Michel Onfray s'apprête à publier un pamphlet, avec sa violence et son outrance habituelle, sur Freud. Ni une ni deux, la gardienne du temple psychanalitique, Elisabeth Roudinesco, lance la contre-offensive. C'est tout aussi violent et outrancier. Onfray, qui n'en demandait pas mieux (il y a une promo à faire) rebondit et en rajoute une couche. Roudinesco rompt l'échange, mais se fait relayer par un sbire. L'échange est particulièrement ordurier et chacun accuse l'autre d'être un facho. Le débat commence directement par le point godwin et ne le quitte pas ! Et on appelle cela des "intellectuels"...

Ce qui m'afflige le plus, c'est qu'on laisse ces deux chiffonniers s'étriper. J'ai découvert cette querelle par le biais du "monde des livres" où Elisabeth Roudinesco, qui y a son rond de serviette, assassine le bouquin d'Onfray, sans le moindre contrepoint. Où sont les journalistes, où sont ces critiques censés être indépendants des chapelles intellectuelles, qui peuvent expliquer au pauvre inculte que je suis les tenants et aboutissants de cette querelle. Je ne cherche pas à distinguer le bien du mal, à savoir qui est le "gentil", car les deux m'apparaissent être des affreux dans leur genre. On voit d'ailleurs ce que ça donne quand on les met dans le même panier.

Je suppute que les deux protagonistes se livrent en fait à un match de catch philosophique, c'est à dire à un combat spectaculaire, mais complètement truqué, car les deux ont à y gagner (matériellement parlant) à cela. Onfray bénéficie d'une promo d'enfer pour son livre et soigne son image de "rebelle" qui est son véritable fond de commerce (parce que pour ce qui est de ses apports à la philosophie, je suis plus dubitatif). De son coté, Roudinesco se pose une fois de plus en patronne de la psychanalyse en France (du moins dans les médias). Rien ne vaut une bonne attaque bien excessive, donc peu dangereuse sur le fond, pour resserrer les rangs et mobiliser les troupes. C'est l'absence d'attaques, l'indifférence qui seraient un problème pour elle.

Au final, ma connaissance de la psychanalyse et de Freud n'en sortira pas grandie, à moins qu'un journaliste fasse son travail à cette occasion (merci de me signaler les articles, je n'ai pas le temps de tout suivre). Ma perception des "intellectuels" français n'en sortira pas grandie non plus.