Il y a des gens qui ne savent pas tourner les pages, passer à autre chose quand c'est fini et qui continuent leur croisade, quand bien même il n'y a plus grand chose à gratter. Un bel exemple nous est donné par Numérama, qui semble incapable de tourner la page du débat Hadopi et s'acharne sur les principaux pro-hadopi.

Dans un article, en partie corrigé après coup, il s'en prend à Christine Albanel, qui risquerait, suite à son arrivée à France Télécom, deux ans de prison. Le titre est clinquant, le contenu de l'article fait plaisir à son lectorat, mais est tout simplement faux, à double titre.

L'article du code pénal visé concerne les fonctionnaires, et depuis l'affaire Pérol, les membres des cabinets. Par contre, il ne s'applique pas aux ministres, le conseil d'Etat ayant déclaré en 2005 que les ministres ne sont pas des "agents d'une administration publique". De plus, Guillaume Champeau s'avance beaucoup sur un sujet qu'il maitrise visiblement très mal, à savoir la répartition des compétences entre ministères. La tutelle de France Télécom, c'est à Bercy que ça se passe, pas rue de Valois. Le nouveau patron de France Telecom, Stéphane Richard est passé deux fois devant la commission de déontologie, car il était directeur de cabinet de Christine Lagarde, et que son arrivée à France Télécom était, au départ, assortie de réserves, justement parce que c'est lui qui avait la tutelle.

Hadopi est un débat clos, ou presque. Tout le monde se rend compte que cela a été une victoire à la Pyrrhus pour le gouvernement et les lobbies culturels. Ils ont eu leur loi, la structure administrative est montée, mais elle ne fera rien de plus que DADVSI et l'autorité de régulation des mesures techniques.

Les vrais débats de pointe sur le sujet du numérique, c'est maintenant la protection des données personnelles et la neutralité des réseaux. Toutes les énergies doivent être utilisées à défendre les intérêts des internautes sur ces sujets complexes plutôt que d'être gachées sur des acharnements stériles. Laissons donc cette pauvre Christine Albanel tranquille, elle a suffisamment payé en perdant son ministère. Elle ne représente plus une menace pour l'internet.