Les parlementaires UMP, et notamment les sénateurs, ont fait entendre une certaine grogne lors des journées parlementaires de l'UMP, ce week-end à Strasbourg.

Oh bien sûr, ce n'est pas la révolte ouverte, cela ne se fait pas. Mais les signaux sont suffisamment forts pour qu'il faille en tenir compte. Premier élément, les parlementaires ne sont pas restés en masse pour écouter le premier ministre. C'est vrai qu'arrivés pour la plupart le jeudi soir, il aurait fallu autre chose (exemple un discours de Sarkozy) pour qu'il reste jusqu'au samedi. Deuxième élément, le fait que certains ténors, dont Josselin de Rohan, président du groupe au Sénat, se soient permis de lancer des piques. Certes, c'est un chiraquien pur et dur, mais pour qu'il ose sortir du bois et tirer quelques coups de chevrotines, c'est qu'il a senti un vent favorable.

Le vent souffle aussi du coté de l'UMP, que j'aurais été le premier à considérer comme en hibernation. Voilà que Patrick Devedjian s'y met. Certes, il vient de prendre officiellement la tête de l'UMP comme secrétaire général en titre, et il faut qu'il fasse un peu parler de lui et justifie le caractère "non fictif" de son nouvel emploi. Mais pour un ancien RPR, proposer que le parti soit un organe de contrôle de l'action du gouvernement, voire un contre pouvoir, c'est franchement osé. François Fillon semble avoir moyennement apprécié.

Et il y a des raisons de grogner. Je vois avec satisfaction que mes craintes sur la banalisation des réformes constitutionnelles sont partagées en haut lieu. Le rythme imposé par Nicolas Sarkozy est véritablement endiablé, et il en rajoute en annonçant que le train d'enfer de la session extraordinaire de juillet dernier, ce n'était rien à coté de ce que vont devoir subir les parlementaires. C'est vrai qu'avec tous les chantiers lourds lancés en septembre, je ne sais pas comment la machine politico-administrative va suivre. Si Sarkozy peut virer les ministres qui ne vont pas assez vite à son goût, il aura du mal à faire de même avec les parlementaires, à moins de dissoudre. Sur ce point, si les parlementaires ne sont pas écoutés, cela va clasher. Ils ont maintenant les yeux rivés sur les municipales et les cantonales de mars 2008. Beaucoup de cumulards ont prévu un service minimum à Paris jusqu'à cette date, et se sont même organisés en fonction de cette échéance (pas de collaborateur à Paris et tout le monde sur le terrain). Si jamais un ministre sans trop d'expérience parlementaire arrive avec un projet un peu controversé ou impopulaire, et de surcroit mal ficelé, il risque de se prendre un camouflet à la RDDV sur le projet DADVSI. Les parlementaires se lâchent et votent un amendement qui met complètement en l'air le projet de loi. Je sens cela venir...

Il semble qu'à l'Elysée, on ait pris la mesure du flottement. Les parlementaires de la majorité sont en effet invités à un cocktail (une invitation pas prévue qui arrive deux jours avant), mercredi prochain, rue du faubourg Saint Honoré. Convocation d'élèves indisciplinés dans le bureau du proviseur ?