquet groupé, avec des "compensations" comme la suppression du bouclier fiscal, qui de toute manière, n'est plus utile s'il n'y a plus l'ISF, comme une augmentation de la fiscalité des revenus du patrimoine et l'instauration d'une tranche supplémentaire d'impôt sur le revenu (il faut bien compenser les pertes de recettes fiscales). Cela ne va pas être évident pour l'opposition de se positionner.

Un argument fort milite, à mon sens, pour la suppression de l'ISF. Il s'agit d'un impôt sur le stock, alors qu'une bonne fiscalité doit porter sur les flux. Quand vous regardez bien les différents impôts ou taxes, il s'agit à chaque fois ou presque de péages : la TVA, les impositions sur les revenus (que ce soit du travail, du capital...). Le problème de l'ISF, c'est qu'il taxe un stock, et que si ce stock ne génère pas de revenus suffisants pour acquitter les impôts pesant sur ce stock, il y aura appauvrissement du détenteur de ce stock. On peut, politiquement, soutenir ce type d'impôt comme étant une incitation à rendre un stock productif de revenus. Mais se pose alors le problème de la résidence principale, qui étant occupée par son propriétaire, ne génère pas de revenus. Il y a en tout cas un vrai débat de fond.

Le débat de juin 2011 ne se limitera pas à ça, et sera hautement politique. L'argument contre cette réforme affirmant que l'on allège l'impôt des "riches" va être contré par les augmentations d'autres impositions qui ne visent que les "riches". Tout va dépendre de ce que le gouvernement décidera de ce coté là. Et surtout, il y a la disparition du bouclier fiscal, symbole honni par la gauche. Là aussi, il va falloir que la gauche soit habile dans sa communication pour qu'une partie de ses troupes ne se satisfasse de cette mesure, et ayant eu un scalp, ne soit moins combative. A force d'avoir fait une fixation sur ce bouclier fiscal, pas évident de dire que sa suppression n'est qu'un nuage de fumée et que l'important se passe ailleurs.

L'important, pour gagner, c'est de mobiliser son électorat. Inutile de vous dire qu'auprès du coeur de l'électorat UMP, la suppression de l'ISF fera oublier bien des choses, et un certain nombre de grognons de 2010, iront mettre avec enthousiasme un bulletin "Sarkozy" dans l'urne en 2012.