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vendredi 7 décembre 2007

Dosière ne lache rien

René Dosière s'est spécialisé dans le suivi du budget de l'Elysée. Pendant tout le mandat de Jacques Chirac, il a cherché à reconstituer le budget réel de l'Elysée, selon lui largement sous évalué. Bien que très seul dans son combat, il avait raison et a finit par triompher lorsque Nicolas Sarkozy a décidé d'en finir avec l'hypocrisie.

Pour autant, son combat n'est pas terminé, parce que s'il est transparent, Nicolas Sarkozy n'en est pas moins gourmand. René Dosière continue donc son oeuvre de recherche patiente d'information, pour permettre à tous les militants gauchistes d'avoir un peu de contenu à leur dénonciation un peu creuse de la "Droite Bling-bling". Voici le texte de sa question écrite n° 12156, publiée le 4 décembre 2007 :

M. René Dosière souhaite obtenir de M. le Premier ministre les précisions suivantes concernant le récent voyage officiel du Président de la République en Chine : 1. Nombre de personnes ayant participé à ce voyage, en distinguant le personnel administratif, technique et de service assurant l'accompagnement du Président de la République, les ministres et leurs proches collaborateurs, les chefs d'entreprises participant à ce déplacement, les journalistes accrédités, les invités du Président ; 2. Pour chacune de ces catégories de personnes, préciser les modalités concrètes ainsi que le coût du déplacement (flotte aérienne de l'ETEC ou autres) ; 3. Pour chacune de ces catégories de personnes, indiquer qui prend en charge l'hébergement sur place (gouvernement chinois, présidence de la République, ministères, ambassade de France, entreprises...) ainsi que le coût de cet hébergement ; 4. À l'occasion de ce déplacement, préciser si les repas offerts par le Président de la République ont nécessité le transfert de personnels et de matériels de cuisine en provenance de l'Élysée.

Je me posais exactement les mêmes questions.

Faire monter les cours

Chez Nicolas Sarkozy, la comm' semble plus importante que l'action concrète. Quand il doit choisir entre l'efficacité médiatique et l'efficacité réelle, bien souvent, il privilégie la première. Deux exemples récents tendent à m'amener vers cette conclusion.

Sur les ventes d'actions EDF, le fait d'annoncer l'opération à la télévision, quelques jours avant, a sans doute joué fortement sur le résultat financier assez décevant. Quand on lance sur le marché un tel paquet de titres, cela crée des distorsions et des remous, à très court terme, mais quand on peut en jouer sur des volumes importants, la plus value est sympathique. Les traders jouent justement sur cela, sur des variations de cours dans une même journée. Vous pensez bien qu'une opération à 3 milliards d'euros, il n'ont du penser qu'à ça pendant deux jours, la main crispée sur la souris pour passer les ordres dans la micro seconde. Résultat, une moindre rentrée de fonds pour l'Etat, qui a moins vendu que prévu, et à un cours plus faible. A 130 millions d'euros, c'est l'opération de communication politique la plus chère de l'histoire, mais bon, c'est l'Etat (donc le contribuable) qui paie, notre président semble s'en foutre éperduement.

Et voilà maintenant qu'il recommence avec l'icone médiatique Ingrid Betancourt. Le sujet étant revenu à la mode suite au teaser fourni par les FARC (bien dégoulinant d'émotionnel), il fallait que Super-Nicolas se positionne et apparaisse comme le héros qui enverrait quelqu'un (vu que Madame n'est plus là, il va envoyer qui, sa mère ?) chercher Ingrid Betancourt enfin libérée alors que tout le monde a échouer. Pour cela, il sort les grands moyens, comme il sait si bien le faire pour se mettre en valeur. Résultat immédiat, le cours de l'Ingrid Betancourt se met à flamber, les FARC demandant un prix plus élevé. Mais cela, Sarkozy s'en moque, une fois de plus, ce n'est pas lui qui paye. Ce que demandent les FARC, c'est la libération de prisonniers, c'est donc le président Colombien qui va se voir présenter la facture, alors que c'est Nicolas Sarkozy qui va s'octroyer la gloire médiatique. Un scénario à la libyenne en quelque sorte.