Le gouvernement a décidé de mettre fin aux spécificités des régimes spéciaux de retraites, enfin du moins, de supprimer les avantages apparaissant les plus indus. On ne peut que se féliciter de cette remise à plat. Parmi les régimes spéciaux, il y a celui des députés. Il apparaissait normal que les députés se soumettent à la règle qu'ils s'apprêtent à édicter pour les autres. C'est chose faite, les questeurs de l'Assemblée nationale ayant lancé la réflexion lors de leur dernière réunion.

J'ai une petite pensée pour tous les ignorants et les manipulateurs (ceux qui savaient mais sont de mauvaise foi) qui affutaient les couteaux et se préparaient à brailler après ces députés intouchables, que le gouvernement n'osait pas attaquer de front. Il y avait d'abord les gesticulations pitoyables des centristes, avec leur résolution. Jean-Christophe Lagarde, qui a été vice-président de l'Assemblée nationale, sait comment cela fonctionne. Il était au courant que la question serait bientôt abordée devant le seul organe compétent pour régler ce sujet. Lui et ces petits camarades du nouveau centre n'ont pas pu s'empêcher. Il faut bien se faire mousser comme on peut, et c'est encore mieux quand c'est sans risque. On joue alors la mouche du coche, celle qui s'agite et qui fait croire que sans elle, rien ne serait arrivé. J'ai l'impression que le Nouveau Centre va nous jouer souvent ce numéro dans les cinq prochaines années.

Je pense aussi à mes gauchistes préférés, qui ne se cachent même pas de faire de la propagande. Un bon journaliste se serait renseigné sur la raison pour laquelle le régime de retraite des parlementaires n'était pas mentionné dans le projet de décret. On lui aurait dit que la séparation des pouvoirs interdisait au gouvernement de prendre la moindre décision concernant les parlementaires, et que tout cela relevait exclusivement des instances de chaque assemblée. Il aurait alors passé un coup de fil à la questure, pour savoir ce qui était en préparation sur le sujet. On lui aurait certainement confirmé que quelque chose était dans les tuyaux. Mais ça n'aurait pas cadré avec la ligne éditoriale et encore moins avec le ton qu'il voulait donner à l'article...