mardi 5 janvier 2010
Que reste-t-il de la DADVSI ?
Par Samuel, mardi 5 janvier 2010 à :: Politique
Les deux lois Hadopi ont pas mal chamboulé le livre III de la partie législative du code de la propriété intellectuelle. A la lecture du décret de création de l'hadopi, j'ai constaté qu'il "écrasait" les dispositions règlementaires relatives à l'Autorité de Régulation des mesures techniques de protection. J'ai donc voulu y voir un peu plus clair sur ce qu'il restait de DADVSI concernant les aspects internet.
Les dispositions concernant les mesures techniques, leur définition et leurs limites n'ont pas beaucoup évolué. La numérotation des articles a changé, mais le fond reste le même.
Pour l'application de ces dispositions, la loi Hadopi 1 a fait les transferts nécessaires, en donnant à l'hadopi les compétences concernant les mesures techniques de protection (articles L. 331-31 et L.331-32) . Au passage, on constate que la mission de l'hadopi devient favorable à l'interopérabilité, car l'arme est maintenant tournée vers les détenteurs de droits. En effet, l'article L.331-32 donne pouvoir à l'hadopi pour les contraindre à donner les renseignements nécessaires pour assurer l'interopérabilité. Le président de l'hadopi peut saisir l'autorité de la concurrence s'il estime qu'il est fait un usage des mesures techniques de protection dans le but d'entraver la concurrence. Il faudra quelques décrets pour mettre cela en musique.
Par contre, même si les articles sanctionnant la détention et l'usage de logiciels destinés à cracker les protections existent toujours, l'hadopi n'a aucune mission spécifique de les faire appliquer et de poursuivre les pirates des mesures techniques. Sur ce plan là, l'hadopi a exclusivement un rôle de protection des utilisateurs contre les abus des mesures techniques de protection. La mission principale étant autre, je doute que l'hadopi aille s'aventurer sur ce terrain. Elle n'aurait, de toute manière, pas "intérêt à agir" puisque son rôle porte sur la contrefaçon.
A force de censures constitutionnelles, de changements législatifs multiples et mal coordonnés, de décrets qui ne sortent jamais, on se rend compte qu'il ne reste plus grand chose de DADVSI. Et ce qui en reste serait plutôt à l'avantage des consommateurs et des internautes.