Je viens de parcourir la première promotion de légion d'honneur d'un gouvernement de gauche. Je dois dire que je suis très agréablement surpris. Tout d'abord, il y a une nette diminution du nombre de médailles distribuées. Je ne peux qu'approuver, tant j'estime qu'on donne des médailles à des gens qui ne les méritent pas plus que ça. La légion d'honneur, c'est pour des mérites vraiment exceptionnels ou des personnalités remarquables. Même si est encore loin du nombre que j'estime optimal, il y a un net progrès.

Deuxième avancée très remarquable, il n'a pas été fait usage du "décret coupe-file", mis en place par Sarkozy, permettant de faire passer directement certaines personnes de rien à officier, voire commandeur, alors que la règle impose de monter grade par grade, avec des délais entre deux promotions. Dans cette promotion du 14 juillet 2012, tout le monde a respecté les délais, même si parfois, on est juste. Il faut trois ans entre grand officier et grand croix. Les deux grand croix de cette promotion sont des grand officiers de 2009 (ce qui n'enlève rien à leurs mérites). On met fin à une dérive scandaleuse dans la course à l'échalote.

Troisième avancée, un bon nombre de ministres ont effectivement récompensé des gens qui le méritaient, et surtout, qui entraient dans le champ de leurs compétences. Trop souvent, sous l'ancien gouvernement, on avait des coucous, c'est à dire des personnes dont on se demandait bien quel lien elle avait avec les compétences du ministères qui les récompensaient. En fait, il s'agissait souvent de copinages. Il en reste encore, mais dans beaucoup de cas, ils restent marginaux.

Et puis il y a la tache sur ce beau tableau, le quota de Cécile Duflot, qui est un scorie de l'époque Sarkozy, où les décorations honorifiques servent à récompenser les copains et les obligés. Déjà, elle a eu un beau quota, 2 croix d'officier et 28 croix de chevalier. On trouve un concentré de militants verts, d'élus de la région parisienne et de responsables d'office HLM de région parisienne. Bien entendu, ce qui saute tout de suite à la figure, c'est le nom de Dominique Voynet. Mais on trouve aussi Catherine Calmet-Reberioux, secrétaire générale du groupe Vert au conseil régional d'Ile-de-France, Jean-François Caron, maire Vert de Loos-en-Gohelle dans le Nord, Jean Malet, conseiller régional vert et maire de Mezy-sur-Seine, Maryse Oudjaoudi, militante et candidate verte dans l'Isère aux dernières législatives, Michèle Rivet, vice présidente verte du conseil régional du Centre. A coté d'eux, des élus de gauche d'Ile-de-France : l'adjoint au logement de la ville de Paris, la maire de Saint-Ouen, le maire d'Arceuil, un adjoint au maire de Saint-Denis. Et puis quelques personnalités du monde du logement "social" dont la directrice générale de la SIEMP, la société d'économie mixte immobilière de la ville de Paris, mais aussi le directeur général de l'établissement foncier d'ile de France (et ancien directeur de cabinet d'un ministre socialiste du logement). Dans le lot, assez peu de provinciaux, et une bizarrerie statistique, deux personnes de Châteauroux, une conseillère générale socialiste et la présidente de la ligue des droits de l'homme. On se demande qui, dans le cabinet de Cécile Duflot, vient de l'Indre (on vient de me donner la réponse, c'est Manuel Flam, directeur de cabinet, et secrétaire fédéral du PS dans l'Indre). Inutile de vous dire qu'il n'y a pas la moindre trace de gens de droite dans l'ensemble des médaillés du quota de Cécile Duflot. Tristement révélateur de la manière de faire de la politique chez les Verts...

J'espère que le mouvement d'ensemble continuera et que les ministres qui n'ont pas compris que le changement sur l'attribution des décorations, c'est maintenant, l'auront compris pour la prochaine fois.