Hier soir, une chaine du service public organisait un débat entre Monsieur Besson et Madame Le Pen, auquel devait se joindre, pour la conclusion, Monsieur Peillon. Ce qui devait arriver arriva, ce fut un spectacle lamentable, sur tous les plans.

France 2 a clairement fait dans le racolage et la recherche d'audience. Il est évident que ce qui était recherché n'était pas le débat mais le pugilat. Qu'attendre d'autre d'une affiche Besson-Le Pen, deux personnages politiques assez largement détestés et capables de tous les excès verbaux ? Une telle programmation est indigne du service public.

Les deux acteurs de la pièce ont tenu leurs promesses sur la qualité du débat. Ils ont chacun lu leurs éléments de langage destinés à racoler l'électorat, n'hésitant pas à faire dans la surenchère démagogique. C'est malheureusement devenu la norme pour tous les débats télévisés auxquels sont invités les politiques, et depuis bien longtemps. Encore, quand on choisi bien ses intervenants, on peut avoir des échanges de qualité. Mais là, franchement, on savait parfaitement que ça n'allait pas voler haut !

Mais celui qui a été en dessous de tout, c'est Monsieur Peillon et derrière lui, le parti socialiste. Qu'il ne souhaite pas participer à un tel débat pour n'en cautionner ni la forme, ni le fond est une position que j'approuve. Mais dans ce cas-là, on décline l'offre dès qu'elle est faite, et éventuellement, on médiatise ce refus. Mais accepter, en ayant l'intention de laisser en plan les organisateurs, c'est se mettre au même niveau que les autres : faire de la communication et donc de l'audience uniquement par le clash et le scandale, sans le moindre fond.

Finalement, le plus minable de la bande, c'est encore Peillon, car il joue le jeu du système tout en prétendant être au dessus de ça. Ne pas cautionner, c'est ne pas participer du tout au spectacle. Participer à la farce en prétendant la dénoncer, c'est de l'hypocrisie au dernier degré.