Souvent, dans les séances de nuit, on titille l'adversaire, avec humour, et celui-ci répond, souvent avec autant d'humour. Cela fait un peu de détente. Je vous livre ici une petite passe d'armes entre Louis Giscard d'Estaing et Jean-Pierre Brard, qui a eu lieu mercredi dernier, en séance de nuit.

Louis Giscard d'Estaing défend son amendement 180 (copie de celui qui a été adopté sur les OGM en zone d'AOC). Il évoque la mission d'information sur les OGM, dont Jean-Pierre Brard ne faisait pas partie : "Mais il est à noter que certains d’entre vous, également présents, n’en faisaient pas partie, tel notre collègue Jean-Pierre Brard, qui s’est exprimé tout à l’heure. Il est vrai qu’il a été récemment victime d’un fauchage – fut-il volontaire ou involontaire ? – dans son pré carré de Montreuil. (Rires sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire et du groupe Nouveau Centre.)"

Jean-Pierre Brard, qui ne se laisse pas titiller comme cela lui réplique : "J’apprécie les gens d’esprit, monsieur Giscard d’Estaing. Vous me permettrez cependant de trouver que vous ne manquez pas d’air en défendant un tel amendement après avoir rejeté celui de Delphine Batho. (« Eh ! oui » sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.) Vous êtes certainement un cousin éloigné de Janus. Pour en revenir aux faucheurs, il est vrai que j’ai été récemment victime d’un accident d’agriculture, fauché que je fus par un outil de contrebande qui tirait à droite. (Rires.) Car cet exercice n’a réussi que grâce au renfort de vos électeurs. (Protestations sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.). Pour ce qui me concerne, je n’ai jamais accepté de devoir la victoire à l’appui de l’adversaire, et j’aimerais qu’on se le rappelle ! (Exclamations sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)"

Au passage, l'ancien maire de Montreuil égratigne sa remplaçante, qui était ministre de l'environnement au moment de l'élaboration de la directive européenne sur les OGM : "Monsieur Borloo, c’est une erreur de mettre en cause Yves Cochet, d’abord parce que vous savez qu’il n’a jamais agi à rebours de ses convictions. Et surtout, quand la directive de 2001 fut prise, il n’était pas ministre ! (Exclamations et rires sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.) Il n’a donc pas pu trahir ses convictions. Comme je laisse à M. Cochet celui de vous dire qui était la faucheuse ! (Rires et applaudissements sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire et quelques bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.) Eh oui, la faucheuse a contribué à l’élaboration de cette directive. C’est que, quand on a l’ambition du pouvoir, on n’hésite pas à s’asseoir sur ses convictions. (Rires sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)"

Un peu plus loin dans la discussion, Jean-Pierre Brard renvoie la politesse à Louis Giscard d'Estaing. Alors que le rapporteur, Antoine Herth évoque le Puy-de-Dôme, Brard a cette réplique malicieuse "On n’y trouve même plus de châtelains !" faisant allusion à la vente du château de Chanonat par VGE. Son collègue François Brottes en rajoute une couche : "Mais il y a des châteaux à vendre !". Faut pas le chercher Jean-Pierre...