Je viens de tomber sur cette interview de Karine Berger, députée PS des Hautes-Alpes. Je vous recommande de la lire, en ayant à l'esprit que c'est une vraie interview, par une parodie. Parce qu'en la lisant, j'ai immédiatement pensé au Gorafi, qui me fait régulièrement bien rire.

Cette députée, par ailleurs techniquement compétente, m'a l'air d'avoir complètement quitté la terre, avec un melon énorme : "Beaucoup m'abordent en me disant : "On parle énormément de vous."", "Au mois de novembre, je me suis aperçue que je n'avais plus dîné avec des amis depuis mon élection. Et ce soir-là, je suis appelée par Matignon et le Premier Ministre, j'ai dit non", "Je suis une vraie intellectuelle, alors le plaisir de découvrir de nouvelles choses est enraciné en moi", "Effectivement, je suis l'un des députés les plus visibles. J'ai le sentiment surtout d'être extraordinairement influente dans l'équilibre croissance - austérité. Ma voix a fortement porté et le Président de la République l'a entendue" ou encore "J'avoue que cette capacité à faire bouger les lignes dès la première année de mon élection a sans doute surpris... C'est aussi le fruit de ma motivation, de mon ambition et de mon énergie". C'est juste à pisser de rire. En même temps, c'est un peu inquiétant d'avoir des élus comme elle, car elle ne doute de rien. C'est de ce bois qu'on fait les apparatchiks et les ayatollahs...

Immédiatement, un compte twitter parodique a été créé. Il n'a pas eu de mal à trouver de la matière, il lui suffisait de se caler sur le ton de l'interview et d'en donner quelques citations. Immédiatement, la vraie Karine Berger, qui visiblement, ne sait pas encore ce qu'est un effet Streisand, tente de faire bloquer le compte en inondant twitter de messages indiquant qu'elle va engager des poursuites. En cela, elle montre une absence totale d'humour, qui est très cohérent avec le personnage imbu d'elle-même que Karine Berger donne dans cette interview. Elle va sans doute avoir une belle déconvenue car ce compte parodique, qui se présente comme tel (c'est important), ne viole aucune loi, et en plus, est réellement drôle. Quand on lit la vraie interview, on se dit qu'il s'agit d'un réflexe démocratiquement sain, destiné à aider Karine Berger à redescendre sur terre à et ramener ses chevilles à un diamètre "normal". Quand on est un personnage public, une élue, il est normal d'être soumis à la critique, même si cela ne fait pas plaisir. Quand en plus, il y a réellement matière à parodie, car l'élu dépasse les bornes, c'est presque une obligation citoyenne...